samedi, avril 13, 2019

L'anti-tradition ripoublicaine et ses symboles



Quelques réflexions sur la pseudo-religion révolutionnaire et les grands symboles de la république maçonnique par Pierre-Yves Lenoble.

Joseph de Maistre :

"Il y a dans la révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu, et peut-être de tout ce qu’on verra.

Qu’on se rappelle les grandes séances ! le discours de Robespierre contre le sacerdoce, l’apostasie solennelle des prêtres, la profanation des objets du culte, l’inauguration de la déesse Raison, et cette foule de scènes inouïes où les provinces tâchaient de surpasser Paris : tout cela sort du cercle ordinaire des crimes, et semble appartenir à un autre monde.

Et maintenant même que la révolution a beaucoup rétrogradé, les grands excès ont disparu, mais les principes subsistent. Les "législateur"s (pour me servir de leur terme) n’ont-ils pas prononcé ce mot isolé dans l’histoire : "La nation ne salarie aucun culte ?" Quelques hommes de l’époque où nous vivons m’ont paru, dans certains moments, s’élever jusqu’à la haine pour la Divinité ; mais cet affreux tour de force n’est pas nécessaire pour rendre inutiles les plus grands efforts constituants : l’oubli seul du grand Être (je ne dis pas le mépris) est un anathème irrévocable sur les ouvrages humains qui en sont flétris. Toutes les institutions imaginables reposent sur une idée religieuse, ou ne font que passer. Elles sont fortes et durables à mesure qu’elles sont "divinisées", s’il est permis de s’exprimer ainsi. Non seulement la raison humaine, ou ce qu’on appelle la "philosophie", sans savoir ce qu’on dit, ne peut suppléer à ces bases qu’on appelle superstitieuses, toujours sans savoir ce qu’on dit ; mais la philosophie est, au contraire, une puissance essentiellement désorganisatrice.

En un mot, l’homme ne peut représenter le Créateur qu’en se mettant en rapport avec lui. Insensés que nous sommes ! si nous voulons qu’un miroir réfléchisse l’image du soleil, le tournons-nous vers la terre ?

Ces réflexions s’adressent à tout le monde, au croyant comme au sceptique ; c’est un fait que j’avance et non une thèse. Qu’on rie de ces idées ou qu’on les vénère, n’importe : elles ne forment pas moins (vraies ou fausses) la base unique de toutes les institutions durables."


Bibliographie : 


- A. Cabanès et L. Nass, La névrose révolutionnaire, Albin Michel, 1924.

- C. Levalois, Symbolisme de la décapitation du roi, Trédaniel, 1992.

- M. Talmeyr, La Franc-maçonnerie et la révolution française, Perrin et Cie, 1904.

- A. Cochin, Les sociétés de pensée, Copernic, 1978.

- Mgr H. Delassus, La conjuration antichrétienne, Scivias, 1999.

- Revue Atlantis, No 356, Hiver 1989, La Révolution française au regard de la Tradition.


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