Thursday, August 09, 2012

La plante qui fait les yeux émerveillés





L'extrême religiosité des Indiens d'Amérique — de la frontière canadienne au Guatemala — les a conduits à sacraliser les plantes et, parmi celles-ci, à déifier un cactus : le peyotl.

Par les étranges manifestations visuelles, les successions d'images fantastiques qui semblent « libérer » l'esprit de l'homme et le conduire dans un monde que l'on pourrait confondre avec le ciel, le peyotl s'identifia rapidement, pour les Indiens, à une entité divine et bientôt s'associa au rite solaire. Rien d'étonnant quand on connaît les étroites relations qui existent, malgré les distances, entre les Indiens d'Amérique du Nord et ceux d'Amérique centrale et leurs théogonies communes. Aux croyances qu'ils partagent — comme les Tarahumaras, habitants des hautes terres mexicaines, et, entre autres tribus, les Hopis. les Algonquins, les Apaches, les Sioux, etc., d'Amérique du Nord —, s'ajoute chez eux, confusément sans doute, cette perception d'une très lointaine origine ethnique commune à eux tous :

« Des quatre tribus mexicaines, écrit A. Rouhier, Huichols, Coras, Tepehuanes et Tarahumaras — parlant la langue nahuatl ou aztèque, ayant conservé du peyotl un souvenir vivace et célébrant pour lui d'importantes cérémonies religieuses —, les trois premières semblent avoir une commune origine. Elles paraissent avoir été du nombre de celles qui, après avoir émigré d'une contrée lointaine et fabuleuse, errèrent longtemps à travers les arides steppes des tierras frias et vinrent, sous la conduite d'un grand chef qui leur donna des lois, former l'immense et florissant empire du Nayarit. »

Chez les anciens Mexicains, selon le Père Barnadino de Sahagun, au XVe siècle, les Chichimèques faisaient une importante consommation du peyotl. En revanche, le Dr Cardenas, à la même époque, déclarait que ce cactus privait de tout jugement le misérable qui en faisait usage, et lui faisait connaître des démons, des fantômes, « toutes choses qui étaient les marques de la ruse de Satan ». Mais le peyotl était et est encore utilisé comme agent préservatif et curatif de toutes les maladies. Infusé, il devient aussi une liqueur reconstituante. Céleste ou démoniaque, curatif ou délirant, on comprend que le peyotl soit entouré depuis toujours d'une aura de scandale et de mystère.

Michel Hérubel

suivi
des plantes divinatoires
A Rouhier

Une étude extrêmement complète sur le peyotl, ce bouton de cactus aux vertus onirogènes. L’auteur étudie l’origine géographique et botanique du peyotl, son culte au Mexique, ainsi que la chimie, la pharmacologie et les possibilités thérapeutiques.

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