Saturday, June 08, 2013

Le tabac




Nous le savons, du détroit de Behring à la Terre de Feu, les Indiens considéraient le tabac comme l'une des plus importantes parmi les plantes médicinales et magiques, et certains d'entre eux s'en servaient comme d'un véhicule pour l'extase. Nous savons aussi que partout et toujours, à peu près sans exception, aux temps préhistoriques et dans les époques historiques plus récentes, son usage était uniquement rituel. La désacralisation qui affecte, de façon croissante, l'usage du tabac parmi les Indiens est un effet de l'influence européenne (l'Europe découvrait le tabac en découvrant l'Amérique avec Colomb). Néanmoins, certaines significations rituelles restent attachées au tabac du lieu : beaucoup de tribus réservent à un emploi rituel ou cérémonielle tabac qu'elles cultivent, ou collectent dans le milieu naturel, tandis que l'on fume librement le tabac de l'homme blanc, ou "tabac de Virginie ", un hybride local du Nicotiana tabacum.

On a de tout temps consommé le tabac de multiples façons; l'acte de le fumer (en cigarettes, en cigares, ou en pipes) est la plus répandue. Il faut y voir le reflet des nombreuses connotations ésotériques de la fumée du tabac dans les rites chamaniques, en particulier dans les rituels de guérison. Zerries souligne que "le pouvoir du chaman est souvent lié à son souffle ou à la fumée du tabac, l'un et l'autre possèdent les vertus purificatives et revigorantes qui jouent un rôle si important dans les rituels de guérison, et dans d'autres pratiques magiques"·

Outre celle de la fumée, la plus connue, les techniques consistent à priser le tabac, le boire, le chiquer, le manger, le sucer et le lécher. Il y a diverses façons de fumer; et donc, différentes significations attachées à l'acte. Le chaman peut expirer la fumée (pour guérir le malade ou nourrir les êtres surnaturels) ou l'avaler (la" manger») en énormes quantités en vue d'induire un état de transe. Par exemple, dans son rituel de guérison, le chaman des Indiens tenetehana, du Brésil, dansera et chantera en agitant ses maracas, s'arrêtant :

... de temps à autre, pour tirer de longues bouffées d'un gros cigare de tabac local roulé dans de l'écorce de tawari. Combinée au rythme du chant et au mouvement de la danse, la fumée l'intoxique bientôt. Cette opération est l'"appel" de l'esprit. L'esprit ne répond qu'à ses chants spécifiques et le chaman n'est prêt à le recevoir qu'après avoir ingurgité de grandes quantités de fumée de tabac ( …) Alors "l'esprit est fort" et le chaman perd conscience. (Wagley et Galvaô, 1949.)

Comme la fumée, la prise peut être inhalée, en vue d'agir sur le psychisme, ou bien exhalée, suivant les besoins et l'effet recherché. Ainsi les chamans tanaca dans les basses terres de Bolivie soufflent dans l'air de la poudre de tabac, en vue de repousser les êtres surnaturels maléfiques qui menacent un patient ou la communauté tout entière.

Parfois l'on se sert du tabac en le combinant à de véritables plantes hallucinogènes telles que le datura, le yagé (Banisteriopsis caapi), ou des cactus psychédéliques. Souvent le tabac joue un rôle essentiel et sacré comme agent de purification, comme épreuve et comme stimulant, au cours de la longue formation initiatique que reçoivent les apprentis chamans. C'est particulièrement le cas des Indiens caraïbes et d'autres groupes indigènes dans les basses terres du nord de l'Amérique latine. Des ethnographes aussi éminents que Theodor Koch-Griinberg nous ont laissé des relations de première main sur ces épreuves initiatiques. Les jeunes chamans indiens sont privés de nourriture normale pendant de longues périodes, au cours desquelles ils maigrissent jusqu'à ressembler à des squelettes (en bien des régions d'Asie et d'Amérique la mort rituelle et la squelettisation sont des éléments majeurs de l'initiation chamanique). En lieu et place de nourriture, on leur fait absorber de grosses quantités de tabac liquide, par voix nasale et buccale, pour induire une transe narcotique. C'est alors que l'apprenti fait sa première montée au ciel pour rencontrer face à face les esprits de l'Autre Monde. Ensuite il commence à utiliser aussi bien d'autres plantes psychédéliques, en particulier le yagé, dans lequel, dit un chaman à Koch-Griinberg, "réside le chaman, réside le jaguar"· Cette identification conceptuelle du chaman au jaguar est commune à toute l'Amérique du Sud et centrale, elle est souvent réalisée à travers l'usage d'hallucinogènes ou de substances psychédéliques. 

Johannes Wilbert, La Chair des dieux, l'usage rituel des plantes psychédéliques, ouvrage dirigé par Peter Furst.

16 comments:

  1. Anonymous9:55 AM

    Notre société, contre-traditionnelle voire démoniaque, dénature tout et plus particulièrement les plantes à usage initiatique.

    Le véritable tabac serait efficace pour éloigner les forces de l'inframonde. Au début du 20ème siècle, le thaumaturge Philippe de Lyon recommandait le tabac, fumé dans une pipe en terre, pour éloigner ces forces.

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  2. Anonymous12:20 PM

    Esteban (20 ans) a tué Clément (19 ans). Des jeunes se haïssent à cause d'idéologies désuètes au lieu de neutraliser les monstrueux maîtres du monde dont le cynisme est pire que celui des cigaretiers de la vidéo.

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    1. Anonymous3:38 PM

      Correction : Esteban a repoussé l'attaque de Clément, qui en tombant s'est cogné la tête et en est mort.

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  3. Anonymous12:37 PM

    Les politiciens corrompus, les prédateurs financiers et les psychopathes assoiffés de pouvoirs devraient être tirés comme des lapins par les jeunes résistants tous unis contre le nouvel ordre mondial.

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  4. Anonymous1:37 PM

    je ne sais pas si ça servirait à quelque chose ....éradiquer les cons et les trous du cul me parait difficile....

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  5. Anonymous6:32 PM

    Ceux qui tirent les ficelles sont loin d'être cons. En revanche, ils sont peu nombreux. En France, ce sont quelques milliers de nuisibles qui contrôlent le peuple... Neutraliser ces politiciens, hauts fonctionnaires, journalistes, patrons et toute la pourriture oligarchique est une bonne action digne des bodhisattvas, comme disent les bouddhistes...

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  6. Anonymous6:45 PM

    Pourquoi pas une Sainte Vehme du 3ème millénaire réunissant toutes les forces opposées à l'Europe oligarchique et au N.O.M. ...

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  7. Anonymous7:35 PM

    Des commandos bien entraînés suffissent pour libérer la France. Leur mission :

    - neutraliser un maximum de députés réunis à l'Assemblée nationale ;

    - arrêter tous les ministres et le président ;

    - contrôler les médias (TV, radios, etc.).

    Les officiers méprisent les politiciens corrompus (la quasi totalité de la classe politique de droite et de gauche). Donc l'armée rejoindra rapidement la rébellion.

    VIVE LA FRANCE !

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  8. Anonymous7:48 PM

    Colonel de réserve, je marche avec les libérateurs sans réserve...

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  9. Anonymous8:30 PM

    Pfff...c'est eux qui vont nous tirer comme des lapins

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  10. Anonymous11:16 PM

    C'est vrai que les Français dépriment et n'ont pas la même motivation que les moudjahiddines des quartiers difficiles qui rêvent, eux, de renverser l'oligarchie décadente afin d'instaurer le Califat et de se venger de l'humiliante colonisation du 19ème siècle. Et un jour, comme l'écrit Nostradamus :

    "Par la discorde et négligence gauloise,
    Sera passage à Mahomet ouvert,
    De sang trempé la terre et la mer Senoise,
    Le port Phocen (Marseille), de voiles et de nefs couverts."

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  11. Anonymous8:16 AM

    http://www.lebreviairedespatriotes.fr/2013/06/10/larmee-francaise-est-elle-au-bord-du-coup-detat/

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  12. Anonymous10:41 AM

    Le gouvernement socialiste a bien conscience qu'un coup d'état militaire n'est pas improbable. C'est pour cette raison qu'Ayrault prétexte la mort de Clément Méric pour annoncer la dissolution de groupes d'extrême droite. En fait, c'est un avertissement adressé aux officiers proches du LYS NOIR, une organisation anarcho-monarchiste, et des autres organisations hostiles aux délires de la ploutocratie socialo-maçonnique.

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  13. Anonymous12:26 PM

    OUI, le LYS NOIR est bien une organisation anarcho-monarchiste hostiles aux délires de la ploutocratie socialo-maçonnique.

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  14. Ioannis10:48 AM

    extrait d'une conférence récente :

    le tabac favorise la créativité en augmentant la communication entre les aires du cerveau. Nous avons vu que la conscience était associée à la coordination des aires cérébrales, et que des troubles comme la dépression ou la schizophrénie sont liées à une communication peu efficace. Une étude a déterminée que la nicotine doublait la communication entre le cortex et les autres aires du cerveau. Il y a d’autres bénéfices à la nicotine, tout cela explique pourquoi les gouvernements font pression pour l’interdire.

    Contrairement aux drogues qui permettent d’accéder à une autre réalité par un déséquilibre du cerveau, le tabac a un aspect protecteur. On retrouve dans la quasi-totalité des cultures amérindiennes l’usage de Nicotiana rustica, plus fort que le tabac actuel.

    Les Wayampi utilisaient un bâton pour faire fuir les esprits malins accompagné du souffle de tabac. Les amérindiens du bassin amazonien assainissent également l’air au moyen de la fumée de tabac, et bénissent les plantes médicinales avant et après prélèvement par un souffle de tabac, censé « panser les plaies » des madres, les esprits tutélaires.

    Chez les amérindiens ayahuasqueros, le tabac est l’élément essentiel de la préparation et de la diète, il n’a presque que des vertus positives, au contraire de beaucoup d’autres plantes à diéter qui sont ambivalentes selon la dose, le contexte et l’état d’esprit. Mais si le tabac a une importance particulière, c’est aussi la fumée qui est très importante pour une grande part des cultures amérindiennes.

    Chez les amérindiens des Andes, les chamanes utilisent la fumée de tabac comme outil de diagnostic et de traitement. Ils s’en servent pour déceler la présence des « mal énergias », lorsque la fumée colle à la peau, et ils utilisent des plantes odorantes pour soigner le mal. L’odeur est considérée comme un moyen de faire sortir le mal et de le faire passer dans la plante.

    La fumée ou l’odeur serait un moyen de transport pour des énergies, cela explique sans doute les offrandes aux morts ou les sacrifices. Dans le culte des ancêtres de l’Antiquité, on nourrissait les esprits par les vapeurs humides de sang.

    Toujours par rapport au tabac, nous avons le témoignage du peintre et chaman péruvien Pablo César Amaringo. Il a publié un recueil de ses visions obtenues pendant des cérémonies avec l’ayahuasca. L’ouvrage réalisé avec un anthropologue montre de façon récurrente des vaisseaux extraterrestres. L’oncle de ce chaman rapporte aussi ses confrontations avec les extraterrestres. Je cite :

    Ils savent quand je vais boire de l’ayahuasca. Ils approchent et chantent toutes sortes de chants, de même que les icaros que je connais. Ils savent également comment prier. Ils sollicitent mon amitié, parce qu’il y a des choses qu’ils ne savent pas encore. Ils aimeraient m’emmener avec eux, mais je refuse de les accompagner parce qu’ils se mangent entre eux. Ils ont essayé de m’effrayer en faisant bouger la terre, ou en faisant tomber de grands arbres. Ils m’ont presque rendu fou. Mais ils ne s’approchent plus de moi, parce que je leur ai soufflé du ‘‘mapacho’’ (tabac de purification).

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  15. Ioannis10:50 AM

    extrait d'une conférence récente en Belgique

    Contrairement au cannabis, le tabac favorise la créativité en augmentant la communication entre les aires du cerveau. Nous avons vu que la conscience était associée à la coordination des aires cérébrales, et que des troubles comme la dépression ou la schizophrénie sont liées à une communication peu efficace. Une étude a déterminée que la nicotine doublait la communication entre le cortex et les autres aires du cerveau. Il y a d’autres bénéfices à la nicotine, tout cela explique pourquoi les gouvernements font pression pour l’interdire.

    Contrairement aux drogues qui permettent d’accéder à une autre réalité par un déséquilibre du cerveau, le tabac a un aspect protecteur. On retrouve dans la quasi-totalité des cultures amérindiennes l’usage de Nicotiana rustica, plus fort que le tabac actuel.

    Les Wayampi utilisaient un bâton pour faire fuir les esprits malins accompagné du souffle de tabac. Les amérindiens du bassin amazonien assainissent également l’air au moyen de la fumée de tabac, et bénissent les plantes médicinales avant et après prélèvement par un souffle de tabac, censé « panser les plaies » des madres, les esprits tutélaires.

    Chez les amérindiens ayahuasqueros, le tabac est l’élément essentiel de la préparation et de la diète, il n’a presque que des vertus positives, au contraire de beaucoup d’autres plantes à diéter qui sont ambivalentes selon la dose, le contexte et l’état d’esprit. Mais si le tabac a une importance particulière, c’est aussi la fumée qui est très importante pour une grande part des cultures amérindiennes.

    Chez les amérindiens des Andes, les chamanes utilisent la fumée de tabac comme outil de diagnostic et de traitement. Ils s’en servent pour déceler la présence des « mal énergias », lorsque la fumée colle à la peau, et ils utilisent des plantes odorantes pour soigner le mal. L’odeur est considérée comme un moyen de faire sortir le mal et de le faire passer dans la plante.

    La fumée ou l’odeur serait un moyen de transport pour des énergies, cela explique sans doute les offrandes aux morts ou les sacrifices. Dans le culte des ancêtres de l’Antiquité, on nourrissait les esprits par les vapeurs humides de sang.

    Toujours par rapport au tabac, nous avons le témoignage du peintre et chaman péruvien Pablo César Amaringo. Il a publié un recueil de ses visions obtenues pendant des cérémonies avec l’ayahuasca. L’ouvrage réalisé avec un anthropologue montre de façon récurrente des vaisseaux extraterrestres. L’oncle de ce chaman rapporte aussi ses confrontations avec les extraterrestres. Je cite :

    Ils savent quand je vais boire de l’ayahuasca. Ils approchent et chantent toutes sortes de chants, de même que les icaros que je connais. Ils savent également comment prier. Ils sollicitent mon amitié, parce qu’il y a des choses qu’ils ne savent pas encore. Ils aimeraient m’emmener avec eux, mais je refuse de les accompagner parce qu’ils se mangent entre eux. Ils ont essayé de m’effrayer en faisant bouger la terre, ou en faisant tomber de grands arbres. Ils m’ont presque rendu fou. Mais ils ne s’approchent plus de moi, parce que je leur ai soufflé du ‘‘mapacho’’ (tabac de purification).

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