Sunday, August 15, 2010

Pièges de la méditation et du spiritualisme moderne


"La méditation réduit la sensibilité à la douleur" affirment des chercheurs de l’Université de Montréal dans une étude publiée dans la revue Emotion, éditée par l’Association américaine de psychologie. Les premiers médecins à avoir utilisé la méditation dans les hôpitaux viennent des Etats-Unis. Parmi ces pionniers, le plus connu est sans doute Jon Kabat-Zinn, le créateur de la MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction)…

Les néo-bouddhistes et des scientifiques (durant le crépuscule du Kali Yugä, les hommes de science sont presque tous achetés, d’après le « Lingä Purânä »*) font beaucoup de tapage pour inciter les gens à pratiquer en toute confiance la méditation et des exercices mentaux censés apporter de nombreux bienfaits.

La sagesse traditionnelle de l’Orient a toujours dénoncé les dangers de la méditation. La pratique de cette technique spirituelle n’était autorisée qu’après de longues années de préparation. « Les dangers de la méditation » : http://bouddhanar.blogspot.com/2007/02/les-dangers-de-la-meditation.html

Contrairement aux idées répandues, l’Occident possède aussi une véritable connaissance pratique des forces mises en jeu lors des exercices spirituels.

L’histoire de la chrétienté ne se réduit pas aux crimes de la papauté et au fanatisme religieux, qu’il soit protestant ou catholique. Durant des siècles, des ascètes, des ermites, des anachorètes se sont livrés à des pratiques spirituelles qui n’ont rien à envier au techniques du Yoga ou du Zen.

Le « Précis de Théologie Ascétique et Mystique » d’Adolphe Tanquerey fait état d’une science spirituelle pratique. « On l'appelle la science des saints, et avec raison ; car elle nous vient des saints qui l'ont vécue encore plus qu'ils ne l'ont enseignée, et elle est destinée à faire des saints, en nous expliquant ce qu'est la sainteté et quels sont les moyens d'y parvenir. » (A. Tanquerey).

A notre époque, des lecteurs ont découvert « Le Nuage de l'inconnaissance », ce traité de la mystique médiévale « est une invitation à abandonner toute forme de savoir, et même toute quête positive de Dieu, pour se laisser conduire jusqu'au mystère au-delà de tout nom ». Toutefois, l’auteur anonyme du traité condamne le vide intégral et « met en garde, écrit M.C. Sadrin, contre ceux qui confondent effort spirituel (simple élan de l’âme) et tension des forces physiques intellectuelles et spirituelles « au point de tomber en démence » : comprenant les mots charnellement et faute de la grâce, ils brutalisent leurs veines et par les violences faites à la nature pendant le temps de ce travail non point spirituel mais hostilement bestial, ils obtiennent de voir enflammées (leurs poitrine) d’une chaleur hors nature dont la cause sera ce dérèglement du corps ou… le démon, leur ennemi spirituel.

Et peut-être cependant iront-ils s’imaginer que c’est là le feu de l’amour obtenu et mérité de la grâce et de la bonté du Saint-Esprit… « Et bien vite après cette expérience et ce sentiment pareillement faux, viendra une fausse science et connaissance (venant) du démon, car je te le dis, en vérité, le diable a ses contemplatifs comme Dieu a les siens. » (« Le Nuage de l'inconnaissance », chapitre 45) […]

« Rentrer au-dedans de soi, ne doit pas être entendu comme un travail corporel. Ce serait là le plus court chemin vers la mort du corps et de l’âme car ce serait folie qui conduirait l’homme en démence… » (« Le Nuage de l'inconnaissance », chapitre 51)

Les termes « démon », « diable » des textes chrétiens désignent-ils les prédateurs de l’humanité des auteurs modernes, les êtres hyperdimensionnels, aliens, « flyers », et autres entités reptiliennes ?



(*) "Des savants seront au service d'hommes médiocres, vaniteux et haineux." ( Lingä Purânä)

Photo : une statue du Vigeland Park d’Oslo. Forum de David Icke http://www.davidicke.com/forum/showthread.php?t=100043

8 comments:

  1. Vos propos me paraissent très excessifs, depuis que je medite, je ne prend plus de cocaine je bois presque plus je me suis remis à peindre je suis beaucoup plus posé dans mes relations plus à l'écoute. Pensez vous vraiment que la médition est si mauvaise que cela, moi ca me fait du bien, je vois plus clair.
    j'aime bien toujours vérifier et écouter les avis contraires, et vous mettez les hola sur cette pratique, mais je ne comprend pas bien pourquoi.

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  2. « Ce que nous avons dit au sujet de certaines explications psychologiques des doctrines traditionnelles représente un cas particulier d’une confusion très répandue dans le monde moderne, celle des deux domaines psychique et spirituel; et cette confusion, même quand elle ne va pas jusqu’à une subversion comme celle de la psychanalyse, assimilant le spirituel à ce qu’il y a de plus inférieur dans l’ordre psychique, n’en est pas moins extrêmement grave dans tous les cas. […]

    Ici, il importe de bien préciser afin d’éviter tout malentendu : on ne peut pas dire qu’un développement quelconque des possibilités d’un être, même dans un ordre peu élevé comme celui que représente le domaine psychique, soit essentiellement «maléfique» en lui-même; mais il ne faut pas oublier que ce domaine est par excellence celui des illusions, et il faut d’ailleurs toujours savoir situer chaque chose à la place qui lui appartient normalement; en somme, tout dépend de l’usage qui est fait d’un tel développement, et avant tout il est nécessaire de considérer s’il est pris pour une fin en soi, ou au contraire pour un simple moyen en vue d’atteindre un but d’ordre supérieur.

    En effet, n’importe quoi peut, suivant les circonstances de chaque cas particulier, servir d’occasion ou de «support» à celui qui s’engage dans la voie qui doit le mener à une «réalisation» spirituelle; cela est vrai surtout au début, en raison de la diversité des natures individuelles dont l’influence est alors à son maximum, mais il en est encore ainsi, jusqu’à un certain point, tant que les limites de l’individualité ne sont pas entièrement dépassées.

    Mais, d’un autre côté, n’importe quoi peut tout aussi bien être un obstacle qu’un «support» si l’être s’y arrête et se laisse illusionner et égarer par certaines apparences de «réalisation» qui n’ont aucune valeur propre et ne sont que des résultats tout accidentels et contingents, si même on peut les regarder comme des résultats à un point de vue quelconque; et ce danger d’égarement existe toujours, précisément, tant qu’on n’est encore que dans l’ordre des possibilités individuelles; c’est d’ailleurs en ce qui concerne les possibilités psychiques qu’il est incontestablement le plus grand, et cela d’autant plus, naturellement que ces possibilités sont d’un ordre plus inférieur.

    Le danger est certainement beaucoup moins grave quand il ne s’agit que de possibilités d’ordre simplement corporel et physiologique; nous pouvons citer ici comme exemple l’erreur de certains Occidentaux qui, comme nous le disions plus haut, prennent le Yoga, ou du moins le peu qu’ils connaissent de ses procédés préparatoires, pour une sorte de méthode de «culture physique»; dans un pareil cas, on ne court guère que le risque d’obtenir, par des «pratiques» accomplies inconsidérément et sans contrôle, un résultat tout opposé à celui qu’on recherche, et de ruiner sa santé en croyant l’améliorer.

    Ceci ne nous intéresse en rien, sinon en ce qu’il y a là une grossière déviation dans l’emploi de ces «pratiques» qui, en réalité, sont faites pour un tout autre usage, aussi éloigné que possible de ce domaine physiologique, et dont les répercussions naturelles dans celui-ci ne constituent qu’un simple «accident» auquel il ne convient pas d’attacher la moindre importance.

    Cependant, il faut ajouter que ces mêmes «pratiques» peuvent avoir aussi, à l’insu de l’ignorant qui s’y livre comme à une «gymnastique» quelconque, des répercussions dans les modalités subtiles de l’individu, ce qui, en fait, en augmente considérablement le danger: on peut ainsi, sans s’en douter aucunement, ouvrir la porte à des influences de toute sorte (et, bien entendu, ce sont toujours celles de la qualité la plus basse qui en profitent en premier lieu), contre lesquelles on est d’autant moins prémuni que parfois on ne soupçonne même pas leur existence, et qu’à plus forte raison on est incapable de discerner leur véritable nature; mais il n’y a là, du moins, aucune prétention «spirituelle». […]
    René Guénon

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  3. Merci, pour votre réponse ,
    Vous dites :
    "on peut ainsi, sans s’en douter aucunement, ouvrir la porte à des influences de toute sorte (et, bien entendu, ce sont toujours celles de la qualité la plus basse qui en profitent en premier lieu)"
    vous parler des personne ? ou des états intérieurs ?

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  4. Ces lignes de René Guénon nous mettent en garde contre les influences extérieures de l'inframonde qui génèrent des perturbations intérieures particulièrement subtiles. Influences totalement occultées de nos jours. Toutefois, il faut savoir que les lamas ne pratiquaient jamais la méditation sans se protéger contre ces influences. L'exercice de protection des lamas se nommait « mettre l'armure », une armure psychique bien entendu.

    Je vous recommande la lecture du livre de René Guénon, « Le règne de la quantité ». Livre en ligne

    Le règne de la quantité

    Bonne lecture !

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  5. Merci pour la référence que je lirai.

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  6. Je recommande la lecture de «La zone intermédiaire» de Sri Aurobindo :

    La zone intermédiaire

    Extrait:

    «C’est une zone que de nombreux sâdhak doivent traverser, dans laquelle beaucoup errent longtemps et d’où un grand nombre ne ressortent jamais. En particulier, si leur sâdhanâ se situe principalement dans le mental et dans le vital, ils y rencontrent inévitablement de nombreuses difficultés et bien des dangers; seuls ceux qui obéissent scrupuleusement à des directives strictes ou ceux dont la nature est dominée par le psychique [ note de LK : l'âme divine, le chaitya purusha, ou chaitya guru] franchissent avec facilité cette région intermédiaire, comme sur une route sûre et clairement balisée. Une sincérité centrale, une humilité fondamentale préservent aussi de beaucoup de dangers et de désagréments. On peut alors passer rapidement au-delà, dans une Lumière plus claire où, s’il y a encore beaucoup de mélange, d’incertitude et de lutte, l’être s’oriente pourtant vers la Vérité cosmique et non vers un prolongement à demi éclairé de Mâyâ et de l’ignorance.»

    Je diffuse aussi Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps – René Guénon. ainsi que l'indique un lien dans l'un des commentaires, ici.

    Je ne veux pas m'allonger, j'en aurais beaucoup à dire, je pratique la méditation depuis des décennies, j'ai pratiqué le hatha yoga pendant cinq ans, environ cinq heures par jour, etc., et j'ai découvert beaucoup de choses. Les mises en garde sont nécessaires et je recommande la lecture de Guénon à tout le monde.

    Nous sommes tous sur une autoroute qui recèle beaucoup de dangers, entre autres conduire sous l'effet de l'alcool, ou trop vite, etc., et même en conduisant «correctement», on peut se faire emboutir :)

    Mais l'homme ne vit pas que de mises en garde (lesquelles je diffuse sur mon blog, je ne suis pas contre), mais on parle rarement, aussi, du danger de paralysie psychologique que les mises en garde peuvent produire, et qui représentent aussi ... un danger.

    Et pour finir, on parle rarement du rire. Rappelez-vous le roman d'Umberto Eco, Le Nom de la Rose, (revoir le film n'est pas une perte de temps, il est diffusé sur toutube): les assassinats y sont commis pour interdire l'accès à un manuscrit secret d'Aristote qui fait l'éloge du rire...

    Disons, pour parler court, que le «diable», ou «l'asoura», etc., rient peu ou jamais. En tout cas pas de bon coeur, et leur sens de l'humour est très peu développé. Je recommande les films de Chaplin, doses ad hoc, surtout quand on pense qu'on est «investi d'une mission», par exemple, ou que la mégalomanie nous talonne dangereusement, etc.

    Le sourire intérieur émane de l'âme divine et constitue, en soi, comme la foi, une prodigieuse protection.

    Et merci pour l'article. Fécond. La preuve...

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  7. Je me rend compte de mon ignorance, ces mises en gardes sont une nouveauté chez moi qui n'avait vu que le côté thérapeutique, attiré par vipassana car j'en sentais une valeur pour démêler des mauvais mécanismes psychiques comme la phobie sociale en étant plus conscient, mais jamais je ne pensais pas qu'ils existaient de tels dangers, ma pratique reste tout de même très modéré, et du mal a y voire une dimension trop spirituelle

    merci pour ces pistes de lectures

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  8. Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps – René Guénon.
    Très intéressant cet ouvrage.

    La zone intermédiaire
    ca me parle sur certain aspect, j'ai l'impression d'avoir connu ça
    par le passé.

    Le non de la rose un de mes films préféré, j'ai le livre, pas encore lu

    je dirais qu'après ces mises en garde des doutes m'ont un peu bloqué dans ma pratique méditative.
    Je préfère à l'heure actuel rester à quelques exercices de relaxation (au stade ou j'étais je pense ed toute façon que n'ais fait que ca).

    Arrêter des delires de drogué pour avoir d'autres delires n'est pas mon souhait.

    je pense que certaine méditation ou l'imagerie autour n'est pas adapté ni a mon éducation, ni à mon environnement, famille, amis.

    je n'abandonne pas de persévérer plus tard dans vipassana (ou autre) mais je ne vois pas cela comme une technique mais plus un état d'esprit,
    à cultiver modérément et doucement, petit à petit, j'ai un peu l'impression que cela vient de Soi-même sans trop forcer.

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