Thursday, December 01, 2011

Les seins d'Agathe





En cherchant autre chose dans le gros dictionnaire — vous savez comment sont les dictionnaires, ils vous happent par-devant par-derrière —, je tombe sur « Agathe (sainte) ». Sainte, donc martyre. Savez-vous ce qu'ils lui ont fait, à Agathe (sainte) ? Ils lui ont coupé les seins. A ras. Rien que ça, déjà, hein... Mais attends, attends ! Elle se protège les seins avec les mains. Geste, veux-je croire, purement instinctif, impulsion irraisonnée, qui n'ôte rien à la pureté de sa foi pas plus qu'à l'ardeur de son aspiration au saint martyre. Elle protège donc ses seins, ses mignons petits seins. De ses mains. Qu'à cela ne tienne : le bourreau, d'un seul coup ample et précis, coupe les mains avec les seins. C'est un métier, eh oui. Tu ne te sens pas bien ? Moi non plus.

Le dictionnaire est plein de choses de ce genre. De saints martyrs éventrés dont on enroule soigneusement les intestins sur une espèce de treuil à tambour, tandis que le saint, mains jointes, yeux au ciel, sourit ineffablement sous son auréole toute neuve... Et on raconte ça aux petits enfants ! Mais attends !

On a fait de sainte Agathe maintes images et statues de bois ou de pierre. On l'y voit, tantôt portant dans ses mains ses seins coupés, tantôt sans mains ni seins. Les touristes, pieusement, cherchent le bon angle pour la photo. Et attends ! On en fait des brioches. Des brioches en forme de mains coupées, des brioches en forme de seins coupés... Ça se vend ? Ça se vend, ça se mange, c'est une spécialité du pays, vois-tu.

Ça me rappelle ces têtes de cochon hilares qui servent de label aux grandes marques de charcuterie industrielle. Même bon goût de charognards, même sadisme rampant, pas si inconscient que ça, toujours prêt à jaillir. Abject. Mais bien dans la ligne d'une religion qui a pris pour dieu un cadavre écartelé sur un poteau de torture.

Quand j'avais l'âge du catéchisme, à la messe du dimanche, ma place assignée parmi les autres gosses était telle que j'avais devant les yeux, tout près, une fenêtre à vitrail où l'on voyait, grandeur nature, saint Sébastien lié à son poteau. Le malheureux, tout nu sauf un petit pagne pour la pudeur, était hérissé d'innombrables flèches dont le criblaient des mécréants qu'on ne voyait pas. Il saignait beaucoup. Ses plaies étaient très bien peintes, très ressemblantes. Pendant toute la messe j'avais cette horreur devant moi, un peu sur ma gauche, je ne pouvais m'empêcher de regarder. J'éprouvais une trouille épouvantable, une trouille telle que j'en oubliais d'avoir pitié. Pitié ? Mais ce garçon à qui on faisait ces choses abominables, c'était moi ! Qu'aurais-je fait, moi, s'il m'avait fallu choisir entre mon dieu et les flèches ? Hélas, je savais trop bien que j'aurais renié tout ce qu'on aurait voulu, et j'avais honte, et je me traitais de lâche et de piètre chrétien, mais je ne pouvais pas me raconter d'histoires... J'en étais malade.

Depuis, j'ai su que la torture et l'abomination sont chose courante, que des millions d'hommes y passèrent et y passent, partout dans le monde, et pas seulement pour leur faire renier leur dieu mais tout bonnement pour obtenir des renseignements, pour « faire un exemple », pour les punir d'être d'une race différente, ou pour le plaisir, le sain et rassurant plaisir de se trouver du bon côté, du côté du manche de la hache... Je ne m'y suis jamais fait, et, après toutes ces années, il suffit que j'entende ou que je lise le nom de saint Sébastien pour que surgisse à mes yeux, sur le vitrail inondé de lumière de l'église de Nogent-sur-Marne, l'épouvantable charnier vivant, pour que, du plus profond de mon marécage intime, remonte la noire et puante trouille, et ma culpabilité.

Plus encore qu'aucune autre religion, peut-être, le christianisme exalte l'horreur, se vautre dans le morbide, attise la viscérale terreur de la bête humaine devant la mort et la mutilation. Religion dégoulinante de sang et de larmes, elle pue le cadavre.

Cavana, Lettre ouverte aux culs-bénits.


Lettre ouverte aux culs-bénits

Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent.

Un livre aussi « blasphématoire » n'aurait pu être édité ailleurs qu'en France sans risquer de gros ennuis. Les fanatiques ne se trouvent pas tous en Iran. S'ils n'assassinent pas à tous les coups, du moins peuvent-ils traîner l'impie en justice, lui casser la gueule dans un coin noir ou foutre le feu chez lui. Heureusement, nous sommes en France ! En France, qui est encore un peu (si peu !) la patrie de Voltaire, de Diderot, de Hugo, de Renan. Profitons-en. Tant que ça dure...

Cavana


Les seins de Sainte Agathe,

Ingrédients pour 6 seins :

La pâte : 

3 œufs ;
75 g de sucre ;
75 g de farine ;
1 citron jaune ;
1 pointe de sel.



La décoration :

150 g de sucre glace ;
1 blanc d’œuf ;
2 c.c de vinaigre blanc ou de jus de citron ;
Des amandes entières ou des cerises confites.

La recette :
1. Râpez le zeste du citron et réservez.
2. Tamisez la farine et réservez.
3. Cassez les œufs dans un saladier, fouettez avec le sucre. Je vous conseille de placer le saladier sur un bain-marie pour avoir une meilleure texture. Vous devez obtenir un mélange très mousseux.
4. Ajoutez ensuite la farine petit à petit en l'incorporant délicatement avec une cuillère en bois. Ajoutez les zestes de citron. Préchauffez le four à 180°C ou th 6.
5. Répartissez la préparation dans les moules et faites cuire 15 minutes. Démoulez et laissez refroidir.
6. Pendant la cuisson des seins, réalisez le glaçage : mélangez à la cuillère le sucre glace, le blanc d'œuf et le vinaigre blanc ou le jus de citron.

7. Trempez les seins dans ce glaçage, aidez-vous d'une pointe de couteau piquée en biais, déposez-les sur une grille couverte d'une feuille de papier cuisson, et ajoutez directement, soit une amande,  soit un morceau de cerise confite. Laissez sécher.
Il faut que le glaçage soit ni trop solide ni trop liquide, ajustez la consistance en ajoutant un peu de vinaigre ou de jus de citron si c'est trop solide, ou du sucre glace dans le cas inverse.

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