Saturday, May 31, 2008

Bouddhisme et politique

Ceux qui s’imaginent que le bouddhisme ne s’intéresse qu’à des idéaux suprêmement élevés, qu’à de hautes pensées morales et philosophiques, ignorant le bien-être social et économique des masses, sont dans l’erreur. Le Bouddha s’intéressait au bonheur de l’humanité. Pour lui il n’y avait pas de bonheur possible hors d’une vie pure fondée sur des principes moraux et spirituels. Mais il savait aussi qu’il était difficile de mener une telle vie si les conditions matérielles et sociales étaient défavorables.


Le bouddhisme ne considère pas le bien-être matériel comme une fin en soi ; c’est seulement un moyen en vue d’un but – un but plus haut et plus noble. Mais c’est un moyen indispensable, indispensable pour atteindre un but plus élevé pour le bonheur de l’homme. Le bouddhisme reconnaît donc qu’un certain minimum de conditions matérielles est favorable au succès spirituel, même lorsqu’il s’agit d’un moine occupé à la méditation en un lieu retiré.


Le Bouddha ne sépare pas la vie du contexte de son arrière fond social et économique ; il la considère comme un tout, dans tous ses aspects spirituels, sociaux, économiques et politiques. L’enseignement du Bouddha sur les sujets éthiques, spirituels et philosophiques est assez bien connu. Mais on sait peu de choses, particulièrement en Occident, quant à son enseignement touchant les questions sociales, économiques et politiques. Et pourtant, il y a de nombreux discours qui traitent de ces sujets et qu’on rencontre tout au long des anciens textes.

Le Cakkavattisihanada-sutta du Digha-nikaya (n° 26) affirme clairement que la pauvreté (daliddiya) est une cause d’immoralité et de crimes comme vol, tromperie, violence, haine, cruauté, etc. Les rois des temps anciens, comme les gouvernements d’aujourd’hui, s’efforçait de supprimer le crime au moyen du châtiment. Le Kutadanta-sutta du même nikaya dit combien cela est vain ; il nie que cette méthode puisse jamais être efficace. Le Bouddha suggère, au contraire, de mettre fin à la criminalité en améliorant la condition économique populaire. Il dit que des semences et autres éléments nécessaires à l’agriculture doivent être fournis aux fermiers et aux cultivateurs ; que des capitaux doivent être mis à la disposition des marchands et autres corporations ; que des salaires adéquats doivent être payés aux employés. Quand on lui aura fourni les moyens de gagner un revenu suffisant, le peuple sera satisfait, il sera à l’abri de la peur et de l’anxiété et, en conséquence, le pays deviendra pacifique et sera débarrassé du crime.

C’est pourquoi le Bouddha rappelait aux laïcs combien il était important d’améliorer les conditions économiques. Cela ne voulait pas dire, bien entendu, qu’il approuvât qu’on accumule des richesses avec cupidité et attachement, ce qui est en contradiction avec son enseignement fondamental, ni qu’il approuvât qu’on emploie n’importe quel moyen pour gagner sa vie. Il y a certaines professions comme par exemple la fabrication et le commerce des armes, qu’il condamnait comme moyens d’existence nuisibles.

Walpola Rahula





Dans le triangle d’or, l’abbé d’un monastère thaïlandais accueille des enfants socialement défavorisés.

Tout le monde n’a pas la verve du journaliste Hervé Kempf, qui a écrit " Comment les riches détruisent la planète ", pour dénoncer la cupidité des classes dirigeantes. Mais je crois que nous pouvons tous ouvrir les yeux pour voir le bal des maudits. La danse macabre des milliardaires psychopathes provoque une catastrophe sans précédent dans l’histoire de l’humanité. La sixième extinction de masse des espèces est en cours, 74 espèces disparaissent chaque jour à cause de l’avidité humaine.

Les bouddhistes doivent-ils participer à la lutte contre le capitalisme fou ?
Les moines birmans n’ont pas hésité à s’opposer aux militaires qui écrasent le peuple. En Birmanie c’est l’enseignement originel du Bouddha qui prévaut. L’essence de cet enseignement se résume ainsi :


Ne vous contentez ni des rumeurs, ni de la tradition, ni de coutumes immémoriales, ni de l’autorité de textes sacrés, ni d’une supposition, ni d’une déduction logique, ni d’une preuve sûre, ni d’une inclination naturelle pour telle ou telle idée après y avoir réfléchi, ni des compétences d’autrui, ni de la pensée " le moine est notre maître ". Quand vous savez en vous-mêmes que " ces choses sont saines, irréprochables, conseillées par celui qui est sage, et qu’une fois adoptées et mises en pratique, elles procurent bien-être et bonheur ", alors vous devriez les pratiquer et vous y tenir…
Le Bouddha (Kalama sutta)

Muni de ce discernement, le véritable bouddhiste ne peut que défendre les victimes du système actuel et rejeter le mercantilisme spirituel.

La vassalité de la communauté lamaïste occidentale au pouvoir étasunien provoquera une crise salutaire, un véritable schisme. LIRE LA SUITE…

L'ange Kryon, une jobardise du spiritualisme moderne, a servi de prétexte à une enquête amusante des " Hyènes ". VOIR LA VIDEO…

LIVRES :
" L’enseignement du Bouddha, d’après les textes les plus anciens ", Walpola Rahula, éditions du Seuil.
" Comment les riches détruisent la planète ", Hervé Kempf, éditions du Seuil.


INTERVIEW
Ecouter l’interview d’Hervé Kempf
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1124 (colonne de droite, en bas du sommaire).

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