Thursday, October 11, 2012

Morale religieuse



Une nonne chrétienne chipe quelques bouteilles d'alcool.


« Il existe près des écluses un bas quartier de chapelains
Dont la belle jeunesse s'use à démêler le tien du mien... »

(D'après L'étrangère d'Aragon)

Vous transgressez, vous désobéissez à un interdit de façon consciente. Mais allez en paix ma sœur, Élisée Reclus, âme libertaire pure, ne prêchait-il pas la reprise d'individuelle, c’est-à-dire le vol à des fins de justice sociale ?

La femme et les moines bouddhistes

Le long d'un ruisseau, un moine et son jeune disciple se promènent en devisant sur la sagesse bouddhiste. Soudain, ils sont interrompus par une ravissante jeune fille qui réclame leur aide pour traverser le cours d'eau. Le vieux moine la prend dans ses bras et la dépose sur l'autre rive. Puis il reprend sa promenade avec son compagnon. ils marchent une demi-heure en silence.

Pourquoi restes-tu si longtemps sans prononcer un seul mot, interroge le vieux moine, que t'arrive-t-il ?

Maître, je suis scandalisé par votre conduite avec cette jeune femme. Vous l'avez prise dans vos bras.

Oui, c'est vrai. Mais moi je l'ai déposée il y a une demi-heure ! Toi, tu l'as encore dans les bras. »

Hubert Reeves, La petite affaire jaune.


Trois rabbins new-yorkais

« Dans la dépréciation de soi, il y a une finisse apparence de moralité et de religion. Et bien que la dépréciation de soi-même soit contraire à l'orgueil, celui qui se déprécie lui-même est cependant très proche de l'orgueilleux. »
Spinoza

Trois rabbins viennent d'entrer dans un taxi new-yorkais dont le chauffeur est un grand noir. Pendant le trajet, l'un des rabbins prend la parole comme pour prier à voix haute.

Mon Dieu, je vois ce que tu as fait pour moi et j'en éprouve une immense reconnaissance... Moi, un rien, un ver de terre, tu m'as élevé à la condition de rabbin. Sans que je le mérite, tu m'as sorti du néant !...

Le second l'interrompt :

Mon frère, vos paroles me plongent dans un abîme de réflexion. Si vous, un grand rabbin honoré de tous pour votre grande sagesse, affirmez n'être rien, que suis-je alors, moi ? En vous admirant, j'ai trop de raisons d'estimer l'étendue de mon insignifiance et de mesurer la puissance de la grâce divine qui me permet à moi aussi d'occuper le poste de rabbin !

Qu'est-ce que j'entends mes frères ? dit alors le troisième. Je suis bouleversé par vos paroles. Si vous deux, estimez être si bas dans l'échelle des valeurs, que me reste-il à moi qui suis tellement en dessous de vous ? Je suis confondu par vos mots qui me plongent dans la plus grande humilité !...

C'est alors que le chauffeur de taxi se tourne vers eux et dit :

Mes révérends, j'entends votre conversation et elle me sidère. Si vous, serviteurs de Dieu, dans votre grandeur notoire, vous vous considérez comme des néants alors qui suis-je moi, le néant du néant ?...

Les trois rabbins se regardent alors et l'un deux dit "Non... mais... Pour qui il se prend celui-là ?”

Hubert Reeves, La petite affaire jaune.

La petite affaire jaune

Après une vie entière consacrée à rendre la science accessible à tous, à donner à lire et à comprendre l'univers et ses phénomènes complexes, Hubert Reeves, astrophysicien et ardent défenseur de l'environnement, méritait bien une récréation. C'est lui-même qui nous la propose avec cette Petite affaire jaune.

Contes, histoires et devinettes composent ce beau-livre insolite, illustré par les gravures et dessins de Jean-Michel Charpentier.

De nombreux philosophes ou scientifiques se sont penchés sur le sujet très sérieux de la blague : de Kant à Voltaire ou de Bergson à Freud, tous ont trouvé là des réponses à la question : qu'est-ce qui provoque le rire ?

Mais peu importe la réponse : laissons-nous emporter dans cet univers original et décalé, le temps d'une rêverie qui nous ferait oublier toute la frénésie du monde...


4 comments:

  1. Une Daikini Anonyme12:09 PM

    La morale et l’éthique « religieuse » s’invitent effectivement dans notre vie quotidienne parfois d’une façon surprenante.

    Un exemple : j’ai reçu ce matin-même dans ma boîte aux lettres un document d’AMNESTY International qui disait : « Tibet Urgent ». « Les moines tibétains ont connu des décennies d’oppression. Aujourd’hui, ils sont au pied du mur et commettent un geste de désespoir. Ils s’immolent par le feu » ».

    Mais je lis aussi qu'Akong Rimpoché qui est récemment apparu à la télévision dans l’émission Sagesses Bouddhistes, comptait parmi les invités d’honneur du régime chinois aux célébrations officielles du 60ème anniversaire de la « Libération Pacifique » du Tibet. Il apparaît dans cette vidéo youtube à la minute 1.31 :http://youtu.be/axfUnXansYkà la minute 1:31

    Alors qui croire ??

    Y-a-t-il eu « Libération Pacifique » du Tibet ou bien « génocide »?

    Il est facile de comprendre que selon l’interprétation " morale ou éthique " que l’on donne aux évènements, les moines seraient susceptibles de donner d’eux-mêmes une image totalement différente, mais aussi de délivrer un tout autre message au monde.

    S’il y a eu « libération pacifique » : pourquoi s’immolent-ils ?
    S’il y a génocide, il est facile de comprendre leur geste. Mais dans ces conditions pourquoi un leader spirituel tibétain est-il à la table d’honneur des « oppresseurs chinois » pour reprendre la terminologie d’Amnesty International?

    Effectivement il vaut mieux rire dans certaisn cas. Malheureusement, lorsque notre existence est concernée, lorsque la vie de pauvres gens est concernée, nous sommes tous concernés dans l'interdépendance de nos liens. Alors chacun de nous doit être aussi concerné par la morale religieuse et le comportement de ses leaders.

    La justice n'est pas un fardeau, seule l'indifférence est un "fard-d'eau". Car l'amour aide chaucun à porter avec plus de légèreté ses peines et ses difficultés en les transportant sur l'autre rive, celle de la liberté.

    Cordialement

    ReplyDelete
  2. Une Daikini Anonyme4:57 PM

    "Ne pas dire" : entre conte et réalisme, entre scènes de banquets et massacres : un Prix Nobel chinois de littérature 2012

    L'auteur chinois Mo Yan, dont le nom signifie "ne pas dire", a été sacré Prix Nobel de littérature 2012.

    Un choix historique, puisqu'il s'agit du premier écrivain chinois de Chine à recevoir ce prix, et qui vient récompenser une écriture au réalisme hallucinatoire et à la truculence toute rabelaisienne.

    "C'est un satiriste très ancré dans la tradition populaire, qui mélange conte et réalisme.

    Au travers de scènes de banquets ou de grands massacres, d'histoires de paysanneries ou d'animaux doués de paroles, c'est la Chine contemporaine qu'il raconte.

    Mo Yan est un grand auteur (...) qui rédige le grand roman de la Chine, tout en étant très malin quant à ce qui peut ou ne peut pas être écrit", résume de son côté Eric Abrahamsen, expert américain en littérature chinoise.

    Devenu vice-président de l'Association des écrivains chinois, une organisation officielle, il a parfois été accusé d'avoir manqué de solidarité avec la dissidence, dans le seul pays du monde qui emprisonne encore un Nobel de la paix, l'intellectuel et écrivain Liu Xiaobo.

    "Il y a des gens qui lui reprochent de ne pas se démarquer du pouvoir, confirme Noël Dutrait, mais en tout cas, il écrit et il dit ce qu'il pense.

    ReplyDelete
  3. elle a confondu esprit divin avec esprit de vin

    ReplyDelete
  4. "Elle "3:23 PM

    ça la fait pisser. Et toi ? Moi aussi.

    ReplyDelete