Tuesday, September 08, 2009

Le recours aux forêts, la tentation de Démocrite

Sophia, philia, Prajña, Prajña Paramita sont au centre de la vie des philosophes et des sages.

Les sages ne s’égarent pas dans les établissements où s’entassent des méditants docilement assis à l’orientale aux pieds d’un maître exotique. La Connaissance transcendante (1) souffle plus sûrement dans le silence et la solitude qu’auprès de bavards managers d’écoles de spiritualité à la mode, car cette connaissance est inexprimable. Les hindous savaient cela et dès qu’ils le pouvaient, généralement vers la cinquantaine, ils se retiraient dans la forêt pour s’adonner aux plaisirs solitaires de l’esprit (Vana-Prastha).

Michel Onfray, la cinquantaine triomphante et cinquante livres publiés, rappelle les vertus du retrait philosophique dans son dernier livre « Le recours aux forêts, la tentation de Démocrite » :

« Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu’en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours aux forêts ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable.

Le monde d’avant-hier, c’est celui d’aujourd’hui, ce sera aussi celui de demain : les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l’enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes – envie, jalousie, haine, ressentiment… –, le triomphe de l’injustice, le règne de la critique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre…

Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, se réconcilier avec l’essentiel : le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l’inscription de son destin dans la nécessité de la nature.

Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s’en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c’est-à-dire dans le cosmos. »

Michel Onfray serait libertaire (2). C’est un libertaire très fréquentable, les médias officiels lui donnent toujours la possibilité de s’exprimer. D’ailleurs, il n’a pas résisté à la tentation de Laurence Luret, animatrice de l’émission "Parenthèse". Pour le médiatique philosophe, c’est le micro qui cache la forêt des sages :
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/parenthese/

Onfray évoque la grippe porcine au micro de Laurence Luret. La grippe est inquiétante, pas pour la santé mais pour la liberté.


Alerte républicaine du journal Libération :

"Grippe A : menaces sur les libertés"... En cas de pandémie, le gouvernement envisage de bouleverser les règles de la justice pour limiter la contagion : procès à huis-clos, pas de débats contradictoires, prolongation des détentions provisoires... Le journal publie un appel intitulé : "Notre souci : préserver la démocratie"...

La fin de la démocratie serait-elle la véritable raison de l’opération « grippe A » ?



(1) Prajña Paramita.

(2) Libertarien individualiste hédoniste capitaliste de gauche, diagnostique visible dans le site « L’en Dehors » : http://endehors.org/news/michel-onfray-et-son-capitalisme-libertaire-a-gestion-etatique

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