Friday, February 25, 2011

Les Illuminati


Ennemis de l’Eglise, les Illuminés de Bavière


Sous le couvert de la franc-maçonnerie, ils ont vainement tenté de lutter contre l'obscurantisme de Rome. La brève existence des Illuminaten connaîtra pourtant une formidable et romanesque postérité.


Depuis le parution du best-seller de Dan Brown, Anges et Démons, les Illuminati sont à la mode. L'écrivain américain a en effet basé la trame de son roman sur les agissements mystérieux de cette secte qu'il présente sous un jour mystérieux et dont il date les origines à la Renaissance. Tous les initiés de ce cercle auraient partagé la même foi en la science, s'opposant au dogme catholique perçu comme des superstitions nocives ; voilà pourquoi ils se seraient nommé entre eux Illuminati, « illuminés » par la vraie science opposée aux ténèbres de la religion. Selon Dan Brown, le plus illustre des Illuminati fut Galilée, père de la lunette astronomique et ardent défenseur de la thèse héliocentrique. S'il fut épargné par l'Inquisition - quoiqu'il ait dû renoncer publiquement à soutenir et diffuser ses idées -, les autres auraient été impitoyablement traqués par l'Eglise, torturés puis exécutés. Dès lors, les Illuminati auraient disparu de l'histoire officielle. Mais, toujours selon le romancier américain, « ils furent adoptés par une autre société secrète, une confrérie de riches tailleurs de pierre bavarois, appelés les francs-maçons. » N'abandonnant pas leur projet politique subversif, ils auraient alors « utilisé le réseau planétaire des maçons pour étendre leur influence et financer leur grand dessein : la fondation d'un nouvel ordre mondial séculier fondé sur la raison scientifique ». Les Illuminati constitueraient depuis des siècles une société secrète politique ourdissant dans l'ombre un complot international.


… aux Illuminaten


Force est de constater que la trame romanesque de Dan Brown ne résiste pas à l'épreuve des faits. Toutefois, notre écrivain s'est inspiré, non sans malice, d'une confrérie bien réelle qui a œuvré dans l'espace germanique au siècle des lumières : les Illuminaten. Ce cénacle est fondé en 1776 par Adam Weishaupt (1748-1830), professeur de droit à l'université d'Ingolstadt. Fervent représentant des Lumières, Weishaupt s'oppose non seulement au catholicisme bavarois qu'il juge obscurantiste mais également au développement de sociétés secrètes chrétiennes et mystiques ; c'est le cas de la Rose-Croix d'or et surtout de la Stricte Observance templière qui connaît alors un véritable engouement auprès des élites germaniques.


Dans ce contexte, le sévère professeur de droit se décide à fonder lui aussi une société clandestine qui influencera en profondeur l'élite de son temps pour la convertir aux idées de progrès et de raisons.
Rapidement, Weishaupt propose à ceux qui l'ont rejoint un cheminement en trois degrés : du "noviciat", ils accèdent au grade de "minerval" puis de "minerval illuminé" ou illuminatus minor. A chacune de ces étapes, ils doivent lire un vaste programme d'auteurs, tous représentants des Lumières : Lessing, Herder, Wieland...


Weishaupt espère que ces lectures sauront convaincre les Illuminés du bien-fondé de ses idées. Car le projet de Weishaupt, connu de lui seul et de ses premiers compagnons groupés dans un "aréopage", n'est pas initiatique mais subversif : il s'agit bien de saper l'autorité de l'Eglise.


La greffe maçonnique


Afin de bâtir son ordre, Weishaupt, en bon élève des jésuites, à puisé l'essentiel de ses références dans l'Antiquité grecque : ainsi a-t-il rebaptisé les villes dans lesquelles les Illuminaten sont actifs : Ingolstadt est devenue Eleusis, Munich, Athènes, Ravensberg, Thèbes...


Quant aux dignitaires de l'ordre, ils ont aussi emprunté leurs surnoms à l'époque gréco-romaine : Weishaupt rebaptisé Spartacus, côtoie Ajax, Agathon ou encore Tibère. Mais le recrutement stagne : plusieurs dizaines de membres tout au plus, au mieux une centaine en 1780... C'est alors que Weishaupt tente une greffe avec la franc-maçonnerie à laquelle il a été initié en 1777 dans la loge munichoise Zur Behutsamkeit (à la Prudence). Il pense ainsi pouvoir bénéficier du réseau maçonnique pour diffuser ses idéaux rationalistes.


Parmi les première recrues, il reçoit le très respecté baron Adolf von Knigge jusque-là membre d'une loge de la Stricte Observance. Déçu par diverses expériences alchimiques, von Knigge rejoint les Illuminés avec enthousiasme, amenant avec lui son savoir et sa réputation. Il en devient rapidement un membre influent bien que sa relation avec Weishaupt soit orageuse : le baron reproche au juriste son trop grand anticléricalisme quand lui se serait contenté d'un déisme de bon aloi.


"Prêtre", "Régent" et "Magnus Rex"


Au même moment, l'ennemi intime des Illuminés, la très chrétienne Stricte Observance connaît une crise interne grave. Weishaupt et von Knigge profitent de la situation. Le baron conçoit une série de hauts grades maçonniques qui viennent chapeauter les trois degrés des Illuminés : ainsi, viennent s'adjoindre les titres de "franc-maçon", de "Illuminatus major", de "Illuminatus dirigens". Von Knigge y ajoute une seconde classe de hauts grades qui mènent à l'Aréopage dirigeant : ce sont les degré de "Prêtre", "Régent" et "Magnus Rex". Cette construction est un coup de génie, permettant aux Illuminés de récupérer en quelques mois des centaines de maçons en déshérence de la Stricte Observance. En outre, elle assure le pilotage de la nouvelle structure par l'Aréopage qui, lui seul, connaît le dessein ultime de la confrérie. L'ordre compte désormais près de 3000 membres ; il est influent non seulement en Bavière mais aussi en Autriche, en Bohême, en Hongrie.
Son recrutement est élitiste puisqu'il a puisé dans le vivier maçonnique qui l'était déjà : on y touve beaucoup de fonctionnaires, des banquiers, des marchands aisés, des militaires de haut rang et même des membres du clergé abusé par la façade maçonnique de l'ordre. De grands personnage le rejoignent : Les ducs de Saxe-Weimar et de Saxe-Gotha, Goethe, Herder...


Persécution et clandestinité


Mais les Illuminés sont rapidement victimes de leur succès. Leur montée en puissance suscite en effet de fortes oppositions. De la part de certains princes tout d'abord : Frédéric-Guillaume, héritier du trône de Prusse et initié à la Rose-Croix d'or, leur voue une haine tenace. Il soutient les loges maçonniques berlinoises acquises aux Rose-Croix lorsqu'elles déclarent la guerre aux Illuminés en 1783 au motif qu'il veulent "saper la religion chrétienne et faire de la maçonnerie un système politique". Cependant, c'est de l'ordre même que provient la crise : Weishaupt et von Knigge ne cessent de s'opposer sur la question religieuse. De guerre lasse, le baron quitte les Illuminés en avril 1784. Deux mois plus tard, l'électeur de Bavière, le prince Charles-Théodore, prononce un édit d'interdiction ; les Illuminés sont désormais considérés comme des criminels et pourchassés en tant que tels. Weishaupt doit fuir Ingolstadt ; il est accueilli par le duc de Saxe-Gotha qui lui accorde sa protection. L'ordre est alors moribond ; la plupart de ses membres ont déserté et beaucoup, tel Goethe, s'emploient à minimiser leur implication dans la confrérie.


Pendant quelques années encore, quelques Illuminés continueront d'œuvrer dans la clandestinité. Johann Joachim Christoph Bode (1730-1793) est le plus important d'entre eux : initié par von Knigge en 1782, il a gravi tous les échelons de la hiérarchie si bien qu'il succède à Weishaupt lorsque celui-ci est contraint de fuir...


La légende noire des Illuminaten


L'idée de Bode consiste à implanter des groupes d'Illuminés hors d'Allemagne, en attendant que la situation se calme. Il se rend notamment en France en 1787 où il fonde une branche française sous le nom de Philadelphes. Mais l'entreprise échoue. A la mort de Bode en 1793, les Illuminaten ont perdu leur éclat. Toutefois, leur histoire ne s'arrête pas là. Des opposants à la Révolution française, dont l'abbé Augustin Barruel (1741-1820) répandent l'idée que les francs-maçons et les Illuminés, épris de raison et hostile au catholicisme, ont été à l'origine de 1789. Difficile à croire quand on sait que les philadelphes n'ont jamais compté que quelques membres, bien incapables de comploter contre la monarchie ! La thèse pourtant fait florès ; les Illuminés passent à la postérité avec la réputation d'avoir été une puissante société antichrétienne, d'essence quasi satanique comme la soutenu Barruel. C'est cette image qu'a habilement reprise et exploité Dan Brown dans son roman : ses Illuminati empruntent beaucoup à leurs cousins bavarois : rationalisme, culte du secret, subversion, haine de Rome et culte luciférien. Mais Brown s'empresse de corriger cette image effrayante pour le lecteur en précisant que Lucifer n'est autre que "Celui qui porte la lumière", une image chère aux Illuminés. La boucle est bouclée mais les pistes sont brouillées. De Weishaupt à Dan Brown, des Illuminaten aux Illuminati, il ne reste finalement qu'un destin commun : l'échec d'une tentative destinée à instaurer les valeurs des Lumières par le complot... 


Le dollar des Illuminaten


Dans son roman « Anges et Démons », Dan Brown affirme que la jeune démocratie américaine a été la terre d’élection des Illuminati. Arguant du fait avéré que George Washington et Benjamin Franklin étaient franc-maçon, il laisse entendre qu'ils n'ont pu qu'appartenir à la société secrète. Et pour preuve : le billet d'un dollar contiendrait nombre de ses symboles, en particulier la pyramide et le triangle orné d'un œil. Pourtant, il faut se rendre à l'évidence, les supposés symboles sont a remplacer dans leur contexte historique : la mode est à l'égyptomanie au XVIIIème siècle et il n'est pas rare de voir évoqué ça et là le temps des pyramides. Quant au triangle, avant d'être un symbole maçonnique, il désigne, depuis l'époque baroque, non pas la raison mais... Dieu.


Source : « Les sociétés secrètes ».


Les sociétés secrètes 




Anges et Démons 

 

Une antique confrérie secrète parmi les plus puissantes de l'Histoire, les « Illuminati », qui s'était juré autrefois d'anéantir l'Église Catholique, est de retour. Cette fois, elle est sur le point de parvenir à son but : Robert Langdon, expert en religions d'Harvard, en a la certitude. Langdon va rencontrer Vittoria Vetra, une scientifique aussi belle que mystérieuse. Cette fois, il sait à qui il se confronte. Cette enquête diabolique est un piège, chaque secret est une clé, chaque révélation un danger. - Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles. Avec l'aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l'enquête et découvrir des signes dissimulés dans les oeuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire.







Anges et Démons (édition illustrée)
Extrait


Les faits 
Le plus grand pôle de recherche scientifique au monde, le CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire), a récemment réussi à produire les premiers atomes d’antimatière. 


L’antimatière est identique à la matière, si ce n’est qu’elle se compose de particules aux charges électriques inversées. 


L’antimatière est la plus puissante source énergétique connue. Contrairement à la production d’énergie nucléaire par fission, dont l’efficience se borne à 1,5 %, elle transforme intégralement sa masse en énergie. En outre, elle ne dégage ni pollution ni radiations. Il y a cependant un problème :

L’antimatière est extrêmement instable. Elle s’annihile en énergie pure au contact de tout ce qui est... même l’air. Un seul gramme d’antimatière recèle autant d’énergie qu’une bombe nucléaire de 20 kilotonnes, la puissance de celle qui frappa Hiroshima. 


Jusqu’à ces dernières années, on n’avait réussi à produire que quelques infimes quantités d’antimatière (quelques atomes à la fois). Mais le « décélérateur d’antiprotons » récemment mis au point par le CERN ouvre de formidables perspectives : sa capacité de production d’antimatière est considérablement renforcée. 
Se pose désormais une angoissante question : cette substance hautement volatile sauvera-t-elle le monde, ou sera-t-elle utilisée pour créer l’arme la plus destructrice de l’histoire ?


Note de l’auteur 
Tous les tombeaux, sites souterrains, édifices architecturaux et oeuvres d’art romains auxquels se réfère cet ouvrage existent bel et bien. On peut encore les admirer aujourd’hui. Quant à la Confrérie des Illuminati, elle a aussi existé.


Prologue 
En reniflant une odeur de chair brûlée, le physicien Leonardo Vetra comprit que c’était la sienne. Il leva des yeux terrorisés vers la silhouette penchée sur lui. 


- Que voulez-vous ? 
- La chiave, répondit la voix rauque, le mot de passe. 
- Mais... je n’ai pas... 


L’intrus appuya de nouveau, enfonçant plus profondément l’objet blanc et brûlant dans la poitrine de Vetra. On entendit un grésillement de viande sur le gril. Vetra poussa un hurlement de douleur.

- Il n’y a pas de mot de passe ! 


Il se sentait basculer dans le néant. 
Son bourreau lui jeta un regard furibond.

- Exactement ce que je craignais. Ne avevo paura ! 
Vetra lutta pour ne pas perdre connaissance, mais le voile qui le séparait du monde s’épaississait. Son seul réconfort : savoir que son agresseur n’obtiendrait jamais ce qu’il était venu chercher. Quelques instants plus tard, l’homme sortit un couteau. La lame s’approcha du visage de Vetra. Avec une délicatesse toute chirurgicale. 


- Pour l’amour de Dieu ! hurla le mourant d’une voix étranglée. 
- Mais il était trop tard.


Chapitre 1. 
Au sommet des marches de la grande pyramide de Gizeh, une jeune femme riait et l’appelait. 


- Robert, dépêche-toi ! Décidément, j’aurais dû épouser un homme plus jeune ! Son sourire était magique. Il s’efforçait de la suivre mais ses jambes étaient deux blocs de pierre. 


- Attends-moi ! supplia-t-il. S’il te plaît ! Alors qu’il recommençait à grimper, la vision se brouilla. Son coeur cognait comme un gong à ses oreilles. Je dois la rattraper ! Mais quand il leva de nouveau les yeux, la femme avait disparu. A sa place se tenait un vieillard aux dents gâtées. L’homme regardait vers le bas, un étrange rictus retroussait ses lèvres. Puis il poussa un cri d’angoisse qui résonna dans le désert. Robert Langdon se réveilla en sursaut de son cauchemar. Le téléphone sonnait à côté de son lit. Emergeant péniblement, il décrocha l’appareil. 


- Allô ? 
- Je cherche à joindre Robert Langdon, fit une voix d’homme. Langdon s’assit dans son lit et essaya de reprendre ses esprits. 
- C’est... c’est lui-même. Il cligna des yeux en tournant la tête vers son réveil numérique. Celui-ci affichait 5 h 18 du matin. Il faut que je vous rencontre sur-le-champ. 


- Mais qui êtes-vous ? 
- Je me nomme Maximilien Kohler. Je suis physicien. Spécialisé en physique des particules, pour être précis. 


- Quoi ? Langdon se demandait s’il était vraiment réveillé. 
- Vous êtes sûr que je suis le Langdon que vous cherchez ? 


- Vous êtes professeur d’iconologie religieuse à Harvard. Vous êtes l’auteur de trois ouvrages sur les systèmes symboliques et... 
- Savez-vous l’heure qu’il est ? 


- Excusez-moi. J’ai quelque chose à vous montrer. Il m’est impossible d’en parler au téléphone. Langdon poussa un marmonnement entendu. Ce n’était pas la première fois. L’un des risques qui guettent l’auteur de livres sur la symbolique religieuse, c’est justement ce genre d’appels d’illuminés. Ils viennent de recevoir un message de Dieu et ils demandent confirmation au spécialiste. Le mois précédent, une danseuse de cabaret de Tulsa dans l’Oklahoma lui avait promis la nuit d’amour de sa vie s’il prenait l’avion pour authentifier le signe de croix qui venait d’apparaître sur sa housse de couette. Langdon avait baptisé ce nouveau cas « le suaire de Tulsa ». 


- Comment avez-vous eu mon numéro ? demanda Langdon en essayant de garder son calme malgré l’heure matinale. 


- Sur le Web, sur le site de votre bouquin. Langdon fronça les sourcils. Il était parfaitement sûr que le site de son livre ne donnait pas son numéro de téléphone privé. Ce type mentait, de toute évidence. 


- Il faut que je vous voie, insista l’autre. Je vous paierai bien. Langdon sortit de ses gonds. 


- Je suis désolé, mais vraiment je n’ai rien à... 
- Si vous partez tout de suite, vous pouvez être ici vers... 
- Je n’irai nulle part ! Il est 5 heures du matin ! Langdon raccrocha et se laissa choir sur son lit. Il ferma les yeux et essaya de se rendormir. Peine perdue. Il était trop contrarié. A regret, il enfila son peignoir et descendit au rez-de-chaussée. Robert Langdon traversa pieds nus le grand salon vide de sa demeure victorienne du Massachusetts et se prépara le remède habituel des nuits d’insomnie, un bol de chocolat instantané en poudre. La lune d’avril filtrait à travers les portes-fenêtres et animait les motifs des tapis orientaux. Il balaya la pièce du regard. Ses collègues le taquinaient souvent sur son intérieur – celui-ci évoquait davantage, selon eux, un musée d’anthropologie qu’une habitation privée. Ses étagères étaient bondées d’objets d’art religieux du monde entier – un ekuaba du Ghana, une croix en or espagnole, une idole cycladique de la mer Egée et même un rare boccus tissé de Bornéo, symbole de jeunesse éternelle porté par les jeunes guerriers indonésiens. Assis sur son coffre Maharishi en cuivre, Langdon savourait son chocolat en surveillant d’un oeil distrait son reflet dans la baie vitrée. L’image déformée et pâle évoquait un fantôme. Un fantôme vieillissant, songea le professeur, cruellement rappelé à la réalité de sa condition : un esprit jeune dans une enveloppe mortelle. Agé d’environ quarante ans, Langdon, qui n’était pas beau au sens classique du terme, était le type même de l’universitaire à la mâle distinction qui, selon ses collègues du sexe féminin, plaît tant aux femmes. Avec ses tempes argentées qui rehaussaient une belle chevelure encore brune, son impressionnante voix de basse et le large sourire insouciant d’un grand sportif, Langdon avait gardé le corps du nageur de compétition qu’il avait été à l’université. Et il veillait à maintenir en forme son mètre quatre-vingts longiligne et musclé en s’imposant chaque matin cinquante longueurs dans la piscine du campus. Ses amis l’avaient toujours considéré comme une énigme. Tour à tour moderne et nostalgique, il semblait changer de peau à volonté. Le week-end, on pouvait le voir se prélasser sur une pelouse, discutant conception assistée par ordinateur ou histoire religieuse avec des étudiants ; parfois, on l’apercevait en veste de tweed sur un gilet à motifs cachemire dans les pages d’un magazine d’art ou à la soirée d’ouverture d’un musée où on lui avait demandé de prononcer une conférence. Ce grand amoureux des symboles était sans aucun doute un professeur qui ne faisait pas de cadeaux et exigeait une stricte discipline de ses élèves, mais Langdon était aussi le premier à pratiquer « l’art oublié du bon rire franc et massif », selon sa bizarre expression, dont il vantait les mérites. Il adorait les récréations et les imposait avec un fanatisme contagieux qui lui avait valu une popularité sans mélange auprès de ses étudiants. Son surnom sur le campus, le « Dauphin », en disait long sur son caractère bon enfant mais aussi sur sa capacité légendaire de multiplier les feintes pour tromper l’équipe adverse, lors des matchs de water-polo. Soudain, le silence du grand salon fut de nouveau troublé, cette fois par une sorte de cliquetis que le quadragénaire à demi assoupi ne reconnut pas tout de suite. Trop fatigué pour s’emporter, Langdon esquissa un sourire las : le cinglé de tout à l’heure ne s’avouait pas vaincu. Ah, ces fous de Dieu ! Deux mille ans qu’ils attendent le Messie et ils y croient plus que jamais ! Les sourcils froncés, il rapporta son bol vide à la cuisine et gagna à pas lents son bureau lambrissé de chêne. Le fax qui venait d’arriver luisait faiblement sur le plateau. En poussant un soupir, il s’empara de la feuille et l’approcha de ses yeux. Aussitôt, il fut pris de nausées. C’était la photo d’un cadavre. On l’avait entièrement dénudé et on lui avait tordu le cou jusqu’à ce que sa tête regarde derrière lui. Sur la poitrine de la victime une terrible brûlure renforçait l’atrocité de ce meurtre. L’homme avait été marqué au fer rouge, on avait gravé un mot, un seul mot dans sa chair. Un terme que Langdon connaissait bien. Très bien. Ses yeux restaient rivés, incrédules, sur les étranges caractères gothiques : 


- Illuminati, balbutia Langdon, le coeur battant à tout rompre. Ce n’est quand même pas... D’un mouvement lent, appréhendant ce qu’il allait découvrir, il fit pivoter le fax à 180 degrés. Lut le mot à l’envers. Il en eut le souffle coupé – à peu près comme s’il venait de se prendre un coup de poing en pleine poitrine. 


- Illuminati, répéta-t-il dans un murmure. Abasourdi, Langdon s’affala dans une chaise. Il resta pétrifié, sous le coup de la commotion qu’il venait de recevoir. Peu à peu, ses yeux furent attirés par le clignotement du voyant rouge sur son fax. Celui qui lui avait envoyé ce fax morbide était au bout du fil... et attendait de lui parler. Langdon resta longtemps sans bouger, à fixer ce petit clignotant redoutable. Puis, en tremblant, il décrocha le combiné.



4 comments:

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