Monday, September 19, 2011

Abolition de la viande





Communiqué de presse :

Pour la troisième fois cette année est organisée une semaine mondiale d'abolition de la viande du 23 au 30 septembre 2011.

L'élevage, la pêche et la chasse occasionnent en permanence un préjudice immense à un nombre incalculable d'êtres sentients qui souffrent et sont tués pour fournir de la viande.

Pus de 60 milliards d'animaux terrestres sont tués chaque année dans le monde pour être mangés. Infiniment supérieur encore, le nombre de poissons pêchés ou élevés pour finir dans les assiettes.

Les personnes qui refusent de cautionner l'exploitation des animaux pour leur chair sont de plus en plus nombreuses de par le monde. Néanmoins, le nombre de victimes de l'exploitation croît de façon exponentielle : toujours plus d'animaux sont élevés en batterie, toujours plus de poissons sont pêchés...

Ces semaines mondiales d'abolition de la viande sont l'occasion d'affirmer publiquement que la consommation de produits animaux n'est pas un choix personnel : la question de la souffrance et de la mort que nous infligeons à des myriades d'autres êtres sentients engage évidemment les valeurs de notre société.

La légitimité morale de l'exploitation des animaux élevés, chassés et pêchés doit faire l'objet d'un débat de société.

Nous affirmons qu'aucun argument convaincant ne justifie ce massacre permanent : le plus grand carnage ayant jamais existé à la surface de notre planète doit cesser au plus vite.


Pour de plus amples informations sur la démarche de la revendication de l'abolition de la viande :
http://meat-abolition.org/
http://abolir-la-viande.org/
http://abolitionblog.blogspot.com/


Alphonse Allais et le végétalisme (végétarisme intégral)

Le petit CharIes-Alphonse Allais, fils d'un pharmacien d'Honfleur naquit le 20 octobre 1854, le même jour qu'Arthur Rimbaud. Jusqu'à l'âge de 3 ans, il ne prononcera pas un mot, si bien qu'on le croyait muet. Après dès études sans éclat, il fut stagiaire à la pharmacie paternelle.

Au cours de son service militaire, au 119e de ligne, le soldat Allais se signala par quelques hauts faits qui lui valurent d'entrer dans la légende. Il se rendit célèbre parmi ses camarades pour s'être écrié :

Bonjour M'sieurs Dames ! en entrant dans une salle remplie d'officiers supérieurs.

Lorsque son colonel accorda une permission de nuit aux hommes mariés, le soldat Allais disparut pendant 24 heures : il se justifiea en disant qu'il avait droit à une perm’ de jour plus une de nuit parce qu'il était bigame.

Il avait pris l'habitude d'appeler ses supérieurs « carporal », « carpitaine », « cormandant » ce qui lui valut d'être considéré comme un idiot et d'avoir la paix.

Il abandonna ensuite la pharmacie pour se lancer dans le journalisme et la littérature. Il fit ses débuts à Paris, en roulant du tambour au célèbre cabaret du Chat noir.

Il fera partie du Club des Hydropathes (littéralement ceux à qui l'eau fait du mal) qui est, en 1878, l'un des centres du mouvement littéraire. Les Hydropathes se scindent en deux écoles : les Hirsutes et les Fumistes dont Allais devint le chef. Il collabore au Journal du Chat noir avant d'en devenir le rédacteur en chef. Il ne cessera plus dès lors d'écrire des contes dans le Rire, le Sourire et le Journal où il animera avec une verve étourdissante, une rubrique régulière qu'il a appelée : La Vie drôle.

Claude Gagnière

Végétarisme intégral

Un correspondant anonyme mais bien intentionné m'envoie, des bords de la Tamise, un fragment de journal en lequel je déguste des lignes savoureuses et bien britanniques.

Jugez plutôt.

La dernière réunion des végétariens anglais fut, paraît-il, empreinte d'un caractère d'intolérance plus farouche que jamais.

A la grande majorité, on répudia non seulement les personnes qui mangent de la viande ou du poisson, mais encore toutes celles qui font emploi, en vue de vêtements, ornements ou tous autres usages, de la peau, du poil, des plumes, etc., etc., d'animaux mis à mort.

« Mais le cuir ! objecta mollement un assistant. L'humanité ne saurait se passer de cuir, quand ce ne serait, voyons, que pour les chaussures. »

Alors, l’un des plus fanatiques croisés se leva et, d'une voix forte, dit :

« Les chaussures en cuir ne valent rien, rien de rien ! J'en fabrique en herbe qui leur sont mille fois préférables. »

Des chaussures en herbe ! L'assemblée n'en revenait pas !

L’apôtre reprit :

« Du reste, j'en ai apporté un certain lot, et je me ferai un plaisir d'en donner à tous ceux qui voudront bien les chausser ici même. »

Quelques pauvres diables s’avancèrent et reçurent chacun une paire de bottines en herbe.

(Que le lecteur ne croie pas à une plaisanterie, On fabrique, en effet, depuis quelque temps, et surtout en Amérique, une sorte de substance composée d'herbe traitée d’une certaine façon, puis agglomérée, comprimée, laminée, etc.)

Les vagabonds se déclarèrent tout d’abord ravis de ces étranges godillots, mais l'un d'eux, interviewé le lendemain par un de nos brumeux, confrères, exprima, sur le mode amer, son désenchantement.

Récit du vagabond :

« Les bottines en herbe semblables à celles qu’on m’offrit hier sont très bonnes, très douces au pied et résistent fort bien à l'humidité.

« Je ne m'étais jamais senti si bien chaussé et me jugeais, au moins en ce qui concerne les extrémités inférieures, au sommet du confortable.

« Toute la journée, donc, je marchai sans éprouver la moindre fatigue, et, quand le soir fut venu, ce fut plutôt par coutume que par lassitude que je gagnai ma chambre à coucher.

« Ma chambre à coucher, il faut vous le dire, monsieur le reporter, n'est pas une chambre à coucher, au sens que les gens de la bourgeoisie aisée attachent à ce mot. C'est plutôt un square (duquel, rapport aux indiscrets policemen, vous me permettrez de celer l'adresse), sorte de petit parc où quelques moutons me servent de camarades de lit, si j’ose m'exprimer ainsi.

« La nuit fut bonne et, déjà, je goûtais le pur sommeil du matin, quand j'éprouvai, soudain, un intolérable chatouillement à la plante (c'est le cas de le dire) des pieds.

« Mes amis, les moutons, tranquillement, paissaient mes bottines.

« Conclusion : Les chaussures en herbe sont tout ce qu’il y a de plus recommandable, sauf pour le cas des gentlemen qui se voient contraints à partager le dortoir des herbivores. »

Tel fut le récit du tramp.

Ajoutons, avec infiniment d'esprit, que pareille mésaventure attend les personnes qui essaieraient de se chausser avec des bottes de cresson.

Alphonse Allais, « Plaisir d'humour ».



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