Saturday, April 08, 2017

Le Sage complet, l’Eveillé total

selon l'enseignement direct du Bouddha


L’Arahat : le Sage complet, l’Eveillé total, le Délivré des liens phénoménaux, le Nirvâné, celui dont les « racines » sont coupées, dont les « purulences » sont asséchées. Suprême état des huit états de la Libération bouddhique. Qualificatif du Bouddha lui-même.

90. Pour celui qui a achevé le voyage, pour celui qui est sans chagrin, pour celui qui est entièrement libéré de toutes choses, pour celui qui a détruit toutes les attaches, la fièvre de la passion n’existe pas.



Attaches : « gantha ». Il en est quatre :
Avidité,
Malveillance,
Attachement excessif aux règles morales et aux cérémonies,
Dogmatisme.


91. Les attentifs s’exercent sur eux-mêmes, à aucune demeure ils ne sont attachés. Comme des cygnes quittent leur étang, ils abandonnent abri après abri. 


92. Ceux qui n’accumulent pas (les activités karmiques et les possessions), qui sont bien attentifs au sujet de la nourriture, dont l’objet est la vacuité, le sans-signe, la délivrance, leur chemin ne peut être tracé, comme des oiseaux dans l’espace.

Vacuité : Sûññatâ (Pâli), Sûnyatâ (sanskrit).
Notion de base du Dharma dans toutes ses modalités. Elle est très mal comprise en cet Occident positif, bien que les Occidentaux l’expérimentent, mais inconsciemment, plusieurs fois par nuit, en sommeil profond, alors que la vacuité doit être accomplie par la Connaissance transcendante, en vigilance. La racine sanskrite est svâ = gonflé et creux (cf : swollen). Il faut entendre le terme vacuité en deux significations : la première est jointe à tathatâ, la telléité, la quiddité ; « vacuité-telléité » est la caractéristique de tous les phénomènes aussi subtils qu’ils soient. Sûnyatâ pourrait être dans ce cas traduit par « bulléité », tous les phénomènes étant semblables à des bulles qui naissent, gonflent et éclatent ou se dégonflent. Et toutes ces bulles sont « telles », aucune bulle n’étant identique à une autre.

Lorsque cette vacuité a été pleinement comprise, alors il ne reste rien dans le cœur qui puisse être senti comme « réel » (réalité, res, les choses), le cœur devient immobile et la perfection de Connaissance transcendante, fait accéder à la totale vacuité.

Le sans-signe : animitta. Ultimement, le Nirvâna est sans signe sensible. Tant qu’il y a signe sensible, il ne peut y avoir exsufflation, extinction des facteurs d’existence ; le sans-signe est donc une marque (si l’on peut dire) de l’Eveil, avec suññatâ et apranîhita : la non-saisie.


93. Celui dont les purulences sont détruites, qui n’est pas attaché à la nourriture, dont l’objet est la vacuité, le sans-signe, la délivrance, son chemin ne peut être tracé, comme celui des oiseaux dans l’air.

94. Celui dont les sens sont soumis, tels des coursiers bien entraînés par le conducteur de char, celui dont l’orgueil est détruit et qui est libre de purulences, de tels hommes fermes, même les Devas les tiennent pour chers.

Commentaires des versets 93 et 94 :
Purulences : âsava. Le mot signifie flux, poison extrait d’un arbre ou d’une fleur, pus coulant d’un mal. En psychologie bouddhique, il signifie les intoxicants du mental, les pulsions qui sourdent profondément du subconscient (le bhavanga srota : le courant du devenir). Il est 4 purulences :
Purulence du désir des sens,
Purulence du devenir,
Purulence de l’ignorance,
Purulences des opinions.


95. Comme la terre, comme un poteau d’Indra, un libéré n’est pas ébranlé, il est comme un étang non souillé par la boue. Pour un tel être qui ne peut changer, il n’y a plus d’errance.

96. Calme est son mental, calme sa parole, calme l’action de celui qui, ayant la parfaite connaissance, est pleinement libre, parfaitement paisible et équilibré.

97. L’homme qui n’est pas crédule (1), qui comprend l’Incréé (2), qui a coupé le lien (3), qui a mis une fin à l’occasion (du bon et du mauvais), qui a vomi tous désirs – Lui, vraiment, est l’homme suprême.

1. Assaddha : littéralement « sans foi ». Il n’accepte pas d’autres sources parce que lui-même connaît par expérience personnelle.
2. Nibbâna est appelé akata parce qu’il n’est pas créé.
3. Le lien de l’existence.


98. Que ce soit dans un village ou dans une forêt, dans la vallée ou sur une colline, où que les Arahats demeurent, délicieux, vraiment, est ce lieu.


99. Délicieuses sont les forêts qui ne plaisent pas aux mondains. Ceux qui sont sans passions s’y réjouiront, car ils n’y cherchent pas les plaisirs sensuels.

Les dits du Bouddha



Le Dhammapada


Écrit en pâli au IIIe siècle avant J.-C. et conservé à Ceylan, le Dhammapada (sanskrit : Dharmapada), qui se traduit par versets de la Loi, est l'un des textes fondamentaux les plus célèbres de la littérature bouddhique. Ces vers, d'une profondeur extraordinaire, ont conservé les paroles prononcées par le Bouddha en diverses circonstances de sa longue vie de prêche. Le Dhammapada, qui contient l'essence même de l'enseignement du Bouddha, a été très tôt admis parmi les textes canoniques. Il occupe dans le bouddhisme une place centrale comparable aux Évangiles dans le monde chrétien. Ces aphorismes, dépouillés de toute formulation accessoire, incisifs et denses, sont très précieux pour qui veut accéder à la compréhension de l'enseignement direct du Bouddha. Le Dhammapada est en quelque sorte un condensé, la quintessence du Dharma transmis par le Bouddha.


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