Saturday, April 23, 2011

Cette cause échappe à toute appellation, à tout savoir




Des sectes néo-bouddhistes, qui incitent à s'anéantiser, sont les tentacules à ventouse de la vacuité luciférienne. « Le vide qui les caractérise fascine les êtres faibles et les aspire comme un gouffre ; de tels êtres, faibles parce que dégénérés ou tarés, y puisent la volupté du vertige ou la morbide nostalgie du néant. » (Jean Louis Bernard)

La véritable vacuité de l'esprit 

Nous élevant plus haut, nous disons maintenant que cette Cause n'est ni âme ni intelligence ; qu'elle ne possède ni imagination, ni opinion, ni raison, ni intelligence ; qu'elle ne se peut exprimer ni concevoir ; qu'elle n'a ni nombre, ni ordre, ni grandeur, ni petitesse, ni égalité, ni inégalité, ni similitude, ni dissimilitude ; qu'elle ne demeure immobile ni ne se meut ; qu'elle ne se tient au calme, ni ne possède de puissance ; qu'elle n'est ni puissance, ni lumière ; qu'elle ne vit ni n'est vie ; qu'elle n'est ni essence, ni perpétuité, ni temps ; qu'on ne peut la saisir intelligiblement ; qu'elle n'est ni science, ni vérité, ni royauté, ni sagesse, ni un, ni unité, ni déité, ni bien, ni esprit au sens où nous pouvons l'entendre, ni filiation, ni paternité, ni rien de ce qui est accessible à notre connaissance, ni à la connaissance d'aucun être ; qu'elle n'est rien de ce qui appartient au non-être, mais rien non plus de ce qui appartient à l'être ; que personne ne la connaît telle qu'elle est, mais qu'elle-même ne connaît personne en tant qu'être ; qu'elle échappe à tout raisonnement, à toute appellation, à tout savoir ; qu'elle n'est ni ténèbres, ni lumière, ni erreur, ni vérité ; que d'elle on ne peut absolument ni rien affirmer ni rien nier ; que, lorsque nous posons des affirmations et des négations qui s'appliquent à des réalités inférieures à elle, d'elle-même nous n'affirmons ni ne nions rien, car toute affirmation reste en deçà de la Cause unique et parfaite de toutes choses, car toute négation demeure en deçà de la transcendance de Celui qui est simplement dépouillé de tout et qui se situe au-delà de tout.

Denys l'Aréopagite, « Théologie mystique », traduction de Maurice Gandillac.

Commentaire de Jacques Brosse, moine Zen et spécialiste des religions :

« La Théologie mystique de Denys l'Aréopagite est un exposé radical de l'apophatisme (du grec apophasis, « négation »). Cette démarche de l'esprit, puisqu'elle vise en définitive la transcendance, ne peut définir l'infini, elle procède donc par propositions négatives (on peut dire ce que Dieu n'est pas), plutôt que positives (on ne peut dire ce qu'il est).

Denys lui-même, dans sa Lettre à Titos, distingue deux théologies. L'une, philosophique, spéculative, opère par voie de démonstration - elle est « cataphatique » son domaine est le visible. L'autre procède par symboles et suppose une initiation - elle est apophatique -, son domaine est l'invisible. Elle est mystique en ce sens que le mystère ne peut être révélé que par Dieu. »

La Théologie mystique de Denys l'Aréopagite



Commentaire de la « Théologie mystique » de Denys, le Pseudo-Aréopagite par Albert le Grand

Le Commentaire de la « Théologie mystique » du fameux théologien grec Denys (VIe siècle, dit « le Pseudo-Aréopagite ») que saint Albert le Grand propose est un monument de premier ordre, fruit de l'âge d'or de la théologie de notre XIIIe siècle. Discernant avec compétence l'enracinement de l’œuvre dans la tradition des Pères grecs qui allient estime pour la philosophie et primauté indiscutée de la Révélation, Albert propose ici une acceptation de haut style des notions de mystique, foi, nuit et grâce divinisante, toutes requises pour l'accueil lucide du message biblique.

Avec originalité, l'interprétation insiste sur le rôle primordial de l'intelligence dans l'adhésion de la foi aux réalités divines. Elle écarte ainsi une lecture ruineuse qui, réduisant la foi et la mystique au seul amour, devait dès le XIVe siècle devenir position de repli pour les spirituels à bon droit insatisfaits du rationalisme montant. Reliant avec justesse les notions parentes de mystique et de mystère le mystère du Verbe incarné révélé - elle entend par mystique l'accomplissement de la foi théologale en sa référence au Christ Révélateur.
Précédée par une Introduction qui précise utilement l'essentiel de la démarche négative selon Denys, la présente traduction - première version française rappelle en note les principales explications préliminaires offertes dans les commentaires par Albert de la Hiérarchie céleste et des Noms divins. Elle joint la traduction des Épîtres I à V qui élucident des points obscurs de la Théologie mystique.

Le présent Commentaire a exercé une notable influence sur Thomas d'Aquin (disciple direct d'Albert) qui en a fait bénéficier, sa théologie de la foi. Il a également favorisé, un peu plus tard, l’œuvre mystique de Maître Eckhart, centrée sur la relation directe du fidèle avec le Verbe divin incarné.




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