Sunday, June 30, 2013

Le Nirvana




Nirvana signifie extinction ou plus exactement l'action d'un souffle qui passe sur une flamme et l'éteint. Telle est la raison pour laquelle les premiers traducteurs d'Occident ont conclu trop hâtivement au nihilisme du Bouddhisme.

Certes, le terme Nirvana signifie extinction mais encore faut-il voir exactement ce qui s'éteint ! Le Nirvana est l'extinction de la flamme du processus du « moi » à laquelle nous avons fait allusion assez fréquemment. C'est aussi la cessation de l'ignorance, ce maillon de base de la chaîne des origines interdépendantes. (Pratityasamûtpada.)

« L'anéantissement du désir, l'anéantissement de la haine, l'anéantissement de l'égarement, voilà, ami, ce que l'on appelle le Nirvana », est-il dit dans le Samyutta Nikaya.

Lorsque cessent les fausses identifications engendrées par l'ignorance et les tensions inhérentes à l'avidité de devenir, nous nous intégrons dans la nature profonde des choses.

L'expérience du Nirvana ne consacre pas la réalisation d'un désir subtil du « moi ». Son accomplissement a pour conditions « sine qua non », l'élimination de tout désir, de toute attente, de tout « a priori » mental, de toute représentation imaginative.

Nirvâna n'est pas un état surnaturel, surhumain. Il est la plénitude de l'humain. Nirvana est l'état normal de l'esprit affranchi de tous ses conditionnements égoïstes d'attachement, de convoitise, d'ambitions.

Dans cet état nous n'avons pas atteint une réalité qui nous est extérieure, nous n'avons pas acquis de nouveaux biens. Nous nous sommes simplement révélés à nous-mêmes dans la plénitude de ce que nous sommes.

« Entre le Nirvâna et le Samsara, il n'existe pas la moindre différence, nous dit Chandrakirti. Il faut comprendre que rien n'est supprimé, rien n'est vraiment anéanti dans le Nirvana. Le Nirvana consiste simplement dans la suppression complète de toutes les constructions erronées de notre imagination.»

Lorsque notre mental se dépouille de ses fausses accumulations, il se transmue en une intelligence pure n'ayant aucune commune mesure avec l'intellectualité ordinaire. Lorsque notre cœur se libère des attachements et des limitations de l'égoïsme et de l'identification, seule subsiste la plus haute forme de l'amour. Mais le Nirvana dépasse les distinctions de l'amour et d'intelligence. Ces deux tendances, pour nous distinctes et séparées, s'intègrent dans une seule et même apothéose, qui se renouvelle d'instant en instant, de toute éternité. Telles sont les raisons pour lesquelles nous considérons que le Nirvana n'apporte pas la déshumanisation de l'humain mais consacre la plénitude de son accomplissement. Seul est digne du nom d'homme, celui qui répond fidèlement aux exigences de son essence la plus profonde et la plus réelle. « II n'y a plus alors, à proprement parler, ni mémoires, ni pensée, ni effort, mais un fonctionnement total, un mouvement intérieur simple et indécomposable, un écoulement d'énergie qui s'effectue de lui-même sans arrêt et sans obstacle. Il devient superflu de rechercher ce qui, dans ce flot, d'où se détachent à chaque instant des actions externes, appartient à l'émotion ou procède de la pensée. » (R. Fouéré, De l'acte complet, ibid., p. 208)

Nirvana est l'état d'innocence suprême, l'état sans ego. En Nirvana se révèle la félicité existentielle du Dharmakaya ou « Corps de Vérité ».

Robert Linssen


Il n'y a ni mort ni peur
Thich Nhat Hanh

Nous avons beau savoir que la vie est véritablement précieuse, nous n'arrivons pas toujours à l'apprécier à sa juste valeur. Souvent même, la peur d'être confronté au néant total au moment de la mort nous empêche de profiter de l'instant présent. Afin de dépasser cette angoisse, le vénérable Thich Nhat Hanh nous conduit à un examen minutieux de la mort, de la peur et de la nature de l'existence, dans la grande lignée des moines bouddhistes et de leur enseignement depuis deux mille cinq cents ans. L'auteur rend cette sagesse et sa mise en pratique accessible à tous en explorant les mythes traditionnels relatifs à notre manière de vivre et de mourir. En comprenant qu'il n'y a ni naissance ni mort, mais juste une continuation, nous serons libérés de la peur et nous pourrons enfin vivre pleinement notre vie.



12 comments:

  1. Anonymous9:12 PM

    Thich Nhat Hanh est un être très bon.
    Le nirvana est à la portée de celui qui cherche avec ardeur et dévouement.
    Om.

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  2. Anonymous8:15 PM

    JE T'AIME FELIX,
    FRATERNELLEMENT, MERCI

    encore...

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  3. L'amour, comme « le pain, c'est fait pour être partagé dans notre société, c'est pas moi qui l'dis mais c'est Jésus-Christ un foutu bavard à gueule d'ananar. » Léo Ferré « Graine d'Ananar »

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  4. @Félix

    Id'aime

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  5. Je me suis fâché !!

    J’ai bien écouté ce ‘sage’ et ‘médité’ sur ses enseignements et j’ai trouvé un tissus de conneries. L’illusion, la grande illusion des bouddhistes. Si ce sage a une rage de dents il va courir chez le premier dentiste, s’il a une femme .,. à supposer et qu’elle meurt dans un accident devant lui, il faudra lui expliquer qu’elle est pas morte que c’est simplement le nuage qui s’est transformé en pluie. S’il perd son job , il faut lui dire que rien se perd et que rien se crée. A sa mort faudra lui expliquer qu’il continuera sa vie sous forme d’un pissenlit. La vie n’a donc aucune issue, aucune transcendance, aucun but et que l’avenir est dans la méthode Coué éternelle..Toutes les religions s’accommodent de telles âneries.
    Tout enseignement qui ne conduit pas à la liberté est sans valeur
    Tout enseignement qui ne conduit pas à la liberté est une prison
    Toues prisons sont construites des briques de l’ignorance
    Toute dépendance est une fuite de l’évident solitude de l’être
    (F :Hatem)
    Aucune allusion aux actions positives ou l’amour durant la vie. Une simple mécanique méditative. Se tromper soi même, voilà leur nirvana. Aussi je suis très méfiant vis-à-vis de la diabolisation de l’égo. Je n’ai ni envie de me fondre dans un magma , aussi bon soi il , ni vivre la vie de quelqu'un d’autre .Si l’égo existe il a une raison et pas le sirop grenadine que nous servent les tenants de la médiation. Il faut briser la roue ou anneau de Moebius sur lequel nous tournons depuis des millénaires , tout le reste est foutaise , calembredaine et mensonge. Ah , s’il suffisait d’avoir une robe safran pour être intelligeant !

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    1. Anonymous1:42 PM

      @ dup
      Vous n'avez pas compris grand chose à l'enseignement bouddhiste.
      Ce n'est pas parce que vous êtes en colère qu'il faut tout dénigrer!

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  6. carotte1:56 PM

    Dup, hihi, j'aime bien le coup du pissenlit hihihi.... :)

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  7. Anonymous6:10 PM

    dup a peur de la mort dupa peur de perdre son ego dup a tres peur ^^

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  8. Vous n'avez pas compris grand chose à l'enseignement bouddhiste.
    Ce n'est pas parce que vous êtes en colère qu'il faut tout dénigrer!

    Je vois que j’ai piqué l’ego d’une robe safran. L’ego existe chez eux mais ils font semblant de la maitriser. Quand vous trouverez un bouddhiste heureux vous viendrez me le montrer. Oui, j’ai peur de la mort car après avoir gouté les amuse gueules sur cette terre, j’ai nullement envie de passer au plat principal. Hors chez eux nous faisons une ronde infinie de renaissances. Je ne veux pas revenir que ce soit sous forme d’un pissenlit ou même d’un roi. Cioran a vu le piège de ces farces orientales :

    "Ce qui est impermanent est douleur, ce qui est douleur est non-soi."
    Il est difficile, il est même impossible d'être d'accord avec le bouddhisme sur ce point, capital pourtant. La douleur est pour nous ce qu'il y a de plus nous-mêmes, de plus soi. Quelle religion étrange ! Elle voit de la douleur partout et elle la déclare en même temps irréelle.

    La mort est séparation, par ex de ceux et de ce que l’on a aimé .Qu’y a il de plus cruel que cela ? Je n’en ai rien à faire d’une vie qui ne procède pas de mon être. Vivre pour des fantômes ? C’est ça l’acquis de cette religion ? Et comme disait quelqu'un : je n’ai pas peur de mourir, mais j’ai peur de m’emmerder. On tient à l’acquis surtout spirituel parce qu’on l’a payé très cher. Alors leurs théories sont plus que fumeuses. Et ça se gâte vraiment s’ils font de rituels ou des ‘offrandes’ ou autres conneries qui feraient rougir Bouddha s’il revenait. Il a peu de textes de lui qui sont de véritables guides de bon sens. Ceux là je les garde. Je préfère de loin des les gnostiques qui cherchent pas midi à quatorze heure et qui disent que le monde matériel a été créé par un enfoiré (il convient des adjectifs plus durs mais censurés) qui par son orgueil cache la souffrance sous un bien. Une inversion des valeurs (ça ne vous dit rien ?) Il n’est jamais sorti un bien du mal.

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  9. Anonymous10:33 AM

    Une légende Amérindienne raconte que le monde n'a pas été créé d'après l'intention première, mais qu'il y a eu un cafouillage pendant les travaux...quelqu'un a foutu la merde en gros...

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  10. Anonymous11:14 AM

    je trouve que dup a une vision tres interessante (et la on ets en plein dans la discussion de savoir si un occidental peut vivre le bouddhisme), a differents points de vues meme si je ne partage pas son opinion.

    cet histoire d'ego ca a l'air de te travailé un max (si je puis me permetre) et la c'est la base de la "philosophie " indienne orthodoxe ou non...ajahn chah ou ramana maharsi te dirais qu'ils ne sont ni eux ni pas eux ;) comment definir un etat aussi paradoxale? peut etre n'as tu pas pu experimenter cest etats de beatitude profond qui peuvent donner un aperçu de ce que cela peut etre... ou peut etre que le bouddhisme n'est tout simplement pas ta voie vu que tu semble en desaccord avec quasiment toute la "doctrine" (meme lin-ji en disant que le bouddha n'existe pas fait reference ou bouddha) ou meme la "pratique" meditative de base(en ce qui concerne les rituels je te rejoins tout a fait)mais tes nombreuse references litteraires , philosophique et religieuse me font dire que tu est dejas sur ta voix :)
    puisses-tu trouver ce que tu cherche

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  11. Anonymous1:22 PM

    @dup
    "une ronde infinie de naissances".
    Inexact, Bouddha parle d'un "non né, non fait, non formé".
    En fin de compte il n'y a pas de renaissance puisque la nature parfaite de l'Etre est la seule vraiment existante.
    C'est un peu compliqué d'exprimer l'Inexprimable!

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