Friday, October 12, 2007

Rentrée 2007-2008



Raoul Vaneigem ne partage pas l’enthousiasme de Jamel Debbouze :

" L’école a été, avec la famille, l’usine, la caserne et accessoirement l’hôpital et la prison, le passage inéluctable où la société marchande infléchissait à son profit la destinée des êtres que l’on dit humains.
Le gouvernement qu’elle exerçait sur des natures encore éprises des libertés de l’enfance l’apparentait, en effet, à ces lieux peu propices à l’épanouissement et au bonheur que furent – et que demeurent à des degrés divers – l’enclos familial, l’atelier ou le bureau, l’institution militaire, la clinique, les maisons d’arrêt. […]
L’entreprise scolaire n’a-t-elle pas obéi jusqu’à ce jour à une préoccupation dominante : améliorer les techniques de dressage afin que l’animal soit rentable ? […]
Après avoir arraché l’écolier à ses pulsions de vie, le système éducatif entreprend de le gaver artificiellement afin de le mener sur le marché du travail, où il continuera à ânonner jusqu’à écœurement le leitmotiv de ses jeunes années : que le meilleur gagne !
Gagne quoi ? Plus d’intelligence sensible, plus d’affection, plus de sérénité, plus de lucidité sur soi et sur les circonstances, plus de moyens d’agir sur sa propre existence, plus de créativité ? Non, plus d’argent et plus de pouvoir, dans un univers qui a usé l’argent et le pouvoir à force d’être usé par eux. "

" Si nous avions un vrai système d’éducation, dit Noam Chomsky, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle." Ces cours constitueraient une véritable initiation à la pensée critique, car face à l’arbitraire insidieux de la société il est vital de savoir distinguer le vrai du faux.

L’idolâtrie de l’argent est particulièrement efficace pour aliéner les plus frustes. Les autres, les moins matérialistes, sont piégés dans les souricières de la spiritualité qui est devenue une véritable industrie.
L’intérêt des occidentaux pour les enseignements des gourous autocrates, des dictateurs religieux richissimes, coïncide avec l’avènement d’un ordre économique mondial. Cet ordre nous berne avec une abondance de pacotille pendant que ses élites édifient d’immenses fortunes en saccageant la nature et en détruisant le tissu social.
Les mystiques commerciales sont tout aussi frelatées que les produits des hypermarchés. De plus, elles ont un effet narcotique dont il faut se prémunir en assurant son autodéfense intellectuelle.

Les cours gratuits d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon :
http://olivier.hammam.free.fr/imports/auteurs/normand/cours1.htm

Pour Normand Baillargeon, le paranormal relève de la zététique, cette science du doute enseignée dès l’Antiquité. Le professeur Henri Broch, directeur du laboratoire de zététique de l’université de Nice-Sophia Antipolis, trouvera-t-il le truc qui a stoppé la décomposition du corps d’un lama décédé en 1927 ? Voir la vidéo "L'incorruptibilité du moine".


Le New Age, idéologie totalitaire d’origine américaine, a recyclé le bouddhisme tibétain et son occultisme en un lucratif marché. En revanche, l’enseignement traditionnel chinois n’apprécie guère les phénomènes occultes comme en témoigne le récit d’un érudit bouddhiste, Nan Huai-chin :


" Autrefois, il y avait en république populaire de Chine un moine dont la pensée était unifiée et pure, dont la pratique était ferme et qui était capable d’agir sur les objets matériels de ce monde. Il me demanda de devenir son disciple mais je n’acceptai pas. Les règles de la discipline interdisant l’usage des pouvoirs extraordinaires. On ne doit pas jouer avec. Ceux qui s’éloignent des préceptes doivent être battus. Par la suite, ce moine perdit ses bras sous les coups et fut expulsé du monastère. Pourquoi être si sévère ? Cela n’est pas fait sans raison. "


Avant de rosser les apprentis gourous, ils pullulent dans les centres de retraite, on peut toujours espérer un sursaut de leur sens moral. Dans son grand rêve libertaire, Kropotkine fait l’éloge de sa science de la morale.


Malheureusement, les cultes et les sectes visent à la dépossession de soi au profit d’un maître spirituel. Notre siècle des ténèbres et son obscurantisme religieux nous a fait oublier les philosophes des Lumières. Qui se souvient de Diderot et de sa critique des prêtres ?


En 1935, le professeur Giuseppe Tucci parcourt le pays des prêtres tantriques. Le peuple tibétain subit l’incompétence politique des lamas : crise financière, corruption, pauvreté, décadence religieuse... Tucci au Tibet.


Le 17 octobre 2007, dans la rotonde du Capitole, George W. Bush devrait assister personnellement à la remise de la médaille d'or du Congrès au dalaï-lama. Le dieu-roi déchu du Tibet a toujours bénéficié du soutien des oligarques Etasuniens.

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