mardi, avril 24, 2018

Pour une insurrection des consciences





Coup de gueule de Monique Pinçon-Charlot 


Pour une insurrection des consciences 


par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, 

Sociologues, directeurs de recherche au CNRS. 



« De qui dépend que l’oppression demeure ? 
De nous. De qui dépend qu’elle cesse ? De nous. » 
Bertolt Brecht.


L’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée constitue un pas décisif dans la guerre de classe des plus riches contre les peuples. Le jeune banquier venu de la banque Rothschild représente désormais au sommet de l’État la synthèse des intérêts de l’oligarchie faisant fi des alternances entre la droite et la gauche libérale ou entre le public et le privé. Il signe également la fin du régime parlementaire : désormais la loi sera dictée par les lobbyistes industriels, bancaires, financiers, nationaux et internationaux. Ce sont eux qui, par la voie des ordonnances, feront la loi et inscriront dans le droit, la légalité de leurs intérêts privés. La « pensée unique » balaye toutes les fractures et transforme la violence des riches en une violence invisible, inaudible et indicible qui doit être ressentie comme une « donnée naturelle » allant de soi et donc intouchable. Les dominants parviennent à généraliser et à universaliser leurs valeurs, leurs modes de vie et leurs intérêts économiques et financiers. Mais cet arbitraire d’un droit conçu par et pour ceux qui cumulent richesses et pouvoirs doit être discret, méconnu, pour exercer son « efficacité symbolique », comme l’écrit Pierre Bourdieu, et obtenir la reconnaissance, voire la complicité des dominés. Si la mystification inaugurale de la loi présentée comme émanant de la volonté du peuple, alors qu’elle reflète avant tout celle des princes, était dévoilée, elle pourrait remettre en cause le respect des lois et le principe même de l’obéissance civique.

La domination des riches s’organise dans l’arbitraire des titres de propriété (usines, valeurs mobilières, médias, biens immobiliers, œuvres d’art…) détenus exclusivement par une seule classe sociale, celle des beaux quartiers.

Pour ceux et celles qui n’ont que leur force de travail manuelle ou intellectuelle à proposer aux propriétaires de tout poil, on peut comprendre que la tâche soit difficile bien qu’ils soient les majoritaires de la terre, ceux qui font fonctionner l’économie réelle. Pourtant ils sont incapables de mettre à bas cette oligarchie aujourd’hui mondialisée dont la prédation menace l’avenir de la planète et de l’humanité. Pourquoi cette incapacité ? 


Un cannibalisme à abattre 

La déréglementation de la vie économique permet l’éclosion d’un cynisme individuel et collectif. C’est en affichant ouvertement son déni de la règle que le dominant prend le pas sur les dominés, eux-mêmes tentés de se replier sur un individualisme de dernier recours en abandonnant les luttes collectives. L’absence d’utopie entraîne l’aliénation de la conscience collective.

C’est à une insurrection des consciences que nous appelons en mobilisant nos travaux de recherche sur la classe dominante. La personnification des positions de pouvoir contribue à la prise de conscience du fait que le capitalisme permet à des êtres humains de voler et d’exploiter d’autres êtres humains. Un cannibalisme à abattre !

Des actions unitaires visant explicitement les prédateurs de haut vol seraient à même de faire vivre cet arbitraire des rapports de classe. Pourquoi ne pas organiser des manifestations dans les beaux quartiers et devant des immeubles symbolisant la spéculation financière et la fraude fiscale ? Renversons la violence symbolique en faisant vivre les riches sur le pied de guerre.

Main basse sur notre avenir

Le célèbre couple de sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot livre ici une dénonciation impitoyable de la complicité des gouvernements avec le destructeur Dieu Argent. Fidèles à leur méthode rigoureuse, ils démontrent, preuves à l'appui, comment l'argent s'est transformé en une arme de destruction massive aux mains d'une aristocratie de l'argent qui fraye intensément avec celle du pouvoir.



Que pense Matthieu Ricard du va-t-en guerre et président des riches :

Emmanuel Macron a de beaux projets pour la France !


Une année après l'élection présidentielle, les « beaux projets » de Macron sont plus clairs. Si, comme le prétendent les lamas tibétains, la méditation développe l'intuition, Matthieu Ricard n'a jamais médité de sa vie.

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