Friday, July 09, 2010

La fin du monde


Pour celui qui parvient à la libération (mokshä), le monde apparent cesse d’exister, la destruction du monde est appelée « immédiate » (atyantikä). Cet événement est le terme d’un long cheminement spirituel.

Les spiritualistes sont donc moins affectés par les nouvelles apocalyptiques de ces deniers mois, notamment celles qui concernent la catastrophe du golfe du Mexique. Cette catastrophe évoque les textes anciens de l’Inde selon lesquels la destruction des espèces commencera pas une explosion sous-marine. Il est aussi question de nuages chargés d’énergie, destructeurs de tout ce qui vit (sarvântakä). Depuis que BP a provoqué le désastre du golfe du Mexique, on parle de redoutables nuages de méthane et l’on envisage de juguler la fuite de pétrole grâce à une explosion nucléaire sous-marine…

Il est donc utile de connaître les textes compilés et traduits par Alain Daniélou :
« Ce que l’on appelle « Fin du Monde » (pralayä) est de trois sortes, l’une provoquée (naïmittikä) ; la deuxième naturelle (prâkritä) ; la troisième immédiate (atyantikä).

La destruction provoquée, (qui concerne tous les êtres vivants sur terre), a lieu à la fin de chaque Kalpä (cycles des Yugä). Elle est appelée accidentelle ou provoquée (naïmittika).

La destruction naturelle (prâkritä) est celle qui concerne l’univers entier. Elle a lieu lorsque cesse le rêve divin qu’est le monde. La matière, l’espace, et le temps cessent alors d’exister. Elle a lieu à la fin des temps (parardhä). » (source : Vishnu Purânä 1.3., 1-3)

La troisième destruction appelée immédiate (atyantikä) se réfère à la libération (mokshä) de l’individu pour qui le monde apparent cesse d’exister.

La destruction immédiate concerne donc l’individu, la destruction provoquée, l’ensemble des espèces vivantes sur la terre, la destruction naturelle, la fin de l’univers.

« La destruction (des espèces vivantes) que l’on appelle accidentelle ou provoquée (naïmittikä) a lieu à la fin du Manvantarä (l’ère d’un Manu), du cycle des Yüga. Elle concerne donc l’espèce humaine.

Elle a lieu lorsque le créateur ne trouve plus d’autres remèdes qu’une destruction totale du monde pour mettre fin à la multiplication désastreuse et non prévue des êtres vivants. » (source : Mahâbhâratä, 12.248., 13-17.) Cette destruction commencera par une explosion sous-marine appelée Vadavâ, la cavale, qui aura lieu dans l’océan du sud (1). […]

« Un feu issu de la bouche d’un serpent souterrain brûlera les mondes inférieurs puis la surface de la terre et embrasera l’atmosphère. Cette masse de feu tournera avec un grand bruit. Entouré de ces cercles de feu tous les êtres mobiles et immobiles seront détruits.

Le dieu destructeur soufflera d’énormes nuages qui feront un bruit terrible.

Une masse de nuages chargés d’énergie, destructeurs-de-tout (sarvântakä), apparaîtra dans le ciel comme un troupeau d’éléphants. » (Source : Vishnu Purânä, I. chap. 8. 18-31.)

« Lorsque la lune sera dans la constellation de Pushyä (du Verseau) des nuages invisibles appelés Pushkarä (nuage de mort) et Avartä (nuage sans eau, nirjalä) recouvriront la terre. » (Source : Shivä Purânä 5.1., 48-50.)

Les textes encouragent les spiritualistes engagés dans la voie de la libération (mokshä). « La fin du Kali Yugä, écrit Alain Daniélou, est une période particulièrement favorable à une recherche du véritable savoir. « Certains atteindront la sagesse en peu de temps car les mérites acquis en un an durant le Tréta Yugä (2) peuvent être obtenu en un jour dans l’âge du Kali. » (Source : Shivä Puränä, 5.1., 40-40.)

« A la fin du Kali Yugä le dieu Shivä se manifestera pour rétablir la voie juste sous une forme secrète et cachée. » (Source : Lingä Purânä 1.40.12.)

Alain Daniélou conclut le chapitre IV, le retour du Shivaïsme, de son livre « Le Destin du Monde », ainsi :
« La porte qui mène à la voie de la sagesse s’entrouvre. Les hommes auront-ils le discernement et le courage de s’y engager et de retarder ainsi l’échéance ? Il y aura, en tout cas peu d’élus. » Ces lignes écrites dans les années soixante-dix font allusion à l’élan dionysiaque d’une partie de la jeunesse de l’époque (Dionysos = Shiva). Quant au discernement, Alain Daniélou, à l’instar de René Guénon, nous met constamment en garde contre les impostures spirituelles du Kali Yugä. Quand il vivait en Inde, Alain Daniélou traduisait des textes de René Guénon en hindi pour les publier dans les revues traditionalistes.

Pour en savoir plus sur Alain Daniélou :



(1) Alain Daniélou envisage la possibilité d’une réaction en chaîne à la suite de cette explosion sous-marine nommée « la cavale » (Vadavâ). Dans l’introduction de son livre, « Le destin du monde d’après la tradition shivaïte », il écrit : « Nous vivons au bord d’un cataclysme mais ce cataclysme ne sera dû qu’à nos erreurs et c’est la folie des hommes qui en déterminera le moment ».


(2) Tréta Yugä ou Age d’Argent.


Des exemplaires de l'édition précédente, intitulée « La Fantaisie Des Dieux et l'aventure humaine - nature et destin du Monde dans la Tradition Shivaïte », sont en vente à un prix plus raisonnable :


No comments:

Post a Comment

Note: Only a member of this blog may post a comment.