Friday, August 12, 2011

L'Ordre Nouveau ne date pas d'aujourd'hui




Les populations veulent que cesse le terrorisme financier des spéculateurs qui détruisent les économies et brisent le rêve capitaliste. Des mouvements populistes montent au créneau pour réclamer la fin de l'anarchie financière. Naguère, le fascisme était le sauveur providentiel du grand capital (illustration ci-dessus). Et, comme dans les années 1940, l'Allemagne est au centre de l'Ordre Nouveau qui succédera à l'Union européenne moribonde.

L'Ordre Nouveau du siècle dernier

Le premier caractère de l'Ordre Nouveau réside dans la subordination des États européens à la « Grande Allemagne » de 100 millions d'habitants, agrandie des conquêtes de 1938-1939 et de l'annexion de territoires germanophones, considérés comme « Allemands », Eupen et Malmédy, le Luxembourg, l'Alsace-Lorraine, la Slovénie du nord, la Styrie. Selon leur caractère plus ou moins « aryen », leur participation plus ou moins grande à la «croisade contre le bolchevisme », les divers États européens connaissent des statuts variés au sein de l'Empire allemand.

- Au bas de l’échelle, les Protectorats, peuplés de Slaves et jugés indignes de l'annexion au Reich, Bohême-Moravie, Gouvernement général de Pologne, territoires conquis de Russie. Ce sont de simples réservoirs de main-d'œuvre et de matières premières destinés à servir de zone d'expansion à l'Allemagne.

- Les États vassaux se subdivisent en deux catégories, ceux qui subissent l'occupation militaire allemande et dont le statut est incertain (Belgique, France occupée, Grèce, Serbie) et ceux qui ont conservé un gouvernement doté de pouvoirs administratifs mais dont la liberté politique est limitée par la pression allemande (France de Vichy, Danemark, Norvège ou Pays-Bas).

- Les Alliés enfin qui se sont rangés volontairement dans le camp allemand et dont les contingents combattent en U.R.S.S. : Finlande, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Croatie et Italie. En fait seule cette dernière a connu quelque temps un statut d’égalité avec l'Allemagne. Ses défaites de Grèce et d'Afrique le lui ont fait perdre et dès 1942 elle est placée comme les autres alliés dans une situation subordonnée.

Dans toute l’Europe, l’Ordre Nouveau se manifeste par trois caractères : l'oppression politique, l'exploitation économique et la répression raciale. En Allemagne même, la guerre a conduit à un renforcement de la dictature hitlérienne : un décret d'avril 1942 donne au Führer droit de vie et de mort sur la population. Tout manquement à l'obéissance est considéré comme un manquement envers la nation en guerre et la Gestapo traque tous ceux qui sont simplement soupçonnés de tiédeur envers le nazisme et sa guerre. Emprisonnements par milliers, exécutions sommaires, déportations sont le lot des victimes. Les pressions des autorités allemandes s’efforcent de contraindre les autres territoires de l’Empire nazi à adopter les mêmes pratiques. C'est chose aisée là où les Allemands sont les seuls maîtres. Ailleurs, on demande aux gouvernements des pays vassaux et alliés de «collaborer» avec l’Allemagne. Si un Quisling en Norvège se prête volontiers à cette attitude, la plupart des gouvernements concernés se montrent réticents et tentent d’appliquer cette politique avec des réserves.

L’Ordre Nouveau c'est aussi l’exploitation économique de l'Europe, soigneusement organisée selon des plans dressés par le ministère des Affaires Étrangères, le ministère de l’Économie, l'administration du Plan de quatre ans ou l'industrie privée (I.G. Farben). L'objet est, au nom de l'Ordre nouveau, de faire fonctionner l'économie européenne en fonction des besoins allemands.

Enfin l’Ordre nouveau se marque par l'extension à très grande échelle à l'Europe des pratiques de persécution raciale et en particulier de persécution des juifs qui sont en honneur dans le Reich hitlérien. La politique nazie trouve ici un appui dans l’antisémitisme qui règne dans un certain nombre de pays européens (Pologne, Hongrie, France), antisémitisme qui facilite l’adoption de «statuts des juifs». Ceux-ci, séparant les Israélites du reste de la population et les recensant, permettront la mise en œuvre de la «Solution finale». Mais la persécution raciale frappe également les tziganes et, à grande échelle, les Slaves, considérés comme des «sous-hommes» et promis à l'esclavage ou à la destruction.

Serge Berstein, « Le nazisme ».


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