Monday, September 10, 2012

Ricard, à consommer avec modération





Auteur du livre « Plaidoyer pour le bonheur », Matthieu Ricard excelle dans l'art de noyer le poisson (ou le pastis) et de nous mystifier chapitre après chapitre. Véritable voyageur-représentant-placier du lamaïsme, il distille, sans la moindre compassion pour les victimes du servage, le mythe du Tibet terre de bonheur au temps des dalaï-lamas. Ses propos philosophiques ou scientifiques sur la méditation dissimulent un habile prosélytisme religieux. Ainsi prévenu, on évitera la lecture sans modération d'un Ricard qui peut se révéler intoxicant.

Instrumentalisée par les fossoyeurs de la démocratie, l'ivresse des extases méditatives sera-t-elle fatale à la liberté ? Matthieu Ricard intériorise la liberté et l'extirpe totalement du domaine social et politique. Les méditants, conditionnés pour ne s'affranchir que des pensée « désordonnées », se soumettent volontiers à la hiérarchie des lamas ou de celle plus actuelle de l'oligarchie politico-financière. Hiérarchie qui, pendant que l'on incite les gens à méditer sur l'« être », accapare l'« avoir ».

« Être libre, dit Matthieu Ricard, c'est être maître de soi-même. Pour beaucoup de gens, une telle maîtrise concerne la liberté d'action, de mouvement et d'opinion, l'occasion de réaliser les buts qu'on s'est fixés. Ce faisant, on situe principalement la liberté à l'extérieur de soi, sans prendre conscience de la tyrannie des pensées. De fait, une conception répandue en Occident consiste à penser qu'être libre revient à pouvoir faire tout ce qui nous passe par la tête et traduire en actes le moindre de nos caprices. Étrange conception, puisque nous devenons ainsi le jouet des pensées qui agitent notre esprit, comme les vents courbent dans toutes les directions les herbes au sommet d'un col.

« Pour moi, le bonheur serait de faire tout ce que je veux sans que personne m'interdise quoi que ce soit », déclarait une jeune Anglaise interrogée par la BBC. La liberté anarchique, qui a pour seul but l'accomplissement immédiat des désirs, apportera-t-elle le bonheur ? On peut en douter. La spontanéité est une qualité précieuse à condition de ne pas la confondre avec l'agitation mentale. Si nous lâchons dans notre esprit la meute du désir, de la jalousie, de l'orgueil ou du ressentiment, elle aura tôt fait de s'approprier les lieux et de nous imposer un univers carcéral en expansion continue. Les prisons s'additionnent et se juxtaposent, oblitérant toute joie de vivre. En revanche, un seul espace de liberté intérieure suffit pour embrasser la dimension tout entière de l'esprit. Un espace vaste, lucide et serein, qui dissout tout tourment et nourrit toute paix.

La liberté intérieure, c'est d'abord l'affranchissement de la dictature du « moi » et du « mien », de l'« être asservi et de l'« avoir » envahissant, de cet ego qui entre en conflit avec ce qui lui déplaît et tente désespérément de s'approprier ce qu'il convoite. Savoir trouver l'essentiel et ne plus s'inquiéter de l'accessoire entraîne un profond sentiment de contentement sur lequel les fantaisies du moi n'ont aucune prise. « Celui qui éprouve un tel contentement, dit le proverbe tibétain, tient un trésor au creux de sa main. »

Être libre revient donc à s'émanciper de la contrainte des afflictions qui dominent l'esprit et l'obscurcissent. C'est prendre sa vie en main, au lieu de l'abandonner aux tendances forgées par l'habitude et à la confusion mentale. Ce n'est pas lâcher la barre, laisser les voiles flotter au vent et le bateau partir à la dérive, mais barrer en mettant le cap vers la destination choisie. »

Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur.

Plaidoyer pour le bonheur


3 comments:

  1. Anonymous6:06 PM

    Le livre écrit dpar Mr Matthieu Ricard et son père Jean-François Revel " le moine et le philosophe" est publié en Chine.
    Cordialement

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  2. Anonymous8:34 PM

    Les livres transportent des idées, voyagent à travers le monde, tissent des liens entre les hommes.Chacun est ainsi libre de concevoir le bonheur et de l'exprimer avec ses propres mots. Là où s'établit un esprit d'ouverture,à la rencontre d'autrui, il n'y a pas de haine.

    Cordialement

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  3. Anonymous9:04 AM

    Avoir le courage de dire la vérité : quelques exemples

    1.Engagement et vérité:

    Lire interview de Mr Jean-François Revel, sur « les intellectuels et la vérité » :
    http://www.leforum.de/artman/publish/article_165.shtml

    En 2007, Mr Matthieu Ricard réagissait en faveur des bonzes de Birmanie en affirmant : « Les bonzes sont dans leur rôle d’êtres humains qui agissent par altruisme et compassion ». Ci-dessous le blog qui cite ces propos.
    http://www.larbredesrefuges.com/t1574p45-nos-freres-et-soeurs-de-birmanie

    Aujourd’hui, que penser des manifestations des moines birmans ? Agissent-ils ici par compassion ?
    http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/En-Birmanie-des-moines-demandent-l-expulsion-des-musulmans-Rohingyas-_NG_-2012-09-03-849120

    2.Sur les abus sexuels dans les monastères tibétains
    Article intitulé : Child abuse in Tibetan Buddhist Monasteries.
    By Lama Shree Narayan Singh http://www.lamashree.org
    Extrait :
    « Recently a journalist investigating the phenomenon of Tibetan Buddhism, stumbled across some alarming evidence concerning paedophilia in a Tibetan monastery. Not so long ago, a young boy aged 7 had been inducted into a monastery directly under the Dalai Lama in the hills of West Bengal . Amazingly he had himself insisted that he had wanted to go to a monastery for further studies. The parents of the boy had been naïve, even though closely associated with the monastery for many generations, until the mystery was unraveled. The boy had stayed there for about eight months and by the time he fled the monastery, he had been scarred for life. Initially he had been extremely reticent about telling his parents concerning what had happened. But slowly the truth had emerged. (..)
    The United Nations High Commission on Human Rights and various NGO-s are hereby urged to investigate this seriously and punish as many offenders as possible even though a personage such as the Dalai Lama be involved and implicated in such goings on. The world needs to tell this Nobel Peace Prize winner that hence it refuses to acknowledge him and his compatriot 'monks' as monks within the tradition of the Buddha!
    This is in direct contrast with the stance taken by Pope John Paul II in the recent past. He has openly condemned the sexual abuse by Catholic priests of their charge. Many priests have been taken to court and forced to resign their positions! Clearly winds of reform are blowing through the Roman Catholic world, even as the Holy Tibetan Buddhist Empire of the Dalai Lama begins to disintegrate with the expose of one scam after another, stagnant as it is, clinging on to dead wood!
    The inscrutable Dalai Lama clearly belongs to an anachronistic, obscurantist and medieval past where whatever he said was the law irrespective of the merit inherent in his statements and deeds. The modern world demands transparency and that its spiritual leaders actively live up to the ideals professed by them or at the very least not be hypocritical. At least Osama bin Laden is honest about his aims.

    3.Sur le courage personnel :
    Le courage d’un jeune Tulku qui dénonce les abus sexuels dont il a été victime :
    https://docs.google.com/file/d/0B87wWSFBW5SITGgzZFNxSGd1WDQ/edit?pli=1
    Extrait :
    « Pour ceux qui ne connaissent que l’imagerie hollywoodienne de Little Bhuddha et de Kundun, et le sourire béat de sa Sainteté le Dalaï Lama, il est presque incompréhensible que le bouddhisme tibétain ait ses propres problèmes, dans le style de ceux de l’Eglise catholique. Mais Kalu dit que dans les premières années de son adolescence, il a été abusé sexuellement par une bande de moines plus âgés qui se rendaient dans sa chambre chaque semaine…. »

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