mercredi, août 08, 2018

Breaking the Silence

Ahed Tamimi a été libérée à la fin du mois de juillet 2018. Cette adolescente palestinienne a passé huit mois en prison pour avoir giflé deux soldats israéliens.



Les soldats racontent


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"Réveiller un village en pleine nuit à coups de grenades pour faire régner la terreur, démolir des maisons au prétexte de chercher des armes qui ne s'y trouvent pas, passer à tabac des prisonniers menottés, participer à des opérations de vengeance meurtrière, arrêter des enfants, annexer des terres, tuer et s'en trouver félicité : dans les Territoires occupés de Palestine, l'insupportable est devenu banal. En 145 témoignages, les soldats de l'armée israélienne racontent leur quotidien fait de violences ordinaires et de tensions permanentes. Dans ce que certains décrivent comme un Far West, les limites morales de chacun sont sans cesse mises à l'épreuve. Et tous sont marqués à vie. Dix ans d'enquête ont permis à l'organisation "Breaking the Silence" de récolter ces paroles de guerre qui disent les objectifs réels de la politique israélienne dans les Territoires : renforcer son emprise sur la terre et contrôler la population palestinienne."

Extrait de l'introduction :

En juin 2004, une soixantaine de vétérans des forces de défense israéliennes présentaient au public des témoignages écrits et des photographies de leur service militaire à Hébron et en Cisjordanie occupée. Cette exposition a donné naissance à "Breaking the Silence", une organisation dont le but est de faire connaître la réalité quotidienne de l’occupation des Territoires à travers les témoignages des soldats qui la mettent en oeuvre. [...]


Les témoins représentent toutes les couches de la société israélienne et pratiquement toutes les unités de l’armée de défense d'Israël (Tsahal) engagées dans les Territoires occupés. Il s’agit à la fois d’officiers, de soldats du rang, d’hommes et de femmes.

Tous les témoignages publiés par "Breaking the Silence" [...] ont été recueillis par des vétérans de l’armée et vérifiés. Sauf mention contraire, ils émanent de témoins oculaires et sont reproduits mot pour mot, à l’exception d’altérations mineures pour empêcher l’identification des parties ou clarifier le langage militaire. L’organisation garde l’identité des témoins confidentielle. Sans anonymat, il serait impossible de rendre ces informations publiques.

Bien que les récits des soldats se limitent à leur expérience personnelle, leur accumulation donne une vue d’ensemble des méthodes de Tsahal et de la politique israélienne dans les Territoires occupés. "Breaking the Silence" considère que mettre à nu cette politique constitue un devoir moral et une condition nécessaire à l’établissement d’une société plus juste. Pour les citoyens israéliens, ignorer ces témoignages directs, clairs et sans ambiguïté, équivaut à renoncer au
droit fondamental de connaître la vérité sur leurs actions et celles de ceux qui agissent en leur nom. "Breaking the Silence" demande des comptes sur les opérations militaires israéliennes dans les Territoires occupés, menées par des citoyens et en leur nom. [...]


Les représentants israéliens soulignent régulièrement le fait que, dans les Territoires, les Palestiniens reçoivent toutes les denrées de base, qu’ils ne connaissent pas de crise humanitaire et qu’lsraël assure même le maintien d'une certaine "trame de vie". Un tel discours, ainsi que les propos évoquant une prospérité économique en Cisjordanie, suggère que la vie sous occupation étrangère peut être tolérable, voire bonne.

Sur la base de ces affirmations, les partisans de la politique israélienne arguent que l’occupation est un moyen de défense légitime et que si la souffrance endurée par la population est certes regrettable, les dommages subis sont "proportionnés" à la sécurité des citoyens israéliens. Mais, comme le confirment les témoins, le fait que la vie des Palestiniens dépende au quotidien du bon plaisir d'Israël montre à quel point ces derniers en sont tributaires. Israël maintient certes la "trame de vie" en Cisjordanie, mais cela atteste surtout le contrôle absolu que le pays exerce sur les Palestiniens. Chaque jour, les autorités israéliennes décident quels biens peuvent être transférés d'une ville à une autre, quel magasin peut ouvrir, qui peut franchir les checkpoints et les barrages de sécurité, qui peut envoyer ses enfants à ’école, qui pourra atteindre les universités et qui recevra les soins médicaux dont il a besoin. lsraël détient également les biens privés de dizaines de milliers de Palestiniens. Parfois, ces biens sont conservés pour de supposées considérations de sécurité, parfois afin d’exproprier des gens de leur terre. Dans un nombre de cas significatif, la décision de confisquer des biens paraît entièrement arbitraire.

Maisons, terres agricoles, véhicules à moteur, appareils électroniques, animaux de ferme - tout cela peut être saisi à la discrétion d’un commandant régional ou d’un soldat sur le terrain. Parfois, des soldats de Tsahal "confisquent" même des individus pour un exercice : afin de s’entraîner à mener une arrestation, des troupes peuvent faire irruption dans une maison en pleine nuit, arrêter l’un des résidents puis le relâcher plus tard.

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