Friday, September 10, 2010

Les Roms


Par Jean- Louis Bernard

Les Romanichels sont l’ensemble des clans nomades, nommés aussi Bohémiens (parce qu’ils venaient de Bohème quand on les vit arriver à Paris, au Moyen Age, peu avant la « grande peste »), Gitans et Gypsies (parce qu’on les crut aussi originaires d’Egypte), Tsiganes…

Romanichels, de « rom » et de « manusch », deux termes de même valeur pour dire hommes (dans un sens emphatique, hommes ayant quelque chose de plus que l’humanité ordinaire, hommes missionnés). Encore que les Romanichels n’aient jamais manifesté aucune prétention (sauf en magie), cette emphase rejoint les notions abusives de « peuple élu » (les juifs) et de « race supérieure » (les nordiques blonds, selon le nazisme).

Les ethnologues et linguistes les rattachent à l’Inde, plus spécialement à de vieilles ethnies devenues sous-prolétariat (les parias). Ils auraient été expulsés de l’Inde et, dès l’âge du bronze, apparurent en Europe comme colporteurs de la métallurgie. Peut-être proviennent-ils de terres effondrées dans l’océan Indien. Le terme « rôme » désigna la noblesse égyptienne à peau brune, avant de signifier, simplement, le peuple, la foule, les gens ; en basque, il signifie troupeau. En somme, il s’agit d’un très vieux terme collectif qui s’est lentement usé… Mais les Romanichels ne perpétuent nullement une aristocratie guerrière de type égyptien ou indien ; eux-mêmes racontent dans leur bible, transmise par voie orale (1), que leurs ancêtres seraient tombés au rang de parias pour s’être révoltés contre la tradition ; un chef, le Pharavono, s’opposa au Pouro-Del (Dieu ou quelque être missionné de jadis), comme le Lucifer biblique. D’où cette malédiction de l’errance ayant frappé les clans schismatiques.

René Guénon pensait (sans preuve) que les Romanichels avaient jadis habité l’Agartha, l’énigmatique cité d’Asie centrale, et qu’ils en furent chassés pour sacrilège. Il se peut d’ailleurs qu’une fraction d’entre eux soit d’origine touranienne (les Tsiganes) et non indienne. Récemment, des ésotéristes ont repris la thèse de Guénon, mais dans un autre esprit ; ils rattachent eux aussi les Romanichels au mythe de l’Agartha et du Roi du monde souterrain, censé y demeurer ; mais ils voient dans ce personnage une entité néfaste – un « roi de la mort ». Les dons pour la nécromancie, propres à certains clans de Romanichels, proviendraient de ce lien occulte, ainsi que l’atroce mélancolie des chants de Gitans espagnols. C’est pour se libérer de cette emprise qui les empêche de vivre vraiment, qu’un nombre croissant de Romanichels auraient aujourd’hui tendance à se sédentariser.

L’ésotérisme littéraire du siècle romantique, idéalisant les Romanichels, inventa une « mission des Bohémiens » et une « haute initiation », propre à ceux-ci. On leur attribua aussi, à tort, l’invention du Tarot, qu’ils contribuèrent cependant à véhiculer. L’« ésotérisme bohémien » ne sort pas du cadre de la nécromancie. C’est par leur chiromancie (l’art de prédire l’avenir astrologique dans les lignes de la main) que les Bohémiens ont apporté une contribution de poids aux sciences occultes.


(1) Le Bheng est le daïmon planétaire, selon la tradition des Bohémiens. La Bible orale des Tziganes de la tribu Chalderash (des chaudronniers réputés magiciens), transcrite par le R.P. Chatard, identifie le Bheng au « maître du monde souterrain », ce qui recoupe peut-être le mythe du Roi du monde souterrain et, plus sûrement, celui de Satan. Ce Bheng est aussi à sa façon, un démiurge, c’est-à-dire un créateur, quoique ses pouvoirs soient limités au tellurisme, donc au globe ! Le Bheng voulut créer un couple humain ; il façonna des poupées d’argile, mais ne sut leur insuffler qu’une âme élémentaire, instinctive. Il fallut l’intervention du Pouro Del – le maître cosmique du monde – pour parachever l’œuvre. Alors Rom et Romni, l’homme et la femme, reçurent un couple d’âmes végétales, sortes de mandragores, et la parole. Le récit rejoint une tradition, selon laquelle la première humanité aurait existé dans le règne végétal ! Le Plouro Del offrit au couple un autre don du ciel : l’amour… Du Bheng dépendrait la puissance inférieur sur le monde des hommes et sur la nature – et c’est à juste titre que le Jésus évangélique nomme Satan « prince de ce monde ». Prince, non roi ! Le Bheng régnerait notamment sur l’argent. Il est certes le compagnon du Pouro Del. Ne gouvernent-ils pas ensemble la planète ? Et, sans Dieu, Satan existerait-il ? Mais, dit la Bible des Chalderash, « il (le Bheng) fâche souvent le Pouro Del, car il cherche toujours à lui prendre sa place ».

LIBERTE
Un film de Tony Gatlif
Avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thiérrée, Rufus, Carlo Brandt





L’holocauste des Tziganes
Selon Pauwels et Bergier :

« Les membres du groupe Thulé (société secrète nazie) devait recevoir la domination matérielle du monde. Ils devaient être protégés contre tous dangers, et leur action s’étendrait sur mille années, jusqu’au prochain déluge. Ils s’engageaient à mourir de leur propre main s’ils commettaient une faute qui romprait le pacte et à accomplir des sacrifices humains. L’extermination des bohémiens (750 000 morts) ne semble avoir que des raisons « magiques ».


Zanko chef tribal chez les Chalderash. La tradition des tsiganes conservée par l'aristocratie de ce peuple. Le livre des ancêtres. Le coutumier. La mise à mort du serpent. Les légendes annexes. Documents recueillis par le R.P. Chatard.

Commentaire d’un lecteur :

« Récits recueillis dans le secret des tribus tsiganes, pourtant fermées aux "gadgés", on est touché par l'authentique de ce qui a été raconté. Une plongée dans le cœur tsigane, recueilli à chaud, comme si on y était. Passionnant. »
(Malheureusement, l'édition est épuisée. Quelques exemplaires sont disponibles sur le Web, notamment sur le site PriceMinister.)


LIBERTE
Le film de Tony Gatlif


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