Friday, February 19, 2010

La méditation au collège


Des collégiens de 14 et 15 ans d'une école publique anglaise de premier plan, Tonbridge School dans le Kent, ont droit chaque semaine à des cours de méditation.

"Ce projet – le premier à introduire la méditation à titre régulier dans le programme scolaire – a été conçu spécialement pour les adolescents après le succès rencontré par une étude pilote menée l’an dernier dans l’établissement. Ce cours de “pleine conscience” [mindfulness] destiné aux classes de secondes vise à accroître la concentration et à combattre l’anxiété ; il montre aux ados les bénéfices du silence, les aide à prendre conscience et à s’affranchir des attitudes mentales négatives qui peuvent provoquer dépression, troubles de l’alimentation et addiction..."

Source : Courrier International, « La méditation s’invite au collège ».



Attention !

La méditation n’est pas une anodine relaxation. Hakuin, l’un des plus grands maîtres Zen, était tombé malade à cause de ses méditations excessives. « Son corps avait tous les symptômes de faiblesse reconnus par la médecine chinoise. Ses jambes étaient froides, ses oreilles bourdonnaient, ses yeux remplis de larmes, son foie affaibli, et son esprit habité d’imaginations déréglées, de rêveries. » (1)

La psychopathologie des pratiques méditatives est bien connue. Dans la Chine du 5ème siècle, pour remédier aux troubles physiques et psychologiques provoqués par la méditation (Dhyana), les moines bouddhistes avaient recours aux conseils thérapeutiques d’un ouvrage : « Les Fondements secrets du traitement des troubles Dhyana » (Tche tch’an-ping pi-yao fa). Beaucoup de maîtres encourageaient les adeptes à étudier pendant de nombreuses année avant de commencer une pratique méditative. Le maître Zen japonais Kosen recommandait une préparation de trois ans avant d’autoriser ses disciples à participer à la méditation. Le maître Chan-Taoïste Liu I-ming conseillait d’étudier durant dix années avant de débuter les exercices méditatifs. En outre, l’esprit est particulièrement vulnérable au conditionnement lorsqu’il se livre à la méditation sans bases solides.

Le conditionnement des esprits est-il la véritable raison de l’enseignement de la méditation dans les écoles ?

Même au niveau spirituel, on peut douter de la valeur des pratiques méditatives traditionnelles, celles qui n’occasionnent pas de troubles physiques et psychologiques grâce à de bonnes bases :

« Tout attachement est asservissement. Lorsque nous nous attachons à la pureté, nous lui donnons par la même une forme, et nous sommes esclaves de la pureté. Pour la même raison, quand nous nous attachons à la vacuité ou demeurons en elle, nous sommes ses esclaves ; quand nous demeurons en Dhyana ou tranquillisation, nous sommes esclaves de Dhyana (2). Si excellents que soient les mérites de ces exercices spirituels, ils nous mènent inévitablement, d’une manière ou d’une autre, à un état d’asservissement. » D.T. Suzuki, « Le Non-mental selon la pensée Zen ».


(2) Dhyana = méditation.

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Vidéo :

Résultats scientifiques de la méditation

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