Friday, January 22, 2016

Kundalini : une voie contre-initiatique


par Thierry Philippe


La kundalini, terme sanskrit, est la force karmique latente qui se diffuse au compte-goutte tout au long de la vie de l'individu, jusqu'à épuisement des stocks, quand la mort survient.

Au niveau individuel, c'est un réservoir de forces situé au bas de la colonne vertébrale et dans lequel sont accumulées toutes les énergies karmiques des vies précédentes. La plupart des pratiques spirituelles, qu'elles soient occultistes ou mystiques, visent à éveiller cette puissance pour l'orienter vers le haut du corps. On la compare alors à un serpent qui, lové sur lui-même dans le sacrum, se réveille puis se déploie dans tout le corps.

Il nous paraît important d'avertir le lecteur du caractère dangereux, et proprement « contre-initiatique » d'une telle démarche. À cause du réveil inopiné de cette force kundalini, il peut entrer en contact avec son « soi supérieur », appelé « soi divin » dans les milieux nouvel âge, et que les gnostiques nomment le Satan intérieur. Un être qui cherche volontairement à éveiller cette force court de grands risques d' être subjugué par le serpent. Progressivement, il retrouve les pouvoirs de ses vies précédentes mais, ne sachant qu'en faire, il finit par être dépassé par cette force qui contrôle toute sa personne.

Un éveil mal contrôlé de la kundalini par une manipulation profane des chakras peut entraîner des infirmités dans une vie future. Le feu de la kundalini, éveillé prématurément, risque de brûler le système cérébro-spinal. Un effet très fréquent de son éveil prématuré est qu'elle s'élance vers les parties inférieures au lieu de s'élever vers les parties supérieures du corps. Elle excite alors les passions basses, à tel point que la personne ne peut plus lui résister. Elle devient alors un satyre ou un dépravé. Une telle personne acquerra probablement des pouvoirs paranormaux, mais ceux-ci la mettront 
en contact avec des entités inférieures à l'humanité. Il lui faudra alors plus d'une incarnation pour échapper à leur emprise.

Le développement prématuré de la kundalini intensifie tout dans la nature de l'homme et affecte les qualités inférieures. Dans le corps mental, par exemple, elle éveille très facilement l'ambition et la fait rapidement croître à un point excessif ; une grande intensification de l'intelligence s'accompagne d'un orgueil anormal démesuré. Cette force de la kundalini n'est pas une force ordinaire, mais quelque chose d'irrésistible. [...]


Kundalini n'est donc ni utile ni désirable pour le développement de l'homme. Les occultistes se sont emparés d'un mot dont ils ont altéré la signification, réussissant à faire de cette force très dangereuse un objet d'espoir et une promesse de bénédiction. C'est une force qui agit sur les hommes par son pouvoir hypnotique pour les maintenir dans leur état actuel, source d'illusions. [...]



La contre-initiation

La « voie directe » n'est pas celle que l'ego aimerait emprunter de lui-même, et il va nous en cacher l'accès en proposant un programme d'évolution sur cent mille ans. Car l'ego, inconstant et futile, aime se réincarner dans le monde qui est le sien. Il croit que cela le mènera finalement quelque part. Et c'est si bon de faire durer le plaisir. Se libérer, d'accord, mais le plus tardivement possible.

C'est le problème. L'ego joue avec la personnalité qui croit disposer de son libre-arbitre. La personnalité étant l 'instrument de l'ego, si elle choisit un chemin, c'est l'ego qui lui dicte sa conduite. C'est un jeu de dupe, car l'ego a plusieurs casquettes : Je moi, la personnalité, le subconscient et le surmoi.

Et le Soi des yogis modernes, c'est le Super ego. La non-dualité est une invention de l'ego pour survivre en s'identifiant au Grand Tout. Tout est Un et le Soi est partout. Une superbe arnaque jésuitique made in India et qui a ses équivalents dans les autres doctrines asiatiques importées par les Bons Pères. Un bonheur pour l'ego qui recherche une sécurité ultime. Car le moi ne désire que la paix et la sécurité, d'où le succès massif des enseignements de la contre-initiation. Par honnêteté, on ne devrait jamais dire : « Je suis initié à ceci ou cela », mais « Je suis contre-initié ». L'ego fondu dans le Tout, c'est le Supra ego cosmique.




La Non-dualité et l'arnaque jésuitique 

Roberto de Nobili (1577-1656), était un prêtre jésuite italien, missionnaire dans l'Inde du Sud. Ayant rapidement compris qu'une évangélisation sérieuse ne pouvait se faire que par un travail d'inculturation de la foi chrétienne, il étudia les langues, maîtrisa le sanskrit et le tamoul, et adopta un style de vie proche de celui des castes supérieures de la société indienne, pour devenir finalement un authentique « sadhu » indien.

Considéré aujourd'hui comme l'un des grands précurseurs des études indiennes, il est le jésuite qui a pris le contrôle du courant du vedanta, avant que son ordre ne l'importe en Occident. Amis « vedantistes », vous êtes « enjésuités ».



Extrait du livre de Thierry Philippe « Quand la kundalini s'allume... Confessions d'un bandit gourou ».


Ces confessions autobiographiques ont été recueillies dans la confidentialité. Elles dévoilent les pratiques de la pègre ainsi que les collusions politiques avec le banditisme. Elles vont à l’encontre des idées reçues sur les milieux spiritualistes, et expliquent comment les techniques magiques peuvent être utilisées à des fins « professionnelles ». 

4 comments:

  1. Anonymous8:31 PM

    Petit rappel :
    La véritable ascèse aide à différencier la "conscience du Soi" Et "le Soi des yogis modernes, le Super ego" de Thierry Philippe.

    "(…) l'ascèse, dans sa signification la plus complète et la plus profonde, n'est en définitive pas autre chose que le sacrifice du « moi » accompli pour réaliser la conscience du « Soi »."

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  2. Anonymous7:41 AM

    Politiciens et criminels sont souvent des contre-initiés de loges lucifériennes. Ils se livrent aux pires atrocités, comme la pédophilie et les sacrifices humains rituels, en toute impunité.

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  3. Anonymous5:03 AM

    Texte intéressant ...

    La notion de "Soi" prend racine dans une interprétation réductrice des processus d’identification par le mental.
    Les processus d’identification sont des automatismes psychiques (plus ou moins conscients) de l’être incarné, qui ont une utilité dans la survie biologique mais deviennent des obstacles à l’initiation spirituelle.
    Toute initiation authentique passe par la maîtrise, jusqu’à leur extinction, des mécanismes d’identification. "Je ne suis pas cela ; je ne suis pas ceci".
    A la fin, il ne reste aucun "je suis". Ni au niveau mental, ni au niveau psychique.
    L’ipséité (distinction pas seulement apparente des divers individus ... distinction qui fait que si un individu atteint la libération ou l’éveil, cela ne se transmet pas instantanément à tous les individus ... sinon il serait inutile que plusieurs individus entrent en méditation, un seul suffirait pour éveiller toutes les consciences!) ne s’est pas anéantie mais la psyché n’éprouve plus le besoin de s’identifier à une partie quelconque du samsara ... ni non plus à une totalité quelconque, d’autant plus que la "totalité" reste un concept illusoire du mental ! Le mental cesse aussi pour sa part de considérer ses diverses créations comme des représentations de lui-même ; il les conçoit plutôt comme des projections illusoires auxquelles il n’est nul besoin de s’identifier.

    Le "moi" est un concept (il n’a pas d’autre existence), dont la signification varie selon le contexte culturel, supposé rendre compte de la structure globale de la personnalité consciente d’un individu. Il varie au fil du temps et sa permanence n’est qu’illusion. La psychanalyse parle aussi du "Moi" et le définit selon chaque école. Cette signification est plus large que le simple "moi" de la grammaire, lequel reste d’ailleurs flou et varie selon le contexte verbal.

    L’ "égo" est aussi un concept relatif et flou. Il rend généralement compte des automatismes plus impulsifs, mains conscients, moins structurés par l’éducation et la culture, plus "animal" et plus animé par les désirs. C’est une outre percée avide de plaisirs et de sensations.
    Les processus d’identifications amènent l’activité du mental à s’associer au corps physique (ou plutôt à sa représentation consécutive de l’activité sensorielle puis mentale : c’est l’identification (illusoire) au "corps propre".
    Ces processus s’étendent aux autres aspects de l’individu : le moi, le soi, l’ego, etc.

    Le "soi" (avec minuscule) fait plus référence à l’approche grammaticale que psychologique. Il constitue surtout un outil du langage pour permettre au discours de distinguer celui qui parle des autres individus. Il a la même porté que "je", sauf que ce dernier se limite à la fonction grammaticale sujet. Cette notion a priori grammaticale peut s’étendre par abus de langage aux autres notions telles que le moi, l’ego, etc. Etymologiquement, "ego" a la même portée que "soi" dans la langue latine dont il est issu. Tout cela sème la confusion dans la littérature, surtout dans la vulgarisation de la psychologie et de la spiritualité.

    Diverses topiques psychanalytiques distinguent, avec majuscules, le "Moi" (conscient) du "Soi" (ensemble de la psyché consciente et inconsciente) de l’individu. Reste à savoir alors ce que l’on entend par la partie inconsciente. Cela va alors dépendre de diverses théories ontologiques introduisant les notions d’âme, d’atman, etc.

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  4. Anonymous5:04 AM

    Texte intéressant ...

    Tout cela demande alors des définitions bien précises, Ce qui n’est jamais suffisamment le cas et le langage s’égare alors dans des ambigüités et des digressions à l’infini.

    Ce que l’on peut constater, c’est une distinction entre les individus. Lorsqu’un individu atteint l’éveil, son voisin ne l’atteint pas conjointement. Il y a bien distinction à ce niveau.
    Au niveau des apparences, il existe aussi une distinction entre les corps propres de chacun.
    Pourtant l’individu qui atteint l’éveil n’est pas le corps.
    L’individu n’est pas le corps d’incarnation de l’individu.

    Pour le reste, tout n’est qu’hypothèse ou dogme. Cela relève alors de l’illusion du mental.
    Les notions de "moi", "Moi", "soi", "Soi", etc. relèvent du registre culturel et non de l’initiation.

    Dans l’initiation, seul le fait de l’ipséité subsiste. Les autres notions n’ont aucune pertinence. C’est du bla bla.
    Elles sont d’abord sans validité car fruits du mental donc jeux du langage.
    Elles dénotent aussi dans des expressions comme "soi" ou "Soi" que les processus d’identification n’ont pas encore été maîtrisé jusqu’à leur extinction.
    L’erreur est donc double. D’abord il y a une substantialisation de concepts du mental puis une identification abusive à ceux-ci.

    Quant à l’identification à une totalité quelconque (le Tout, le Soi de la psychanalyse ou un Soi universel de certains dogmes religieux), l’erreur est comparable. Elle dénote que les processus d’identification ne sont pas éteints mais surtout qu’ils sont sous l’emprise de l’orgueil (donc aussi que l’ego reste encore non maîtrisé) par ce manque d’humilité et ce besoin de s’identifier à quelque chose de grandiose. Cette dérive est d’autant plus absurde que le "Soi" ou le "Tout" ne sont rien d’autre que des illusions du mental.

    Il faut donc bien comprendre ce texte de Thierry Philippe dans toute sa profondeur et tenir compte de ses éminemment sages mises en garde ... sans chercher à les contourner pour retomber dans les travers de l’ego.
    L’ascèse n’est pas une pratique toute puissante. Elle peut très bien être un outil de l’ego pour se glorifier de ses propres exploits corporels ou mentaux.
    C’est indubitablement le cas lorsque la notion de "Soi" continue de polluer la conscience. Cette pollution est le symptôme que l’ascèse reste au service de l’ego et que les processus d’identification ne sont pas encore éteints, d’une part, et que le mental continue toujours à substantialiser ses propres créations, d’autre part.

    Ce texte de Thierry Philippe s’adresse apparemment à des individus ayant une pratique déjà bien avancée.

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