Sunday, July 17, 2011

Existentialisme spirituel & Sâmkhya




Le sâmkhya est par excellence la philosophie pratique transmise par Kapila.

Le sâmkhya donne une notion claire du Purusha-esprit et de la prakriti représentée par la « grande Nature ». Cette dernière se manifeste essentiellement d'une manière mécanique, comme du reste toutes les lois cosmiques qui nous régissent.

Je sais combien il est difficile de transmettre des valeurs spirituelles profondes à ceux qui ont été élevés dans une tradition différente. A cause de cela, je pense que la meilleure approche, pour relier les choses de l'au-delà avec les choses du monde, est celle de la psychologie pratique. La psychologie parle un langage universellement connu.

Le sâmkhya est la seule philosophie religieuse utilisant un langage psychologique qui est, de ce fait, un langage scientifique. On peut tout expliquer du point de vue sâmkhya. Il est à la base des Pitakas bouddhiques aussi bien que des préceptes soufis. Pas plus que les Upanishads, il ne parle de rites, ou de dogme.

Ceux font pénétrer ces idées très larges dans le courant de la pensée accomplissent une chose importante. En cela, Georges Ivanovitch Gurdjieff, qui a suivi cette méthode dénuée de tout artifice, est un pionnier en Occident. Il est très en avance sur son temps, de là les attaques virulentes dont il est l'objet.

Il n’existe rien, dans aucun domaine, qui ne procède par déduction à partir d’une loi supérieure. A un moment donné, il faut accepter d'entrer dans ce processus déductif et aller vers un existentialisme spirituel. Ce processus est pur sâmkhya ; il est la descente en prakriti, inéluctable, sous la pression d’en-haut, du Vouloir unique. A partir de ce moment-là, tout devient mécanique : l'intelligence supérieure (buddhi), l'âme, l'ego, tous les centres de l'être humain avec chacun leur partie d'intelligence naturelle. La mécanicité fonctionne à partir du moment où des rapports s'établissent entre les différents plans de l'être, ses organes internes de perception (indryas), ses sens, ses éléments constitutifs et ses densités.

Quand la descente est accomplie volontairement par « celui qui sait », quand le point le plus bas, c'est-à-dire le nadir est touché, l’« être » du chercheur resplendit. A ce moment-là, il entre consciemment dans la discipline de la remontée consciente avec une lucidité et une plasticité constantes.

L’homme, par nature, est inductif ; il marche à tâtons, il s’en va à l'aveuglette. La femme au contraire, par sa nature, est toute passivité active car sa fonction est de créer l'enfant. C’est d'elle que sont nés le mari et le père. Tout ce qui est manifestation : esprit, âme, matière, est venu d'elle. C’est en cela qu’elle est la « Mère divine », la base d'où partir pour monter lentement vers la source.

Dans le védanta et pour les védantins, le chemin vers le haut n’est qu’un long renoncement, un retrait et une constante frustration si le point de félicité, en pleine passivité de tous les centres, n’est pas atteint.

La science spirituelle du sâmkhya peut faire un saint d'un homme qui n'a plus de foi, ni en Dieu, ni en lui-même.

Au début le sâmkhya apparaît d'une effroyable sécheresse et manquer d'amour, car l'imagination et les émotions de toutes sortes sont rigoureusement mises de côté. Mais quand l'être intérieur a retrouvé l'équilibre perdu ou découvert l'équilibre jusque-là jamais entrevu, il se nourrit d'un amour très pur qui n'a plus aucune racine dans l'amour humain.

Lizelle Reymond, « La vie dans la vie, pratique de la philosophie du sâmkhya d'après l'enseignement de Shrî Anirvân ».


La vie dans la vie
Pratique de la philosophie du sâmkhya d'après l'enseignement de Shrî Anirvân

La première partie de ce livre nous montre la vie quotidienne dans un ermitage de l'Himalaya auprès d'un Maître, vie dans laquelle chaque geste révèle la tentative d'établir un équilibre profond dans l'être intérieur. Les données strictes de la connaissance de soi sont la constante mesure de la discipline spirituelle envisagée.

La deuxième partie nous met en présence des principes de la philosophie du Sâmkhya.

Le maître Baul, Shrî Anirvân (1896-1978), parle aux élèves groupés autour de lui dans un ashram en Inde. Il répond à leurs questions en utilisant toujours leurs propres expériences de vie, pour les amener à concevoir le " Vide " qui est à la fois le " tout " et le " rien ", la relation du Purusha avec la Prakriti et l'intelligence des grandes lois cosmiques. Dans cet enseignement, il n'y a pas place pour la sensibilité ou pour la dissection intellectuelle, mais on y découvre une discipline intérieure s'appuyant sur les découvertes scientifiques modernes en psychologie. Cette discipline acceptée permet à l'élève de prendre place dans l'univers et de savoir ce qu'est l'amour véritable dans une vision objective des relations humaines : un contact journalier avec la Vie consciente peut alors s'établir.


Télécharger gratuitement « Secret of Sankhya : Acme of Scientific Unification » :




Anirvân était Baul, les Bauls et les Janghâmâs (ci-dessus, photo de Rajesh Bedi), sont des ménestrels. En hindi, les Bauls sont appelés bardaï, mot probablement de la même origine que le mot barde (ci-dessous un célèbre barde gaulois).


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