Monday, June 24, 2013

Être laïque ou devenir moine ?



Le Vimalakîrtinirdesha sutra est un important texte du bouddhisme Mahâyana qui connut une influence particulièrement grande en Chine et au Japon. Il offre une illustration de la philosophie bouddhique du salut et des applications pratiques de la connaissance de la vacuité de l'existence. Ce texte est particulièrement apprécié dans le zen.

« Si le Vimalakîrtinirdesha Sutra eut un tel impact en Chine et s'intégra si étroitement au patrimoine culturel chinois, c'est en grande partie parce qu'il préconisait un Eveil compatible avec les difficultés du monde sans passer par un statut de religieux. La Chine avait « une dent » contre la sangha bouddhiste et contre l'état de moine qui lui semblait contre nature. Si, dans le fond, nous sommes tous moines (de monos « être seul »), dans les formes, l'état laïque n'a jamais été une entrave absolue. Prenez le banquier, chef de famille et homme responsable, Vimalakîrti. Pour lui, la voie authentique consistait à atteindre l'Eveil sans éliminer souillures, corruptions et désirs (klesha). Dans les textes, Vimalakîrti est qualifié d'avadâtâvâsana (porteur de l'habit blanc du laïque) et en même temps de shramanâcaritasampanna (observant la conduite d'un religieux). En chinois, ju shi signifie maître de maison, gentilhomme retiré, équivalent d'upâsaka pour disciple laïque bouddhiste. Vimalakirti était donc capable de répondre aux sollicitations de la vie sans se laisser perturber. Il résolvait par sa vie même et son enseignement le dilemme entre dong et jing, c'est-à-dire entre activisme et quiétisme. C'est une des raisons essentielles qui fit que son message eut une telle répercussion dans l'empire du Milieu.

Une ou deux anecdotes sur Vimalakirti :

Comme l'on sait, par artifice salvifique, Vimalakîrti se déclara un jour malade. Le Bouddha fit envoyer les uns après les autres ses meilleurs disciples pour prendre des nouvelles mais chacun refusa, prétextant qu'il n'était pas capable d'aller interroger ce saint homme. Seul Mañjushri s'y décida. Vimalakîrti, peu avant cette visite, vida sa maison, expulsa les lits, les meubles, les domestiques et le portier. Il ne laissa qu'un lit. Interrogé, il dévoila alors à son visiteur que « la maladie c'est la Vacuité », « le fondement de la maladie est la saisie de l'objet ». « Mañjushri, la maladie des êtres, voilà précisément l'élément qui me rend malade de moi-même ! » A la question : « Comment détruire cette maladie ? », il répondit : « En détruisant la croyance au moi et la croyance au mien. »

Lorsque le bodhisattva Sarvarûpasamdarshana demanda à Vimalakîrti qui était son père, sa mère, son épouse, ses fils, ses filles... il rétorqua qu'ils étaient, upâyakaushalya (habileté en moyens de libération), prañapâramitâ (perfection de sagesse), dharmapramudita (la joie de la loi), dharma et satya (loi et vérité), maitri et karuna (bienveillance et compassion)... Voilà encore quelques affirmations qui rappellent les assertions chan — on pense aux dits de Lin Ji — et en effet, le chan est un des dignes successeurs de l'esprit de Vimalakîrti. Ce stratagème, cette façon de surprendre, on les retrouve chez Zhuang Zi (Tchouang-tseu). Ce dernier raconte une histoire où un visiteur, après sept jours et sept nuits de marche, se présente chez Lao Tan (Lao Zi) pour quérir un enseignement. Celui-ci sans désemparer lui demande pourquoi il a amené avec lui une caravane (de choses et de gens) aussi considérable. Le visiteur, étant venu sans rien, hésite, jusqu'à en oublier même les motifs de sa venue.., puis finit par comprendre. Lao Zi put alors lui transmettre son enseignement.

Il existe une théorie tibétaine, provenant de l'ouvrage Samdan migdron rédigé par le maître Nubqen Sangyas Yexes, qui différencie les lignages bouddhiques en trois catégories : ceux du renoncement, de la transformation et de l'autolibération. La première concernerait les lignages « sûtriques » (theravâda, mahâyâna), la seconde les lignages tantriques, la troisième le dzogchen.

Cette classification correspond bien à une réalité car il y a effectivement une différence dans les approches et méthodes de ces voies. Nous pensons pourtant que chacune d'entre elles possède sa propre quintessence : ainsi le chan pour les voies sûtriques et l'anu-yoga pour les voies tantriques, le dzogchen ou anu-yoga étant à lui-même son propre achèvement.

Si nous insistons sur ce sujet, c'est parce que le chan se trouve confiné, injustement à notre avis, dans la première catégorie. Le chan, confluence de taoïsme et de bouddhisme, ne s'arrête ni à la vacuité, ni au non-désir, certainement pas à la renonciation ni même à la compassion, encore moins à l'éradication d'un ego inexistant ou à la non-pensée. L'« homme sans affaires » de Yi Xuan, l'« humain véritable » de Zhuang Zi, l'« homme ordinaire » du Tao et du chan, n'est pas plus moine que laïque, ne renonce à rien, ne transforme ou ne fuit rien, il entre en coïncidence. »

Yen Chan


Le Soûtra de la liberté inconcevable

Abondamment cité dans les traités philosophiques déclenchés par le vide bouddhique, le Vimalakîrti est un grand roman poétique à la gloire de l'irréalité - donc de l'absence de problème - non seulement du moi mais de toute substance. Rien d'ignoblement, de déliramment nombriliste comme souvent dans le nihilisme à l'européenne. Justement pas ! Aux héros démesurés d'incarner l'exact contraire de la petitesse de ce qui n'est pas infiniment grand ! Jongleurs atemporels, montreurs de vertiges, magiciens des sens toujours offerts aux farces de l'appropriation : aux héros d'incarner les bienfaits de la claire vacuité !

Ce soûtra émane essentiellement d'un autre grand personnage que le bouddha historique, Vimalakîrti ; ce texte, l'un des plus célèbres et des plus étudiés du bouddhisme, est ici traduit de sa version chinoise de 406."

8 comments:

  1. Anonymous3:21 PM


    Bhutan Buddhist Monks Break Celibacy Vows –

    Engage In Thigh Sex
    “Religion has the capacity to silence critical thinking and create blindness in entire groups of people. It can infect the minds of followers so completely as to allow the most egregious sexual acts against children and others to go unchallenged for centuries.” Darrel Ray

    http://guardianlv.com/2013/06/bhutan-buddhist-monks-break-celibacy-vows-engage-in-thigh-sex-confession-video/

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  2. Anonymous3:49 PM

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  3. Anonymous9:16 PM

    "Entrer en coïncidence".

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  4. Poupée de cire et poupée de son3:05 PM

    http://youtu.be/rRva0YOVtcI

    Le vénérable Yao Ma est donc un être vivant, un être en chair et en os, vrai de vrai ?

    Parce que vous savez il y a actuellement des moines virtuels qui circulent sur les blog, et sur les pages facebook, on ne sait pas trop qui parle , ce sont des "puppet" qui disent oui , qui disent non avec la tête....

    Matthieu Ricard a la sienne : elle écrit sur son blog, sur sa page facebook, mais lui n'est jamais là.

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  5. Anonymous5:41 PM

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  6. Anonymous6:47 PM

    "Il" s'est "fendu" d'un commentaire : poupée de son en est peut être heureuse : lui a-t-"Il" posé la question à "elle" ?

    La réalité apparait sans écran.

    Bien à vous,
    Dans le coeur du silence

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  7. Anonymous7:44 AM

    Le bonheur des enfants Tibétains à qule prix ?http://indiatoday.intoday.in/story/childcare-home-founded-by-dalai-lama-indian-laws-custody-battle-tibetan-orphan/1/280164.html

    Les institutions du village des enfants Tibétains (TCV)suspectées de ne pas respecter les droits des enfants : une enquête de la Commsission Natioanle indienne pour la protection des drtois des enfants est en cours, afin de connaître le focnitonnement de ette institution.
    Les droits des enfants face à des mécanismes de financement opagues, autour de la question de l'intérêt supérieur de l'enfant énoncé par la Convention internationale des droits de l'enfants adoptée par les Nations-Unies, le respect de leurs droits et la question de l'adoption.



    Read more at: http://indiatoday.intoday.in/story/childcare-home-founded-by-dalai-lama-indian-laws-custody-battle-tibetan-orphan/1/280164.html

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  8. Anonymous7:51 AM


    L'absence de mécanisme mis en place pour le respect des droits des enfants dans les institutions du Village des enfants à Dharamsala. Une quesiton d'argent ou une question de bonne volonté et du respect de l'intérêt supérieur de l'enfant ?

    http://indiatoday.intoday.in/story/childcare-home-founded-by-dalai-lama-indian-laws-custody-battle-tibetan-orphan/1/280164.html

    Les institutions du village des enfants Tibétains (TCV) suspectées de ne pas respecter les droits des enfants : une enquête de la Commission Nationale indienne pour la protection des droits des enfants est en cours, afin de connaître le fonctionnement de cette institution.
    Les droits des enfants face à des mécanismes de financement opaques, autour de la question de l'intérêt supérieur de l'enfant énoncé par la Convention internationale des droits de l'enfants adoptée par les Nations-Unies, le respect de leurs droits et la question de l'adoption.

    L'Administration centrale tibétaine, dirigé par Sikyong ou le Premier ministre en exil Lobsang Sangay, n'a pas de mécanisme indépendant mis en place pour prévenir l'abus des enfants pris en charge au TCV. «Leur éducation est pris en charge par les écoles respectives, principalement par les écoles du village de Tibetan Children à Dharamsala," L’intitution du TCV est une organisation autonome.

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