Sunday, January 22, 2017

Steve Jobs pratiquait-il un bouddhisme contre-initiatique ?



Steve Jobs créateur d'Apple était bouddhiste. Avec son maître et ami Kobun Chino Otogawa, il participait régulièrement à de longues retraites de méditation à Tassajara - le premier monastère zen créé en Amérique en 1967 sur 51 ha (Carmel Valley, Californie).



Zen de mort 

Depuis la fin de la guerre du Pacifique (1931-1945) qui s’accompagna de l’écroulement de l’empire colonial japonais, les États-Unis ont fait en sorte que le Japon, l'ancien ennemi, se transforme en allié contre la Chine communiste.

La politique anticommuniste de Washington a favorisé l'expansion des doctrines bouddho-fascistes comme le lamaïsme et le zen. Des maîtres zen (qui avaient commis des crimes de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale), furent invités aux États-Unis et en Europe ; leur mission : convertir les Occidentaux au bouddhisme. Les biographies d'enseignants bien connus tels que Harada Daiun Sogaku, Shaku Soen, Yasutani Haku'un, Sawaki Kodo..., qui tous avaient soutenu avec enthousiasme la terrible guerre du Pacifique, furent réécrites.



Le "vénérable" tueur Sawaki Kodo


Sawaki Kodo, l'un des grands patriarches du zen soto du 20e siècle, fut un prédicateur de guerre particulièrement fanatique. Il se vantait du nombre de gens qu'il avait tués et décapités durant la guerre russo-japonaise. Kodo avait également préconisé, comme d'autres maîtres zen, le meurtre. « Le meurtre fait sans y penser, dans un état de non-mental ou non-soi, devient alors, disait-il, une expression de l'illumination. Pas de pensée = non-mental = Non-self = Pas de karma. » Il affirmait aussi que jeter une bombe était l'équivalent du précepte de ne pas tuer.


Seki Seisetsu, la voix de la "sagesse"


Seki Seisetsu, maître zen très respecté au Japon, auteur du livre « Zen et Bushido », était en réalité un prêtre de la mort. Juste avant la chute de Nankin, Seisetsu est allé à la radio nationale pour appeler à l'extermination des ennemis du Japon. Appel particulièrement entendu à Nankin (Chine) où pendant six semaines des centaines de milliers de civils et de soldats désarmés sont assassinés et entre 20 000 et 80 000 femmes et enfants sont violés par les soldats de l'armée impériale japonaise.


Guerriers économiques


Le zen japonais était lié depuis des siècles aux samouraïs et au bushido, la voie de l'épée. Les atrocités commises durant la guerre du Pacifique ont définitivement consacré le bouddhisme zen comme voie contre-initiatique. Le zen poursuit la révolte « nemrodienne » de la caste guerrière, qui inclut les guerriers économiques de l'ultra-capitalisme, contre la véritable spiritualité.


Le cercle


Steve Jobs était un guerrier économique et un prophète du numérique. A-t-il œuvré à l'avènement d'une société totalitaire et contre-traditionnelle comparable à celle qu'imagine Dave Eggers dans son livre « Le Cercle » ?

« Le futur proche qu’Eggers décrit ici n’est pas vraiment une contre-utopie, puisque ce « meilleur des mondes » est à nos portes. Bases de données, moteurs de recherche, appareils intelligents, paiements en ligne et réseaux sociaux sont désormais sous l’égide d’une seule multinationale (le Cercle du titre), laquelle commande une infinité de caméras de surveillance, aussi omniprésentes que l’œil de Dieu, et s’apprête à instaurer un système de démocratie participative où les élus seront contraints à une absolue transparence.

Par ces nouvelles technologies, le Cercle entend naïvement trouver une solution définitive aux plus persistants problèmes humains: le crime, le terrorisme, la corruption et même la maladie, puisque les gens sont désormais branchés à des micromoniteurs évaluant leur état de santé, leur alimentation, leur activité physique.

Mais sous cet altruisme idéaliste couve une idéologie totalitaire plus sinistre: le projet de dominer les comportements des individus et, éventuellement, leurs pensées, en abolissant toute forme d’anonymat et en exposant les moindres secrets de la vie privée à une communauté virtuelle tyrannique, dont les standards moraux ont des relents de puritanisme.

Par l’entremise du personnage de Mae, employée modèle et fanatique du Cercle dont tout le temps est grugé par les réseaux sociaux et dont la vie est diffusée en permanence sur le Net, Dave Eggers nous tend un miroir déformant où l’on voit une population soumise volontairement à l’esclavage numérique, trop prompte à céder ses droits et libertés, et dont le seul pouvoir est «d’envoyer une émoticône fâchée» aux grandes puissances. Un appel à réagir avant que le Cercle se referme et que nous ne puissions plus en sortir. »




The Zen of Steve Jobs, Caleb Melby.



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