mardi, novembre 06, 2018

Le mécontentement des Français annonce-t-il la fin de la 5e République ?

D’après un sondage, 40% des Français seraient favorables à un régime autoritaire pour réformer la nation en profondeur

Une femme en colère : Jacline Mouraud, dont le coup de gueule sur Facebook a dépassé les 5 millions de vues.


Mécontentement et fin de régime


Jean-Jacques Stormay :


"L'ennui est que ce mécontentement croissant ne provoque aucune rupture dans les faits. Nos contemporains souffrent tout : disparition de la propriété patrimoniale, inflation des impôts, arrogance des immigrés, précarité des emplois, hausse des prix, corruption des classes dirigeantes, pollutions endémiques, affaissement sans précédent de la vie culturelle, flicages en tous genres, violations constantes de la vie privée, matraquages idéologiques, mensonges d'État, terrorisme des lobbies. Mais, dans leur grande majorité, ils supportent tout sans véritablement se révolter. Pourquoi ?

Parce qu'en dépit de leurs velléités de libération, ils restent attachés à des biens exigeants. Ce sont les biens matériels, dévorants et avilissants : le sexe, la nourriture, les voyages, le confort, la sécurité, les drogues, le bercement des rythmes négroïdes qui scandent la vie de manière incessante, les délires audiovisuels qui alimentent le rêve, les techniques du virtuel, l'ivresse de la vitesse en toute chose.

Le paradoxe, dans l'affaire, est que nos contemporains sont incapables de les aimer parce qu'ils les savent en vérité illusoirement bons et foncièrement injustifiables. S'ils y restent cependant attachés, c'est parce que tous ces biens satisfont la vanité, le sentiment d'indépendance, l'oubli de toute angoisse philosophique ou religieuse, l'émancipation de tout sens du devoir, l'individualisme social, psychologique, physique et métaphysique. Autant de choses qui ont un fondement commun, une cause unique: l'adoration du Moi.



Une société où règne le subjectivisme

Cette adoration du Moi, de ma petite personne vue comme le centre du monde, s'appelle en philosophie le principe du subjectivisme : Je m'aime par dessus tout, donc je recherche ma tranquillité et mon confort avant toute chose. L'adoration du moi traduit une insurrection orgueilleuse dont la recherche effrénée des plaisirs matériels n'est que la conséquence. En effet, s'affirmant absolument maître de lui-même, origine et fin de lui-même, l'individu réduit à son moi se veut objectivement infini. Toutefois, seul Dieu est infini. Déchu et plongé dans la matière, l'Homme ne l'est pas, et ne pourra jamais l'être. Par conséquent, l'homme moderne révolté n'a qu'une solution : caricaturer l'infini divin en se reconnaissant dans l'indéfini de la matière. Voilà pourquoi les Européens décadents préfèrent le mécanisme hédoniste qui les broie, aux vertus des sociétés d'ordre qui les libéreraient. Ils reconnaissent d'instinct, dans ce mécanisme, l'expression de leur liberté terroriste, de leur moi déconnecté de toute autorité spirituelle, de leur conscience émancipée de toute loi naturelle et surnaturelle. [...]



La fin prévisible de la société de consommation et les deux seules alternatives qui s'offriront

Mais il est bien évident que cette situation ne pourra pas se prolonger indéfiniment. En effet, la société de consommation (idéologie du consumérisme) nécessite une technologie puissante : les bolides ne se construisent pas tout seuls, non plus que les appareils de télévision, les appartements de grand confort et les sophistications médicales conditionnées par le culte du corps. Pour les mettre au point et les fabriquer en série dans une société de compétitivité, il faut travailler dur. Or, le sens du travail et de l'effort, comme celui du risque et de la sélection, sont au tant d'exigences incompatibles avec la paresse et l'égoïsme. Dès lors butte-t-on sur le paradoxe suivant : l'entretien de l'esprit de jouissance exige des conditions techniques dont la satisfaction frustre les appétits de jouissance.

Pour l'instant, certes, le paradoxe n’apparaît pas dans toute son ampleur, car l'Occident peut, indirectement, exploiter certaines populations pauvres du Tiers monde et d'Extrême Orient pour produire à bas prix. Mais un jour viendra où, fatalement, la populace se trouvera placée devant l'alternative suivante : ou bien cette frustration l'incitera à tenter de satisfaire ses pulsions subjectivistes hors du consumérisme, ainsi en dehors d'une société libérale ; ou bien, faisant de la nécessité vertu, cette même masse en viendra à remettre en cause les pulsions subjectivistes qui la poussaient à se livrer au consumérisme.

La première solution tient tout entière dans la promotion de l'égalitarisme et débouche fatalement sur le communisme. Certains pourront douter que les masses souhaitent revoir cette idéologie s'instaurer. Ils se trompent. D'ailleurs, l'émergence, en Europe, de l'extrême gauche (communistes révolutionnaires, « antimondialistes », écologistes ... ) apparaît comme un signal fort. Pour celui qui adore son Moi par dessus tout et qui ne supporte aucune contrainte, le communisme présente deux attraits : 1) Dans une société égalitaire, le Moi n'est subordonné à personne. 2) Le marxisme affirme que l'essence humaine est l'ensemble des relations sociales qui, créées par les hommes, font que l'homme se vit comme créateur de lui-même. Voilà pourquoi le communisme pourrait revenir ; les hommes préfèrent une égalité de petits dieux dans la pénurie à l'inégalité dans l'abondance.

La deuxième solution tient dans une remise en cause radicale de la société moderne, une remise en cause que seul le fascisme est capable d'assumer.



Entre le fascisme et le communisme, il n'y a pas de milieu

Mais, nous dira-t -on, n'existe-t-il pas des solutions intermédiaires : monarchie, république conservatrice, régime "fort" mais non fasciste ? La réponse est non : entre le communisme et le fascisme, il n'y a pas de milieu conceptuel.

Il n'y a pas de milieu conceptuel parce qu'un retour à la monarchie d'Ancien Régime, prôné par les réactionnaires, serait un retour à ces sociétés d'ordre qui, incapables d'aller jusqu'au bout de leur logique, laissèrent proliférer en leur sein des dysfonctionnements et des iniquités dont la dramatique conséquence fut le triomphe de l'esprit jacobin et libéral.

Il n'y a pas de milieu conceptuel parce que les républiques conservatrices, bourgeoises et capitalistes, souffrent d'une insurmontable contradiction : elles veulent conserver les valeurs traditionnelles de probité et de mesure en se faisant matériellement vivre par le déchaînement des appétits individualistes ; tout se passe en elles comme si un entrepreneur entendait financer les œuvres pieuses avec l'argent tiré de l'exploitation des bordels.

Il n'y a pas de milieu conceptuel parce que les régimes << forts ,, non fascistes se révèlent, par le fait même de leur antifascisme qui fait l'aveu de leur anti-organicisme, autant d'oligarchies saupoudrées de vertu, qui basculent dans le consumérisme, souvent à l'instant même de la disparition de leurs fondateurs, et toujours lors de l'effacement des conditions historiques les ayant menés au pouvoir.

Cette vérité, il nous fallait l'exprimer clairement, car les leçons à en tirer sont capitales, ainsi que nous allons maintenant le voir.


Une réaction est-elle possible ?


En France, les scores obtenus par le Front national et les prévisions pour les prochaines élections démontrent qu'un nombre non négligeable, et peut-être croissant, de personnes se demandent si, en dernier ressort, le jeu du consumérisme en vaut vraiment la chandelle.

Les citoyens perplexes qui, de plus en plus, se posent des questions dérangeantes, ne sont plus des individualités isolées.

Mais il ne faudrait pourtant pas croire que ces braves gens sont devenus des fascistes, tant s'en faut. Ils votent à droite, à la droite de la droite, ou pour ceux qui sont supposés l'incarner. Mais ils attendent du poids de leurs suffrages la promotion d'une révolution pacifique susceptible de remettre les choses à l'endroit, de leur faire recouvrer leur dignité individuelle et nationale, leur souveraineté morale et politique, leur droit à la vérité historique, philosophique et religieuse. C'est que, en effet, ils sont encore démocrates, sinon doctrinalement, à tout le moins juridiquement. Puisque le pouvoir appartient au nombre, puisque le régime démocratique est supposé être neutre en tant qu'il rend théoriquement possible l'expression de toutes les opinions ; puisque le pouvoir est supposé émaner de la masse qui originellement le détiendrait par nature et le déléguerait, ils ne voient pas pourquoi la pratique démocratique serait de soi incapable, supposé qu'ils en viennent à être les plus nombreux, de faire advenir un régime d'ordre.

Ces citoyens perplexes savent bien qu'il se trouve aujourd'hui, dans la population légalement française, au moins quinze millions de personnes qui, en droit, n'auraient rien à y faire: d'origine non seulement étrangère mais encore non européenne, elles font perdre à la France son identité spirituelle, parce que le métissage des corps implique celui des esprits. On aura beau faire: aucun intellectuel patenté, aucun « scientifique » n'arrivera vraiment à faire croire le contraire aux braves gens, qui savent par ailleurs que cette triste situation caractérise toutes les nations du monde blanc.

Ces mêmes braves gens savent bien, au fond d'eux-mêmes, qu'une société n'est pas viable aussi longtemps que ses membres veulent en soutirer le maximum sans rien lui donner en retour. Ils savent, en d'autres termes, que le citoyen doit servir le bien commun, non au sens où le bien commun serait au service du bien particulier (c'est ce que les démocrates appellent l'intérêt général), mais en ce sens que le bien commun est, en droit, la cause finale du bien particulier. Exemple : le bon soldat n'est pas celui qui veut la victoire de son armée (bien commun) pour y participer et obtenir des galons (bien particulier) ; c'est celui pour qui la victoire vaut pour elle-même, quand bien même il y laisserait sa peau.

Ces mêmes braves gens savent bien qu'une société de vieux est une société condamnée à mort ; qu'une société qui ne fait plus d'enfants, qui favorise le divorce, l'union libre et l'homosexualité, est prête pour l'invasion irréversible ; qu'une société de jouisseurs est condamnée par l'histoire ; qu'un Tiers monde avide, à tous égards dépendant d'un Occident gras et dépendant et prospère, vit sa dépendance dans la haine.

Ces mêmes braves gens savent bien, en leurs cœurs censurés, que l'égalité naturelle entre les hommes est un mythe funeste, que trop de jeunes gens traînent au lycée et à l'université, qui deviendront des aigris exigeants ; que le travail manuel doit être réhabilité ; que le principe de la sélection par le mérite est la loi de la vie ; que le progrès matériel déconnecté de toute aspiration spirituelle est une entreprise d'abrutissement effroyable qui rabaisse l'homme plus bas que l'animal..."


(Extrait)







Pour une pensée libérée de la tyrannie Judéo-Maçonnique 
Jean-Jacques Stormay


Pour l’homme de droite, il existe un ordre des choses dont la liberté ne décide pas et auquel elle a vocation à se conformer. 

La politique est science architectonique dans l’ordre pratique, la métaphysique est science architectonique dans l’ordre spéculatif. Et c’est encore un principe de la pensée traditionnelle ─ ainsi de la « philosophia perennis » expressive de l’ordre des choses ─ que la pratique soit subordonnée à la contemplation. Or l’ordre dit la disposition des choses en vue d’une fin ; c’est donc l’activité spéculative, voulue pour elle-même, qui, en droit, fixe leurs contenus et leurs limites aux autres activités humaines, mais qui en retour, s’anticipant en elles de manière obligée, se fait conditionner par leurs exigences propres. Le politique admet ainsi des limites que lui prescrit son essence, et dont le respect est la garantie de sa rectitude et de son efficacité. Tout ne relève pas par essence du politique, maints domaines lui échappent. Mais tout est dépendant du politique, soit qu’il le prépare et s’y ordonne (auquel cas le politique s’anticipe en lui en le conditionnant), soit qu’il le transcende (auquel cas c’est lui qui s’anticipe dans le politique en le déterminant par les fins qu’il lui prescrit, non sans se faire affecter par ce à quoi il se rend immanent), et dans les deux cas le politique marque de ses besoins spécifiques les sphères avec lesquelles il est en relation. C’est pourquoi il existe une manière propre à l’esprit de droite de résoudre les questions relevant de l’esthétique, de la connaissance scientifique, de la morale, de l’économie, de la pédagogie, de l’évolution des techniques, de la religion, du langage, des relations intersubjectives et des différents thèmes évoqués par l’étude de la psychologie des facultés. 

Afin d’illustrer la manière dont un homme de droite s’efforce à penser quand il ne fait pas directement de la politique, l’auteur s’est plu ici à traiter, dans un climat libéré de toute contrainte académique ─ c’est-à-dire, concrètement, du joug de la « political correctness » ─ des sujets de dissertations et de commentaires de philosophie générale. Veuille le lecteur lui faire l’honneur de prendre part au plaisir qu’il a pris à les rédiger.

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