Tuesday, December 21, 2010

La croissance de la religiosité


Politiques identitaires


Pour partie, les pressions qui s’exerceront sur les sphères dirigeantes proviendront de nouvelles formes de politiques identitaires centrées sur les convictions religieuses et l’appartenance ethnique. Au cours des quinze années qui s’annoncent, l’identité religieuse va probablement devenir un facteur de plus en plus central dans la manière qu’auront les individus de se définir. La tendance aux politiques identitaires est liée à une mobilité accrue, à la diversité de plus en plus marquée de groupes entretenant des relations d’hostilité mutuelle au sein d’un même état, et à la diffusion des technologies de communication modernes.


Des réseaux religieux pour l’emploi et la solidarité


La primauté des identités ethniques et religieuses apportera à leurs adeptes une communauté toute prête, qui leur tiendra lieu de « filet de sécurité » en des temps de nécessité, facteur surtout très important chez les populations immigrées. De telles communautés fourniront aussi des réseaux susceptibles de donner accès à des opportunités d’emploi.


Augmentation du nombre de croyants


Nous ne disposons pas de données complètes sur le nombre de gens qui ont embrassé la foi religieuse ou qui se sont convertis d’une obédience à une autre au cours de ces dernières années. La tendance semble s’orienter vers un nombre de convertis en hausse et un engagement religieux affirmé chez beaucoup de croyants.


Par exemple, le christianisme, le bouddhisme et d’autres religions et pratiques se propagent dans des pays comme la Chine, en même temps que le marxisme décline. De même, la proportion de convertis par l’évangélisation dans les pays d’Amérique latine de forte tradition catholique ne cesse d’augmenter.


Le christianisme afro-chinois 


D’ici à 2020, la Chine et le Nigéria compteront parmi les communautés chrétiennes les plus vastes du monde. Ce tournant va remodeler les institutions occidentales traditionnelles fondées sur le christianisme, en leur donnant un aspect plus africain et plus asiatique, voire, plus largement, une dimension foncièrement liée au monde en voie de développement.


L’Europe


L’Europe de l’Ouest se distingue de cette « religiosité » mondiale, sauf pour les communautés immigrées d’Afrique et du Moyen-Orient. Beaucoup de fonctions traditionnelles de l’Eglise – l’éducation, les services sociaux, etc. – sont maintenant remplies par l’Etat. Toutefois, une laïcité plus envahissante, plus insistante risque de ne pas favoriser l’acceptation culturelle des nouveaux immigrés musulmans. En effet, ces derniers considèrent l’interdiction d’arborer des signes d’appartenance religieuse dans certains pays européens comme discriminatoire.


Regain des « activismes » religieux


Beaucoup de croyants pratiquants – qu’il s’agisse de nationalistes hindous, de chrétiens évangélisés en Amérique latine, de juifs fondamentalistes en Israël ou de musulmans radicaux – deviennent des « activistes ». Ils ont une vision du monde qui plaide pour un changement de société, une tendance à instaurer des distinctions manichéennes entre le bien et le mal, et un système de croyance religieuse qui relie les conflits locaux à une lutte plus générale.


De tels mouvements fondés sur la religion ont toujours été chose courante dans les périodes de trouble social et politique, et ils ont souvent constitué des forces positives de changement. Ainsi, les universitaires voient dans la poussée du courant évangélique en Amérique latine un mouvement qui a offert aux groupes déracinés, désavantagés sur le plan ethnique et souvent pauvres, notamment les femmes, « un réseau social dont ils auraient été dépourvus […] en apportant à leurs membres les savoir-faire nécessaires à leur survie dans une société en développement rapide… » (Philip Jenkins)


En même temps, le désir des groupes militants de changer la société conduit souvent à d’autres troubles sociaux et politiques, parfois violents. En particulier, il y a de fortes probabilités de frictions entre les communautés mixtes, car ces militants tentent de faire des convertis au sein des autres groupes religieux ou institutions confessionnelles établies de plus longue date. Dans le droit-fil des convictions religieuses fortement enracinées de ces mouvements, ces militants définissent leur identité par opposition à ceux qui ne sont pas des leurs, ce qui peut entraîner les dissensions.


L’islam radical


La plupart des régions qui vont connaître un regain des « activismes » religieux enregistreront aussi des poussées démographiques. Les spécialistes ont établi le lien avec la présence de nombreux militants radicaux, notamment les extrémistes musulmans (1).


Jusqu’en 2020, on peut s’attendre à ce que la propagation de l’islamisme radical ait un impact planétaire non négligeable, en ralliant des groupes ethniques et nationaux très divers, et peut-être même en créant une autorité qui transcende les frontière nationales. Une partie de l’attrait de l’islam radical réside dans l’appel des musulmans vers leurs racines, quand la civilisation de l’islam occupait les avant-postes du changement mondial. Les sentiments collectifs de désaffection et de désunion sur lesquels mise l’islam ne risquent guère de se dissiper, en tout cas pas tant que le monde musulman n’apparaîtra pas plus pleinement intégré à l’économie mondiale.


L’islam radical va continuer de séduire beaucoup d’immigrants musulmans, qui seront attirés par l’Occident plus prospère, pour les emplois offerts, mais qui ne se sentent pas de plain-pied avec ce qu’ils perçoivent comme une culture étrangère.


Des études montrent que les immigrés musulmans sont en train de s’intégrer dans les pays d’Europe de l’Ouest, à mesure aussi que ces derniers deviennent plus ouverts et plus diversifiés. Toutefois, beaucoup d’immigrés de la deuxième et de la troisième génération sont attirés par l’islam radical, car ils rencontrent des obstacles sur le chemin de l’intégration pleine et entière, et des barrières imposées à ce qu’il considèrent comme des pratiques religieuses normales.


De futurs conflits religieux


Les différences de religion et d’ethnie contribueront aussi aux conflits futurs et, si l’on n’y veille pas, elles seront une cause de querelles régionales. Les régions où les frictions risquent de déboucher sur des conflits intérieurs plus importants sont l’Asie du Sud-Est, où les lignes de fracture historiques entre chrétiens et musulmans traversent plusieurs pays, y compris l’Afrique de l’Ouest, les Philippines et l’Indonésie.


Alexandre Adler, « Le rapport de la CIA ».


(1) Adler définit les extrémistes musulmans comme un sous-ensemble des militants islamistes. « Ils se sont engagés dans la recomposition de la société politique, en accord avec leur vision de la loi islamique et ils usent volontiers de la violence. »
    
Alexandre Aldler est considéré comme un journalistes initiés aux secrets du monde. Il a participé à une réunion du Bilderberg en mai 2003 à Versailles. Ce puissant lobby néo-libéral, qui alimente toutes sortes de fantasmes conspirationnistes, déploie une stratégie d'influence également dans le milieu journalistique.


Site du groupe Bilderberg :
http://www.bilderbergmeetings.org/meeting_2010.html


Le rapport de la CIA : comment sera le monde en 2020 ?
&
Le nouveau rapport de la CIA : comment sera le monde en 2025 ?



Le rapport de la CIA : comment sera le monde en 2020 ?


Il vaut mieux ne pas croire aveuglément Michael Moore : la classe dirigeante actuelle des Etats-Unis n'est pas composée de brutes analphabètes incapables de saisir les complexités du monde... Pour s'en convaincre, il suffit de lire ce rapport produit par le Conseil national du renseignement américain (National Intelligence Council) pour la CIA. Un texte dense, articulé et subtil qui propose un examen en profondeur des grandes tendances du monde de demain. Dans tous les domaines - politique, économie, environnement, religion, terrorisme -, c'est une réflexion passionnante sur les forces et sur les dangers en même temps qu'un ensemble très précis d'indications qui orienteront la politique des Etats-Unis dans les prochaines années... C'est pourquoi il nous faut examiner sans passion ni préjugés cette " cartographie du futur " dont nous n'avons pas l'équivalent aujourd'hui en Europe. Le terrorisme va-t-il s'amplifier ? Verra-t-on l'effondrement de l'hégémonie américaine ? Les pleins pouvoirs iront-ils à l'Asie ? S'appuyant sur des sources et des hypothèses extrêmement sérieuses, les auteurs se livrent aussi à de très réalistes scénarios de politique-fiction. Ainsi la lettre du petit-fils de Ben Laden à sa famille proclamant l'instauration d'un nouveau califat ou le dialogue sous forme de SMS entre trafiquants d'armes nucléaires et chimiques... Ce rapport, écrit par vingt-cinq experts internationaux sur la base de données jusqu'ici secrètes, nous dit comment sera la monde en 2020.


Le nouveau rapport de la CIA : comment sera le monde en 2025 ?


Terrorisme en retrait, glissement du pouvoir économique de l'Occident à l'Orient, pénurie d'eau, déclin des ressources en hydrocarbures, nouvelles technologies. Dans la lignée du précédent Rapport de la CIA (Robert Laffont, 2005), un document inédit réunissant plusieurs hypothèses qui ne manqueront pas de faire parler, et dans lequel, surtout, pour la première fois, les Américains reconnaissent qu'ils ne seront plus les maîtres du monde ! Dans sa présentation, Alexandre Adler explore, en lever de rideau, les plus grands dangers géopolitiques actuels et suggère quelques moyens de les prévenir, pendant qu'il en est encore temps.

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