Thursday, September 25, 2014

Que faire ?


Tout «faire», toute activité nécessite un but. Cela commence par un concept venant du passé, qui ensuite est projeté dans un fantasme du futur. «Faire» ne peut jamais vous amener ailleurs que dans le connu ou dans ce qui a déjà été conceptualisé. Remontez à la racine de la pensée qui déclenche le «faire». Là, vous découvrirez la fin du voyage qui, en fait, n'a jamais commencé. «Faire» ne peut jamais vous amener à ce que vous êtes déjà. «Faire» vous en éloigne et ne vous en rapproche jamais.

Y a-t-il encore des désirs après l'Éveil ?

Avant l'Éveil, le désir doit être celui de l'Éveil. Cependant, ce n'est pas un vrai désir, c'est l'attraction du Soi. Et pour qu'un tel désir apparaisse, d'autres désirs doivent disparaître. Les désirs ordinaires doivent s'effacer afin de créer l'espace pour le vrai désir, le désir de l'Éveil.

Après l'Éveil, le Soi Réalisé est au-delà de la forme, au-delà des sens, et par conséquent il n'est pas affecté par des désirs ordinaires. Ceux-ci peuvent continuer d'apparaître, mais ils n'affectent en rien le Soi.

Un jour, Krishna se tenait au bord de la rivière lors d'une célébration religieuse. Toutes les laitières portaient leurs offrandes et désiraient traverser la rivière pour se rendre au temple situé sur l'autre rive. Mais il n'y avait aucun bateau ni aucun pont pour le faire.

Alors Krishna leur déclara : « Dites à la rivière que si Krishna n'a jamais embrassé de jeunes filles, elle s'ouvre pour leur laisser le passage. »

Les femmes ne pouvaient croire en ses paroles. On disait qu'il avait eu seize mille amantes. La rivière ne s'ouvrirait jamais ! Krishna ayant déjà embrassé chacune de ces femmes, elles ne pouvaient le croire. Pourtant, elles s'adressèrent à la rivière : » Si Krishna n'a jamais embrassé une femme, ouvre-toi pour nous. » Et la rivière s'ouvrit pour les laisser passer.

C'est parce que le Soi (Krishna représente le Soi véritable) est immaculé et hors du temps. Il n'a jamais embrassé ou été embrassé.

Je viens de voir le Dalaï-lama. Il a parlé des problèmes de ce monde et du besoin que chacun soit dans l'action juste. Qu'est-ce que l'action juste ?

Un être Éveillé ne tient pas compte du passé et de l'avenir. Aucune considération n'est donnée aux fruits de l'action. Plus précisément, l'action naît dans l'instant et vient du Vide. Les fruits se prendront en charge d'eux-mêmes.

Le Dalaï-lama s'adressait à l'homme ordinaire qui a besoin d'une morale pour guider ses actions. L'être Éveillé, lui, reconnaît que la morale est elle-même vide, comme l'est toute chose. Ainsi, l'action juste, la parole juste et le chemin des huit étapes de Bouddha peuvent être une conséquence du Vide, mais ne conduisent pas au Vide. Par conséquent, un chercheur de Vérité cherchera uniquement le Vide et tout le reste suivra.

Quelle pratique recommandez-vous alors ?

Aucune pratique. Laissez-moi vous donner un exemple. Un jour, une lavandière travaillait au bord de la rivière, quand une lionne apparut pour se désaltérer. Un chasseur, caché dans les buissons la
tua... Il ne voulait que sa peau. Tandis qu'il dépeçait le corps de l'animal, il en retira un lionceau et le laissa sur la berge.

La lavandière prit le nouveau-né, le nourrit et l'éleva. Le lionceau la suivait partout où elle allait. Lorsqu'il fut assez fort, la lavandière le chargea de linge, comme elle le faisait avec ses ânes. Ainsi, le lion grandit, ponant le linge sur son dos et fin traité comme s'il était un âne.

Un jour, un lion qui chassait dans les environs découvrit des ânes en train de brouter l'herbe dans un champ. Il ne pouvait en croire ses yeux... Parmi les ânes, un lion broutait de l'herbe !

« Comment est-ce possible ? pensa le lion. Les ânes sont normalement de la bonne nourriture pour un lion et en voilà un qui mange de l'herbe ! » Le lion sortit du buisson et se dirigea vers le troupeau. Tous les ânes s'enfuirent, ainsi que le lion apprivoisé. Ce dernier avait aussi peur que les ânes ! Le lion sauvage poursuivit le lion apprivoisé et l'attrapa. Il lui sauta dessus et le mit à terre.

Le lion apprivoisé était terrifié. « S'il vous plaît, Monsieur, ne me mangez pas ! Laissez-moi repartir et retrouver les miens. - Mais tu es un lion ! lui répondit l'autre. - Non, Monsieur, je suis un âne. » Alors, le lion chasseur le souleva et l'emmena à la rivière. « Regarde ton reflet, nous sommes identiques » dit-il. Le lion se regarda dans l'eau et vit deux lions qui le regardaient. « Rugis maintenant ! » dit le lion chasseur. Et le lion rugit !

C'est aussi simple que ça. Ne vous exercez pas à être un lion. Rugissez !

Mais Monsieur, combien de temps cela pend-il pour se réaliser ? Combien de temps dure l'enseignement ?

Aucun temps ! Combien de temps cela prend-il pour rugir ? Vous ouvrez la bouche et c'est fini !

Eli Jaxon-Bear, Satsang avec H.L.W. Poonja, « LE SECRET DE L'EVEIL ».


LE SECRET DE L'EVEIL
La transmission de Poonjaji

Ce livre présente au monde une avancée extraordinaire. Le plein éveil est possible ici et maintenant pour chacun, peu importent les circonstances personnelles, le passé ou la pratique à laquelle on s'adonne. C'est cette possibilité qu'offrent l'enseignement et la transmission de Sri H.W.L Poonja.

Beaucoup de chercheurs ont entrevu la Vérité à travers des pratiques psychédéliques, en méditant ou pendant des moments de grâce inattendus. Pourtant, par une compréhension erronée, ces moments sont assimilés par l'ego comme une expérience parmi tant d'autres. Une croyance ancrée nous fait croire qu'il n'est pas possible d'être pleinement Éveillé dans cette vie. Le secret de l'éveil, la transmission de Poonjaji révèle la possibilité de découvrir la véritable Liberté maintenant.

Aucune pratique, aucun délai ne sont nécessaires ! Voici l'offrande de Poonjaji à ce monde.

Swami H.W.L. Poonja fut un des êtres les plus remarquables qu'il m'ait été donné de rencontrer dans ma vie.
Charles Antoni



Extrait de l'avant-propos

Le 1er janvier 1990, j'ai quitté ma vie active et suis parti en quête de l'Illumination. Mon épouse et mes amis pensaient que j'étais fou, et puisque j'approchais de mes quarante-trois ans, ils mirent ce départ sur le compte de la crise de la quarantaine. Une irrésistible force me poussait, et bien que je ne connusse pas ma destination, ni ce que je découvrirais, je n'avais pas le choix. N'étant pas novice sur le chemin, j'avais certains critères en tête : couper définitivement le mental égotique et m'éveiller dans la réalité non-duelle.

Je suis de la génération qui découvrit les psychédéliques : les années soixante furent l'époque où, dans ma quête de liberté, j'expérimentai différents hallucinogènes. Grâce à cela, je découvris que «ma» réalité n'était qu'un rêve et fis l'expérience du Soi, Conscience immortelle. Pourtant, cela ne me suffisait pas, car la souffrance égotique subsistait. Et cette expérience, cette réalisation, fut rapidement absorbée par l'ego qui se l'appropria.

J'offris ma vie au service de la terre et de l'humanité et mis à l'épreuve mes convictions dans les mouvements pour la paix et la défense des droits civils. Je pensais que «je» devais faire quelque chose pour arrêter la souffrance du monde, mais constatai que ce quelque chose conduisait inéluctablement à la souffrance, et rien ne s'arrêtait.

A la suite d'une réelle ouverture de conscience, que beaucoup de personnes de ma génération expérimentèrent grâce aux psychédéliques, la première vague des gurus arriva en Amérique. Je suivis les aventures de Râm Dass avec Neem Karoli Baba et autres maîtres. J'aimais lire Rajneesh et Da Free John. Je découvris la Shakti et la Bhakti en présence de Muktananda.

Je n'aurais jamais cru possible qu'un état non-psychédélique pût être aussi puissant, et pourtant j'en faisais l'expérience. Cependant, je ne me sentis pas particulièrement attiré par la vie en ashram. De tous les gurus que je connaissais, de Sai Baba à Maharaji, je constatais, en voyant les disciples de leurs ashrams, qu'ils ne s'éveillaient pas, mais devenaient seulement des dévots.

Je ne cherchais rien d'autre que l'Illumination et quelqu'un qui pourrait directement me la transmettre. Aussi riches et réjouissants que puissent être les états de shakti, ils ne conduisaient pas à la pleine Réalisation du Soi, du moins pour moi-même ou quiconque que je connaissais.

Puis, la lecture de Carlos Castaneda, des travaux de Gurdjieff, d'Evans-Wentz et du Livre des morts tibétain m'attira vers le bouddhisme tibétain. En 1976, je partageais la lecture des livres d'Evans-Wentz sur le bouddhisme tibétain avec ma future épouse et je voulus rencontrer les véritables héritiers de cette lignée. C'est en 1978, dans notre petite ville de Californie, que je fis la connaissance de Kalu Rinpoche, maître de méditation de la lignée Kagyu. Il me confia plus tard la direction du centre Dharma. Nous faisions des pujas, méditations, chantions en tibétain... Mais là encore je restai insatisfait.

Au début des années quatre-vingts,je rencontrai le plus vieux maître zen de cette époque au Japon. Je l'appelais O'ji isan et l'aimais profondément. Je fis l'expérience d'un Éveil profond lors d'un séjour au monastère Saikoj en présence du maître des lieux. Je fus honoré par tous, et une grande fête qui dura toute la nuit fut organisée pour l'événement. Malheureusement, le même mental réapparut le lendemain et mon insatisfaction persistait. 


Biographie de l'auteur
Eli Jaxon-Bear est un enseignant spirituel et auteur américain. Il vit à Ashland, Oregon avec sa femme, Gangaji. Avant de rencontrer son Maître, Sri HWL Poonja, en 1990, il était surtout connu pour son travail sur la dimension spirituelle de l'Ennéagramme.








3 comments:

  1. Anonymous12:04 PM

    Bonjour,

    Ce n'est pas la première fois que ce blog affirme qu'une prise de conscience de la Réalité est possible spontanément sans méthodes ni gourous. Le fond de commerce des lamas tibétains (initiations, transmissions de pouvoir, rituels, méditations, visualisations...) ne sert à rien.

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  2. Anonymous12:05 PM

    Ce n'est pas gentil pour Matthieu Ricard.

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  3. Anonymous6:20 PM

    Il y a bien des gens dans le "business" de la spiritualité qui disent que leur produit lave plus blanc que le produit du concurrent...

    Si on allait jusqu'au bout de la logique implicite des propos de l'auteur, on devrait alors reconnaître que nous devrions retrouver beaucoup plus d'éveillés parmi les gens qui n'ont jamais fait quelque recherche spirituelle que ce soit que parmi les gens qui dévouent une grande partie de leur vie à cette recherche.

    Peut-être faut-il faire la distinction entre "ne rien faire" et "faire rien".

    L'auteur semble opter pour la solution "ne rien faire", c'est-à-dire n'opérer aucune activité extérieure particulière visant à l'atteinte de l'état d'éveil (cette activité extérieure étant entedue ici non pas seulement comme les seuls mouvements du corps, mais aussi ceux du mental qui n'a rien d'intérieur, car en fait ce mental est tout aussi extérieur que le corps, la seule différence étant qu'il est de nature subtile par rapport au corps qui est de nature grossière), tandis que ce qui est peut-être véritablement requis pour l'éveil repose dans la solution de "faire rien", c'est-à-dire de concentrer toute son activité vers l'intériorité pure, là où se trouve la lumière spirituelle, base de l'état d'éveil, et qui ne se traduit par rien de particulier dans l'état extérieur commun, grossier ou subtil.

    La spiritualité orientale présente cette deuxième option comme le "non agir" dont on dit cependant qu'il représente en fait l'"activité suprême".

    Il est libre à chacun de croire ou de ne pas croire à l'affirmation qu'on doive cesser toute poursuite de l'état d'éveil afin que de l'atteindre, ce qui revient au même que d'affirmer des choses comme : il ne faut pas aller au puits et y puiser de l'eau afin que de boire l'eau du puits, il ne faut pas semer afin que de récolter ou bien encore il faut rester debout afin que de dormir et rêver (debout)...

    Spoutnik

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