Thursday, February 11, 2010

Thich Nhat Hanh :

« Le Zen/Chan occidental doit être occidental dans sa forme ».


Peu de centres proposent une forme occidentalisée du bouddhisme. De nombreux adeptes de cette philosophie, opposée à l’origine au brahmanisme ritualiste, observent les complexes liturgies bouddhiques venues du Tibet, du Japon, de Chine... Des brochures indiquent comment pratiquer correctement les rites et les observances religieuses (les illustrations ci-dessus montrent comment se prosterner devant une représentation du Bouddha. Elles proviennent d’un fascicule édité par les bouddhistes de l’école Fo Guang Shan).

Thich Nhat Hanh a dit :

« La civilisation occidentale a mené l’homme au bord de l’abîme. Elle l’a transformé en une machine. Le « réveil » d’un certain nombre d’Occidentaux, la conscience qu’ils ont prise de la véritable situation où ils se trouvent, où se trouve l’homme, les a libérés de leur complexe de supériorité. Ils sont sur la voie, engagés à la recherche de valeurs nouvelles.

De leur côté, des asiatiques sont venus à l’Occident avec l’intention d’initier le public occidental à leur tradition spirituelle. L’intention est belle, mais la tâche difficile. Si l’on ne possède pas une connaissance assez profonde de la culture et de la mentalité occidentales, on ne peut vraiment pas avoir du succès. On risque d’imposer seulement sa manière de voir orientale à des Occidentaux qui la trouveront difficile à accepter. Le Zen (1) n’est pas un ensemble de rites. C’est la vie. Les Occidentaux, qui vivent dans des milieux sociaux différents de ceux de l’Orient, ne peuvent pas imiter exactement ce que font les Orientaux. De même que le Zen chinois a des caractéristiques chinoises, de même le Zen occidental doit être occidental dans sa forme. […]

Le Zen est la voie de la réalisation de « l’homme vrai », comme dit Lin Tsi. Mais l’Occident a eu aussi des tradition spirituelles, formées au cours de son histoire, et visant aussi à réaliser « l’homme vrai ». Le problème est, en réalité, que la plupart de ces sources spirituelles, occidentales ou orientales, ont été desséchées. Les institutions religieuses, par exemple, sont devenues des pouvoirs plus politiques que spirituels, les Eglises se sont enrichies. Motivées par les intérêts politiques et matériels, elles se sont engagées dans les conflits mondains, et négligent leur tâche spirituelle. »

Thich Nhat Hanh, « Clés pour le Zen », éditions JC Lattès.


(1) Le Zen/Chan et son prolongement tibétain le Dzogchen/Mahamoudra (débarrassé des rites et pratiques tantriques).



Que fait CREME à Buddhachannel ?

Buddhachannel participe aux efforts que déploie Benjamin Creme pour annoncer la venue du Bouddha Maitreya incarnation à la fois du Christ, du Mahdi des musulmans, du Messie des juifs, de l’avatar Kalki des hindous.

Benjamin Creme est davantage un chantre du New Age qu’un adepte du véritable bouddhisme. Les maîtres ascensionnés, l’autorité spirituelle et la hiérarchie du New Age sont totalement étrangers aux formes supérieures du bouddhisme. Un des conseils les plus caractéristiques du Zen/Chan, à ce point de vue, dit au disciple « Ne mets pas de tête au-dessus de la tienne ».

Les idées religieuses de Benjamin Creme proviennent des doctrines de la Société théosophique, fondée par Helena Blavatsky, et des messages communiqués à des médiums (channels) par les mystérieux maîtres de Shamballa, comme le Tibétain Djwal Khool qui a longtemps guidé (ou égaré) par télépathie Alice Bailey.

Des newagers, disciples modernes de Blavatsky, prônent « l’établissement d’un nouvel ordre mondial fondé sur une métaphysique raciale » (1). La diffusion du néo bouddhisme, mâtiné de concepts New Age, n’est pas dénuée d’arrières pensées politiques. Des officines spécialisées, comme le COINTELPRO (programme secret du FBI), manipulent les nombreuses mouvances New Age.


(1) Alice Bailey et la métaphysique de la race : http://www.voxnr.com

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