Friday, July 17, 2009

Un grain de folie


Dans des temples peinturlurés aux couleur d’un bouddhisme carnavalesque, les grenouilles de mandala soupirent de bonheur en entendant le froufrou d’une robe de lama. Elles coassent en cœur un charabia tibétain en guise de liturgie. Dans un tel décor et avec de tels acteurs, le bouddhisme occidental pourrait être plus joyeux, comme autrefois quand les gags de P’ou-houa et de Lin-tsi amusaient le sangha :

« P’ou-houa et Lin-tsi avaient été invités à un repas qu’ils jugeaient maigre. Le lendemain ils furent invités de nouveau à un repas qu’ils jugeaient également peu satisfaisant. Alors Lin-tsi demanda : « Ce qu’on nous offre aujourd’hui, comment est-ce comparé à hier ? » Pou-houa renversa d’un coup de pied l’escabeau à manger. Le maître (Lin-tsi) dit « Ca va, grossier personnage ! » Pou-houa dit : « Espèce d’aveugle ! Parle-t-on dans la loi bouddhique de grossièreté et de finesse ? » Le maître alors tira la langue. » (1)

Un jour Milarepa était assis face à un interlocuteur en exhibant librement son pénis. Son interlocuteur lui fit remarquer qu’il se conduisait comme un fou. Milarepa rétorqua :

« Les gens disent : « Milarepa n’est-il pas fou ? »
A mon tour je pense qu’il en est ainsi.
Ecoutez maintenant ma folie :
Père et fils sont fous,
De même la Transmission (du dharma).
Mon arrière-grand-père, le brillant sage Tilopa, lui aussi était fou,
De même mon ancêtre Nâropa le grand érudit.
Fou aussi mon ancêtre Marpa le traducteur.
Fou par conséquent Milarepa. » (2)

L’idée de la folie du sage est connue du bouddhisme Théravada. Dans un recueil de stances les moines des premiers temps parlent de leurs expériences :

« Le sage devrait prendre soin de paraître comme un imbécile ou un fou…
Que celui qui a des yeux soit comme aveugle, qui a des oreilles, comme sourd, qui a la connaissance comme fou… » (3)

Carl Keller écrit :

« L’une des démarches philosophiques fondamentales du bouddhisme mahâyâniste consiste à démontrer qu’aucun système philosophique n’est cohérent et qu’il n’est pas possible de se fier à la raison dite logique. Par conséquent, il n’est pas surprenant que certains de ses représentants ne récusent nullement le reproche de folie puisque, du point de vue de la raison logique habituée à établir le sens et la cohérence des choses, la pratique bouddhiste est effectivement déviante. » (4)



(1) « Entretiens de Lin-tsi ».
(2) « The Hundred Thousands Songs of Milarepa ».
(3) « Theragâthâ ».
(4) « Approche de la mystique dans les religions occidentales et orientales ».
Illustration : Daniel Coble.



***


Le « péril jaune » fait encore recette. Que se passe-t-il dans le Xinjiang ?
par Domenico Losurdo.


Une fois de plus la presse occidentale aborde la Chine qu’elle connaît mal au travers du prisme idéologique de la Guerre froide. Ainsi le conflit ethnico-social entre ouigours et hans donne lieu à une récitation sur l’oppression du « régime » de Pékin. Domenico Losurdo démonte ce préjugé. LIRE LA SUITE : http://www.voltairenet.org/article161018.html


Xinjiang : "Ce n’est pas une manifestation pacifique", selon des Russes.

MOSCOU, 15 juillet (Xinhua). Des magazines et journaux russe ont publié ces derniers jours des récits ou des articles sur les émeutes du 5 juillet à Urumqi, capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), émeutes qui ont fait 192 morts et plus de 1.000 blessés selon le dernier bilan officiel établi mercredi.
Elena Pinko, une enseignante de 23 ans, a raconté dimanche au journal Komsomol Pravda ce qu'elle avait constaté. "Je me rappelle très bien ce qui s'est passé (l'autre jour)", a-t-elle dit.
"Le 5 juillet était un dimanche... Nous sommes sortis pour visiter un parc, faire des achats puis boire un café. Tout est dans le calme comme d'habitude", a rappelé Elena Pinko.
"Quand nous étions prêts à rentrer à la maison avant le déjeuner, nous avons croisé un ami qui a fait l'objet d'une attaque. Il nous a confié que la voiture qui le transportait a été détourné par une foule d'émeutiers, et qu'il avait désespéremment vu un passant battu à mort", a révélé la jeune femme.
Pour sa part, Alina Brazhnik, une étudiante russe, a affirmé lundi dans une interview au journal Izvestia, qu'Urumqi était une bonne ville, où les enseignes de tous les bureaux administratifs et la plupart des magasins sont écrites en langues des Han et des Ouïgours à la fois.
"Les étudiants des Han et des Ouïgours ont des contacts normaux, il n'y a pas de problèmes", a-t-elle indiqué.
Dans la soirée du 5 juillet, elle a révélé avoir constaté, à travers la fenêtre de son appartement, des scènes de terreur où un groupe d'émeutiers traquaient et attaquaient dans la rue tous ceux qui portaient un appareil-photo.
"Ce n'est pas une manifestation pacifique, sans aucun doute", a souligné Alina Brazhnik.
Pour Dmitry Vinogradov, journaliste russe ayant visité à plusieurs reprises la région autonome ouïgoure du Xinjiang, a affirmé que tous les groupes ethniques y vivaient en harmonie.
Dans un article paru dans l'hebdomadaire Russky Reporter, M. Vinogradov a salué la manière dont le gouvernement chinois traite ses ethnies minoritaires.
"Par exemple, Beijing n'applique pas la politique du planning familial aux minorités", a indiqué M. Vinnogradov.
Pour améliorer les conditions de vie de la population du Xinjiang, le gouvernement central chinois a alloué des fonds colossaux pour développer la vaste étendue de l'ouest.
Les habitants de tous les groupes ethniques vivent dans l'harmonie, a noté M. Vinogradov. "A Urumqi, les jeunes femmes des Han se sentent à l'aise lorsqu'elles achètent des habits dans les marchés gérés par les Ouïgours", a-t-il rappelé.
Source : http://www.cctv.com/program/journal/20090716/103306.shtml


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