Tuesday, February 17, 2015

Les couleurs spirituelles





Stephen Jourdain qualifie ces couleurs de spirituelles, car elles ne relèvent pas du domaine sensoriel, bien qu'elles le gouvernent, leur règne étant universel : « Ces entités qualitatives » habitent « le dedans » et « ce qu'on appelle « le dehors ». Elles habitent « Partout ». 
 
Il ne les voit pas avec ses yeux physiques, mais avec son moi spirituel. Il en parle comme s'il s'agissait d'entités qui lui sont aussi intimes que ses êtres les plus chers mais dont l'identité réelle et la compréhension échappent à l'intelligence humaine : « ne me demandez pas qui elles sont », « je les connais comme je connais mon épouse, mes enfants ». 
 
Ces lumières lui semblent si intimes qu'il hésite à en parler, comme par pudeur, essayant de se justifier comme il peut, sans vraiment convaincre. Il ne voit pas en quoi ces renseignements pourraient nous être utiles et craint de faire des erreurs dans leur interprétation, alors qu'il les considère comme primordiales et qu'il les connaît mieux que sa femme et ses enfants.

Une autre raison de son hésitation est peut-être la peur de choquer son interlocuteur : 

« Je vais vous dire des choses qui vont vous paraître choquantes. Inacceptables. » 
 
ou de se faire passer pour une personne déséquilibrée : 

« Vous allez penser : « Est-il devenu fou ?! » . S'agit-il d'une crise de folie... ?», tant la révélation de leur secret dépasse l'entendement. 
 
Ces couleurs déclenchent des émotions qui dépassent en intensité et en qualité celles que l'on a pu connaître jusqu'alors et élèvent l'être au-dessus du marasme des soucis les plus graves car elles sont ressenties « comme un coup de poignard de joie pure. ». 
 
Ces « mères-couleurs » sont considérées comme des déesses créatrices qui engendrent tout ce qui existe sur les plans matériel et spirituel, qu'elles gouvernent et maintiennent dans leurs états. L'être, la « Conscience », « Esprit » et même l'« Ultime » sont engendrés par ces « matrices » maternelles. Elles sont à l'origine de tout. elles sont premières « A TOUT » et avant tout, au-delà des concepts « elles sont antérieures à l'existence et à l'inexistence ». « Elles sont les mères du Un ».

Les couleurs spirituelles jouent donc un rôle primordial dans l'expérience spirituelle de Stephen Jourdain puisqu'elles sont l'origine et le ciment de tout ce qui existe, y compris l'être auquel elles se sont assimilées car « elles sont l'être ». 
 
Une de leurs fonctions est de permettre à l'être d'accéder à sa véritable nature, de se réaliser. L'Éveil ne s'obtient donc pas par une volonté délibérée de l'individu, mais s'octroie à titre de faveur délivrée par ces médiatrices d'illumination.

Elles sont aussi porteuses de sens. Elles sont appelées « les matrices du sens ». Pour Stephen Jourdain le sens n'est pas le fruit d'une acquisition naturelle, il relève du « miracle » accompli par ces matrices. 
 
Ces couleurs sont tellement essentielles que si elles étaient appelées à se retirer d'une personne, celle-ci mourrait immédiatement. Elles sont donc indispensables, vitales et Stephen Jourdain leur voue un culte dévotionnel. passionnel, « Un amour sans borne, une reconnaissance sans borne, une soumission absolue ».

Cette armée de couleurs significatives se diversifie en fonction de leur tâche à accomplir en une variation de signes créateurs, caractérisés par une couleur spécifique qui leur est propre et pouvant effectuer différents travaux : La couleur qui caractérise le versant de l'éveil correspondant à « une certitude infinie d'être » et coïncide avec la « couleur » - signe « vert-émeraude ». Si cette couleur n'est pas présente « La certitude infinie d'être » n'existe pas; La couleur « rouge-violet » est celle de « l'Imaginaire », elle entrouvre « les portes de la vraie dimension spirituelle ».

Mondes de lumière, transcrit par A.K. Edwards relate l'expérience spirituelle de prisonniers d'opinion incarcérés dans des mines de sel en Sibérie. Éprouvés par des conditions de vie extrêmes, implorant la grâce divine, ils eurent la révélation d'une Voie de Lumière. Dans cet état de conscience modifié, ils y décrivent comme S. Jourdain, un univers de couleurs significatives qualifiées de couleurs-tonalités. La radiation bleue se révèle à leur âme comme la couleur-tonalité créatrice. Bleu est l'essence qui soutient l'être, il est la fondation sous-jacente à toute manifestation. 
 
Un certain type de « « couleur »-signe » accompagne l'être pendant un certain temps, puis lorsqu'une évolution ou un changement doit s'opérer, passe le relais à une autre « « couleur »-signe », afin de mener à bien la mission en cours pour préparer la prochaine étape, une matrice engendre la Conscience, une autre l'Etre, et ainsi de suite pour l'Esprit, la Créature.

Ce lien d'amour qui existe entre la créature et ces couleurs semble les unir pour toujours de façon indéfectible. « Entre l'Impression d'Enfance et ces « couleurs » - signes, il y a continuité, consubstantialité ». Ce lien devient perceptible si l'être retrouve cet esprit de réceptivité et d'ouverture qui caractérise la perméabilité du cerveau de l'enfance et comme nous le rappelle S. Jourdain : « Quand vous étiez enfant, vous vous trouviez près des portes de leur royaume». 
 
Pour retrouver cette sensitivité pré pubertaire, il faut redécouvrir le chemin intérieur qui mène à l'habitat, où résident ces « couleurs spirituelles ». Ainsi, faisant acte d'une présence vigilante, au seuil de leur demeure, leurs radiations colorées finiront par rayonner par l'entrebâillement de la porte de l'esprit où existe un « Irréel Pur (...) l'habitat des « couleurs spirituelles » créatrices ».

Stephen Jourdain part du postulat que l'étendue obscure de l'« en-deçà des yeux » fermés appartient au monde de « l'Imaginaire », c'est-à-dire de « l'Esprit », qui est « de nature METAPHYSIQUE ». C'est donc par une observation attentive avec les yeux invisibles de l'esprit dirigés vers l'amont des paupières closes que l'on accède à cet univers immatériel. Petit à petit, de la surface noire de notre espace mental, se distingueront des anfractuosités et se développeront des formes géométriques. Les matrices de couleurs chatoyantes seront précédées par des « vagues blancheurs » de lumière diffuse ou une « volée de phosphènes », avant de se déployer et se répandre dans l'espace illimité. Ainsi, le lien jusqu'alors invisible avec les « mères-couleurs » aura été rétabli. 
 
Le docteur Francis Lefebure (1916-1988) avait effectué des études très intéressantes sur les phosphènes. Il avait attribué à ces sensations lumineuses subjectives (c'est-à-dire non créées par un rayon lumineux direct), des propriétés énergétiques qu'il pensait être à la base d'expériences parapsychologiques ou les effets concomitants d'une recherche spirituelle. Les lecteurs intéressés par les surprenants résultats de ses travaux pourront les compulser dans ses nombreux ouvrages. 
 
D'autre part certains aspects lumineux de l'expérience spirituelle de Stephen Jourdain ressemblent aux effets obtenus par la pratique du yoga. Dans son livre, Yoga, méthode de réintégration, Alain Daniélou explique que des régions du corps, correspondant à des centres nerveux réels, sont des foyers d'énergie importants qui peuvent être stimulés par des exercices de concentration de l'attention. Lorsqu'ils sont ainsi réveillés, ils se mettent en mouvement et s'éclairent libérant leur énergie. C'est alors qu'ils révèlent leurs couleurs et leurs pouvoirs particuliers.

Il y a une similitude avec les renseignements donnés dans le livre cité ci-dessus et la description que fait Stephen Jourdain concernant le phénomène qui s'est développé au niveau de son plexus solaire. Il parle d'une lumière inconnue qui se développe dans sa poitrine, sous la forme d'une fleur et qui l'envahit jusqu'à l'intérieur de sa tête. Cet éblouissement dépassait son intériorité et inondait le monde extérieur.

Dans le yoga, ce centre d'énergie a pour nom « Le centre du son spontané (anâhata chakra) ». il a une couleur « rouge flamboyant » et ces centres sont aussi représentés sous la forme d'une fleur ...de « lotus ». 
 
La métaphore de l'épanouissement d'une fleur est réutilisée pour décrire l'ouverture d'un « œil immatériel » à l'intérieur de son esprit, associée à l'apparition de ses visions. 
 
Dans le yoga, on le nomme « le centre de commande (âjnâ chakra) » et selon les conseils yoguiques, « en concentrant la pensée sur cette lumière, on atteint très sûrement la suprême réalisation ». 
 


***


No comments:

Post a Comment