Saturday, April 21, 2012

La dictature des riches





Le coup d’État permanent des riches contre la démocratie a démarré avec la « loi Rothschild » ou « loi Pompidou-Giscard » de 1973 qui interdit à l’État d’emprunter directement auprès de la Banque de France (Banque centrale publique française).

Pour le journaliste indépendant Olivier Bonnet, « la dette publique est une escroquerie ». Il explique :

« En cause, la loi Pompidou-Giscard de 1973 sur la Banque de France, dite « loi Rothschild », du nom de la banque dont était issu le président français, étendue et confortée ensuite au niveau de l’Union européenne par les traités de Maastricht (article 104) et Lisbonne (article 123). D’une seule phrase découle l’absolue spoliation dont est victime 99% de la population : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France« . En clair, la Banque de France a désormais interdiction de faire crédit à l’État, le condamnant à se financer en empruntant, contre intérêts, aux banques privées, au lieu de continuer à emprunter sans intérêt auprès de la banque de France qui lui appartient. Depuis l’application de ce principe, la finance et son infime oligarchie donnent la pleine mesure de leur asservissement des peuples, en une spirale exponentielle d’accroissement des inégalités. Le pouvoir est désormais aux mains des créanciers privés, qui l’exercent au bénéfice exclusif d’intérêts particuliers, quand la puissance publique a renoncé à son devoir de protéger l’intérêt général. La démocratie, étymologiquement pouvoir du peuple, est morte. On le voit en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Italie, en France… Qui gouverne ? « La troïka »Union européenne, Fond monétaire international et Banque centrale européenne, resserrant toujours davantage son emprise jusqu’à l’étranglement des peuples. Et l’on pérore sans fin sur les plateaux de télévisions, sur les ondes et dans les colonnes de la presse sur « l’insupportable fardeau de la dette »« la France en faillite »« les nécessaires sacrifices », que « nous ne pouvons pas continuer à vivre au-dessus de nos moyens » et que, d’ailleurs, « les Français l’ont compris ». Inlassable propagande des conservateurs-libéraux ? Bien sûr, mais relayée par le silence complice des médias. Et c’est ainsi que s’imposent dans l’opinion les apparentes évidences biaisées qui prétendent l’austérité inéluctable, contre la justice et l’intelligence... »



Le coup d’État des riches expliqué par Étienne Chouard :



Avec Sarkozy, la bande du Fouquet’s s’est régalée :





La dette publique, une affaire rentable 
A qui profite le système ?

« II faut réduire la dette! ». On crie à la faillite ! Tel un père qui demande instamment à ses enfants d'aller ranger leur chambre, notre gouvernement nous dit : " Assez de cette gabegie ! Il est temps de devenir sérieux, remettez vos prétentions sociales au tiroir, l'heure est au travail et aux économies ". Ce qu'on ne nous dit pas, c'est qu'il y a une quarantaine d'années, l'État français n'était pas endetté, à l'instar de la plupart des autres nations, d'ailleurs. En moins de quarante ans nous avons accumulé une dette colossale qui avoisine les 1200 milliards d'euros ! Pourquoi ? S'est-il produit quelque chose qui a fait que l'on ait soudain besoin de recourir à l'emprunt, alors qu'auparavant on se suffisait à nous-mêmes? Et si tel est le cas, qui en bénéficie vraiment ? Qui émet la monnaie ?


André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder nous disent les vraies raisons de la dette et dénoncent les mécanismes destructeurs scrupuleusement occultés. Vulgarisateurs de la "chose économique", leur but est de permettre aux citoyens de "savoir ", afin qu'ils ne se laissent pas impressionner par les épouvantails que l'on agite sous leur nez. Afin de comprendre surtout que nous avons tout pour relever l'immense défi humain et écologique de notre temps et que la dette et l'argent ne sont que " vrais-faux " problèmes.

André-Jacques Holbecq, " économiste citoyen ", est très impliqué dans le mouvement altermondialiste depuis plusieurs années.

Philippe Derudder, son expérience de chef d'entreprise l'a conduit à s'interroger sur les contradictions du système. Il démissionne alors et partage depuis lors le fruit de ses recherches et expériences dans ses livres, conférences et ateliers. 

Étienne Chouard a été un des principaux artisans, par son blog, de la prise de conscience ayant mené au NON au Traité Constitutionnel Européen en 2005.



Le riche


L'homme avisé, lorsqu'il agit, le fait toujours en accord avec les désirs du peuple, si bien qu'il ne contrevient jamais à la norme. Il n'y a jamais de conflit quand on estime avoir tout en suffisance ; n'ayant pas matière à le faire, on ne recherche pas les biens. On ne les convoite que lorsqu'on estime qu'ils font défaut. Alors, on peut entrer en conflit avec le monde entier sans penser que c'est cupidité. En revanche, qui est comblé cède volontiers ce qu'il a en trop. Ainsi peut-on refuser l'empire sans penser faire preuve d'abnégation. La cupidité et l'abnégation ne sont pas tributaires de la pression extérieure, elles se mesurent à l'aune d'une réalité intérieure qui ne peut être connue que par un retour sur soi.

Le sage, même investi de la dignité de Fils du Ciel et disposant des richesses d'un empire, se garde d'écraser le peuple de son mépris en raison de sa position éminente ni ne se joue de ses sujets en raison de ses immenses possessions. Il calcule le malheur possible, il suppute les retournements probables ; et s'il lui apparaît que la possession de toute la terre sous le ciel est préjudiciable à sa nature, il y renonce, sans penser s'attirer gloire ou renom par ce refus. Yao et Chouen abandonnèrent le trône, non pas pour se tailler auprès de leurs sujets une réputation d'hommes bons, mais parce qu'ils ne voulaient pas que ses munificences ruinent leur substance vitale. Le geste de Chan K'iuan et de Hsiu-yeou, qui tous deux refusèrent l'empire qu'on leur offrait, n'était pas commandé par une feinte humilité, mais par la volonté de ne pas laisser les affaires porter atteinte à l'intégrité du moi. En réalité, bien qu'ils se soient bornés à reconnaître leur avantage et à se détourner de ce qui leur était préjudiciable, le monde les encense comme des parangons de sagesse. Mais s'ils en firent preuve ce ne fut certes pas pour la renommée. [...]

La mesure procure le bonheur, l'excès est source de maux, cela est vrai de toutes choses mais particulièrement des richesses. Les oreilles assourdies par le son des cloches, des tambours et des flûtes, le palais rassasié de viandes croustillantes et de vins capiteux, la volonté s'amollit, on en oublie jusqu'aux tâches les plus essentielles. Quelle vie de désordres ! Plongé dans les vapeurs de la dissipation, le riche se sent oppressé comme quelqu'un qui gravit une pente raide lourdement chargé. Quelle vie de douleurs ! Il convoite les richesses et s'attire l'opprobre ; il a soif de pouvoir et s'exténue. Le repos le suffoque, le bien-être le liquéfie. Quelle vie de contrariétés ! Ne songeant qu'à l'argent et au profit, il vit emmuré dans une abondance à laquelle il ne peut se soustraire. En dépit de la mélancolie qui le ronge, il ne sait se résoudre à se défaire de ses biens. Quelle vie de honte ! Il amasse plus d'or qu'il ne pourra jamais en dépenser, mais qu'importe ! il le serre jalousement contre son sein et ne s'en séparerait pour rien au monde. Son cœur est empli d'angoisse et d'inquiétude, mais il continue à amasser et entasser. Quelle vie de tristesse ! Chez lui, il tremble d'être tué par des cambrioleurs, au-dehors il redoute d'être égorgé par des brigands. Aussi multiplie-t-il dans ses demeures les tours de guet et les portes blindées, et il n'ose jamais s'aventurer hors de chez lui sans escorte. Quelle vie de crainte !

Je ne sais rien de plus terrible que ces six maux. Et pourtant le riche les néglige et se refuse à les considérer. Mais quand le malheur aura fondu sur lui, il aura beau faire appel à toutes ses ressources vitales et épuiser son or, il ne pourra retrouver un seul jour d'insouciance. C'est donc en vain qu'il aura recherché la gloire et couru après la fortune. Dire qu'il accable son esprit et son corps pour la conquête de biens illusoires ! N'est-ce pas faire preuve du pire des égarements ?

Tchouang-tseu
Philosophe chinois du  IVe siècle av. J.-C.

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