Friday, February 11, 2011

Bouddhisme & écologie






Joanna Macy, la plus connue des bouddhistes américaines, a dit un jour, avec peut-être une pointe de regret : « Si j'avais trouvé dans la religion chrétienne respect et amour pour la nature, je n’aurais pas eu besoin de devenir bouddhiste. » C’est qu’en effet la différence est fortement ressentie, ici, entre la traditionnelle attitude judéo-chrétienne envers la nature et celle du bouddhisme. Si, pour les uns, la nature peut être dominée, asservie même, et est extérieure à l'homme, pour la pensée bouddhiste et orientale en général, c’est tout le contraire. Comme l’a noté l’écrivain Fritjof Capra, l’essence même de la conception orientale du monde, et a fortiori du bouddhisme, est « l’unité et l’interaction de toutes choses ». On ne demande pas à un bouddhiste de soumettre la nature, mais avant tout de s'y intégrer et de la respecter.


Jésus, dans la gestuelle chrétienne, pointe souvent un doigt vers le ciel, où réside Dieu son père, tandis que Bouddha le pointe vers la terre, qu’il appelle sa mère, et qu’il prend à témoin lors de sa lutte avec le démon Mara, durant les intenses moments précédant son illumination sous l'arbre de la Bodhi. Tout est là. Il y a donc un mariage naturel entre le bouddhisme et le sentiment écologique et, aux Etats-Unis tout au moins, bouddhisme et écologie vont main dans la main. Pour les bouddhistes américains, et particulièrement pour bouddhisme zen tel qu'il a évolué dans les dernières décennies aux Etats-Unis, toute la création et empreinte de sacré, parce qu'elle est emplie de la Bouddha-nature (la nature ou l'essence de Bouddha). Il n'est que de lire des écrivains comme Joanna Macy, Joan Halifax ou le poète Gary  Snyder pour s'en convaincre. 

N'oublions pas non plus le vénérable Thich Nhat Hanh, le moine bouddhiste zen vietnamien installé en France qui se rend chaque année en tournée de séminaires et de conférences aux Etats-Unis, où il est extrêmement populaire. Thich Nhat Hanh, dans ses interventions publiques, qui rassemblent des foules considérables, ne manque jamais de demander à ses auditeurs de cultiver la compassion et d’étudier les moyens de protéger la vie des gens, des animaux, des arbres et même, quand c'est possible, des plantes, car tous possèdent la Bouddha-nature.


Cette philosophie est en fait une des bases du mouvement Tiep Hien, fondé par, Thich Nhat Hanh, qui est bien implanté aux Etats-Unis où il n’y a donc pas eu besoin de convaincre les instances religieuses bouddhistes de se joindre au mouvement écologique ; elles en font partie intégrante. Par exemple, l'université de Naropa, dans le Colorado, première université bouddhiste accréditée en Amérique, offre depuis plusieurs années à ses étudiants un large éventail de cours ou d'études sur les métiers de l’environnement. Dans toutes les manifestations écologistes, les bouddhistes américains, religieux ou laïcs, sont toujours fortement représentés.
François Mazure.


Ecologie et spiritualité


Chacun peut constater que l'état du monde se dégrade, que la civilisation du progrès et du libéralisme, si elle continue à fonctionner sans frein, est auto-destructrice. Si les puissants du monde se refusent à agir, une nouvelle conscience écologique s'affirme néanmoins chez les individus des quatre continents, préparant les fondements d'une autre mondialisation, fraternelle et spirituelle. Les acteurs et penseurs du monde contemporain réunis ici partagent ce souci et cet espoir et viennent, en éclaireurs, nous apporter leurs vues sur les derniers développements de l'écologie, ses rapports avec la vie citoyenne, les religions ou la philosophie. Un état des lieux passionnant qui, s'il fait la part belle à la poésie et à la contemplation, n'en est pas moins un appel à l'action.





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