Monday, June 17, 2013

François Asselineau : l'impérialisme étasunien et le Dalaï-lama



Mon engagement éphémère auprès de Jean-Marc Governatori, fondateur de l'Alliance écologiste indépendante, m'a permis de dire durant les législatives de 2012 que la véritable démocratie c'est la démocratie directe. Governatori et ses affidés ont-ils approuvé mon discours ? Depuis plus d'un an, ils m'ignorent ; probablement pour ménager les sympathisants de l'Alliance écologiste indépendante qui flirtent avec un spiritualisme antidémocratique où se mélangent les autocrates ascensionnés, les despotes de la grande hiérarchie planétaire et les lamas nazis.

En France, peu de politiciens osent dire la vérité sur la diaspora lamaïste et son rôle au service de l'impérialisme anglo-saxon. Dominique Giraudet, qui a indiqué le lien vers la vidéo conférence de François Asselineau « Diviser pour régner - Qui est le Dalaï-lama ? » (ci-dessus), s'interroge : « Vrai ou faux ? »

François Asselineau dit la vérité. Le Dalaï-lama a été rémunéré par la CIA et a toujours sympathisé avec la lie de l'humanité des nazis aux prédateurs néoconservateurs étasuniens.

Les mauvaises fréquentations du Dalaï-lama

"Sans pour autant les étaler au grand jour comme il le fait avec les dialogues inter-religieux ou les rencontres œcuméniques, le 14ème Dalaï-lama ne cache pas ses liaisons avec des personnalités douteuses. On pourrait supposer qu'il s'agit de sa part d'une ferveur missionnaire, puisque, par ailleurs, « il travaille aussi au rapprochement des Prix Nobel pour la paix, comme avec Desmond Tutu ou Vaclav Havel, afin qu'ils puissent intervenir ensemble auprès des responsables politiques ». Laissons-lui donc le bénéfice du doute, mais ne perdons pas de vue pour autant les relations amicales qu'il entretient avec les anciens SS, Heinrich Harrer et Bruno Beger, avec le fondateur de l'hitlérisme ésotérique, Miguel Serrano, avec le terroriste japonais et grand admirateur d'Hitler, Shoko Asahara, dont les gaz toxiques tuèrent des centaines de personnes dans le métro de Tokyo. Ce ne sont là que les exemples les plus connus ; il faudrait mentionner ses tête-à-tête avec Jean-Paul II, Margareth Thatcher, Georges W. Bush, et autres pointures du G8. Par ailleurs, que penser de la photo de couverture d'un magazine de la Caroline du Nord qui expose le Dalaï-lama recevant une accolade amicale du Républicain Jesse Helms, sénateur US depuis 1974 ? Président de la Commission aux Relations extérieures et unique sénateur à avoir eu l'autorisation de faire une allocution aux Nations-Unies, il y déclara, en janvier 2000, que « le droit d'ingérence des Etats-Unis ne leur est pas octroyé par un quelconque roi ou autre despote, mais par Dieu lui-même ». Ce « Héros des Droits religieux », comme le nommait le magazine, participa aux « escadrons de la mort » qui ont massacré des milliers de communistes en Amérique latine. Ce même sénateur était aussi compère de Klaus Barbie, nazi réfugié en Argentine et reconverti en narcotrafiquant.

Le récent soutien du Dalaï-lama au Général Augusto Pinochet montre que son cœur reste ouvert et compatissant envers ceux qui, après une vie bien remplie, s'éteignent doucement... Mais surtout ne lui parlez pas de suicide : « ridicule ! », répond Sa Sainteté avec un haussement d'épaule. Les sept personnes par jour qui, dans notre minuscule Belgique, font le grand saut, en raison d'une souffrance devenue intolérable, peuvent-elles toutes être qualifiées de « ridicules » ? Voilà une bien curieuse interprétation de la compassion mahayaniste ! Plus récemment encore, en mai 2006, Haider, figure de proue de l'extrême-droite autrichienne, reçut le Dalaï-lama en grande pompe. Le déplacement en valait la peine : Sa Sainteté était invitée à l'inauguration du plus grand centre de formation bouddhiste européen. Ce complexe a été construit en Carinthie, dans le village natal de l'ancien SS et ami proche de Sa Sainteté, Heinrich Harrer. Il peut loger jusqu'à mille « guerriers potentiels » du Bouddha. Sa construction a coûté 22 millions d'euros, dont 20 payés par les contribuables de la Carinthie, province dont Haider est gouverneur. Lors de la cérémonie d'ouverture, le Dalaï-lama a remercié Haider en disant combien il était heureux de se trouver dans le village de son ami et ancien précepteur. Haider a répondu en souhaitant de tout son cœur que ce centre devienne la seconde résidence de Sa Sainteté, après celle de Dharamsala. Quelques mois plus tôt, le 9 janvier 2006, la presse avait annoncé : « le Dalaï-lama a perdu son précepteur ».

Les mémoires de Heinrich Harrer, intitulées « Sept ans au Tibet » et publiées en 1952, retracent la vie et les traditions des grandes familles tibétaines et du haut clergé lamaïste, avant l'arrivée des Chinois. Précepteur du Dalaï-lama pendant plusieurs années, il avait fréquenté de près ce milieu aristocrate. Par contre, sa mémoire paraît défaillante quant aux conditions de la population rurale. Si Harrer nia jusqu'à sa mort son implication dans la SS, de nombreux témoignages affirment le contraire. « Né en Carinthie, une région de l'Est de l'Autriche considérée comme un fief nazi, Harrer a vite adhéré aux idéaux prônés par Hitler. (...) Son adhésion au parti national-socialiste quelques jours après l'annexion de l'Autriche, le 11 mars 1938, et son entrée, le 1er avril, dans la formation de la police militarisée de Himmler, les SS, ont-elles joué en sa faveur pour devenir membre de l'expédition du Reich au Nanga Parbat ? ». Il est probable qu'il a agi par opportunisme, mais peu importe, on connaît la tolérance et la compassion dont fait preuve le 14ème Dalaï-lama. A propos de cette histoire, Sa Sainteté a estimé que : « en tout état de cause, c'est Harrer qui finit par être influencé par la philosophie bouddhiste. Harrer a fait état de son expérience au sein du mouvement nazi comme une aberration. S'il s'est converti au Bouddhisme, comment expliquer la quasi indifférence que Harrer afficha devant les images des atrocités nazies qui lui parviennent à la fin de la guerre ? « C'était évidemment terrible, mais aussi choquant que cela paraisse, nous avions le sentiment que cela n'avait rien à voir avec nous », affirma-t-il.

La fracture intellectuelle

Le film de Jean-Jacques Annaud, « Sept ans au Tibet », réalisé d'après les mémoires de Heinrich Harrer, fut porté à l'écran en 1997. L'Occident, le derrière coincé dans un bon fauteuil de cinéma, avale sans broncher un film qui détourne sans vergogne l'histoire du Tibet et qui accuse la Chine de « génocide du peuple tibétain : 1,2 millions de victimes ». Ce chiffre est avancé chez nous de manière systématique par les médias et certifié conforme par le Dalaï-lama et son entourage, depuis les années quatre-vingt. Patrick French, ex-directeur de « Free Tibet » et peu enclin à défendre la Chine, a été lui-même à Dharamsala. Une calculette en poche, il a voulu vérifier ce chiffre exorbitant de « 1,2 millions de victimes ». Avec amertume, French note dans son rapport : « au bout de seulement trois jours de travail, il devint clair que le chiffre de 1,2 millions de morts tibétains ne pouvait être accepté (...) Le plus dérangeant dans ce total, peut-être, était le fait qu'on n'y relevait que 23 364 femmes. Ce qui aurait voulu dire que 1 076 636 victimes étaient des hommes, chose clairement impossible, étant donné que les Tibétains de sexe masculin n'étaient qu'environ 1 million 250 000 en 1950 (...) C'était dérangeant, mais je me voyais obligé d'en conclure que cette enquête (celle menée par le gouvernement de Dharamsala), si elle était bien intentionnée, était inutilisable d'un point de vue statistique et très loin de satisfaire aux exigences occidentales en la matière ». Ce fut le choc !

Ce choc, nommons-le « fracture intellectuelle ». C'est une cassure qui se produit dans nos schémas de pensée habituels et qui, d'un seul coup, remet en question notre point de vue. Le début d'une longue quête est alors le sort de l'intellectuel consciencieux. A la suite d'une fracture intellectuelle similaire, Brian Victoria écrivit « Le Zen en guerre », Kim Lewis et June Campbell publièrent leurs interviews de nonnes tibétaines dénonçant les abus sexuels qu'elles subirent de la part des lamas tibétains, et Martin Kamphuis renonça à sa belle robe de lama. Quant à Patrick French, subitement éveillé par la découverte accablante du mensonge grotesque de la part du gouvernement en exil, il alla trouver le Dalaï-lama en personne. Il lui demanda ce « qu'il pensait de la manière dont la cause tibétaine était défendue en Occident, par exemple dans des films comme « Sept ans au Tibet », avec un tableau inexact de la politique de Lhassa et de l'invasion chinoise ? Le Dalaï-lama réfléchit avant de répondre. Puis il dit : « ce film n'est pas un documentaire. Il n'a pas besoin de refléter la vérité » ». Qui accuse qui de propagande ? Comme le disaient déjà les grands sages des temps anciens : nous nous racontons les histoires que nous voulons bien entendre. Les « grands sages » en question auraient bien pu être chinois, puisque, selon ceux-ci, l'objectivité est le leurre de l'homme qui croit pouvoir s'abstraire de l'histoire qu'il raconte. La neutralité ne vient pas d'un regard ex-cathedra, disent-ils, au contraire, elle approche d'une certaine correction à partir du moment où le conteur se place au centre de l'histoire qu'il raconte, puisqu'il ne peut la raconter qu'à travers ses propres organes sensoriels. En conséquence de cette triste affaire, Patrick French démissionna de son poste de directeur de « Free Tibet ». Bien qu'il ne se départît pas de la conviction que le Tibet eut droit à son indépendance, il rédigea le compte-rendu de son voyage d'étude, dans lequel il n'hésita pas à dénoncer la supercherie du génocide du peuple tibétain".

Elisabeth Martens