Wednesday, October 17, 2012

Journée Mondiale du refus de la misère




Camarades de misère, quand, énervés par un long chômage, quand, désespérés par des privations de toutes sortes, vous en arriverez à maudire votre situation et à réfléchir aux moyens de vous en assurer une meilleure, attaquez-vous aux vraies causes de votre misère, à l'organisation capitaliste qui fait de vous les machines des machines ; mais ne maudissez pas cet outillage qui vous affranchira des forces naturelles, si vous savez vous affranchir de ceux qui vous exploitent. C'est lui qui vous donnera le bien-être... si vous savez vous en rendre les maîtres. […]

Trop longtemps les sociétés ont été détournées de leur but ; elles doivent revenir au rôle pour lequel elles ont été instituées : apporter plus de bien-être, plus de facilités au développement des individus, plus de liberté en diminuant le temps consacré à la lutte pour l'existence.

Pour arriver à cette société, résultat de l'entente libre des intéressés, nous voulons que tout ce qui est le sol, le sous-sol, immeubles, outillage, tout ce qui est le produit de la nature et du travail des générations passées soit enlevé à ceux qui se les sont appropriés indûment et reviennent à la libre disposition de ceux qui auront à les mettre en œuvre, qu'ils ne soient plus accaparés par des individus ou des groupes les exploitant à leur profit. L'outillage, surtout, ne devant être ni social, compris dans le sens de propriété d'une entité sociale quelconque, ni corporatif, nous voulons qu'il soit à la disposition de qui en a besoin pour produire et le mettre en œuvre par lui-même, soit en tant qu'individu, soit en groupe.

Nous voulons, partout, l'abolition du salaire, puisque chacun aura la libre disposition des produits de son travail ; nous voulons également l'abolition de la monnaie ou de tout autre valeur d'échange, la répartition des produits devant s'opérer directement entre producteurs et consommateurs groupés par besoins et affinités où l'échange des produits ne sera plus qu'un échange mutuel de services.

Nous voulons la disparition de l'État, de tout gouvernement, quel qu'il soit, centralisé ou fédératif, dictatorial ou parlementaire, basé sur un suffrage plus ou moins restreint, plus ou moins élargi par une soi-disant représentation des minorités. Tous les groupements placés au-dessus des individus ayant une tendance fatale à les dominer, à se développer au détriment de leur liberté.

Nous voulons la disparition des armées permanentes parce qu'elles n'ont d'autre objectif que la défense des privilégiés, qu'elles ne sont que des écoles de débauche, d'avilissement et d'abaissement et une menace perpétuelle de guerre entre les peuples.

Nous voulons que les groupes et individus se tenant en relations constantes entre eux règlent eux-mêmes, sans suffrages ni délégations, les questions d'intérêt général, comme ils auront su régler, au sein de leurs groupes, les questions d'intérêts privés. [...]

Nous voulons l’affranchissement complet, intégral de l’individu. Nous voulons son affranchissement économique le plus absolu.


Jean Grave, Ce que nous voulons.

Télécharger gratuitement Résistances, le journal du refus de la misère :


Ce que nous voulons

Fils d’un communard blanquiste, Jean Grave (1854-1939) travaille très jeune comme cordonnier à Paris : fréquentant les cercles ouvriéristes, proche d’Élisée Reclus et de Pierre Kropotkine, il a crée Les Temps nouveaux en 1895, qui devient la tribune pour ses idées. 

En 1914, celui qui déploie depuis plus de trente ans une « propagande de brochures » fait paraître Ce que nous voulons, manifeste du projet libertaire, condensé virulent de l’idéal anarchiste : « Nous voulons l’affranchissement complet, intégral de l’individu. Nous voulons son affranchissement économique le plus absolu. »

Dans la « société future » seront abolis le salaire, la monnaie, la propriété individuelle, l’armée, la démocratie représentative, l’État et ses gouvernements. Dans trois textes antérieurs, Grave détaille sa critique du régime de la IIIe république et de la société industrielle : le machinisme (1898), la colonisation (1912) et préconise l’usage de la révolution (1898).





7 comments:

  1. Anonymous7:07 PM

    Nous voulons l’affranchissement complet, intégral de l’individu ????

    L'individu est-il capable de s'affranchir de l"individualité" ? Pour cela ne doit-il pas s'affranchir de le "vouloir" ?

    ReplyDelete
  2. Quand on a faim, quand on souffre d'une maladie n'est-il pas naturel de VOULOIR manger ou de vouloir guérir ? N'oublions pas que les « compagnons de misère » de Jean Grave ne disposent pas du minimum indispensable pour se construire en tant qu'homme libre, contrairement au PRINCE Siddhartha, le fondateur du bouddhisme.

    ReplyDelete
  3. Anonymous10:08 PM

    Pour penser la liberté, il faut être libre de la penser. Mais la pensée est-elle la liberté ?
    Alors de quelle liberté s'agit-il ?

    L'homme est toujours dépendant de ses besoins essentiels qui tendent à la survie.

    Alors de quelle volonté s'agit-il ?

    ReplyDelete
  4. Que répondez-vous à ces questions ?

    ReplyDelete
  5. Anonymous12:28 AM

    blablabla.........bla

    ReplyDelete
  6. Nous nous comprenons.

    ReplyDelete
  7. Anonymous10:54 PM

    Hi there! This is my 1st comment here so I just wanted to give a quick shout out and say I truly enjoy reading through your articles.
    Can you recommend any other blogs/websites/forums that cover the same topics?
    Thanks for your time!

    Feel free to surf to my web page - diet tips and fitness goals

    ReplyDelete