Monday, April 23, 2012

Présidentielle 2012





Hollande, Sarkozy, Le Pen

Le vote du 22 avril est une expression régressive des électeurs de la grande et moyenne bourgeoisie (UMP, PS) et du nationalisme petit-bourgeois (FN). Les Français ont peur de l'avenir. Ils s'accrochent donc aux idéologies du passé (des XIXe et XXe siècles) et n'admettent pas les bouleversements entrevus par François Lenglet, rédacteur en chef à La Tribune :

« Très probablement, nous sommes entrés dans l'hiver du cycle libéral, et pas seulement sur le plan économique. Un autre cycle va naître ; il est même déjà né, dans la société – comme toujours – , parce qu'une autre génération monte et qu'elle se détermine comme la précédente, en prenant le contre-pied de celle qui l'avait précédée, comme les baby-boomers l'avaient fait il y a près d'un demi-siècle. […]

Le monde qui s'ouvre serait alors très différent de celui que nous quittons. Il pourrait changer radicalement les règles de la société et les canons de l'économie. Ce qui était adulé naguère serait vilipendé demain, et inversement. On pourrait voir apparaître d'autres illusions, ni plus fécondes ni plus dommageables, mais véritablement différentes. »

TV & propagande

Presque toutes les chaînes de télévision programment de nombreuses œuvres cinématographiques et des émissions consacrées au cinéma. « Dans notre monde contemporain, écrit Edward Bernays, le cinéma est à son insu la courroie de transmission la plus efficace de la propagande. Il n'a pas son pareil pour propager idées et opinions. Le cinéma a le pouvoir d'uniformiser les pensées et les habitudes de vie de toute la nation. Les films étant conçus pour répondre aux demandes du marché, ils reflètent, soulignent, voire exagèrent les grandes tendances populaires, au lieu de stimuler l'apparition de nouvelles manières de voir et de penser. Le cinéma ne sert que les idées et les faits à la mode. Tandis que le journal a pour vocation d'informer, le cinéma a pour vocation de distraire. »

Edward Bernays est l'auteur de Propaganda, « le manuel complet de l'industrie des relations publiques, selon Noam Chomsky. Véritable guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund Freud, ce livre expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la « fabrique du consentement ».

Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des « démocraties de marché », ces questions se confondent.

Bernays assume pleinement ce constat : les choix des masses étant déterminants, ceux qui parviendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement invisible : la propagande. Loin d'en faire la critique, l'auteur se propose d'en perfectionner et d'en systématiser les techniques, à partir des acquis de la psychanalyse.

Le livre est disponible gratuitement sur le site des éditions Zones :









Propaganda
Comment manipuler l'opinion en démocratie

Un document édifiant où l'on apprend que la propagande politique au XXe siècle n'est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine. Texte présenté par Normand Baillargeon, philosophe, professeur à l'université du Québec à Montréal, et auteur d'un Petit cours d'autodéfense intellectuelle paru chez Lux.


Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux États-Unis, fut l'un des pères fondateurs des "relations publiques". Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.



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