Friday, June 05, 2015

FN & capitalisme populaire




La notion de « capitalisme populaire », qui peut paraître contradictoire dans les termes, était défendue par le Front national surtout dans les années 1980. 


Droite et Démocratie économique

La «doctrine économique et sociale» qui prévalait au F N de l'époque était couchée sur papier dans un petit livre intitulé Droite et Démocratie économique, paru en 1978, puis dans une nouvelle édition en 1984, préfacée par jean-Marie Le Pen. Les auteurs y valorisent la propriété privée et les inégalités économiques, expliquant que « la raison (des inégalités) réside dans la nature humaine à qui l'on doit bien obéir un peu »On retrouve l'idée que le « peuple français » doit être associé aux bienfaits du capitalisme. L'ouvrage dépeint un capitalisme généralisé qui serait profitable à tous, tout en excluant de la principale mesure proposée les femmes, les célibataires et les immigrés. On lit ainsi que « le Front national accomplira ce projet en désétatisant les sociétés dites nationalisées qui appartiennent à l'État, c'est-à-dire à personne. Il constituera, avec leurs actions, des fonds d'investissement réservés aux salariés de toutes les entreprises, français et pères de famille. » Une recette qui ressemble quelque peu à celle appliquée en Grande-Bretagne sous le gouvernement de Margaret Thatcher (1979-1990).

Une autre clé de voûte de ce programme économique est l'idée du « salaire intégral ››. Elle consiste à transférer toutes les cotisations sociales versées par l'employeur au salarié, qui aurait le choix de s'assurer ou non à ses frais, auprès de caisses privées. Celui-ci deviendrait entièrement responsable, financièrement, de tous les risques de la vie : accident, maladie, prévoyance retraite, etc.


Depuis le début des années 1990, et notamment après son tournant « social » (depuis 1995), le FN met moins en avant de telles solutions ultralibérales. Dans son programme de 1993, il parle de « fraternité française », reposant sur des mécanismes de solidarité « nationaux ››. Ces derniers sont censés assurer un certain niveau de protection aux travailleurs et aux « Français » pauvres. « Réduisant ainsi le coût de l'immigration », le FN prétend assurer une redistribution au profit des couches populaires « françaises ». Ce programme, aux connotations nationales-sociales, est en apparence moins ultralibéral que celui des périodes précédentes. Cependant, l'idée d'un capitalisme généralisé, au profit de petits propriétaires et actionnaires, reste profondément ancrée à la fois chez bon nombre de cadres du parti, mais aussi dans son public (artisans, commerçant employés du tertiaire).


Source :
Dictionnaire de l'extrême droite



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