Thursday, August 27, 2015

Amour & états égotistes




L'amour, l'altruisme et l'Ego selon la « psychologie » traditionnelle du Chan/Zen

Résumé de la « psychologie » Chan 

« Au centre de moi, en ce centre encore inconscient aujourd'hui, réside l'homme primordial, uni au Principe de l'Univers et par lui au tout de l'Univers, se suffisant totalement, Un principiel, ni seul ni non seul, ni affirmé ni nié, en amont de tout dualisme. C'est l'Etre Primordial, sous-jacent à tous les « états » égotistes qui le recouvrent dans ma conscience actuelle.

Parce que je suis ignorant aujourd'hui de ce que sont en réalité mes états égotistes, ces états constituent une sorte d'écran qui me sépare de mon centre, de mon Moi réel. Je suis inconscient de mon identité essentielle avec le Tout et je ne me considère qu'en tant que distinct du reste de l'Univers. L'Ego, c'est moi en tant que je me considère comme distinct. L'Ego est illusoire, puisque je ne suis pas en réalité en tant que distinct ; et tous les états égotistes sont également illusoires.

Dans l'état égotiste fondamental, je me sens comme Moi opposé au Non-Moi, un organisme dont l'« être » est opposé à l'« être » des autres organismes. Dans cet état fondamental, tout ce qui n'est pas mon organisme est Non-Moi. J'aime mon Moi, c'est-à-dire que je veux mon existence, et je hais le Non-Moi, c'est-à-dire que je veux la disparition de son existence. Je suis avide de l'affirmation de mon Moi en tant que distinct et de la négation du Non-Moi en tant qu'il prétend « être » en marge de mon Moi distinct. Dans cet état égotiste fondamental, « vivre » c'est affirmer mon Moi en vainquant le Non-Moi : victoire matérielle par l'acquisition de biens matériels, victoire subtile par l'acquisition de la renommée (reconnaissance par le Non-Moi de l'existence du Moi ; acquisition de la gloire qui « immortalise » le Moi distinct).

L'état affectif fondamental de l'homme ordinaire est donc simple ; cet homme aime son Moi en opposition avec le Non-Moi, et il hait le Non-Moi en opposition avec son Moi.

Sur cet état fondamental égotiste-égoïste peuvent se construire cinq états égotistes-altruistes comportant des apparences d'amour d'autrui.

1. — Amour apparent d'autrui par projection de l'Ego.

C'est l'amour idolâtrique, où l'Ego est projeté sur un autre être. La prétention à la divinité « en tant que distinct » a quitté mon organisme et se trouve maintenant fixée sur l'organisme de l'autre. La situation affective ressemble à celle de tout à l'heure, à ceci près que l'autre a pris ma place dans mon échelle de valeurs. Je veux l'existence de l'autre-idole, contre tout ce qui lui est opposé. Je n'aime plus mon propre organisme qu'en tant qu'il est le fidèle servant de l'idole ; à part cela je n'ai plus de sentiments envers mon organisme, il m'est indifférent, et, s'il le faut, je puis donner ma vie pour le salut de mon idole (je puis sacrifier mon organisme à mon Ego fixé sur l'idole tel Empédocle se jetant dans l'Etna pour immortaliser son Ego). Quant au reste du monde, je le hais s'il est hostile à mon idole ; s'il ne lui est pas hostile et si ma contemplation de l'idole me comble de joie (c'est-à-dire d'affirmation égotiste), j'aime indistinctement tout ce reste du monde (nous verrons plus loin pourquoi, avec la 5ème variété d'amour apparent).

2. - Amour apparent d'autrui par extension localisée de l'Ego.

Par exemple : l'amour attaché d'une mère pour son enfant, l'amour attaché d'un homme pour sa Patrie. etc...

C'est l'amour possessif. Dans l'amour idolâtrique, il y avait d'abord projection de l'Ego, et ensuite besoin de posséder l'Ego projeté dans une possession matérielle ou subtile de l'idole. Ici il y a d'abord possession de l'autre (il se trouve fortuitement que cet enfant est mon enfant, ce pays mon pays). La situation affective qui en résulte ressemble beaucoup à celle de l'amour idolâtrique : cependant les joies y sont moins conscientes, et on voit souvent dominer la crainte de perdre. L'amour idolâtrique donne ce que l'homme appelle « un sens » à sa vie ; l'amour possessif aussi, mais c'est souvent un sens moins positif, moins rassasiant.

3. - Amour apparent d'autrui parce que cet autrui nous aime de l'un des deux amours précédents.

L'autre aime son Ego en moi, niais il me donne l'impression qu'il aime mon Ego. Aussi je veux son existence comme je veux l'existence de tout ce qui veut mon existence.

4. - Amour apparent d'autrui parce que mon image idéale de moi-même le comporte ou parce que mon amour idolâtrique le comporte.

J'aime autrui parce que j'ai besoin de me voir esthétique pour m'aimer et qu'aimer autrui est esthétique.

Ou bien j'aime autrui parce que j'aime mystiquement une image divine sur laquelle mon Ego est projeté, que je considère cette image divine comme voulant que j'aime autrui, et que je veux ce que veut cette image divine (identifiée à mon Ego).

5. - Amour apparent du Non-Moi parce que mon Ego est momentanément rassasié.

L'homme que comble momentanément une intense affirmation égotiste aime tout l'univers. Cet amour sans particularisme ne correspond pas à une apparition momentanée de l'amour primordial universel, mais à une inversion momentanée de la haine fondamentale égotiste envers le Non-Moi à l'occasion d'une détente de la revendication égotiste. Cet état ne dure d'ailleurs que peu de temps. C'est comparable à la sensation voluptueuse de ne plus souffrir ; cette volupté n'est que comparative et elle cesse dès que disparaît le terme de comparaison.

Ces cinq sortes d'apparent amour d'autrui représentent autant de jouissances de mon Ego ressenties dans des situations qui m'affirment en tant que distinct. A toute diminution d'une de ces situations correspond l'apparition de l'angoisse et de l'agressivité.

Plus un homme donné est appelé à la réalisation intemporelle, plus il a besoin de vivre ces sortes d'amour : ces états ressemblent en effet plus ou moins à l'état affectif de l'homme réalisé (qui aime tout) en paraissant le relier à quelque chose d'autre que lui-même.

Plus cet homme pourtant avance dans la connaissance de lui-même, plus ces amours se dévalorisent à ses yeux et perdent leur efficacité compensatrice. Cet homme perd peu à peu ses sentiments « positifs », « altruistes ». Sa compréhension perce à jour ces habiles simulacres et le ramène, bon gré mal gré, vers l'état fondamental égotiste où il a toujours haï ce qui n'est pas son Moi ; état de « nuit » et de solitude. Il éprouve l'angoisse, à cause de son refus de combattre le Non-Moi.

Cet homme, dépouillé peu à peu de toute possibilité de tricher intérieurement, se voit traqué vers le travail réalisateur. Il s'adressera de plus en plus souvent à sa pensée impartiale pour remettre en doute la légitimité de la revendication égotiste, de cette prétention à « être » distinct qui engendre la solitude et la peur. L'Ego se trouve contracté de façon de plus en plus pure, de plus en plus comprimé dans ses derniers retranchements. Il y a une limite à cette compression, limite au delà de laquelle l'Ego explose dans le satori. Alors l'Ego se diffuse dans le tout, s'accomplissant et s'anéantissant à la fois. »


Hubert BENOIT, « La doctrine suprême ».



La version anglaise de « La doctrine suprême », « The Interior Realization », est téléchargeable gratuitement :




La doctrine suprême



D'après le prix, le livre en français est devenu rare.


Commentaire d'un lecteur :

"Si je ne devais emporter qu'un seul livre dans une île déserte, ce serait celui-ci. Que je sache, rien n'a été écrit d'aussi clair sur le Zen que ce magnifique livre qui n'aurait peut être pas dû s'intitulé "La Doctrine Suprême" car n'est en rien doctrinal, mais plutôt "l'Eveil de l'Intelligence Indépendante". Ce livre étudie l'homme "normal", l'état de l'homme qui, à travers l'expérience du Satori est devenu normal et renferme un certain nombre de notions essentielles visant à améliorer notre compréhension de la condition humaine. Ce n'est certainement pas un "Digest" exposant "ce qu'il faut savoir sur le Zen", mais une sorte d'autobiographie d'un penseur occidental, psychanalyste de surcroit, qui pendant de longues années réfléchit au problème de la destinée humaine, développant devant nous une doctrine métaphysique traditionnelle."

37 comments:

  1. Anonymous7:59 PM

    L’ipséité est une réalité ontologique irréductible, quelle que soit la voie d’accès à l’être : pensée ou non-pensée, discours ou silence, etc. Le méditant peut le savoir ou l’ignorer, cela ne l’annihile en rien.

    Si un bouddha atteint l’éveil, il ne transcende pas l’ipséité sinon il serait conjointement aussi ignorant que le sot et le sot serait conjointement aussi éveillé que le bouddha. Un bouddha ne pourrait transgresser la réalité de l’ipséité qu’en s’annihilant lui-même et son éveil associé. Il n’y aurait alors ni bouddha ni éveil.
    Un bouddha ou tout être ne peut garder son état d’éveil qu’en conservant son ipséité. Annihiler l’ipséité annihile le bouddha et l’éveil.
    Tout discours sur l’éveil reste indissociable d’une base d’ipséité.
    L’ontologie du mādhyamaka reste une approche réductrice se limitant à une phénoménologie introductive, amusante certes du point-de-vue rhétorique.

    L’ipséité est une réalité ontologique irréductible.
    Les multiples ipséités participent du tout. Nul ne se fond ou ne s’annihile dans l’autre : ni l’ipséité dans le tout, ni le tout dans l’ipséité (même celle de l’éveillé), ni une ipséité dans une autre. Le fondement de l’être transcende les notions de tout et d’ipséité et participe d’un mystère inaccessible à l’ipséité humaine. Qui dit percer ce mystère est un sot.
    Un être ne peut se fondre dans le tout en se dispensant de toute dépendance à l’ipséité pour la simple raison que ces ipséités sont indissociables du tout dont elles participent. La notion illusoire d’un tout libéré de l’ipséité est un jeu de mots, une chimère d’ontologie approximative ... comme celle du mādhyamaka.

    La multiplicité des ipséités et leur irréductibilité mutuelle relèvent du mystère de l’altérité interpersonnelle, mystère où la compassion authentique prend racine.
    L’égocentrisme reste sourd à cette altérité, l’égoïsme la conçoit à sens unique.
    L’amour fusionnel est un leurre ne respectant pas le caractère irréductible de cette altérité "inter-ipséité".
    L’option de l’écoute interpersonnelle consiste à ne pas projeter sur ce mystère ses propres constructions.

    L’irréductibilité de l’ipséité individuelle à l’esprit nouménal primordial présente le fondement ontologique du mystère de l’altérité mystique du divin.
    L’erreur religieuse projette sur cette altérité nouménale des constructions illusoires d’origine phénoménale.
    L’aveuglement pseudo-mystique (courant dans les voies orientales) pose l’hypothèse illusoire d’une "fusion du soi dans le Soi", monstruosité ontologique mais surtout emphase égotique inepte dont la majuscule constitue déjà un indice révélateur.
    (Note anecdotique : un auteur qui abuse des majuscules montre son idolâtrie envers la production littéraire de son mental, une forme de ce que Paul Diel appellerait l’exaltation ... le contraire de l’équanimité. Les majuscules se dissolvent dans l’éveil authentique alors qu’elles illuminent la pédanterie de l’ego et de ses écrits. Indice révélateur des pseudo-maîtres ... nombreux !)
    Le gnosticisme se perd en rationalisations aliénantes : la représentation abstraite illusoire finit par constituer un piège paradigmique remplaçant la relation saine au mystère, parfois jusqu’à la fermeture.
    L’option de l’écoute (spirituelle) consiste à ne pas projeter sur cette relation mystérieuse à l’altérité ses propres constructions.
    Projeter la dualité personnel/impersonnel sur cette relation au mystère reste une erreur : le bouddhisme ne vaut pas mieux qu’un déisme associé à ishvara.

    La voie initiatique cultive l’écoute du mystère de l’altérité, quelle qu’elle soit.

    La relation la plus saine au mystère est l’écoute.
    La prière et la magie sont des perversions contre-initiatiques.
    La gnose et la méditation dévient souvent de l’écoute à la tentation magique ... sage est celui qui ne cède pas à telle tentation.

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  2. Anonymous4:36 AM

    Ipséité et illusion de l’ego (1)

    L’ipséité fondamentale est non qualifiée comme le nirguna brahman. Elle n’est autre qu’ipséité et ne peut se définir en absolu. Elle ne se définit que négativement relativement à une autre. Nulle n’est non plus réductible à une autre.
    L’esprit peut concevoir l’unicité de l’ipséité comme hypothèse métaphysique : c’est le solipsisme, lequel nie la multiplicité ontologique des ipséités et conjointement la notion même d’ipséité. Nulle psyché humaine ne supporte effectivement cette hypothèse même dans l’anéantissement méditatif le plus poussé : qui affirme le contraire se berce d’illusions.
    La multiplicité des ipséités reste toutefois au stade d’hypothèse, selon une approche strictement rationnelle car elle est indémontrable.
    Cette multiplicité reste un évènement premier d’expérience psychique donc inévitablement un élément du jeu de la māyā. Nul ne se libère du jeu de la māyā sans anéantir sa propre ipséité donc sans s’anéantir. L’être libéré de la māyā reste un jeu de mot, un tel être n’est pas. S’imaginer soi-même libéré de la mâyâ constitue une illusion donc une manifestation supplémentaire de son jeu. Envisager avec sérieux l’hypothèse de la libération du jeu de la māyā reste un piège grossier de l’ego : seul le sot prétentieux se laisse prendre à un tel piège. Le sage sourit de ces sots. L’humilité permet d’accepter cette fatalité avec sagesse.
    Les promesses de libération de l’ipséité sont des leurres religieux offerts (ou vendus) par des charlatans à des vaniteux.

    La sortie, psychiquement saine, du solipsisme ne se fait pas par la raison mais par un acte de foi premier et irréductible.
    Cet acte de foi peut éventuellement être mis en sommeil temporaire par certains états de conscience. Le sommeil sans rêve constitue l’option la plus commune d’une telle suspension temporaire.
    Il existe aussi des états méditatifs où l’ipséité s’annihile en apparence mais pas en réalité.
    Seul l’acte de foi est temporairement éteint, non la multiplicité des ipséités et encore moins l’ipséité du méditant elle-même : la preuve en est que pendant cette expérience individuelle, les autres ipséités continuent indépendamment la manifestation de leur acte de foi individuel en leur propre ipséité.
    Les extinctions et réanimations de ces actes de foi restent individuelles dans l’absolu. Elles peuvent toutefois s’influencer mutuellement par la relation à l'altérité inhérente à la manifestation de la vie.
    La constatation par expérience que l’éventuel éveil d’un bouddha n’annihile pas ces actes de foi individuels rend évident le fait que l’éveil d’un bouddha n’annihile pas l’ipséité, ni la sienne propre ni celle d’autrui.

    La māyā déploie l’illusion de l’ego lorsque les processus psychiques et mentaux d’indentification entrent en œuvre et que l’ipséité sort de son état premier non qualifié pour s’identifier aux manifestations illusoires des apparences, qu’elle prend alors erronément pour son être propre.
    La démarche d’éveil consiste (notamment) à suspendre (au moins temporairement et selon les besoins existentiels) ces processus psychiques d’identification, a priori automatiques et non maîtrisés. Ces processus constituent des erreurs selon l’approche ontologique mais s’avèrent vitaux quant à la survie du corps physique. Même si ce corps physique constitue une manifestation illusoire de la māyā, la survie relative de cette manifestation nécessite la mise en œuvre d’une série de processus psychiques efficaces, bien qu’erronés d’un point-de-vue strictement métaphysique.

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  3. Anonymous4:37 AM

    Ipséité et illusion de l’ego (2)

    La démarche d’éveil comprend une maîtrise de ces processus d’identification (illusoires mais utiles) permettant alors de les suspendre ou les mettre en œuvre à volonté, libérant ainsi l’ipséité de l’illusion de l’ego.
    La démarche d’éveil ne consiste pas en une annihilation, ontologiquement impossible, de l’ipséité.
    La fusion "du soi dans le Soi" n’est qu’un jeu de mots inepte, une chimère de gourou de pacotille, victime du jeu de la māyā et de son propre orgueil.

    Quant à l’amour, sous quelque forme et selon quelque définition, il ne porte jamais sur l’ipséité, laquelle reste un existant sans essence. Tout amour humain prend racine dans l’essence, illusoire, de l’être. L’amour humain participe inéluctablement du jeu de la māyā. On peut définir, classer, hiérarchiser selon un quelconque échafaudage éthique les diverses manifestations phénoménales, psychiques ou physiques, de l’amour, cela reste le jeu de la māyā.

    La compassion spirituelle consiste simplement au respect du mystère de l’altérité. L’amour humain s’égare inéluctablement dans les chimères de la māyā et ses diverses définitions restent anecdotiques.

    L’amour divin reste, lui, indéfinissable. Il participe du mystère divin.
    L’amour divin se manifeste premièrement par l’existence, nimbée du mystère le plus insondable, de l’existence de la multiplicité des ipséités en relation avec l’ipséité divine, altérité première.
    Le sot qui cherche une illusoire "fusion du soi dans le Soi" se ferme à ce mystère, qu’il croit vaniteusement transcender, et à la manifestation la plus mystérieuse de cet amour : l’altérité ontologique irréductible associée à l’ipséité.

    ... assez de blabla pour aujourd’hui. Bonne nuit.

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  4. Anonymous1:04 PM

    Naïveté zen, non merci (1)

    Revenons sur ces commentaires rapides taxant l'ontologie du madhyamaka de sommaire alors que cette critique, plutôt valide sur le fond n'est pas non plus, sous la forme hâtive présentée ci-dessus, d'une rigueur irréprochable.
    L'intention première était surtout de chercher à décoller certaines adhérences mentales liées à divers aspects dogmatiques bancals du bouddhisme.
    Les éléments de bases de l'ontologie bouddhique (sous quelque voie) apparaissent bien trop approximatifs et lacunaires pour ne pas être sérieusement bousculés et au moins, contrairement la tendance actuelle, ne pas inviter à un prosélytisme planétaire aveugle et sans amendement.
    La spiritualité ne peut s’abandonner aux dérives du phénomène de mode, elle fait appel inéluctablement à un minimum d’esprit critique. Le lâcher prise à toute sauce devient un argument de marketing plus que de rhétorique et instrument de manipulation mentale dogmatique plus que de libération spirituelle comme il était initialement prévu.

    Relevons certaines approximations sinon incohérences de l’ontologie bouddhique.
    Par exemple, contrairement à la tendance latente dogmatique bouddhique, l'hypothèse de la multiplicité des états de conscience est indissociable de la multiplicité des ipséités.

    Si l'état de conscience de Pierre se distingue de celui de Pol alors les ipséités de Pierre et de Pol sont distinctes puisqu'elles divergent par leur état de conscience respectif.
    Si l'un atteint le satori et pas l'autre, cela montre que ces ipséités sont bien distinctes.
    On peut poser l'élucubration selon laquelle toutes les ipséités ayant atteint le satori n'en feraient plus qu'une (ou aucune, selon la définition), cela n'empêchera nullement que celles n'ayant pas atteint le satori ne participent pas à cette communion ... ou alors (comme je le conçois) le satori est un concept creux de pédants, de Vainqueurs à Majuscules qui oublient un peu vite qu'ils ne sont que des bipèdes idiots en survie temporaire sur un volcan.
    Pour que le satori reste un concept valide, différent d'un simple jeu de mot, il devient inéluctable que la totalité des êtres doit se partager alors en deux catégories (au moins) : celle de ceux ayant atteint le satori et celle des autres. Le "tout" n'étant alors pas lui-même libéré complètement de l'état de non satori ; "s'unir au tout" ne peut ainsi être associé à un état de satori absolu.

    Cette notion de satori reste une chimère pour bigots (et autres éveillés autoproclamés).

    Si le satori consiste à atteindre un état de conscience annihilant l'ipséité, alors soit toutes les ipséités atteignent le satori simultanément soit aucune ne l'atteint.
    Le "tout" incluant aussi les ipséités n'ayant pas atteint le satori, il n'est donc pas exempt du principe d'ipséité et du principe de la multiplicité de celles-ci. Se fondre dans le tout ne peut donc libérer du principe d'ipséité sauf si le satori individuel devient instantanément un satori universel annihilant définitivement toutes les ipséités et les faisant accéder simultanément au satori. Dans ce cas, pourquoi s’acharner à répandre le zen : il suffit d'attendre qu'un (Vénérable) maître pionnier atteigne le satori pour que tout l'univers et tous les êtres en profitent conjointement.

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  5. Anonymous1:05 PM

    Naïveté zen, non merci (2)

    Ces dogmes approximatifs apparaissent plus proches d’un catéchisme populaire à fin idéologique que d’un traité d'une ontologie critique finement pensée.

    Une autre lacune manifeste (voire monstrueuse) de l'ontologie bouddhiste, en général, reste son inaptitude flagrante à aborder les notions temporelles avec pertinence.

    Sous l'approche temporelle, elle pose la multiplicité d'un être selon ses diverses manifestations successives comme base logique d'une thèse. Cette multiplicité devient en effet la preuve que ces manifestations ne sont soutenues par aucune réalité latente ("en soi") les unissant, concluant donc par la vacuité de cet être.
    Sous l'approche spatiale, au contraire, elle pose la multiplicité des êtres comme illusion (et non comme preuve ontologique dès lors de la vacuité d'un illusoire "tout" latent les unissant) dont l'éveil ou le satori libèreraient hypothétiquement le méditant.
    Si cette ontologie appliquait à la multiplicité spatiale la même logique qu'à la multiplicité temporelle, elle devrait alors conclure à la "vacuité du tout".
    Le "tout" devrait dès lors être approché comme une illusion du mental.
    Si une telle dogmatique veut se fonder sur une logique intègre et non à géométrie variable, il n'y a alors pas de "tout".
    La nature du "tout" est vacuité. La fusion de l’ipséité dans le tout n’est alors irrémédiablement qu’illusion. Un chimérique jeu de mots.
    Le satori, comme union mystique à ce "tout illusoire", devient alors une farce de la māyā ... une de plus !

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  6. Anonymous1:06 PM

    Naïveté zen, non merci (3)

    Ne sera pas non plus ici développée (hors l'introduction sommaire suivante) la dénonciation de la naïve monstruosité ontologique qui consiste à considérer la temporalité comme une collection d'instants ... fondant alors erronément la majorité des argumentations de la rhétorique sur la vacuité des phénomènes mais surtout de celle de l'atman (dogme de l’anatman).

    Une collection d'instants purs, même infinie, n'introduit toujours pas la temporalité. Ces instants purs peuvent (hypothétiquement) exister conjointement en un même "instant de durée nulle" (hypothèse déjà discutable et corrigée en mathématique par la notion de "différentielle temporelle dt" ... dont Nagarjuna ne parle pas !) tout en restant distincts ... comme deux sons (hypothétiquement "instantanés" par approximation ontologique) peuvent exister conjointement sans pour autant en devenir consécutifs, temporellement. Cette distinction entre instants purs ne fonderait donc toujours pas le phénomène de changement temporel, la notion de temps qui passe, la durée, l'asymétrie passé futur, etc.
    Deux sons distincts (ou une collection multiple de sons) simultanés ne forment pas une mélodie. La "symphonie" (au sens étymologique strict de juxtaposition simultanée plusieurs sons, avant toute variation dans la durée) ne suffit pas à créer la mélodie. La mélodie nait de la temporalité surajoutée et de la variation temporelle de la situation sonore initiale. Cette temporalité ne trouve pas sa cause dans la collection de sons initiale, laquelle ne produit que l’aspect "symphonique". Collection et temporalité sont des notions fondamentalement différentes. Elles ne se fondent pas non plus mutuellement.

    La rhétorique bouddhique sur la vacuité fait systématiquement la confusion entre collection atemporelle et succession temporelle.
    Cela saute aux yeux de qui prend la peine de lire ces traités avec un minimum d’attention et d’esprit critique, s’astreignant à exclure toute tendance bigote.

    Une collection d'instants purs, même infinie, ne crée pas la durée par magie.
    Elle ne crée que multiplicité. Cette multiplicité première, dénuée de temporalité en soi a priori, ne peut alors servir de base logique à discuter de la dualité permanence/impermanence.
    Ces approximations métaphysiques finissent par discréditer l’ensemble de ces échafaudages rhétoriques bouddhiques classiques. L’ontologie et la dogmatique bouddhiques apparaissent construites sur du sable ... sinon sur la vanité de l’ego.

    Pour que naissent les notions de changement, de mouvement, de transformation temporelle, de temporalité, de durée, mais surtout de permanence, d’impermanence et d'éphémérité, la conscience doit disposer d'une fonctionnalité essentielle lui permettant de mettre en relation deux instants distincts non seulement en essence mais surtout initialement non simultanés. La conscience réussit ainsi la prouesse "irrationnelle" (mystérieuse) de joindre "simultanément" en elle deux instants distincte mais surtout non simultanés initialement.
    La conscience accède ainsi au registre des fonctionnalités "méta-temporelles".
    Cette fonctionnalité notamment) ici évoquée fait de l'atman un être que l'ontologie bouddhique ne peut taxer de vacuité, selon sa rhétorique usuelle de l'impermanence, car le fonctionnement de l’atman inclut des aspects méta-temporels, transcendant radicalement la notion même d'impermanence.

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  7. Anonymous1:07 PM

    Naïveté zen, non merci (4)

    En plus simple : pour prendre conscience de l'éphémérité des phénomènes, l'atman doit nécessairement disposer de fonctionnalités qui transcendent cette même éphémérité.

    Cette fonctionnalité transcende la dualité permanence/impermanence.

    Elle (comme l’ensemble des fonctionnalités de l’atman) reste aujourd’hui fondamentalement méconnue car insuffisamment étudiée. Cette étude ne peut se réduire à une approche méditative phénoménologique pure. L’esprit doit entrer en œuvre.
    L’atman n’est ni le "soi" ni le "Soi", ces deux notions ne sont qu’au stade embryonnaire de prénotion, stade suffisant pour les digressions méditatives (usuelles des endormis par zazen) mais trop réductrices pour fonder une ontologie cohérente.

    La "fusion du soi dans le Soi" n’est qu’un jeu de mots vide de sens. Jeu de mots déjà trop spatial, même comme métaphore, donc phénoménal plus que nouménal et alors trop suspect pour accéder à une pertinence ontologique.
    Une certaine paresse intellectuelle et spirituelle se cacherait plutôt derrière ces vaniteuses techniques d’extinctions du mental (zen ou autres) ... techniques se révélant plutôt au service de l’ego et de son orgueil lorsque le méditant se persuade ensuite abusivement atteindre une chimérique "union fusionnel avec le Soi" ... la bonne blague !

    L’atman inclut des fonctionnalités à aspect individuel (propres à l’ipséité), des fonctionnalités liées à l’altérité existentielle (propres à la relation entre ipséités), des fonctionnalités liées à la relation au monde physique illusoire (prakriti, démiurge, etc.), des fonctionnalités liées au mystère de l’altérité divine ... mais pas seulement.
    L’atman est en relation au mystère des intermédiaires nouménaux (plus ou moins illusoires, plus ou moins divins ...surtout "mystérieux").
    La position du sage reste l’écoute vigilante et surtout pas le déni stérile de l’extinction du mental.

    Nier "l’en soi" d’un noumène n’abolit pas sa réalité mais seulement la représentation illusoire que l’ipséité s’est construite "pour soi". Il s’agit alors d’une démarche de magie de bazar ouvrant la porte à une dépendance aveugle et soumise à ce noumène devenu dangereusement "invisible". Malgré tous les mythes, métaphores et autres légendes, fermer les yeux n’améliore pas la vue. Si le mental a ses limites ... la poésie aussi. Là est la sagesse : ne pas remplacer la vanité du mental par celle de la poésie. Voie sèche (et surtout peu satisfaisante pour l’ego) mais voie authentique.

    L’ontologie de la vacuité et le dogme de l’anatman témoignent d’un réductionnisme métaphysique effarant, ainsi que d’une manifeste paresse intellectuelle au service de l’ego.
    Observer les oripeaux de majuscules (entre autres) dont s’affublent ces "Grands Eveillés" ou autres "Vénérables", "Shri", "Saintetés", "Victorieux" et tout le tralala efface définitivement tout doute quant à la vanité de leur démarche.
    Plumes de paon ! Rien d’autre que plumes de paon.
    Nulle spiritualité véritable en ces mascarades.

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  8. Anonymous1:14 PM

    Naïveté zen, non merci (5)

    Le dogme de la vacuité de l'atman apparaît ainsi comme une faille évidente ... une parmi de nombreuses autres du rinçage de cervelle bouddhique.

    Comparer simplement un moine zen découpant son bonzaï par une monstrueuse instrumentalisation du vivant et un indigène de la forêt amazonienne suffit à mettre en évidence l’absurdité de ces dérives bouddhiques.
    L’une de ces deux personnes est un être sain empreint de saine humilité envers les mystères de la nature.
    L’autre navigue entre la névrose et la psychose, cherchant en vain par un réductionnisme symbolique de la nature, à glorifier son ego angoissé, dans une dérive comparable à l’idéologie protestante laquelle place vaniteusement l’homme au centre sinon au faîte de la création divine de la nature, jusqu’à faire des plantes (et du reste) des jouets pour sots.

    Des siècles de délire zen au Japon ont accouché d’hôpitaux psychiatriques destinés à la désintoxication des ados accros aux jeux vidéo. Quand papy s’acharne sur une plante à coup de ciseaux, tout en se persuadant s’épanouir spirituellement, rien d’étonnant !
    Rien de comparable dans la forêt amazonienne. Trouvez l’erreur.

    Qui s’abandonne obsessionnellement et sans retenue au prosélytisme zen ne dispose manifestement pas, pour diverses raisons, du plein emploi de toutes ses facultés mentales (lorsque l’on poursuit l’obsession névrotique de les mettre en sommeil, forcément !) ni même apparemment des aptitudes élémentaires de l’observation.
    Laissons bien le zen à ces fous du Japon si cela les comble (?!) ou alors préparons déjà les hôpitaux psychiatriques qu’il annonce.
    Le zen ici ? Non merci.
    L’urgence historique appelle à une ontologie un peu plus sage (euphémisme).

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  9. Anonymous1:16 PM

    Pleine lune, nuit du 29 août 2015.

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  10. Anonymous11:06 PM

    Tous différents et tous pareils ^^

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  11. Anonymous3:50 PM

    Cette maxime "tous différents et tous pareils" résume bien l'articulation ontologique et constitue un inépuisable concentré de sens et de symboles.
    Elle mérite une longue méditation et une profonde analyse métaphysique (pas seulement).
    Au premier abord et en péchant par stéréotype, on pourrait noter que la culture occidentale a plutôt développé le "tous différents" tandis que son homologue orientale accentuait le "tous pareils". Leurs points forts et faibles respectifs peuvent être compris à partir de cette maxime.
    Côté idéologie politique, ce dualisme se décline en revendication individualiste et tendance totalitariste.
    Côté religieux, le dogme du "fils de dieu" face à celui de la "fusion du soi dans le Soi". Comment dépasser ces dogmes difficilement conciliables ?
    Côté rhétorique, l'esprit analytique et critique face au lâcher-prise du mental, la distinction face à l’analogie.
    Chacun de ces dogmes influe sur la structure profonde de la psyché et développe des aspects différents de notre humanité. Que sera l'humain intégré à venir ?

    Reste à tirer enseignement de tout ceci.

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  12. Anonymous7:39 AM

    Timothée.
    " En effet, un moment viendra où certains ne voudront plus écouter l’enseignement juste. Mais ils suivront plutôt leurs désirs. Ils feront appel à une foule de maîtres qui leur diront ce qu’ils ont envie d’entendre.
    Ils fermeront leurs oreilles à la vérité et ils les ouvriront pour écouter des histoires fausses.
    Mais toi, sois raisonnable en toutes choses. Supporte la souffrance, travaille à annoncer la Bonne Nouvelle, sois un parfait serviteur de Dieu. "

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  13. Anonymous5:18 PM

    Il y a bien longtemps, avant la première pensée, avant tout dualisme, bien avant le premier moine Zen, l'huître a atteint le satori. En silence, elle, et sans prosélytisme.
    Le moine zen n'est qu'un pitre vaniteux.
    Le satori de l'huître est le seul authentique.
    D'ailleurs, l'huître ne donne pas sa perle au cochon.

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  14. Anonymous8:25 AM

    Are we not zen ? We are DEVO (1)

    Le satori est l’aboutissement d’un processus psychique de "dévolution" diamétralement opposé au processus d’individuation (même si Jung n’est pas une référence en spiritualité, il reste un explorateur remarquable en psychologie et a malgré tout perçu certains aspects essentiels de notre psyché) qui constitue la voie naturelle historique d’évolution de la psyché humaine. Cette évolution reste évidemment en cours donc inaboutie et imparfaite, certes. Elle est alors sujette à critique et ainsi porteuse d’une angoisse existentielle incontournable.
    La sagesse invite à accepter cette imperfection (et donc l’angoisse consécutive) de notre nature humaine, expression du principe même d’évolution et de la vie en général, avec humilité.
    La sagesse et l’humilité ne participent pas de la dérive idéologique Zen, comme la tradition zen le fait d’ailleurs remarquer, car cette idéologie exprime une profonde pathologie du narcissisme. Le satori s’oppose traditionnellement à la sagesse.
    Le satori ne constitue en rien un éveil spirituel (la tradition zen l’oppose d’ailleurs à la notion d’éveil) mais un endormissement radical, un arrêt, de phénomènes psychiques humains en évolution (et donc encore imparfaits). Ce processus de cessation est comparable au basculement psychotique (parfois progressif, parfois instantané).
    Le zen ne supportant pas l’imperfection (réaction psychotique courante, liée à un manque de maturation psychique et à une faiblesse constitutive des structures latentes du moi ... à ne pas confondre avec l’ego comme le fait la psychologie réductrice du zen), il vise l’extinction radicale de ces processus imparfaits encore en évolution et source d’angoisse. L’adepte zen partage avec le psychopathe une profonde inaptitude à supporter l’angoisse existentielle inhérente au caractère imparfait d’une vie adulte saine. D’autres "parfaits" de l’Histoire planétaire partagent d’ailleurs ce processus de basculement psychotique, révélateur de lacunes adaptatives et d’incapacité à gérer psychiquement la complexité et l’ambiguïté essentielle de la vie, source d’angoisse existentielle.
    L’imperfection, c’est la vie.

    Le zen se révèle comme un réductionnisme existentiel, une extinction de la complexité de la psyché en réponse saine à la complexité de la vie. Le zen vise à éteindre la complexité de la relation d’objet par une fusion psychotique et illusoire à l’objet, fusion ne constituant en rien une voie adaptative comme le montre l’expérience. Le zen s’avère inapte à une gestion saine de la complexité évolutive de la vie sous tous ses aspects. Au niveau sociétal, cela est patent. L’archaïsme médiéval du Japon d’avant-guerre est consternant, tout autant que son indigestion actuelle de modernité. Le modèle japonais n’inspire personne.

    Satori ! Abracadabra, finie l’angoisse existentielle ! Cette extinction radicale de l’angoisse par abolition de processus psychiques imparfaits mais pourtant sains se nomme communément "la psychose". Le zen nomme cela le "satori". Simple question de vocabulaire.
    La cérémonie du thé trouverait parfaitement sa place comme atelier occupationnel et apaisant dans une institution psychiatrique ... Le tir à l’arc pareillement.
    L’arc à flèche, cher à l’idéologie zen, n’a bien sûr jamais été un artefact, un pur produit du mental et de la technologie, comme tout le monde l’avait remarqué ! Grotesque d’idiotie. Pour gober celle-là, il faut être profondément lobotomisé. Cela respire un splendide équilibre psychique et une intégrité intellectuelle éclatante.

    Cette dérive régressive (le retour de l’humain au stade psychique de l’huître reste difficilement concevable comme autre qu’une régression radicale) constitue une réaction d’inadaptation manifeste, réaction classée alors comme névrotique ou psychotique par la psychanalyse classique.

    Le zen en Europe, non merci.

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  15. Anonymous8:26 AM

    Are we not zen ? We are DEVO (2)

    Collectivement, l’idéologie zen a eu sur la culture japonaise un impact régressif monstrueux.
    La culture japonaise traditionnelle se situe à l’exact opposé de la philosophie des droits de l’homme (critiquable évidemment, elle aussi, comme tout processus en évolution et donc imparfait).
    Accepter sa propre imperfection demande de l’humilité.

    Individuellement, la pathologie du narcissisme inapte à gérer l’imperfection (la psychanalyse nomme cela clivage d’objet par clivage des catégories bon/mauvais) mène, contrairement à l’épanouissement philosophique des droits de l’homme, au basculement psychotique du satori comme mode particulier (et malsain) d’extinction de l’angoisse (liée au clivage d’objet).
    Le satori procède par une cessation des processus psychiques naturels et sains de la psyché humaine dans cette relation d’objet. Même dans les cultures les plus naturelles et ancestrales comme le chamanisme, le développement psychique s’établit sur une base de relation d’objet, puis se complexifie ensuite par maturation symbolique de la relation.
    Le satori éteint cette relation intrapsychique par une fusion psychotique. Dans la psyché profonde du psychopathe en satori, l’objet entre en union fusionnelle avec le moi. Cela éteint instantanément forcément la tension psychique (lapalissade !) de la relation d’objet mais au prix de la psychose. Cette fusion est psychiquement malsaine, d’abord, mais surtout profondément absurde en ontologie.
    Cette absurdité réclame alors un échafaudage ontologique complètement délirant (la parodie d’ontologie zen, comparable au délire psychotique) pour chercher en vain à contourner cette absurdité par une voie métaphysique bricolée et tordue.
    Cette parodie de rhétorique, truffée de sophismes grossiers, fonctionne pourtant chez les personnes non suffisamment formées en philosophie et en ontologie (et probablement sur un terrain de structure du moi initialement fragile) lesquelles tombent alors facilement dans le panneau.

    Le zen, non merci.

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  16. Anonymous8:27 AM

    Are we not zen ? We are DEVO (3)

    Historiquement, cette régression culturelle collective, portée par cette idéologie psychotique de "dévolution" jusqu’au siècle dernier, a fait du peuple japonais un des peuples les plus archaïques de la planète et probablement le peuple le plus grégaire et le plus raciste de l’humanité contemporaine. Le prosélytisme zen se plait à taire cette réalité (confirmant ainsi l’œuvre des mécanismes de déni associés à la pathologie du narcissisme).

    Avant de porter aux nue cette idéologie, soi-disant spirituelle, il appartient donc à la précaution la plus élémentaire de vérifier ses effets historiques sur la population qui l’a expérimentée et vécue sur une durée significative. Hélas pour le zen, l’observation anthropologique du peuple japonais ne supporte aucune hésitation : sans commentaire.
    Sa confrontation, après la seconde guerre mondiale et la défaite militaire qui a bousculé radicalement ce repli psychotique narcissique, avec la modernité a dévoilé le caractère profondément malsain de ses facultés adaptatives.
    Le japon a réagi à la modernité de la manière la plus psychotique de toute la planète. Incapable psychiquement de jongler avec la nuance et la subtilité, il a de nouveau sombré dans la réaction radicale et excessive, symptôme évident de pathologie psychique. La culture japonaise contemporaine vit une monstrueuse indigestion de technologie et se trouve même à la pointe de la dérive transhumaniste.

    Le zen en Europe, non merci.

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  17. Anonymous8:28 AM

    Are we not zen ? We are DEVO (4)

    La philosophie des droits de l’homme reste évidemment inaboutie, voire embryonnaire, comme tout processus en évolution, et les processus d’individuation basculent souvent dans l’écueil individualiste (individuation et individualisme sont des notions psychologiques fondamentalement différentes) comme aux States. L’histoire se tricote sur une longue liste d’essais plus ou moins fructueux.
    Ainsi va la vie, en évolution depuis des millions d’années sur notre planète. Cette évolution, hésitante et imparfaite, est fondamentalement saine car expression même de la vie.
    La régression de l’huître ne correspond pas à une évolution saine pour l’Humanité. Le délire japonais étendu à l’échelle planétaire serait une catastrophe. Laissons bien le zen et le transhumanisme au Japon ... et aux japonais si tel est leur projet sociétal.

    Le challenge de l’Europe consiste à poursuivre cette évolution psychique individuelle et collective, au-delà de l’initiale aventure des droits de l’homme, sans s’égarer dans les multiples voies sans issue proposées par les divers carrefours de l’Histoire. La régression japonaise n’inspire personne et son indigestion technologique n’est pas la voie.
    La régression au stade de l’huître et autres régressions grégaires ou transhumanistes proposées par le japon et sa psychose zen, non merci.

    D’ailleurs le zen ne constitue, en Europe ou ailleurs, qu’un anecdotique phénomène de mode réduit et éphémère. Il n’attire que quelques rares égarés en proie à une angoisse existentielle inévitable lors des grands bouleversements sociétaux, comme celui que nous vivons actuellement. La tentation est alors forte de chercher une extinction magique de l’angoisse, notamment par des processus psychotiques comme le satori (ou la philo-bonheur de Lenoir ou le new age, autres dérives de l’inadaptation évolutive). Extinction radicale de l’angoisse, certes, comme le décrivent les fervents du zen mais processus fondamentalement non-adaptatif et inapte à gérer l’évolution perpétuelle de la vie, comme toute réaction régressive, inadaptée par essence.

    Le zen en Europe, non merci.

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  18. Anonymous8:29 AM

    Are we not zen ? We are DEVO (5)

    Le pouvoir de fascination croissant des diverses cultures asiatiques, consécutif de la mondialisation, a aujourd’hui atteint son pic. La courbe s’inverse. Comme toute nouveauté, cette confrontation interculturelle a porté dans un premier temps l’enthousiasme du phénomène de mode. Mais toute mode reste éphémère et finit par s’essouffler. Les cultures asiatiques ont désormais perdu leur pouvoir de séduction sur la population occidentale, sauf chez quelques bobos, de vieux hippies ou quelques ados en recherche identitaire.
    Ces diverses traditions asiatiques ont même perdu leur attrait auprès la jeunesse autochtone, bercée par les illusions de la modernité. Comme ici, ces chimères obsolètes n’attirent plus que des nostalgiques vieillissants.
    Les aléas de la mode culturelle populaire se sont plutôt tournés durant la dernière décennie vers les traditions amérindiennes, démontrant ainsi que la séduction asiatique avait fait son temps.
    Le phénomène de village planétaire a en outre désormais fortement estompé le pouvoir d’attraction et d’illusion associé à l’exotisme, sauf chez ces quelques nostalgiques de la catégorie des deux ou trois fois vingt ... ou dans l’émission de radio ringarde de Frédéric Lenoir, qu’aucun racolage ne rebute (le marketing pour bobos démodés participe de son business et devrait inviter d’autres à s’en départir).
    La culture japonaise n’attire plus personne. L’exportation du zen est aujourd’hui un pétard mouillé. Heureusement pour tout le monde.

    Le zen en Europe, non merci.

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  19. Anonymous8:44 AM

    Au bistrot de la gare ...

    - Pourquoi dès lors s’acharner ainsi sur le zen s’il s’agit d’un phénomène de mode anecdotique en voie de disparition ?
    - Tout simplement parce que, comme tout phénomène de mode stupide, ça finit par énerver et que l’ironie en réaction ça défoule !

    L’ironie se classe, selon les théories psychologiques les plus répandues, parmi les réactions psychiques saines chez l’être humain.
    Selon la zoologie, le satori se classe parmi les réactions saines ... chez l’huître.

    L’être humain qui se considère comme une huître est-il sain ?
    A chacun sa réponse.

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  20. Quelle pratique saine alors ?

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  21. Anonymous8:50 AM

    Quelle question ! Soit.

    Par exemple, wuwei ou aishkarmya ... la liste est longue.
    La littérature offre une infinité de réponses intelligentes à qui les cherche vraiment. La quête intérieure aussi, surtout.
    Les évangiles offrent aussi une lecture inépuisable. Personne ne peut prétendre en avoir fait le tour. Une lecture superficielle et littérale donne évidemment au dilettante le loisir de demander à autrui comment occuper intelligemment son temps.

    La mode contemporaine pèche par l'attente systématique de réponses toutes faites, faisant les choux gras des charlatans et autres faux maîtres. Une telle question ne peut émaner que d’un être bien ancré dans la mode du temps.

    Qui réside en satori, même illusoire, ne pose pas non plus de question sur "la voie" ni ne s’égare à répandre vainement une doctrine. Le zen authentique, même absurde, se pratique en monastère et ne se corrompt pas en livres ou séminaires enrichissant les faux maîtres. Qui a entendu ici parler du zen ne peut avoir ouï qu’une fausse note.
    Pour qui voyage un peu en métaphysique, la mode même du satori prouve son ineptie ou ne peut être que la propagation d’un satori frelaté ... outre le fait même que le satori authentique reste une pathologie du narcissisme.

    Pour qui s’est un peu penché sur le phénomène d’initiation (sous quelque voie), assumer son ipséité dans l’épreuve existentielle, sans demander aucune béquille à autrui, constitue le fondement même de cette initiation.
    Les démarches qui en divergent se rapprochent plutôt de la religion ou du charlatanisme ; la faillite des grandes traditions religieuses laisse le citoyen contemporain soit seul face à son propre questionnement, soit en proie au charlatanisme.
    Si je vous détournais de votre propre questionnement, je me comporterais en charlatan. Je ne peux que vous inviter à y retourner avec la patience nécessaire en observant une extrême vigilance envers les faux maîtres qui vous guettent.
    En initiation, l’inconnu que vous rencontrez à la croisée des chemins ne peut que vous mettre en garde envers une voie d’écueil. A vous de trouver votre voie propre.

    Refuser la tentation de la solution magique illusoire du satori ou d’autres chimères (comme les recettes du développement personnel) replonge le méditant dans l’angoisse de la confrontation au mystère de son être le plus profond. La voie initiatique est ainsi. N’en déplaise aux amateurs de confort psychique.

    Demander une réponse toute faite à autrui participe d’une démarche fortement contre-initiatique, mode de notre époque décadente.
    Même dans un monastère zen, une telle question trouverait comme réponse un coup de pied au cul ou un coup de bâton.
    Bref, en prolongeant vainement toute digression sur cette psychopathologique absurdité que constitue le satori, sauf pour démontrer son absurdité (les textes ci-dessus donnent suffisamment d’éléments, me semble-t-il, à qui veut se pencher sérieusement sur la question), le discours risque de ressembler à celui de deux fous parlant de folie. Vanité.

    L’enfant demande à maman que faire.
    L’initiation commence lorsque l’on cesse de poser à autrui les questions qui ne concernent que soi-même.
    Connais-toi toi-même.

    Pour proposer une réponse concise à la question initiale : la pratique la plus saine reste celle que l’on ne demande pas à autrui.

    Si cette réponse ne vous convient pas actuellement, vous ne me semblez pas en voie d’initiation. Chaque chose en son temps.
    Je vous propose alors de vous orienter vers un site culinaire. Les recettes n’y manquent pas.

    Bien à vous et bon appétit.

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  22. Anonymous12:03 PM

    Il n’y a pas d’initiation traditionnelle. Ce concept est un leurre agité par les faux maîtres.
    Il n’y a d’ailleurs pas de maître sinon la relation individuelle au mystère lui-même.
    Toute tradition reste un bricolage syncrétique douteux d’initiation prétendue et de phénomène religieux.

    Si vous vous référez à Mircea Eliade ou à l’anthropologie en général, vous trouverez pourtant par exemple des "initiations tribales" ou autres gesticulations fusionnelles sectaires appartenant à des temps définitivement révolus.
    La transition entre le singe et l’homme est lente et progressive mais quand même ...

    Si l’ovinisation vous tentait malgré tout, vous pouvez toujours contacter le Grand Orient de France, par exemple, pour devenir une pierre taillée et lobotomisée, maçonnée dans un mur inepte de suffisance grégaire. Vous vous sentirez moins seul mais vous vous exposerez aux "fous rires" de Nietzsche et d’autres. Certains s’en accommodent.

    Dans ces traditions, le mot "initiation" prend une autre acception. A ce jeu sémantique, on peut alors parler d’initiation au scrabble ou à n’importe quoi.
    La maïeutique de Socrate, classée hâtivement comme tradition par la philosophie, reste ce qu’il y a (hypothétiquement par manque de référence) ici de plus proche de l’initiation vraie ... elle n’a laissé aucune trace écrite, indice d’authenticité.
    En Inde, la voie du sannyāsin propose une éventualité comparable. Elle vous ramènera au même carrefour du sentier : connais-toi toi-même.

    Si cette solitude (sensation illusoire) vous laisse temporairement dans une position de désarroi et d’angoisse excessive, sachez que cette angoisse porte à terme en elle-même son propre effet maïeutique.
    Cette angoisse est fondamentalement saine ... puisque vous cherchez quelque chose de "sain". Ce qui est fondamentalement malsain, c’est la potion miracle supposée vous en libérer.

    Si cette angoisse vous reste toutefois temporairement insupportable et vous laisse l’amère impression de perdre votre temps à attendre, vous pouvez commencer par méditer sur la parabole des talents.
    Cela me semble un début acceptable pour tenter "d’occuper son temps" intelligemment en situation d’incarnation.

    L’art culinaire fait peut-être aussi partie de vos talents ... humour ! Mais pourquoi pas ... à vous de voir.

    Bonne route.

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  23. Merci pour votre réponse.

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  24. Anonymous12:41 PM

    Le plaisir est pour moi.

    Plus proches de nos habitudes culturelles, voici deux approches intelligentes de la relation au mystère.
    Le livre "Le sacré" de Rudolf Otto.
    L’œuvre de Paul Diel, en général.

    Ces deux démarches sont inévitablement personnelles et réductrices et ne peuvent constituer que des exemples anecdotiques, pas forcément à suivre.
    Certains aspects des parcours de ces auteurs leur sont propres et ne sont pas nécessairement applicables à chacun.
    Par ailleurs, ils ont chacun leur vision limitée d’être humain et les considérer comme exhaustives et exemptes de maladresses, voire d’erreurs, mènerait inévitablement au piège paradigmique du dogmatisme.

    A chacun sa relation personnelle au mystère.
    Pour votre cas personnel, une seule pratique saine : la vôtre.
    A vous de la trouver.

    Bonne lecture et bonne route.

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  25. Merci pour ces pistes de lecture.

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  26. Anonymous2:49 PM

    Le jour où votre démarche se généralisera, nous aurons franchi un grand pas.

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  27. Anonymous3:30 PM

    Une relation plus familière au mystère est la relation à autrui, première expression de l’insondable altérité.
    Sa principale faiblesse : la relation entre deux êtres trop semblables (trop "humains" dans leurs faiblesses) dérive systématiquement vers une amplification mutuelle des travers communs. Les fausses croyances partagées finissent par se déguiser en vérités.
    La psyché humaine usuelle, victime de nos tendances ataviques grégaires, préfère le confort de partager l’erreur que la solitude du chercheur de vérité.

    Un "livre des sagesses" ne contient que les paroles qui ont séduit les peuples ... la sagesse authentique s’est probablement perdue dans la solitude du sannyāsin ou dans les paroles oubliées.
    Toute expérience n’est pas non plus transmissible par le langage ou la relation interpersonnelle.
    Si la sagesse accumulée par l’Histoire était si sage, nous n’en serions pas là. Les inévitables problèmes de lecture n’expliquent pas tout.

    Les manifestations les plus tristes de cette fatalité grégaire sont la secte, l’orthodoxie religieuse, la loge, le sangha et le parti politique. Certains cumulent ces ovinisations et se convainquent être éveillés. Illusion.
    Ni la loge, ni la relation au maître ne permettent d’éviter cet écueil, elles ne font généralement qu’y précipiter l’initiation.

    Rien ne vaut la relation individuelle au mystère. Cette épreuve, plus difficile et plus dangereuse n’en est que plus initiatique.

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  28. la relation individuelle au mystère cela me parle et éviter les dogmes est ma démarche initiale.

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  29. Anonymous5:27 PM

    Quelques saines mises en garde avant toute relation au mystère (1)

    Les techniques visant à mettre au service de notre ego quelque puissance nouménale sont, sans exception, des attrape-nigauds. La loi d’attraction ou autres magies de bazar à la mode et vendues par des éditeurs sans scrupules sont des leurres grossiers. Le chamanisme à la mode aussi.

    Il est aussi peu probable qu’une entité plus puissante que votre propre psyché se mette gracieusement à votre service que vous ne vous mettiez gracieusement au service d’une fourmi ... pas impossible dans l’absolu mais extrêmement peu probable.
    Cette évidence vous permettra de mettre au placard toute une littérature, même éventuellement cautionnée par une quelconque orthodoxie religieuse. Foutaise.
    C’est lorsque vous vous persuaderez en prendre le contrôle que vous en deviendrez l’esclave. Insidieusement mais inéluctablement. Les tulkus sont des "poubelles d’entités" accumulées de vie en vie. Ils n’en sont que les jouets historiques et s’imaginent orgueilleusement les maîtriser. Ils peinent encore à le comprendre mais le temps fait son œuvre.
    Cette notion "d’entité" nouménale reste un produit du mental, inspiré par les habitudes phénoménales donc inadéquat mais utile par défaut.

    Chacun peut aussi constater que même celui qui n’a pas suivi de cours de physique pour définir le concept (pourtant théorique et abstrait) de gravitation n’en est pas pour autant libéré de l’attraction terrestre. La tortue ne vole pas et ce n’est pas un mental obtus encombré de croyances scientifiques qui l’en empêche !
    De même, ignorer l’existence des entités nouménales ne nous libère pas de leur influence.
    De là la profonde naïveté du satori. L’extinction du mental n’est pas un procédé magique tout puissant. Le Japon est sous l’emprise manifeste, à son insu, de vieilles entités d’origine sumérienne. La roue, omniprésente dans le symbolisme bouddhique, est d’ailleurs une invention sumérienne.

    Peu de nos contemporains connaissent l’œuvre de l’entité du panthéon sumérien, Sin, inspiratrice du décompte du temps (en numération sexagésimale !). Presque tous portent pourtant une montre en numération sumérienne (sexagésimale) à leur poignet (même le dalaï lama, piètre référence mais suffisante pour l’anecdote).
    Les clochers catholiques n’échappent pas au jeu de Sin. Abraham ne vient pas de la ville d’Ur, fief antique de Sin, par hasard.

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  30. Anonymous5:28 PM

    Quelques saines mises en garde avant toute relation au mystère (2)

    Ceci pour mettre en garde envers la tentation de dérive occultiste de la relation au mystère. Rien à y gagner sinon la dépendance psychique à terme (plus ou moins long ... plus long qu’une vie ...), même si les débuts sont généralement séduisants. A sa première soirée au casino, on gagne toujours.

    La relation saine au mystère s’accompagne d’une initiation spirituelle sérieuse. Les "entités" entrant en relation (manifestées ouvertement ou plus discrètement au niveau de l’inconscient) sont corrélées à la vie spirituelle de l’initié.
    Certaines manifestations effectives dépasse l’imagination au point de paraître surréalistes dans un scénario de science-fiction et pourtant ...
    La spiritualité saine considère d’ailleurs cette relation aux entités comme un écueil et ne recherche nullement cette relation.
    Parfois, elle devient pourtant inévitable.
    Le channeling par exemple, cher au new age, recherche au contraire la relation et navigue alors entre un discours naïf adressé à l’ego par ces entités (effectives ou illusoires) et la dérive psychotique. Le contenu du discours s’avère d’ailleurs systématiquement puéril et sans intérêt. La spiritualité est ailleurs.

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  31. Anonymous5:28 PM

    Quelques saines mises en garde avant toute relation au mystère (3)

    Après une certaine pratique initiatique, les entités rencontrées symbolisent tour à tour tous les travers psychiques, propres à l’imperfection de la psyché humaine, du méditant et constituent autant d’épreuves à surmonter.
    La rencontre ne se limite pas toujours au niveau virtuel de la méditation. Certaines de ces entités se manifestent dans les évènements quotidiens.
    Il ne faut pas non plus sombrer dans le délire de voir des détails significatifs partout, comme le font généralement les numérologues ou les astrologues, ou surtout les adeptes du new age qui voient des synchronicités dans la couleur de leurs chaussettes.
    Cela peut toutefois être psychiquement perturbant, comme tout phénomène inhabituel.
    Les "signes" restent furtifs pour l’être sain d’esprit et leur interprétation reste marquée du sceau de l’ambiguïté. L’interprétation dans le sens "d’épreuve du destin" reste la plus spirituellement saine. L’interprétation dans "le sens du poil de l’ego" (comme dans le new age) est toujours une erreur.

    L’épreuve se manifeste au niveau individuel (comme l’épisode de Jésus dans le désert dont l’interprétation ne se limite pas à la lecture symbolique) pour l’initiation individuelle.
    Elle se concrétise au niveau historique pour l’aspect collectif de l’initiation. Nous vivons actuellement un passage de "concentration initiatique collective", d’où la difficulté existentielle contemporaine.
    Le new age y voit à tort l’avènement d’un paradis terrestre infantilisant, offert sur un plateau par des êtres de lumière au service d’un ego puéril. Ce qui empêche l’adepte de se remettre en question et l’enfonce dans son système délirant de croyances, profondément inadapté à la vie.
    L’être en initiation spirituelle y voit par contre la nécessité cruciale d’une maturation psychique par le travail sur soi et non une régression dans la naïveté.

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  32. Anonymous5:30 PM

    Quelques saines mises en garde avant toute relation au mystère (4)

    La position la plus saine envers le mystère reste alors l’écoute dans l’humilité, la vigilance spirituelle et la sage interdiction de chercher l’obtention d’un quelconque bénéfice égotique.

    Nulle technique infaillible n’a encore été inventée pour l’initiation.
    D’ailleurs, la notion même de technique est fondamentalement contraire à l’authenticité initiatique.
    Une technique cherche par nature à éviter la difficulté et s’oppose au principe même d’épreuve.
    Les pratiques magiques, les yogas sont des dérives fondamentalement contre-initiatiques.
    Les techniques du développement personnel sont fondamentalement contre-initiatiques.
    L’aide bienveillante d’un maître contourne les épreuves essentielles du doute, de l’incertitude, du danger.

    Cette mise en garde montre dès lors inévitablement une face d’absurdité.
    A chacun de voir.
    C’est en trébuchant que l’on apprend à marcher.

    Je me tairai donc.
    Bonne route.

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  33. Merci pour ces développements, j'ai fait une recherche sur "aishkarmya" et n'ai rien trouvé,
    pouvez vous m'éclairer sur ce point ?

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  34. Anonymous9:47 AM

    Désolé pour l'orthographe ... naishkarmya. Pas si important, à titre documentaire seulement.
    Ces termes comparables et variables d'une tradition à l'autre sont difficilement définissables en termes phénoménologiques. Ils sont supposés traduire, plus simplement, une communion de l’ipséité au niveau nouménal avec la "divine sapience", la "volonté divine" (terme trop anthropomorphe et abusif qui prête au divin primordial une intentionnalité comparable à la nôtre). Cette hypothèse idéologique (car rien n’en prouve la validité) me semble plutôt une dérive de l’ego.
    Entre le fond insondable du divin et notre insignifiante ipséité se trouve une série indéfinie d’intermédiaires. La relation à ceux-ci ne peut se réduire, dans une spiritualité saine, en une union fusionnelle. La relation initiatique usuelle consiste en une confrontation maturante.

    Le new age et l’hindouisme populaire considèrent la relation d’incarnation à l’univers comme devant être fusionnelle. Mais l’union ne se fait alors pas, en fait, avec la source divine mais avec l’intermédiaire (démiurge, prince de ce monde, GADLU ... ou le pittoresque "génie de l’univers" de la loi d’attraction et du new age). Ces unions fusionnelles sont des pièges égotiques à l’attention de l’orgueilleux convaincu d’avoir atteint le terme de l’initiation.
    Si l’union fusionnelle constituait la conclusion initiatique, pourquoi la divinité se serait-elle égarée dans cette inepte digression que constituent le monde illusoire et la multiplicité des ipséités incarnées ? Pour mieux anéantir ensuite le tout dans une conclusion fusionnelle absurde ? La bonne blague mais surtout la belle paresse spirituelle de cette hypothèse.

    Un principe premier en initiation consiste à ne prendre la divine sapience pour le reflet de l’idiotie humaine.
    L’initiation spirituelle plus avancée considère plutôt l’incarnation mondaine comme une épreuve.
    Le rapport fusionnel semble ne pas être adéquat à la situation d’incarnation. Si l’ipséité s’incarne, c’est qu’elle est encore en phase de maturation donc d’épreuve. Elle ne rencontre alors que des entités maturantes qu’elle doit considérer comme des aspects de sa propre psyché à maîtriser ou à développer. S’unir à soi-même reste un beau jeu de mot qui séduira l’amateur de poésie s’égarant dans le stade sattvique mais surtout un gros piège paradigmique.
    Tout être en incarnation a comme projet d’affronter des épreuves et non de les anéantir par une illusoire fusion.
    La vie post mortem laissera a l’ipséité tout le loisir de l’union fusionnelle ... si elle a soi-disant atteint un tel stade évolutif.

    Ces notions sont ainsi à envisager comme sujet d’étude critique et non comme dogme fiable.

    Les charlatans du new age (comme les chefs religieux) aiment à se présenter comme des avatars, incarnations fusionnelles prétendues du divin (la belle emphase narcissique !).
    La star du showbiz Amma constitue un exemple consternant de ce charlatanisme. Lorsque l’on gratte un peu le vernis marketing, on découvre un piètre personnage au quotidien, à mille lieues de la divine sapience et entourée d’un arsenal de spécialistes en marketing et tricherie, assoiffés par l’argent. Son message, à l’instar de la philo-bonheur et du new age, constitue l’antithèse de l’épreuve initiatique, une monstrueuse régression au stade fœtal : le paradis en un coup de baguette magique, l’équivalent religieux du fastfood.
    L’arnaque manifeste ne se fonde en fait, outre une grotesque mise en scène de foire foraine, sur rien d’autre que sur la stimulation de la sécrétion endogène d’ocytocine par la caresse, provoquant un état psychique illusoire de confort, contraire au principe même d’épreuve.

    Ces états fusionnels illusoires, opium du peuple, sont le fonds de commerce multiséculaire des religions et arnaques similaires.
    A éviter évidemment, pour qui n’a pas de temps à perdre.

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  35. Anonymous9:51 AM

    Remarque bibliographique sur Sumer (1)

    Remarque à portée bibliographique, pour éviter de perdre son temps dans une littérature fantaisiste d’un piètre niveau spirituel voire intellectuel, distrayante pour les ados mais sans plus.

    L’occultisme sumérien n’a rien (ou presque) à voir avec toute une littérature de fantaisie ou de science-fiction dont l’inspiration se fonde sur une interprétation farfelue et naïve mais surtout platement matérialiste (et pourtant peu scientifique) d’anciennes tablettes d’écriture cunéiforme (les textes fantaisistes d’Anton Parks, etc.).

    La "théorie des anciens astronautes", spéculation (anecdotique et amusante toutefois) d’ufologie peu inspirée et peu scientifique, pose l’hypothèse selon laquelle un saut civilisationnel se serait produit ponctuellement sur Terre voici quelques millénaires suite au passage occasionnel d’une équipe d’astronautes issus d’une planète plus évoluée.
    A priori, l’hypothèse n’est pas absurde en soi. C’est son développement usuel qui sombre dans le grotesque.
    A la lecture, on constate que leur soi-disant avance technologique ne dépasse jamais l’imaginaire d’un auteur de S-F moyen d’aujourd’hui mais surtout que leur niveau culturel, philosophique et spirituel plafonne à celui de ce lecteur de S-F contemporain moyen, c’est-à-dire au ras des pâquerettes. Ceci permet de cerner rapidement la validité de la théorie.

    Dans l’idéologie matérialiste, cette hypothèse permet surtout de faire l’économie ontologique de l’hypothèse des noumènes et de la spiritualité en général. L’absence de culture spirituelle du lecteur prenant ces théories au premier degré lui occasionne à la base certaines frustrations narcissiques que son ego tente naïvement d’effacer par cette hypothèse matérialiste "bricolée vite fait". Celle-ci est sensée expliquer d’un coup de baguette magique toute la spiritualité planétaire par un évènement strictement matériel : la rencontre d’une civilisation, matérialiste elle aussi évidemment, technologiquement plus avancée.
    Ce tour de passe-passe infantile tente de balayer toute spiritualité en faisant l’apologie de l’idéologie scientiste et de la toute-puissance technologique.

    La psychanalyse décèle rapidement dans cette rationalisation à trois balles l’œuvre des mécanismes de déni et de refoulement.
    Une intense frustration narcissique est vécue par le matérialiste commun, ignorant en spiritualité et en occultisme, lorsqu’il se trouve confronté à l’immensité du savoir accumulé durant des siècles par les multiples civilisations ayant peuplé la Terre. Ce malade du narcissisme, ayant souvent développé une obsession pour l’ingurgitation de théories scientifiques réductrices pour assouvir sa volonté de puissance tout en refoulant ce qu’il ne maîtrise pas et lui fait peur, trouve une compensation facile dans cette réinterprétation délirante de l’Histoire d’abord puis de la philosophie de l’être (l’ontologie) ensuite.
    Son thérapeute a du boulot !

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  36. Anonymous9:52 AM

    Remarque bibliographique sur Sumer (2)

    Pour qui possède au moins trois connexions synaptiques, la lecture de cette théorie bidon fait naître instantanément, outre un sourire amusé, la question suivante : et cette planète plus évoluée, qui l’aurait visitée, elle, si toute évolution culturelle vient d’une visite allochtone ?
    Et pourquoi cette civilisation particulière et une seule fois plutôt que des visites multiples voire concurrentes. Si ces aliens sont aussi peu évolués que le politicien américain moyen (ou le lecteur de S-F, peu importe), la concurrence économique devrait être leur obsession. Le manque d’imagination de ce scénario de S-F peu inspirée est grotesque.
    Et si tout saut civilisationnel (chez les sumériens, les mayas et tout le tralala) terrestre s’explique (très) sommairement par une visite extra-terrestre, cela n’empêche nullement ces visiteurs d’avoir puisé, eux à l’origine, leur inspiration dans une relation occulto-spirituelle avec les noumènes.
    On revient au point de départ.

    Le déni névrotique de l’hypothèse des noumènes, associé au réductionnisme matérialiste ou à la phénoménologie strictement physique, ne fonctionne que partiellement et temporairement, par ailleurs chez des personnes monstrueusement lobotomisées.
    A un moment, il faudra bien prendre son courage à deux mains pour affronter les mystères de l’inconscient.

    Pour en revenir à une histoire plus vraisemblable de la civilisation sumérienne.
    Ces êtres humains (et oui !) baignaient dans l’occultisme au quotidien. Leur vie était truffée de rituels individuels et collectifs. Leur relation au sacré et aux noumènes était permanente.
    Cette civilisation a eu un impact sur les nôtres actuelles que l’on commence seulement à entrevoir et pas encore à comprendre.
    Savoir que c’est cet occultisme qui a bricolé les mythes et traditions abrahamiques permet de commencer à prendre la "mesure" de l’énormité de leur influence.

    Voici pour ces quelques précisions bibliographiques.
    Ceci dit, la S-F de bonne qualité reste un genre littéraire truffé de créativité intelligente et riche d’enseignement, comme toute expression créative, sur la psyché humaine.

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  37. Anonymous2:37 PM

    Voici quelques références concernant le charlatanisme flagrant de l’équipe entourant le mouvement Amma, dérive très révélatrice d’une époque où les loups, devenus maîtres en manipulation médiatique, ne reculent devant rien pour détourner la spiritualité et la crédulité populaires à d’autres fins ... comme l’ont d’ailleurs fait de nombreuses dérives religieuses antérieures (on ne change pas une équipe qui gagne) mais cela devient une mode tentaculaire.
    Cela donne un avant-goût du processus d’ovinisation qui nous rapproche de la future religion du Nouvel Ordre Mondial.
    Restons sur nos gardes.

    Vous objecterez que la star Amma semble inoffensive, comme toute vedette des médias ... mais cela n’a pourtant rien à voir avec la spiritualité.
    Le fastfood ne tue pas non plus, sinon à petit feu, mais cela n’a pourtant rien à voir avec la gastronomie.

    Extrait :
    "Une fille de pauvre pêcheur qui arrête l'école au primaire et qui fonde un empire caritatif international, c'est un incroyable miracle. Mais lorsqu'on sait que sa carrière en tant que gourou a vraiment décollé lorsqu'elle a été prise en charge par une famille de millionnaires américains, ça change tout. Ce sont des spécialistes de la mondialisation. Ils ont investi leur argent sur elle au départ. Ils ont mis en œuvre leurs compétences, leurs connaissances et relations en matière d'économie, de finance et de communication."

    Ces champions du contrôle médiatique mènent, à l’aide de puissants moyens financiers, une promotion agressive sur internet et cherchent notamment à effacer des blogs tout ce qui dénonce leurs magouilles.
    On verra ...

    http://embezzlingtheworld.blogspot.be/
    http://amma.liviscobal.fr/fr/reflexions-personnelles/le-danger-amma.html

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