dimanche, novembre 18, 2018

Les principaux signes annonciateurs de la fin du monde selon diverses traditions



Les principaux signes annonciateurs de la fin du monde selon diverses traditions 



Pierre-Yves Lenoble



Dégénérescence de l'humanité, divisions et dissensions familiales


Seconde bataille de Mag Tured (vieux récit irlandais) : « Je verrai un monde qui ne me plaira pas ; été sans fleurs, vaches sans lait, femmes sans pudeur, hommes sans courage, (…), mauvais avis des vieillards, mauvais jugement des juges, chaque homme sera un traître ».

Völuspa (45) : « Les frères s'entrebattront et se mettront à mort ».

Ovide, Les métamorphoses (L. I) : « On vit de rapt ; l'hôte n'est pas en sécurité auprès de son hôte, ni le gendre auprès de son beau-père ; entre frères même, la bonne entente est rare. L'époux est une menace pour la vie de son épouse, l'épouse pour celle de son mari ».

Vishnou-Purâna (L. VI) : « Les femmes n'obéiront pas aux maris et aux parents. Elles seront égoïstes, abjectes, désaxées, menteuses, et c'est à des dissolus qu'elles s'attacheront (…) Elles deviendront simplement un objet de satisfaction sexuelle ».

Lingâ-Purâna : « On tuera les fœtus dans le ventre de leur mère ».

Ibn 'Amr affirme que le prophète a dit : « L'Heure ne viendra pas avant qu'apparaissent la bassesse et la vulgarité, les liens de parenté seront rompus et le mauvais voisinage se répandra » (Hadith rapporté par Ahmad). 

Calamités naturelles

Matthieu (XXIV, 7) : « On verra s'élever nation contre nation, royaume contre royaume, et il y aura des pestes, des famines et des tremblements de terre en divers lieux ».

Maslama Ibn Nufayl affirme que le prophète a dit : « Avant l'Heure, il y aura une épidémie sévère et après viendront les années de séismes » (Hadith rapporté par Ahmad).

Vishnou-Purâna (L. IV) : « La terre ne sera respectée qu'à cause des trésors minéraux qu'elle renferme ».

Ovide, Les métamorphoses (L. I) : « Les hommes ne se bornèrent point à demander à la terre ses moissons et ses fruits, ils osèrent pénétrer dans son sein; et les trésors qu'elle recelait, dans des antres voisins du Tartare, vinrent aggraver tous leurs maux. Déjà sont dans leurs mains le fer, instrument du crime, et l'or, plus pernicieux encore. La Discorde combat avec l'un et l'autre ». 

Régression des castes et métissage

Lactance, Institutions divines (VII, 17) : « Tout sera confus, contraire au droit divin et au droit naturel, tout sera mêlé ».

Dans le célèbre « hadith de Gabriel », le prophète Mohammed cite parmi les signes de l'Heure : « Lorsque la servante engendrera sa maîtresse, et que tu verras les va-nu-pieds, les pâtres, se faire élever des constructions de plus en plus hautes ».

Vishnou-Purâna (L. VI) :« Les gens du kali-yuga (l'âge sombre) prétendront ignorer les différences des races et le caractère sacré du mariage, la relation de maître à élève, l'importance des rites. Durant le kali-yuga des gens de toutes origines épouseront des filles de n'importe quelle race ». 

Apocalypse syriaque de Baruch (LXX, 5) : « Les sages se tairont et les fous parleront ».


Rapidité croissante de l’existence

Vishnou-Purana (IV) : « Brève sera leur vie, insatiables leurs désirs, et ils seront impitoyables. L’impiété prévaudra parmi les hommes déviés par l’hérésie et la durée de leur vie sera de ce fait plus brève ».

Hadith extrait d’El-Bokhâri (XCII, XXV, 2) : « (…) L’Heure dernière arrivera si subitement que celui qui est en train de rendre étanche son bassin n’aura pas le temps de s’y abreuver. L’Heure dernière sera si soudaine, que celui qui sera en train de porter un mets à sa bouche n’aura pas le temps de le manger ».

Deuxième Épître de Pierre (III, 10) : « Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur ».

Dictons populaires : « A la diable » = à la va-vite ; « La lenteur est de Dieu, la hâte est de Satan ».

Disparition ou parodie du Sacré

Marc (XIII, 22) : « Il surgira, en effet, des faux Christs et des faux prophètes qui opéreront des signes et des prodiges pour abuser, si possible, les élus eux-mêmes ».

Vishnou-Purâna (L. VI) : « A mesure que l’hérésie fera de nouveaux progrès, les sages pourront apprécier le développement de l’âge de Kali. C’est proportionnellement à cette diminution du nombre des hommes pieux adhérents aux leçons des Védas, au relâchement des personnes attachées à la vertu, et au déclin du respect pour les professeurs des Védas que les sages constateront l’accroissement de l’influence de l’âge de Kali ».

Corpus Hermeticum (T. 1) : « L’homme religieux passera pour un fou, l’impie pour un sage, les furieux pour des braves, les plus mauvais pour les meilleurs. L’âme et toutes les questions qui s’y rattachent — est-elle née mortelle, peut-elle espérer conquérir l’immortalité ? — tout ce que je vous ai exposé ici, on ne fera qu’en rire, on y verra que vanité. Il y aura même, croyez-moi, danger de mort pour qui gardera la religion de l’intelligence. On établira des droits nouveaux, une loi nouvelle, pas une parole, pas une croyance sainte, religieuse, digne du ciel et des choses célestes. Déplorable divorce des Dieux et des hommes ! Il ne reste plus que les mauvais anges, ils se mêlent à la misérable humanité, leurs mains sont sur elle, ils la poussent à toutes les audaces mauvaises, aux guerres, aux rapines, aux mensonges, à tout ce qui est contraire à la nature des âmes. La terre n’aura plus d’équilibre, la mer ne sera plus navigable, le cours régulier des astres sera troublé dans le ciel. Toute voix divine sera condamnée au silence, les fruits de la terre se corrompront et elle cessera d’être féconde ; l’air lui-même s’engourdira dans une lugubre torpeur. Telle sera la vieillesse du monde, irréligion et désordre, confusion de toute règle et de tout bien ».


BLOG de Pierre-Yves Lenoble : http://sophiaperennis.unblog.fr/

samedi, novembre 17, 2018

L'Ancien Testament, son Dieu et ses mensonges


Dans l'Église primitive, les chrétiens marcionites rejetaient la Loi ancienne de Moise et du peuple d’Israël. Marcion de Sinope (85 -160) était l'inspirateur de ce courant chrétien qui écartait la Torah et tout ce qui, dans la littérature néotestamentaire, portait la marque du judaïsme. Marcion affirmait que le Dieu créateur présent dans l’Ancien Testament n’a rien à voir avec le Dieu d’amour du Nouveau Testament. Mais en l'an 144, pour la plus grande gloire du terrible Jéhovah, les prélats de l'Eglise déclarèrent Marcion hérétique.


Qui est réellement Jéhovah ? 

Dans une interview intitulée "La tyrannie cachée", un Juif nommé Harold Rosenthal, assistant du sénateur Javits de New York, affirme que le peuple juif a fabriqué certains "mensonges qui servent à dissimuler leur nature et à protéger leur statut et leur pouvoir." Rosenthal démystifie le mensonge communément admis que les Juifs sont le peuple élu de Dieu. Il dit carrément le contraire : "La plupart des juifs n’aiment pas l’admettre, mais notre dieu est Lucifer, et nous sommes son peuple élu".

Usurpation biblique 

Henry Makow, auteur juif de nombreux livres sur l'histoire occulte des maîtres du monde, écrit dans son blog : "L’objectif de Lucifer est d’usurper le rôle de Dieu." [...]


Marques du démon

"L’étoile juive à six branches, poursuit Makow, est le plus haut symbole de l’occulte et possède des noms différents – l’étoile de Moloch/Saturne/Chiun/Remphan. Il est un symbole de l’union du mâle et de la femelle et est identique dans un sens à l’équerre et au compas maçonnique, qui est aussi un symbole à six branches autour de la lettre « G » signifiant l’acte sexuel générateur. En lieu et place de la lettre « G », nous trouvons au milieu הוהי sur de nombreuses étoiles juives.

Le symbole hébreu יח porté autour du cou de nombreux Juifs, symbolise soi-disant la "vie" (lachaim). Le mot signifie littéralement une "chose vivante" ou "bête", ce symbole représente "La Bête".

Le nom juif pour Dieu est représenté par le tétragramme הוהי (YHVH) pouvant être prononcé Yahvé ou Jéhovah. La signification du nom de Dieu est soulignée à plusieurs reprises tout au long des Écritures.
Traduite en hébreu, la vraie définition de l’Éternel (Yah-Hovah) se révèle : "Yah" signifie "dieu" ; "Hovah" se traduit par "l’impatience de la convoitise, la chute, le désir, la ruine, la calamité, l’iniquité, la malice, la méchanceté, le malin, le pervers, le méchant".


Jéhovah est synonyme de Baal 

Baali, de ba'al ; mon maître ; Baali, un nom symbolique pour Jeovah – Baali.

L’Encyclopédie juive ("Adonaï et Baal") révèle : "Le nom Baal, a apparemment comme équivalent YHVH".

Depuis les jours de Jérémie, les Juifs ont oublié le nom de leur dieu et l’ont remplacé par le titre "Baal" ou "YHVH" : Les faux prophètes "qui pensent faire oublier mon nom [de Dieu] à mon peuple… comme leurs pères l’ont oublié pour Baal." (Jer. 23:27).

YHVH et Baal représentent tous deux le dieu de la perversion sexuelle et de la méchanceté, Satan. [...]

En vénérant leur nom de Dieu (YHVH) sans le prononcer, les Juifs créent un air de mystère et de sainteté autour du nom, tout en améliorant la curiosité entourant sa prononciation et sa puissance. Lorsque les Juifs et les non-juifs curieux voient le tétragramme "sacré" utilisé dans la pratique occulte, ils sont intrigués par la probabilité que ces sorciers aient exploité les pouvoirs mystiques de ce nom.

La sorcellerie Wicca, le Satanisme, le Tarot, le Catholicisme occulte, la Franc-maçonnerie et la Kabbale utilisent leur connaissance du "nom sacré de Dieu" comme un appât pour recruter des membres dans leur secte. Si le nom n’était pas caché, il manquerait à ces cultes un outil essentiel dans leurs processus de recrutement. Ils ne pourraient pas offrir cette connaissance si les Juifs, l’autorité auto-proclamée au sujet de Dieu, prononçaient ouvertement ce nom."

Mythes et mythomanie de l'Ancien Testament

"Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge." (Jean 8:44)

L'entité sioniste, avec le soutien aveugle des USA, intrigue et sème la discorde, la destruction et la mort pour contrôler une région qui s'étend du Nil à l'Euphrate. 

Pour justifier la colonisation, l'apartheid, les opérations militaires (quasiment génocidaires)..., les sionistes prétextent des droits octroyés par la Bible : "En ce jour-là, l'Éternel fit alliance avec Abraham, et dit : Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, au fleuve d'Euphrate, le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens, des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïm, des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens." (Genèse 15.18-21). 

"Pour les juifs, dit Laurent Guyénot, les prophéties de domination mondiale sont toujours d’actualité. Même la destruction de la Syrie est programmée littéralement en Isaïe, le prophète le plus souvent cité par les sionistes : « Oracle sur Damas. Voici Damas qui cesse d’être une ville, elle va devenir un tas de décombres » (Isaïe 17,1-2)". 


Quand l'archéologie s'en mêle

L'archéologie annule les prétendus droits d'Israël sur les terres des Palestiniens et les territoires s'étendant du Nil à l'Euphrate.

"La saga historique, écrit Israël Finkelstein, que nous conte la Bible - depuis la rencontre entre Dieu et Abraham, qui incita ce dernier à émigrer vers Canaan, jusqu'à la libération des enfants d'Israël du joug de la servitude, sous la conduite de Moïse, suivie de l'émergence et de la chute des royaumes d'Israël et de Juda - ne doit rien à une quelconque révélation miraculeuse ; elle est le brillant produit de l'imagination humaine."

"L'épopée des patriarches et des prophètes, d'Abraham quittant sa terre natale à l'appel d'un dieu exigeant, de Moïse ramenant d'Égypte le peuple hébreu à la conquête de sa terre promise, des grands rois David et Salomon, tout cela ne serait en effet que pure invention de scribes tardifs à l'époque du Second Temple. Aucun vestige matériel ne valide en effet une telle saga à l'Âge de bronze. Tout juste quelque stèle de pharaon mentionnant au XIIe siècle avant l'ère le nom d'Israël parmi son tableau de victoires. Aucune trace probante des Hébreux dans l'Égypte des pharaons, ni de l'exode dans le Sinaï, ni de villes fortifiées comme Jéricho, ni de palais de Salomon à Jérusalem, ni même de culte monothéiste avant les derniers siècles précédant l'ère. Les livres de l'archéologue israélien Israël Finkelstein (La Bible dévoilée) diffusent aujourd'hui ce savoir critique avec succès. Hypothèses archéologiques bien vite relayées par d'autres essais, à portée plus politique, tel celui de l'historien Shlomo Sand qui dévoile la fiction nationale d'Israël (Comment le peuple juif fut inventé). "

Les patriarches ne sont jamais venus de Babylonie

"Les découvertes archéologiques ont contesté la crédibilité historique des récits bibliques. L’archéologie ne prouve pas leur chronologie. Si l’on en croit I R 6,1, l’époque des patriarches qui débute avec la migration d’Abraham vers Canaan remonte au XXIe siècle avant notre ère. Or, ce qui, dans le récit d’Abraham, concerne les Philistins, les Araméens et les chameaux infirme cette datation, car tous ces éléments n’existent pas en Canaan avant le XIIe siècle. Benjamin Mazar écrit que « le paysage ethnique, politico-social qui découle des récits patriarcaux convient en général à la fin de la période des Juges et au début de la royauté ». Ce qui veut dire que l’arrière-plan de l’histoire des patriarches ne se situe pas avant la sortie d’Égypte et le séjour là-bas mais des centaines d’années plus tard. Cul par-dessus tête...


Il n’y a jamais eu de sortie d’Égypte car les Hébreux (à supposer qu’ils aient existé, ce dont on n’est pas sûr) n’ont jamais résidé en Égypte

En effet, on n’a trouvé aucune inscription égyptienne confirmant la présence d’un peuple entier dans ce pays. On ne trouve mention que de bergers nomades, les « Shassou », migrant dans la région du delta du Nil en périodes de disette. Cependant il n’y a eu là qu’un phénomène très rare durant des milliers d’années et on ne constate aucune occurrence massive de cette migration. Des excavations au Tel Maskhuta, l’ancienne Pitom biblique, ont réduit à rien la présence supposée des Hébreux dans le pays de Gossen, dans le delta du Nil oriental. La ville fut détruite à l’époque du bronze moyen et n’a été réhabitée que vers la fin du VIIe siècle et au début du VIe siècle.

Le récit de l’Exode est donc fondé sur un anachronisme et peut être attribué à des réfugiés juifs du royaume de Judée à l’époque de Jérémie.


Il n’y a jamais eu de traversée du désert du Sinaï

Nul n’a jamais identifié le mont Sinaï où la Torah est censée avoir été donnée. Aucun des endroits où Israël s’est arrêté durant sa pérégrination n’a jamais été identifié. Le lieu de Kadesh Barnéa (Dt 1, 46) où Israël a résidé ne présente aucune trace de cet établissement. Le lieu n’a été habité pour la première fois qu’à partir du Xe siècle. Plus largement, on ne trouve pas de restes de l’époque du bronze tardive dans la plaine de Beershéva et Arad. Les théories identifiant le mont Sinaï dans le nord du Hejaz ou au Har Karkoum ne sont confirmées par aucune découverte archéologique. Les spécialistes estiment que ce séjour dans le désert « ne fut le fait que de quelques clans dont l’histoire propre fut élargie et “nationalisée” (sic) pour les besoins de l’idéologie théologique ».


La conquête de la terre n’a jamais eu lieu

Les fouilles, dans la vallée de Beersheva, des villes du bronze tardif, Arad et Horma censées, selon la Bible (livres des Nombres et Deutéronome), avoir ouvert la voie aux tribus d’Israël dans leur pénétration en Canaan ont montré, au terme de quinze ans, qu’il n’y avait pas d’établissements humains dans cette région durant l’âge du bronze tardif. Par conséquent, venant de Kadesh Barnéa, les tribus n’ont pas pu se confronter au roi d’Arad, à Horma comme le raconte le texte.

De même rien ne montre que Jéricho était entourée de murailles à cette époque. Même constat pour la ville de Aï (identifié à un « tel » local). Le récit de la conquête de Aï selon Josué 8 n’est pas confirmé à cette époque de la conquête bien qu’il soit plein de mentions tactiques et géographiques.

D’après d’autres archéologues il en est de même de toutes les autres villes cananéennes qui n’étaient pas fortifiées. Le discours de Moïse avertissant Israël qu’il entre dans un pays de villes fortifiées (Dt 9,1) va donc à l’encontre des découvertes archéologiques. On n’a découvert que des établissements sans fortification, parfois quelques bâtiments, le palais du potentat local et pas de vraies villes. Le déclin des villes cananéennes a commencé bien avant l’invasion supposée et ne découle pas d’elle. « On peut expliquer la puissance des villes cananéennes rapportées par les descriptions bibliques en fonction d’une intention idéologique qui avait pour but d’exalter le salut divin dans la guerre des Enfants d’Israël pour occuper la terre. »

Il faut souligner l’absence de mention dans le récit biblique de l’importance politique et militaire de l’Égypte dans le pays d’Israël aux XIIIe et XIIe siècles. Or, le pays était sous sa domination jusqu’au milieu du XIIe siècle, sous la coupe d’un pouvoir qui s’exerçait à partir de Gaza, Jaffa et Beit Shean. De nombreux restes égyptiens ont été ainsi découverts des deux côtés du Jourdain. Ce qui veut dire que le rédacteur de ce récit n’avait pas connaissance à l’époque où il l’écrivit de cette domination égyptienne. Le terrain infirme donc le récit biblique de la description de Canaan, avec des villes décrites comme fortifiées, immenses, leur sommet dans les cieux. « L’héroïsme des conquérants, peu nombreux face à de grandes multitudes, et le salut d’un Dieu qui combattait pour son peuple sont les causes de cette reconstitution théologique sans aucune base factuelle. »


Israël n’est pas Israël : les Hébreux sont des Cananéens

S’il n’y a aucune preuve de la sortie d’Égypte, de la traversée du désert du Sinaï, de la conquête militaire de Canaan, qui sont donc « les enfants d’Israël » ? Le nom d’Israël n’est rappelé qu’une seule fois dans une stèle égyptienne, de Merneptah, roi d’Égypte. Le pharaon qui célèbre sa victoire sur Canaan parle de villes et d’un groupe spécifique non citadin, nommé Israël, dont il annonce la destruction. Ce groupe semble avoir habité la zone montagneuse du centre, où le royaume d’Israël s’établira par la suite. Rien ne prouve le récit biblique tablant sur 12 tribus, établies sur les deux rives du Jourdain.

Par contre, il a été découvert qu’au début de l’âge du bronze, dans cette région, des centaines de petits points de peuplement de cultivateurs et éleveurs ont été fondés. Si les Hébreux ne venaient pas d’Égypte, d’où sont donc sortis ces établissements ? Les archéologues « pensent » que les Hébreux étaient des nomades venant de l’autre côté du Jourdain, établis en douceur dans la zone en question. Une théorie dite « sociologique » a cours : les occupants étaient des Cananéens, des résidents de la plaine côtière révoltés contre la dictature de leurs rois. En somme, les « Enfants d’Israël » proviennent d’une révolte d’une partie de la population cananéenne passée dans la zone montagneuse qui n’était pas habitée auparavant. Finkelstein propose d’y voir des bergers qui nomadisent durant la période du bronze tardif sous prétexte que, si on a trouvé leurs tombes, on n’a pas retrouvé d’établissements fixes. Cette population aurait pratiqué une économie d’échange de viande contre des céréales avec les habitants des vallées. Avec le déclin des villes et de l’agriculture des vallées, les nomades ont été, par la suite, obligés de cultiver les céréales eux-mêmes et donc de s’installer de façon fixe.

Il faut se libérer de l’idée que les Hébreux sont d’une seule et même origine ethnique : nomades du Negev du nord, agriculteurs de la Côte en rupture, artisans proches des cours princières en déclin. Leurs nouveaux établissements qui continuèrent la tradition cananéenne ne sont devenus « judaïtes » ou « israélites » qu’avec leur inclusion dans les monarchies de Juda et d’Israël. Les chercheurs n’ont ainsi pas trouvé d’opposition entre la culture cananéenne et celle des « colons ». Dans tous les domaines, on trouve une continuité, notamment dans la céramique, et pas l’opposition polaire sur laquelle insiste la Bible. En un mot les enfants d’Israël ne viennent pas du dehors de Canaan mais sont originaires du pays. Ils sont des Cananéens.


La monarchie unie et l’importance de Jérusalem

« L’empire » de David et Salomon, de l’Euphrate à Gaza, que célèbre le texte biblique (I R 5, 4), ne se retrouve pas sur le terrain. Les trois villes construites par Salomon, Hatzor, Megido et Gezer, présentent peu de fortifications. Même des villes importantes comme Lakish et Hebron n’étaient pas très peuplées. Jérusalem n’était qu’une petite ville dotée d’une petite forteresse. Ce n’était pas la capitale d’un empire comme la Bible la décrivait. Même si l’expression de « Maison de David » est attestée dans des inscriptions découvertes dans d’autres villes, c’est l’existence d’une grande monarchie qui est contestée. La Bible n’emploie jamais l’expression de « monarchie unifiée ». « C’est une monarchie ethnique. » L’expédition du pharaon Sisak (926) ignore l’existence des royaumes de Juda et d’Israël. Sisak traversa pourtant tout le pays et mentionna les noms des villages qu’il avait détruits. S’il avait rencontré des lieux importants, il les aurait mentionnés. Salomon n’était qu’un « leader local au lieu du potentat d’un empire ». Il semble que, dès le départ, Israël et Juda étaient deux royaumes séparés, indépendants et parfois rivaux. Les auteurs du récit biblique ont transposé la description de la Jérusalem du VIIIe siècle et « rétro-projetèrent » ce paysage sur la Jérusalem du Royaume-uni. Jérusalem ne devint un centre qu’après la destruction de sa rivale Samarie.


Le monothéisme est tardif : YHVH avait une déesse comme partenaire

Les recherches archéologiques ont conduit à douter des affirmations bibliques en matière de croyance et de culte. La découverte d’une inscription désignant deux dieux, YHVH et son Ashera, de la fin de l’époque du premier temple et du début du deuxième temple, a fait douter de l’époque où le monothéisme est devenu la religion officielle des royaumes israélites. En plusieurs endroits, à ce couple est associé un autre dieu, Shamran, Telan, Netsri, ou bien Baal et El. Ces inscriptions datent du VIIIe siècle et font penser que le triomphe du monothéisme comme religion officielle ne date que de la fin du royaume de Juda et après la disparition du royaume d’Israël. Au IXe siècle, il y avait un temple à Arad avec un autel important et donc l’exclusivité d’un seul Temple à Jérusalem n’est plus évidente." 


Extrait d'un article de Shmuel Trigano, professeur de sociologie à l’université Paris X, directeur du Collège des études juives, d'après les travaux de Zeev Herzog, "La révolution scientifique dans l’archéologie de Eretz Israël" (en hébreu).

En 1999, l'article de page de couverture de Herzog dans l'hebdomadaire Haaretz, "Déconstruire les murs de Jéricho", attira l'attention du public et suscita de nombreux débats. Dans cet article, Herzog cite des preuves selon lesquelles Israël n'est pas ce que la Bible dit.
Herzog est un co-auteur du "Palais du roi David à Jérusalem a t-il été retrouvé ?"


Les chrétiens sionistes



Visiblement, les chrétiens sionistes ignorent que l'extermination de tous les chrétiens est planifiée : quand viendra le roi-Messie, il sera impitoyable à l'égard des chrétiens.

Selon des textes talmudiques, après une grande guerre pendant laquelle les deux tiers des peuples périront. "Les Juifs, vainqueurs, mettront sept ans à brûler les armes des vaincus. Ceux-ci se soumettront aux Juifs et leur feront de grands présents, mais le roi-Messie n’acceptera pas le tribut des chrétiens, qui devront être entièrement exterminés."

"Dieu nous ordonne de tuer les chrétiens. La T
orah nous dit de tuer les chrétiens car c’est des idolâtres (il est question de la Trinité) !", a récemment déclaré un colon juif :
https://www.lelibrepenseur.org/un-colon-israhellien-dieu-nous-ordonne-de-tuer-les-chretiens/






vendredi, novembre 16, 2018

Les vies antérieures de Bernard Werber

Samouraï, femme dans un harem, guerrier durant la guerre de Cent Ans... les vies antérieures de Bernard Werber.


Dans son dernier roman, La boîte de Pandore, Bernard Werber règle ses comptes avec les mensonges de l'histoire officielle. Son héros, prof de lycée désabusé, découvre les vies de ses anciennes incarnations - de l'Atlantide aux tranchées de 1914-1918, en passant par l'Égypte ancienne et le Japon des samouraïs - ... que l'auteur dit avoir lui-même vécues.

Bernard Werber est interviewé par Mathieu Perreault :


Quelle est la genèse de votre livre ?

Comme journaliste scientifique, dans les années 80, j'ai écrit sur l'hypnose, le fait d'arrêter de fumer ou les chirurgies sans anesthésie. Quand je suis devenu écrivain, j'ai rencontré lors de dédicaces à Bordeaux un voisin qui avait écrit un livre sur l'hypnose et lui ai demandé de me l'enseigner. J'ai fait tenir une fille raide couchée les pieds sur une chaise et la tête sur une autre chaise. Mais moi, ça ne marchait pas, je gardais mon libre arbitre. Ensuite j'ai rencontré une médium qui m'a dit que j'avais eu plusieurs vies par le passé, 11 intéressantes et 100 banales. Comme romancier, j'aime les histoires, alors je l'ai écoutée. Enfin, en 1994, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a initié à l'hypnose régressive pour explorer nos vies passées. J'ai demandé à aller à ma vie où j'avais connu la plus grande histoire d'amour et me suis retrouvé dans une île. J'ai fini par déduire il y a 12 ans que c'était l'Atlantide. J'ai continué parce que, comme romancier, c'est un moyen de faire apparaître des histoires dans ma tête.

Cette réincarnation en Atlantide se retrouve dans votre roman. Et il y a en eu d'autres...

Il y a aussi la vie du samouraï. Mais depuis, j'ai fait beaucoup d'autres régressions. J'ai été une femme dans un harem en 300 avant Jésus-Christ en Égypte. C'était un petit harem, on était 40 et on s'ennuyait. J'ai aussi été un soldat anglais vers 1200, durant la guerre de Cent Ans. C'est un métier comparable aux intermittents du spectacle, aux figurants de films. Quelqu'un vous dit «mettez-vous là», on n'a pas de famille ni d'enfants. C'était étrange de ne pas pouvoir lire les noms de villes parce que j'étais analphabète, comme tout le monde avant. L'autre chose qui surprend, c'est la médecine. On faisait appel aux barbiers parce qu'ils avaient des rasoirs affilés et aux charpentiers parce qu'ils avaient des scies. On vit quand même à une époque formidable.

Vous dénoncez les mensonges de l'histoire officielle. Que pensez-vous du débat actuel sur les fake news ?

L'histoire est écrite par les vainqueurs et par ceux qui sont capables de l'écrire. Les Gaulois n'écrivaient pas et les bibliothèques de Carthage ont été détruites par les Romains. Mais il ne faut pas tomber dans l'excès et faire du révisionnisme.

Votre héros est sur le point de prouver l'existence de l'Atlantide, mais voit sa quête compromise par l'intégrisme musulman. Que pensez-vous du débat actuel sur l'islamophobie ?

Il me semble qu'il y a un retour de l'obscurantisme qui se manifeste dans le terrorisme, l'intolérance envers les autres religions et la croyance que les femmes ont un statut inférieur. C'est une nouvelle épreuve pour notre civilisation des Lumières. Ne pas mentionner l'islam quand un attentat est fait en son nom, c'est se mettre la tête dans le sable comme l'autruche qui va finir par se faire bouffer. C'est ce qui s'est passé à Rotherham, en Angleterre, où un réseau de Pakistanais a pu agresser 1000 jeunes filles parce que les autorités avaient peur que ça ait l'air d'être de l'islamophobie.

L'un de vos personnages dénonce les méfaits de la marijuana sur la mémoire. Sa légalisation dans plusieurs pays vous inquiète-t-elle ?

Dès qu'on agit sur le cerveau ou sur le corps, on a un rééquilibrage. Les drogues douces ont un effet négatif doux, les drogues dures, un effet négatif plus dur. Il faudrait idéalement laisser les gens qui savent comment faire face aux problèmes en faire l'expérience, mais s'assurer que les gens fragiles n'en prennent pas. La marijuana amplifie les perceptions, mais est risquée pour les psychoses et donne des troubles de mémoire. J'ai écrit des passages des Thanatonautes, ceux qui décrivent la vie après la mort, après avoir fumé de la marijuana d'excellente qualité du Brésil, mais après j'ai eu des trous de mémoire et des difficultés de concentration.

On discerne un lien entre votre livre Le sixième sommeil et La boîte de Pandore.

Je m'intéresse à la découverte des frontières de la conscience. Jules Vernes explorait les frontières géographiques, la science-fiction, les frontières technologiques. Les vrais défis maintenant sont la conscience, les rêves, l'inconscient. Pour moi, Freud est un pionnier comme Christophe Colomb.

Un personnage de votre livre dit que tous sont prisonniers de leur propre légende, de l'histoire qu'ils se racontent. Quelle est l'histoire dont vous êtes prisonnier ?

Je crois que je suis prisonnier de la légende de ma mère. Depuis que j'ai eu 3 ans, elle m'a dit que j'étais un génie, que je devais dessiner et aller vers les arts. J'ai essayé de lui plaire alors que je suis un type complètement normal. Je conseille d'ailleurs à toutes les mères de faire cela parce que c'est une manière de pousser leurs enfants à se dépasser.

Dans l'Atlantide, votre héros rencontre une société dont la conception du couple peut être qualifiée de moderne. Est-ce aussi la vôtre ?

Je vois autour de moi beaucoup de couples en perdition. Avant, les gens mouraient à 50 ans, maintenant à 100 ans, alors ça impose une nouvelle manière de vivre ensemble pour les hommes et les femmes. On ne peut pas se promettre fidélité éternelle, sinon les deux étouffent.

Source :

mercredi, novembre 14, 2018

« Qu’est-ce qu’un chef ? »

Lys Noir, tractage dans les rues de Lille.

Le général de Villiers et le Lys Noir


Le Lys Noir se définit comme un royalisme libertaire préconisant l’instauration de "cantons-républiques" quasi souverains, à démocratie directe. 

Le mouvement récuse "les prétentions de la quatrième maison d'Orléans, la jugeant trop proche de la franc-maçonnerie, de même que celles des membres de la Maison de Bourbon, jugés comme étant des « princes bâtards ». Le mouvement soutient en revanche les droits du prince franco-hollandais Charles de Bourbon-Parme, prétendant carliste en Navarre et fils aîné de Charles-Hugues de Bourbon-Parme, qui initia, dans les années 1970, un carlisme autogestionnaire en Navarre".

Durant le quinquennat de Hollande, le Lys Noir fondait beaucoup d'espoirs sur Philippe de Villiers et son frère le général Pierre de Villiers. Un putsch militaire devait débarrasser la France des parasites socialo-maçons, notamment de Hollande et son dauphin-requin Macron. Mais parvenu au pouvoir, Macron obtint la démission du général Pierre de Villiers.

Télécharger gratuitement Lys Noir (Juin 2015) ICI


Seize mois après sa démission de ses fonctions de chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers publie une réflexion sur l’autorité, sobrement intitulée "Qu’est-ce qu’un chef ?".

(Extrait de l'interview de Pierre de Villiers)



Pourquoi avoir écrit ce livre ?

PIERRE DE VILLIERS. Parce qu’il y a un fossé grandissant entre ceux qui dirigent et ceux qui exécutent. Une des causes est une forme de déshumanisation qui s’accroît partout. Il faut remettre l’homme et la femme au centre. Quelle est la responsabilité fondamentale du chef ? C’est le bonheur de l’homme, pas simplement la performance ou la dimension financière. Il faut revenir à l’origine latine du mot : "autoritas", élever vers. Non pas en faisant pression sur ses équipes, mais en faisant jaillir d’elles l’initiative, l’imagination, les solutions.

Est-ce une crise du chef que vous diagnostiquez ?

Il y a une crise de l’autorité aujourd’hui. Pas simplement en France, mais dans nos démocraties occidentales. Elle est liée à des facteurs qui pèsent de plus en plus sur les dirigeants : l’élargissement de l’espace avec la mondialisation, le temps qui presse et qui stresse ; l’insécurité qui règne, l’individualisme favorisé par les technologies… Tous ces facteurs complexifient l’exercice de l’autorité.

Les politiques savent-ils être des chefs ?

Ce qui manque en politique comme ailleurs, c’est la vision stratégique. Nous sommes dans le temps court, dans la tactique, dans les moyens… Il faut retrouver la vision qui donne du sens.

Votre frère Philippe vous a récemment prêté des propos que vous auriez tenus au président Macron : « Si ça pète dans les banlieues, on n’a pas les moyens de faire face »… Est-ce exact ?

Comme vous le dites fort justement, ce sont des propos qu’il me prête… ce qui ne signifie en aucun cas qu’ils m’appartiennent, nonobstant toute l’affection que j’ai pour mon frère. Ce que je peux dire, c’est que la situation dans certains quartiers est très préoccupante. Les difficultés n’y sont pas seulement économiques ou sociales, mais culturelles. L’échec en matière d’intégration est patent. Pourtant, je suis frappé de voir combien nous avons une belle jeunesse. Mais elle attend du sens, de l’humanité, le signal de valeurs partagées… et qu’on l’encourage.

Le service national universel (SNU) pourrait-il remplir un rôle utile ?

Je n’ai pas la version définitive du projet. Mais je comprends que l’effet voulu est de reconstituer le creuset national. J’y souscris, puisqu’il y a à peu près 100 000 jeunes - sur les 800 000 d’une classe d’âge - qui sont en dehors du système, qu’on veut réinsérer. Il y a trois difficultés à surmonter sur le SNU : budgétaire d’abord - ça ne peut pas être le budget des Armées. L’infrastructure ensuite, pour loger tout le monde. L’encadrement enfin. Ces jeunes, en particulier ceux qui sont en marge, exigeront un encadrement étoffé. Mais là encore, je ne vois pas comment les armées, qui sont déjà à 25 % au-dessus de leur capacité opérationnelle, pourraient y parvenir.

L’autorité était un ressort de l’élection de Macron. A-t-elle été restaurée ?

Tous les événements quotidiens montrent une crise de l’autorité, c’est patent. Mais le président est là depuis 18 mois, c’est le chef des Français, de la nation, il a été le mien et j’ai toujours été un homme loyal. Laissons-lui le temps nécessaire.

Se poser en président autoritaire, ça ne se décrète pas ?

L’autorité, ce n’est ni la mollesse tiède ni la dureté froide. C’est le chef qui est au service du bien commun, de l’intérêt général, qui fait éclore chez les gens tous les talents.

Il ne délègue pas assez ?

Je n’ai ni jugement ni conseils à lui donner.

Que faut-il pour faire un bon chef  ?
La confiance, c’est la valeur clé, l’aboutissement de l’exercice de l’autorité : quand on est chef, l’adhésion doit l’emporter sur la contrainte, et sur toute pression qu’on ferait peser sur ses subordonnés. C’est ce que j’appelle l’obéissance d’amitié : on est suivi parce qu’on est aimé. Le chef doit apporter du calme et de la sérénité. Plus ça chauffe, plus les merdes volent en escadrilles, plus il doit absorber les inquiétudes et diffuser de la confiance. Après, il y a d’autres qualités que je décris dans le livre : la compétence bien sûr, l’expérience, l’ouverture aux autres, la délégation et l’exemplarité. [...]

Emmanuel Macron vient de plaider pour une « armée européenne ». Et vous ?

Tout dépend de ce que revêt ce terme. Si elle prend la forme de projets de coopération entre différents pays autour de projets concrets, c’est même nécessaire ! Si c’est une armée fusionnée pour en faire une force armée pilotée de Bruxelles, non, impossible. On meurt pour son chef, sa patrie, ses valeurs nationales. Pas pour une communauté économique. Je suis pour une France souveraine dans une Europe forte, car nous n’avons plus le choix vu l’état du monde.

Un monde « en fusion », écrivez-vous…

Ce monde est dangereux et surtout, beaucoup plus instable. A quoi assiste-t-on ? Au retour des Etats-puissance qui augmentent de 5 à 10 % par an leurs moyens militaires et pratiquent la diplomatie du fait accompli. Au terrorisme islamiste avec lequel le monde et la France n’en ont pas fini. Aux migrations incontrôlées et au dérèglement climatique… Nous sommes dans une période de point de bascule, avec suffisamment d’éléments instables pour qu’un événement embrase tout. L’Histoire s’écrit sous nos yeux.

Le Président a évoqué un climat d’entre-deux-guerres.

A certains égards, c’est une comparaison judicieuse. Oui, il y a urgence. Il faut construire et gagner la paix - par la force, qui permet d’éradiquer la violence - avant qu’il ne soit trop tard. Et pour cela, on a besoin de chefs.

Avez-vous envie de vous lancer en politique ?

Je comprends que la question se pose avec ce livre, mais je suis un soldat. Je ne ferai pas de politique. Ce n’est pas mon métier, ni ma volonté.


Source :
http://m.leparisien.fr/politique/general-d-armee-pierre-de-villiers-il-y-a-une-crise-de-l-autorite-aujourd-hui-12-11-2018-7940439.php


Pierre de Villiers

« Je ne suis ni philosophe, ni sociologue, ni capitaine d’industrie. Je suis un praticien de l’autorité qui s’est toujours efforcé de placer les relations humaines au cœur de son engagement au service de la France et de ses armées. Car l’autorité n’est pas spécifiquement militaire, c’est le lien fondamental de toute société humaine. Fort de ces convictions, je propose dans ce livre quelques jalons pragmatiques, simples et avérés pour sortir d’un mal-être sociétal croissant, diriger avec justesse et discernement. »

Le général Pierre de Villiers signe un essai ambitieux sur l’ordre, remettant l’Homme au centre du système. Comme le ferait un officier, il indique au lecteur le cap qu’il faut tenir dans un monde complexe et sa méthode pour y agir utilement.
Mêlant une réflexion puissante sur les problèmes profonds que traverse notre époque et des solutions efficaces, le général de Villiers met ici son expérience unique au service de tous.

Après quarante-trois années d’une carrière militaire qui l’a conduit à devenir chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers est président d’une société de conseil en stratégie. Il a publié en 2017 Servir aux éditions Fayard.


mardi, novembre 13, 2018

Le recours à l’essentiel

Kalki, l'incarnation de la fin des temps. 
"Au crépuscule de l'âge présent, lorsque tous les rois (politiciens) seront devenus des voleurs, le Seigneur-de-l'univers naîtra d'un [brahmane appelé] Renom-de-Vishnu (Vishnu Yashas) et sera nommé Kalki." (Bhâgavata Purâna) Mythes et dieux de l'Inde, Alain Daniélou.



La vie moderne tend à éradiquer toute sensibilité traditionnelle


La vie moderne, dans sa banalité quotidienne, semble bien éradiquer toute trace de sensibilité traditionnelle ; mais, dans ses aspects paroxystiques, dans les situations extrêmes qu’elle engendre inévitablement, elle provoque chez certains un ultime et salvateur recours à l’essentiel. [...]


La sensibilité traditionnelle ne requiert pas de compétences intellectuelles hors du commun, mais un éveil de ce que les mystiques appellent « l’intelligence du cœur », c’est-à-dire une ouverture au divin, ou ce que diverses traditions rapportent au « troisième œil », c’est-à-dire au sens de l’éternité. Mais la sensibilité traditionnelle n’est en aucun cas exclusive d’une intelligence de la Tradition que, paradoxalement, le monde moderne a, dans une certaine mesure, facilitée par les moyens de communication. C’est ainsi que l’on peut trouver – mais encore faut-il le vouloir – les œuvres d’un grand nombre d’auteurs, à commencer par celles de René Guénon. [...]

(...) il est possible aujourd’hui, sinon de vivre selon la Tradition, du moins d’étudier les doctrines traditionnelles d’une façon qui eût été inimaginable, par exemple, au siècle dernier. Il convient sans doute de considérer cet aspect des choses comme l’un des « signes des temps » pour reprendre une expression chère à René Guénon. La fin d’un cycle s’accompagne en effet d’une sorte de récapitulation générale de toutes ses potentialités. [...]

Jean Reyor

Parmi les continuateurs de l’œuvre de René Guénon, une place de choix revient à Jean Reyor, dont les Éditions Archè, à Milan, ont publié trois volumes sous le titre général de "Pour un aboutissement de l’œuvre de René Guénon". [...]

 Aux yeux de Jean Reyor, l’homme occidental moderne doit d’abord se libérer, par une ascèse appropriée, des besoins et des habitudes factices qui ont fait de lui, surtout depuis le milieu du XIXe siècle, un être artificiel : 

"Il s'agit, avant tout, de se dégager pour recréer une vie simple, dépouillée de tout ce qui n'est pas la satisfaction des besoins élémentaires de l'être humain, l'accomplissement des devoirs d'état les plus impérieux et l'exercice de la charité effective et non verbale à l'égard du prochain, en commençant par le prochain le plus proche."

Le détachement

Un autre aspect caractéristique des orientations que préconise Jean Reyor à l’adresse d’un aspirant à la réalisation spirituelle est le détachement par rapport aux illusions relatives à une transformation de ce monde : on sent chez lui l’écho de la parole du Christ selon laquelle la seule chose nécessaire est la recherche du Royaume des cieux :

"Toute action extérieure représente des énergies soustraites à l'accomplissement de ces buts essentiels. Alors que nous voulons sortir de ce monde, de tous les mondes, comment pourrait-on nous demander de nous mêler aux activités insensées de ce monde ? (…) Aspirer à la Réalisation spirituelle implique une tendance à sortir du domaine de l'action - qui est celui du changement - pour atteindre l'immuable, à sortir du monde, de tous les mondes, pour atteindre Ce qui est au-delà de tous les mondes."

Les forces politiques modernes sont toutes anti-traditionnelles

Aussi Jean Reyor rejette-t-il catégoriquement tout engagement au sens politique de ce terme :

"L'individu qui aspire à une réalisation spirituelle n'a pas à « prendre parti » entre les divers groupes humains qui se disputent la domination de notre monde, et il ne pourrait le faire qu'en devenant le dupe ou le complice des influences anti-traditionnelles qui animent chacun de ces groupes." 

A ses yeux, les courants politiques que l’on appelle parfois « traditionalistes » participent de l’esprit du monde moderne et représentent des éléments aussi anti-traditionnels que ceux qui se réclament de l’esprit démocratique et des valeurs issues de la Révolution française :

"L'esprit traditionnel n'est nullement lié au conservatisme social, bourgeois plutôt qu'aristocratique, des milieux « réactionnaires » du XIX° s. et du début du XX° s. qui, sur bien des points, est aussi anti-traditionnel que la démocratie; il en est de même des idéologies « totalitaires » qui sont nées ou qui se sont imposées entre les deux dernières guerres. Que la démocratie soit une conception essentiellement anti-traditionnelle, il ne peut y avoir là-dessus aucun doute, puisque toute société traditionnelle est essentiellement hiérarchique."


Le véritable retrait du monde


Pour autant, ce retrait du monde est avant tout une attitude intérieure et n’implique pas nécessairement le repli dans un monastère ou dans un ermitage.

"Sortir du monde, c'est se détacher du monde dans toute la mesure où l'on n'est pas rigoureusement obligé d'agir dans le monde. Le monde en est arrivé à un point tel qu'il est devenu presque impossible d'agir dans le monde extérieur sans se faire le serviteur de l'Adversaire. Nous ne pouvons certes pas éviter cette participation involontaire au jeu des forces qui se disputent la domination de ce monde, mais nous pouvons du moins éviter d'aller au-delà de ce « service obligatoire ». La seule activité proprement initiatique ne peut être que l'acquisition, la conservation et la transmission de la Connaissance." [...]

(...) les conseils adressés par Jean Reyor aux postulants à une réalisation spirituelle dans les conditions de la fin de l’Age sombre qui sont les nôtres rejoignent très largement les conseils dispensés par Jean Biès dans ses "Passeports pour des temps nouveaux". Chez l’un comme chez l’autre de ces disciples de la pensée guénonienne, la sévère lucidité du jugement porté sur le monde moderne n’empêche pas la joie de vivre et un certain sens de l’humour, comme en témoigne cette réflexion de Jean Reyor par laquelle nous terminerons cette causerie et qui proclame sa « joie de vivre en un temps où les illusions sont tombées, où les mensonges sont apparus au grand jour » :

"Disons notre joie de vivre dans un monde où le renoncement et le détachement sont d'une pratique si aisée. A quoi pourrions-nous nous attacher, puisque déjà nous avons tout perdu ?"

Extraits de "Quelques aspects de la Tradition dans les conditions de vie du monde moderne" causerie de Charles Ridoux, téléchargeable gratuitement ICI.



lundi, novembre 12, 2018

Le révisionnisme biblique de Vincent Reynouard

Incarcéré pour révisionnisme, Vincent Reynouard se réclame de l'idéologie national-socialiste "sans haine". Dans cette vidéo, il relate son arrestation et son séjour en prison.


Macron envisage d'amender la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le révisionnisme biblique de Vincent Reynouard sera-t-il examiné par l'Inquisition ? Le tribunal de l’Inquisition de l’Église catholique romaine, établi au XVIe siècle pour juger les cas d’hérésie, n'a pas disparu. De nos jours, le sinistre tribunal se nomme la Congrégation pour la doctrine de la foi.


Sur l'Ancien Testament 



par Vincent Reynouard



Le fait d'écarter l'Ancien Testament, sauf lorsqu'il est nécessaire à la compréhension du Nouveau, me paraît très judicieux. Car sans même parler les passages sanglants, l'Ancien Testament contient une foule de faits légendaires, mythiques ou carrément exagérés, qui desservent grandement la religion.

Mais j'entends déjà la réponse que me feront certains adversaires catholiques : relisez, me diront-ils, l'encyclique de Pie XI qui condamnait le nazisme dont vous vous réclamez. Le pape écrivait explicitement :

"Les livres sacrés de l'Ancien Testament sont entièrement Parole de Dieu et forment une partie substantielle de Sa Révélation. [...] Seuls l'aveuglement et l'orgueil peuvent fermer les yeux devant les trésors d'enseignement sauveur que recèle l'Ancien Testament."

En affirmant qu'un texte qui est « entièrement la Parole de Dieu » contiendrait « une foule de faits légendaires, mythiques ou carrément exagérés », vous blasphémez Reynouard ! Votre fascination pour le national-socialisme vous jette donc hors de la communauté des catholiques... Telle est, je le sais, la réponse que l'on pourra me faire. Sachant qu'il s'agit d'un point central que les catholiques antinazis nous opposent, je m'étendrai un peu sur la question.

L'enseignement de l'Église

Certes, j'admets sans peine que j'ai contre moi de nombreux documents du Magistère, dont les actes du concile de Florence, en 1442, qui précisaient : 

« (...) la sainte Église romaine reconnaît un seul Dieu comme auteur de l'Ancien et du Nouveau Testament (...) puisque les saints des deux Testaments ont parlé sous l'inspiration du même Saint Esprit ». 

J'admets sans peine que de nombreux papes ont tenu un même langage et qu'il s'agit de l'enseignement traditionnel de l'Église.


Le lièvre, un ruminant ?


Je rappellerai cependant que dans le Lévitique, Dieu lui-même interdit aux fils d'Israël de manger du lièvre au motif qu' « il rumine, mais n'a pas de sabots » (Lev., XI, 6). Or, comme tous les léporidés qui sont herbivores, le lièvre a un système digestif qui ressemble à celui du cheval - un autre herbivore - mais qui diffère radicalement de celui d'un ruminant comme la vache. Certes, le lièvre ingère - sans les mâcher - certaines de ses crottes émises la nuit et qui ne sont pas composées de matière fécale, mais d'une bouillie riche en bactéries digestives. Toutefois, cela reste sans rapport avec la rumination.

Alors... comment croire que le Seigneur ait « oublié » ou « ignoré » que le lièvre n'était pas un ruminant ?

On me répondra que même si, physiquement, le système digestif du lièvre n'est en rien celui d'une vache, sa façon de se nourrir et de ré-ingérer une partie de ce qui sort de son intestin se révèle être une rumination particulière. Personnellement, je ne suis pas d'accord mais admettons cette objection.


La chauve-souris n'est pas un oiseau


Il n'en reste pas moins que dans ce même Lévitique, Dieu classe les chauves-souris parmi « les oiseaux » (Lev., XI, 13, 19). Or, sur ce sujet, il n'y a aucune querelle : les chauves-souris sont des mammifères et pas du tout des oiseaux qui, eux, pondent des œufs. Cette fois, donc, l'erreur est manifeste.


Les sources de la Genèse

Mais il y a plus intéressant encore. Dans un livre paru en 1753 et intitulé "Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraît que Moïse s'est servi pour écrire le livre de la Genèse", Jean Astruc écrit :

"Il y a dans la Genèse des répétitions fréquentes des mêmes faits, qui sautent aux yeux. La création du monde, et en particulier celle du premier homme, y est racontée deux fois. L'histoire du déluge jusqu'à deux fois de même, et jusqu'à trois fois à l'égard de quelques circonstances."

C'est incontestablement exact mais assez peu visible car les éditeurs des Bibles intercalent des titres et tronquent un verset.


Les deux récits de la création de l'Homme

Prenons par exemple une version de la Bible parue en 2004 et issue d'un travail collectif de traducteurs. Le récit de la Genèse commence comme tout le monde connaît, avec la création du monde en six jours, l'homme et la femme étant apparus au sixième jour : 


« Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle et les créa Dieu les bénit et leur dit : "Soyez féconds et prolifiques [...]" » (Gen., I, 27-28). 

L'homme et la femme ont donc été créés. Le récit s'achève avec le septième jour : « Dieu bénit le septième jour et le consacra car il avait arrêté toute l'oeuvre que lui-même avait créée par son action » nous dit le troisième verset du chapitre 2. Le quatrième déclare : 

« Telle est la naissance du ciel et de la terre lors de leur création ». Vient alors un gros titre (qui ne figure pas dans toutes les éditions), puis un titre que l'on retrouve le plus souvent : « Le paradis  terrestre » (ou parfois : « Le jardin d'Eden ») (Ill. 12). 

La présence du ou des titres à cet endroit laisse penser que le verset 4 achève le récit de la création du monde avec celle de l'homme et de la femme.

Seulement, le début du verset 5, contrairement à ce que prétendent beaucoup de versions trouvables sur Internet, ne correspond pas au début de la phrase traduite. Pour m'en assurer, je me suis procuré l'étude sur la Genèse d'un jésuite spécialiste des sciences bibliques. (Yves Simoens, Institut d'Études Théologiques, Bruxelles.) L'auteur parle bien du verset 4a ( « Telles (sont les) engendrements du ciel et de la terre dans leur création » ; p. 35) et du verset 4b (« Au jour du faire de YHWH Dieu terre et ciel » ). Preuve qu'il s'agit d'un seul et même verset artificiellement découpé. 

Or, la suite du récit narre une nouvelle fois la création du monde, en se concentrant cette fois sur celle de l'homme. On lit :

« il n'y avait encore sur la terre aucun arbuste des champs, et aucune herbe des champs n'avait encore germé, car le Seigneur Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour cultiver le sol [...]. » (Gen., II, 5). 

Suit alors la création de l'Homme comme tout le monde la connaît :

« Le Seigneur Dieu modela l'homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l'haleine de vie, et l'homme devint un être vivant » (Gen., II, 7) (Ill. 14). La femme viendra plus tard, tirée de la côte d'Adam (Gen. , II, 21-22).

La conclusion s'impose : le verset 4 tout entier marque le début d'une nouvelle narration de la création qui commence ainsi : « Telle est la naissance du ciel et de la terre lors de la création, le jour où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre ». Je note d'ailleurs que, dans une Bible de 1898 publiée par un docteur en théologie, le verset 4 a certes été indûment séparé et le 5 ne commence pas où il faut, mais il se trouve à la bonne place. (Louis Segond, "La Sainte Bible qui comprend l'Ancien et le Nouveau Testament", Grassart, Paris, 1898). Il annonce le nouveau récit de la création qui va suivre...

Quoi qu'il en soit, le récit de la création, et plus particulièrement celle de l'Homme, figure deux fois dans la Genèse. Ce fait est indéniable, malgré la coupure du quatrième verset et la présence de titres qui le rendent moins visible.


Les deux récits du Déluge

Mais c 'est encore plus net avec l'histoire du Déluge et de Noé. Après que ce dernier ait construit l'arche selon les ordres prescrits, Dieu lui dit : 


« Entre dans l'arche, toi et avec toi tes fils, ta femme et les femmes de tes fils. De tout être vivant, de toute chair, tu introduiras un couple dans l'arche pour les faire survivre avec toi ; qu'il y ait un mâle et une femelle. De chaque espèce d'oiseaux, de chaque espèce de bestiaux, de chaque espèce de petite bête du sol, un couple de chaque espèce viendra à toi pour survivre. Et toi, prends de tout ce qui se mange et fais-en pour toi une réserve ; ce sera ta nourriture et la leur. » C'est ce que fit Noé ; il fit exactement ce que Dieu lui avait prescrit (Gen., VI, 18-22].

Et voici le texte qui suit immédiatement :

Le Seigneur dit à Noé : « Entre dans l'arche, toi et toute ta maison, car tu es le seul juste que je vois dans cette génération. Tu prendras sept couples de tout animal pur, un mâle et sa femelle - et d'un animal impur un couple, un mâle et sa femelle - ainsi que les oiseaux du ciel, sept couples, mâle et femelle, pour en perpétuer la race sur toute la surface de la terre [...] » (Gen. VII, 1-3, Ill. 16).

On le voit, il s'agit du même événement, raconté une nouvelle fois avec une contradiction quant au nombre de couples à prendre dans l'arche.


Pourquoi ces répétitions ? 


Dans son ouvrage critique sur l'Ancien Testament, paru en France en 1866, le docteur en théologie allemand Abraham Kuenen répondit ainsi :

"Le fait est que maints récits du Pentateuque se fondent sur des documents divers, rapportant chacun le même événement, quoique d'une manière différente, mis tout simplement bout à bout à une époque ultérieure. Assurément il eût été facile à une rédaction postérieure de faire disparaître de pareilles divergences ; mais il est tout à fait conforme aux habitudes de l'historiographie orientale de les avoir laissé subsister dans le Pentateuque et dans d'autres livres historiques de l'Ancien Testament. On a évidemment tenu à reproduire textuellement des documents primitifs, tels absolument qu'on les avait trouvés."

Ceux que la question intéresse pourront lire l'ouvrage très fouillé et très complet (plus de 600 pages) d'Adolphe Lods : "Israël des origines au milieu du VIIIe siècle". L'auteur écrit : 

"Tous les écrits historiques de l'Ancien Testament sont, en effet, des compilations d'ouvrages antérieurs, que les rédacteurs ont combiné en les reproduisant à peu près textuellement, appliquant le procédé simpliste que suivaient parfois les annalistes assyriens et que devaient employer bien souvent les historiens arabes ainsi que les chroniqueurs de notre Moyen-âge. Dénués de toute vanité littéraire et préoccupés seulement de réunir en un faisceau aussi complet que possible les traditions du passé, les scribes israélites et juifs ont copié bout à bout avec un pieux respect des fragments de recueils plus anciens qu'ils avaient sous les yeux, même quand ces fragments ne s'harmonisaient pas entièrement entre eux ou faisaient plus ou moins double emploi."

Nous sommes loin de l'image d'un Moïse écrivant sous l'inspiration divine. La vérité est bien plus prosaïque.

Naturellement, je reconnais que ces textes peuvent parfois se référer à certains faits historiques véridiques ; je reconnais également la valeur spirituelle ou morale que peuvent avoir les Psaumes, les Proverbes et certains livres de prophètes... Mais à côté de cela, que d'inepties ! Il faut reconnaître avec Alfred Loisy que l'histoire décrite à travers le Pentateuque et le Livre de Josué se révèle être « un tissu d'extravagances et d'impossibilités ». 

A ce sujet, je renvoie le lecteur au livre de Frédéric Esmenjaud publié en 1867 et intitulé : "La lettre tue mais l'esprit vivifie ou Foi et raison".

L'auteur était prêtre. Mais ses doutes l'ont finalement conduit à démissionner. Dans ce livre, il explique pourquoi, sans haine ni ressentiment. Si la partie consacrée au Nouveau Testament est fortement critiquable au regard des découvertes postérieures, celle consacrée aux fables de l'Ancien Testament garde en revanche, sur bien des points, toute son actualité. Le chapitre sur l'Arche de Noé (p. 102) aurait pu être écrit par un révisionniste : l'auteur évoque toutes les difficultés techniques insurmontables qu'il y aurait eu à s'occuper et à nourrir tous ces animaux pendant des mois. Il écrit :

"Cette cargaison d'animaux et de comestibles devait être immense, en songeant surtout au nombre et à la voracité des espèces carnassières et à la plus vaste consommation encore de celles qui sont exclusivement herbivores. On se demande ensuite comment une multitude si considérable d'êtres vivants, entassés sur trois étages peu distants l'un de l'autre, ont pu respirer à leur aise et ne pas être asphyxiés, sans autre jour qu'une étroite ouverture, une fenêtre [...] pratiquée au comble du vaisseau. En vérité, les difficultés d'une pareille entreprise dépassent et confondent l'imagination, quoi qu'en aient pu dire certains apologistes."

L'auteur étudie aussi le récit incroyable de la Tour de Babel (p. 117), des plaies d'Egypte (p. 126), de Lot avec sa femme et ses filles (p. 168)... 

Mais surtout, il consacre un chapitre entier aux abominables cruautés et exterminations. Voilà pourquoi j'applaudis lorsque les nationaux-socialistes écartaient l'Ancien Testament de l'éducation religieuse dans les écoles - sauf lorsqu'il s'agissait d'éclairer le Nouveau (prophéties) ou de prendre quelques psaumes, quelques proverbes et quelques extraits du Cantique des cantiques.

Extrait de la revue "Sans Concession" (87-88).




dimanche, novembre 11, 2018

Allemagne, un putsch militaire est déjoué



Échec de l'opération "Jour X" 
(Novembre 2018)



Échec de l'opération Walkyrie
(20 Juillet 1944)




Allemagne : le complot des militaires nationalistes est déjoué.


Les autorités allemandes viennent de découvrir qu'une unité militaire secrète prévoyait d'assassiner des immigrants et des personnalités politiques allemandes. 

Le groupe, constitué d'au moins deux cents hommes, serait une faction néo-nazie au sein de la KSK de la Bundeswehr - l'équivalent du SAS. 

Ils projetaient de semer la terreur à la suite du nom de code "JOUR X" ("TAG X") et de tuer la dirigeante du Parti vert Claudia Roth, la ministre des Affaires étrangères Heiko Mass et l'ancien président Joachim Gauck.

Selon The Sun, un article paru dans l'hebdomadaire berlinois Focus précise que les soldats devaient aussi neutraliser de nombreux dirigeants de groupes d'accueil des immigrés, auxquels ils reprochaient les problèmes qui rongent la société allemande :  viols, terreur, délinquance...





Conseils de lecture

 Les conseils de lecture de Pierre Yves Lenoble





Bibliographie perennialiste :


- Burckhardt Titus, Principes et méthodes de l'art sacré, Dervy, 1995.


Les historiens de l’art, qui appliquent le terme d’ « art sacré » à n’importe quelle oeuvre artistique à sujet religieux, oublient que l’art est essentiellement forme : pour qu’un art puisse être appelé
« sacré », il ne suffit pas que ses sujets dérivent d’une vérité spirituelle, il faut aussi que son langage formel témoigne de la même source. Seul un art dont les formes mêmes reflètent la vision spirituelle propre à une religion donnée, mérite cette épithète. Plus de soixante ans se sont écoulés depuis la parution en français de ce texte magistral, traduit en plus de 10 langues à travers le monde.
Titus Burckhardt a été le premier à présenter dans un seul ouvrage le cœur et l’essence des grandes formes traditionnelles d’art sacré tant d’Orient que d’Occident. Il a produit une synthèse et une source féconde à laquelle beaucoup de spécialistes viennent continuellement puiser.



- Cohn Norman, Cosmos, chaos et le monde qui vient, Allia, 2000 


Cette anthologie réunit, pour la première fois dans leur version intégrale et pour la plupart inédits en français, les essais majeurs de l'historien d'art et métaphysicien, Ananda Coomaraswamy, sur le symbolisme et l'architecture sacrée aussi bien en Orient que dans l'Occident médiéval. Centrés autour d'un thème essentiel, la Porte du Soleil ou Porte du Ciel, qui permet à l'être de sortir du cosmos et d'accéder à la connaissance divine, et fruits de plus de trente années de recherches, entreprises en Inde puis aux Etats-Unis, alors qu'il animait à Boston le premier département d'art oriental constitué sur le sol américain, ces articles présentent une synthèse sans précédent révélant l'unité fondamentale des traditions aussi bien que leur permanente actualité. Utilisant une information considérable couvrant les principales traditions révélées (et tout particulièrement l'hindouisme, le bouddhisme et le christianisme) mais aussi le folklore mondial, l'auteur dégage les principes, les symboles et les mythes essentiels qui, partout, ont présidé à l'édification des temples dans les civilisations traditionnelles. Il montre comment ceux-ci se sont articulés avec la vie spirituelle de l'humanité depuis ses origines à nos jours et quelle perte leur abandon constitue pour l'humanité. Préfacé par le professeur Adrian Snodgrass, spécialiste de renommée internationale en architecture et histoire de l'art oriental, cet ouvrage érudit est une véritable ouverture à cette " pensée symbolique " qui précède le langage et la raison discursive et qui se retrouve un peu partout sur notre globe.


- Coomaraswamy A. K., La signification de la mort, Archè, 2001 

- Corbin H., Corps spirituels et terres célestes, Buchet Chastel, 2005 

- Corbin H., Face de Dieu, face de l'homme, Entrelacs, 2008 

Henry Corbin a su montrer au fil de ses travaux quelle était l'importance de la figure de l'Imâm en islam iranien. Dans les articles qui composent ce recueil, il poursuit cette mise en évidence de l'Imâm : le guide, qui est à la fois " la Face divine montrée à l'homme et la Face que l'homme montre à Dieu ". Mais cette exploration le conduit bien au-delà de l'Iran, car cette double figure vient aussi interroger les autres religions, et en particulier les théologies chrétiennes de l'Incarnation. Selon Henry Corbin, on ne peut vraiment comprendre l'intention profonde de l'islam iranien, sans procéder à une herméneutique comparée, impossible sans le monde " imaginal " sur lequel l'ouverture du recueil fait ici le point de façon complète. Ainsi pourra-t-on lire un de ses chefs-d'oeuvre en ce domaine : l'éclairage mutuel de la gnose ismaélienne et de la pensée du grand visionnaire suédois Swedenborg. Sans déconnecter la métaphysique des sciences des religions, le voyage nous dévoile le sens de ces philosophies prophétiques, de ces théosophies mystiques.


- De Lafont G., Les Aryas de Galilée, E. Leroux, 1902 


Gilbert Durand, disciple de Bachelard, souhaitait en concevant cet ouvrage compléter "anthropologiquement" les recherches inaugurées par l'auteur de "la psychanalyse du feu". Son livre est devenu la référence de tous les travaux sur les mythes : une sorte de "jardin" des images, ordonné comme la botanique de Linné, un merveilleux répertoire organisé autour des grands schémas structuraux.


- Eliade M., Traité d’histoire des religions, Payot, 1949 

Qu'est-ce qu'un fait religieux et que révèle-t-il ? Qu'est-ce que le sacré ? Quel est l'idéal de l'homme religieux ? Une fois de plus, Mircea Eliade (1907-1986) met son érudition et sa puissance intellectuelle synthétique au service du lecteur pour l'éclairer sur les religions du monde entier, leur signification et leur histoire. Préface de Georges Dumézil.


- Eliade M., Le sacré et le profane, Gallimard, 1965 

- Evola J., Métaphysique du sexe, L'Âge d'Homme, 1989

Initialement paru en 1958, Métaphysique du sexe est un livre singulièrement intemporel qui n'a pas d'équivalent à notre époque. Il a pour objet l'étude de ce que signifient, d'un point de vue absolu, les sexes et les relations entre les sexes. Il vise aussi à cerner tout ce qui, dans l'expérience amoureuse, mène à un changement de niveau de la conscience ordinaire et à un certain dépassement des conditionnements du Moi individuel. Pour l'auteur, les potentialités les plus élevées de l'eros sont passées, à l'époque moderne, par suite d'une régression et comme par atrophie, à l'état latent. Il s'agit de les redécouvrir, notamment pas l'analyse des expressions constantes du langage des amants et des formes récurrentes de leur comportement. S'appuyant sur l'ontologie et l'anthropologie " traditionnelles ", Evola affirme que les sexes existent d'abord en tant que principes transcendants, antérieurs et supérieurs à l'humain. La clé du sens ultime de l'eros doit donc être cherchée dans l'univers du mythe, du sacré, des hiérogamies, et la psychologie de l'éternel masculin et de l'éternel féminin ne s'explique qu'à la lumière de l'ontologie. A travers l'eros se manifeste le besoin irrépressible de l'homme d'échapper à sa finitude, comme l'enseignent le mythe de l'androgyne et celui de Poros et de Pénia. En reprenant conscience de la primordialité métaphysique du sexe, l'homme occidental pourra sortir de ses bas-fonds psychiques et spirituels, où c'est le fait même d'être homme ou femme qui est destiné à s'effacer. Cette nouvelle traduction intégrale comprend un appendice sur l'homosexualité et un index des auteurs cités, qui ne figuraient pas dans les éditions précédentes.

- Evola J., L'Arc et la Massue, Pardès, 1984 

Par les mots " arc " et " massue ", l'auteur a voulu désigner les deux principaux domaines traités dans ce recueil d'essais. Partant toujours des mêmes principes, Evola étudie des problèmes très différents. Avec l'" arc " on atteint des objets éloignés, et sous cet aspect l'ouvrage aborde des questions d'ordre supérieur, comme celles des relations entre l'Orient et l'Occident, de la notion d'initiation, de l'essence des mythes et des symboles de la signification de la romanité, des voies de l'action et de la contemplation, etc. Avec la " massue " on frappe et on abat des objets proches et il s'agit alors des essais contenant une critique radicale et une prise de position sur différents phénomènes des mœurs et de la société contemporaines. Le lecteur y trouvera donc étudiés des problèmes actuels, très courants et à la portée de tous, mais envisagés selon des points de vue inhabituels, anticonformistes et se rapportant à une conception supérieure de la vie et de l'homme.


- Fabre d’Olivet A., Histoire philosophique du genre humain (2 vol.), Éditions Traditionnelles, 1991 

Antoine Fabre d’Olivet est né en 1767 et mort en 1825. Ecrivain et passionné de la langue d’occitane, il publiera « La langue hébraïque restitué ». il s’intéressa aussi à la théosophie et fonda plusieurs journaux dont « Le Palladium de la Constitution »


- Fabre d’Olivet A., Lettres à Sophie sur l’Histoire, L’Âge d’Homme, 2010 

- Fustel de Coulanges, La cité antique, Hachette, 1866 

La Cité antique est le plus célèbre ouvrage de l’historien français Fustel de Coulanges, publié en 1864. Utilisant une approche cartésienne, en se fondant sur les textes d’anciens historiens et poètes de l’Antiquité, l’auteur analyse les origines des institutions les plus archaïques des sociétés grecques et romaines. Dans la préface de cet ouvrage, l’historien avertit le lecteur de l’erreur qui consiste à examiner les mœurs des peuples de l’Antiquité en se référant à celles d’aujourd’hui, alors que l’étude de ces peuples nécessite de faire abstraction de nos préjugés pour ne s’en tenir qu’aux faits. Fustel de Coulanges voit dans la religion et le culte les fondations des institutions des Grecs et des Romains. Chaque famille a ses croyances et ses Dieux. C’est ce culte qui dirige les règles en matière de propriété, d’héritage, etc. Avec le passage du temps, la nécessité s’est faite sentir d’ordonner et de mettre en cohérence les règles qui régissent les relations entre les personnes, pour conduire peu à peu à des règles s’appliquant à des entités de plus en plus larges, pour aboutir à la plus vaste, la cité elle-même. Par conséquent, l’origine de la cité est également religieuse, comme en témoignent les lustrations, ces cérémonies de purification périodiques en relation avec le recensement de tous les citoyens, tout comme en témoignent aussi les banquets publics en l’honneur des divinités locales. Cependant, les lois originelles codifiaient les privilèges de l’aristocratie, provoquant l’insatisfaction de la plèbe, pour en arriver à la révolution sociale dans laquelle le bien-être de la société devient le nouveau fondement de la religion, redonnant vie à la cité jusqu’à son extinction avec l’arrivée du christianisme.

- Georgel G., Les Rythmes dans l’Histoire, Archè, 1981 

Commentaire de Dawud Abû Salmân

Gaston Georgel est historien et écrivain. Né le 25 mars 1899 au Tholy dans les vosges, il a vécu essentiellement en Franche-Comté (Belfort-France). Il est peu connu dans son propre pays, mais ces ouvrages et son travail sont appréciés au Brésil, en Russie, en Hongrie, aux Etats-Unis et dans d'autres régions du monde également.

Gaston Georgel est une référence en matière d'histoire des civilisations et de la doctrine des "cycles" à travers l'histoire humaine et de sa conception du temps (non-linéaire).
On lui doit notamment les autres livres suivants :
- Les quatre âges de l'humanité ;
- Chronologie des derniers temps ;
- Le cycle judéo-chrétien ;
- L'Ère future et le mouvement de l'histoire.


- Gimpel J., Les bâtisseurs de cathédrales, Seuil, 1958 

- Gougenot Des Mousseaux R., Dieu et les dieux, Saint-Rémi, 2007 

Le Beth-el (la pierre-Dieu, initialement bénie par Jacob qui la désigne comme Le Messie), adopté par les idolâtres, avons-nous dit, poursuivit avec rapidité le cours des nombreuses et des incessantes variations auxquelles est fatalement condamnée l'erreur. En interrogeant ses monuments et ses chroniques, en y plongeant, en soulevant ou en déchirant, les rideaux épais de ses fables, nous rencontrons comme en Palestine, Beth-aven ou maisons de mensonge, et chefs matériels des Dieux.


- Guénon R., Le Roi du Monde, Gallimard, 1958 

«Ce livre de René Guénon est sûrement celui qui, de toute son œuvre, présente l'étude la plus étrange et, en même temps, le document le plus révélateur des vrais mystères sur lesquels repose l'ordre cosmique et traditionnel du monde entier. Les doctrines et les symboles de toutes les traditions attestent de façon concordante l'existence d'une "Terre Sainte" par excellence, prototype de toutes les autres "Terres Saintes", qui est aussi le séjour du centre spirituel auquel tous les autres centres sont subordonnés. Le chef de ce centre suprême est le "Roi du Monde". Ce séjour est situé dans un monde nécessairement invisible pour les regards des profanes, et inaccessible à leurs recherches. Pour couper court aux risques d'acceptations grossières et aux illusions à peu près inévitables, il est précisé qu'un tel accès (du reste extrêmement rare dans l'histoire traditionnelle du monde extérieur) est lié à un très haut degré de réalisation spirituelle. On peut naturellement se demander si certaines précisions que ce livre donne étaient vraiment opportunes. René Guénon a répondu d'avance à une telle question : "Dans les circonstances au milieu desquelles nous vivons présentement, les événements se déroulent avec une telle rapidité que beaucoup de choses dont les raisons n'apparaissent pas encore immédiatement pourraient bien trouver, et plus tôt qu'on ne serait tenté de le croire, des applications assez imprévues, sinon tout à fait imprévisibles."» Bulletin de la NRF, n° 133, déc. 1958.

- Guénon R., Symboles fondamentaux de la science sacrée, Gallimard, 1962 

Le présent recueil réunit tous les articles concernant le symbolisme que René Guénon n'avait pas lui-même inclus dans l'un de ses ouvrages. Il constitue la partie la plus importante de ses travaux dans ce domaine, et vient illustrer en quelque sorte la doctrine qu'il a exposée dans toute son œuvre, tout en offrant ce qu'on pourrait appeler les moyens d'une universelle vérification dans la multitude innombrable mais concordante de données sacrées provenant des traditions les plus diverses. Malgré tout ce que l'auteur avait déjà traité en cette matière dans ses autres livres, ce volume constitue un trésor unique de science symbolique et restera comme un véritable monument de l'intellectualité sacrée.


- Guénon R., Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Gallimard, 1972 

- Gusdorf G., Mythe et Métaphysique, Flammarion, 1984 

Comment est née la conscience philosophique ? Dans quelle mesure le mythe y a-t-il contribué ? Y a-t-il de l'un à l'autre rupture ou continuité ? Nourri des travaux de Bachelard, Lévi-Strauss, Dumézil, Eliade, salué à sa sortie par le grand historien des Annales Lucien Febvre, Mythe et métaphysique explore un continent resté longtemps inexploré de la pensée philosophique. Loin d'être une sorte de légende, de récit d'un savoir inférieur, le mythe possède une rationalité qui en fait un maillon essentiel dans l'histoire humaine. Un grand texte philosophique qui fait du mythe une « métaphysique première » adaptée à un moment de la conscience humaine.


- Huxley A., La philosophie éternelle, Plon, 1948 

Huxley, qui fit le tour du monde en sceptique et expérimenta les drogues en documentaliste, s'est défendu du pessimisme par ces deux formes de l'intelligence que sont l'ironie et le savoir. Cette anthologie de brefs textes de sages et de saints du monde entier, librement commentés, en est un très bel exemple. Des Vedas aux patriarches zen, en passant par saint Augustin ou des mystiques musulmans, Aldous Huxley explique les propos d'hommes et de femmes qui ont obtenu une connaissance immédiate de la réalité et ont tenté d'y rattacher un système de pensée englobant tous les autres faits de l'expérience. Ainsi explore-t-il avec eux la question de Dieu, celle de la charité, de la connaissance de soi, de la grâce et du libre-arbitre, du silence, de la prière, etc. – autant de thèmes de la philosophia perennis, la philosophie éternelle.


- Ibn Khaldûn, Discours sur l’Histoire universelle – Al-Muqaddima, Sindbad, 1997 

- Lacombe O., L'Absolu selon le Védânta, Geuthner, 1966 

- Leenhardt M., Do kamo, Gallimard, 1947 

L'auteur nous entraîne au long des sentiers canaques qu'il a longuement parcourus, au travers de la pensée des insulaires, de leur notion d'espace, de temps, de société, de parole, de personnage, et jusqu'à leur évolution moderne, où l'on voit, du travail d'individuation de la personne, se dégager les éléments structurels de leur mentalité, qui sont mythe et rationalité. Et l'on comprend alors ce que le Canaque entend lorsqu'il désigne do kamo, l'homme dans son authenticité.



- Levalois C., Les temps de confusion, Trédaniel, 1991 

- Müller M., Essai de mythologie comparée, A. Durand, 1859 

- Phaure J., Le cycle de l’humanité adamique, Dervy, 1973 

Cet ouvrage de référence est une vaste synthèse qui présente la doctrine traditionnelle des cycles développée et appliquée à notre temps. La cyclologie, ou théorie du temps cyclique, est une conception que l'on retrouve dans la plupart des sociétés archaïques. Selon cette vision, l'écoulement du temps n'est pas linéaire, l'histoire passant pour obéir éternellement à des cycles immuables amenant un retour périodique de l'humanité face aux mêmes situations, cycles dont la durée varie selon les traditions. La plus répandue et la plus ancienne des conceptions cycliques est la mesure védique du temps en quatre âges, encore développée aujourd'hui dans l'hindouisme et le bouddhisme. Le cycle complet dure 12 000 ans environ et débute par un Age d'Or, période où l'homme possède la connaissance spirituelle et vit dans une harmonie parfaite. Puis continence le déclin (perte progressive de la connaissance) qui, en passant par l'Age d'Argent puis l'Age de Bronze, aboutit à l'Age de Fer (Kali Youga) où triomphent l'ignorance, l'égoïsme et le mal. Une conflagration (sous la forme d'un cataclysme cosmique, de guerres ou autre) purifie ensuite l'humanité pour permettre le commencement d'un nouveau cycle, donc d'un nouvel Age d'Or. Bien qu'elle soit en contradiction avec les doctrines judéo-chrétiennes qui véhiculent une vision linéaire du temps, de la Création et de la fin du inonde, la cyclologie s'est perpétuée jusqu'à nos jours, véhiculée par divers courants philosophiques. A l'aide de cette théorie, Jean Phaure a la vertu de nous faire comprendre que ce que nous vivons et la fin de cycle qui nous attend n'arrivent pas pour la première fois et ont déjà eu lieu avec des intensités différentes ; c'est un perpétuel recommencement.


- Schelling F.-W., Introduction à la philosophie de la mythologie (2 vol.), Éd. Montaigne, 1945 

En dépit de l'apparente diversité de leurs objets, les deux parties qui composent cette Introduction à la philosophie de la mythologie traduisent un unique dessein : opposer à la dialectique hégélienne alors triomphante une dialectique plus authentique, car reconduite à sa source grecque - chez Platon, mais aussi, de manière plus inattendue, chez Aristote. La première partie applique cette méthode à la mythologie, et, après avoir fait s'effondrer les différentes «explications» de celle-ci, débouche sur l'historicité radicale du processus au long duquel, dans la métamorphose réglée des dieux, se constitue la «religion sauvage» de l'humanité. La seconde partie va soumettre au travail dialectique le contenu le plus immédiat de la pensée, l'idée de l'Être (ou de l'Étant, comme préfère dire Schelling, là encore fidèle aux Grecs), dont la patiente et minutieuse déconstruction dégagera le noyau caché, l'acte pur d'exister, que la raison ne peut plus contenir et qu'elle doit poser hors d'elle-même comme le point de départ d'une philosophie encore inouïe - la philosophie positive.


- Servier J., L’Homme et l’Invisible, Laffont, 1964 

Jean Servier remet en question les dogmes évolutionniste et matérialiste qui fondent - bien mal - la civilisation occidentale et ne visent qu'à calmer l'angoisse de l'homme blanc et à justifier son racisme.

Si l'on repousse les idées toutes faites et jamais vérifiées de certains savants, les hommes apparaissent égaux en pensée d'un bout à l'autre de l'espace et du temps, et de fait, plus soucieux des choses invisibles que des biens de ce monde. Ils croient tous à la survie d'un principe invisible, l'âme, après la mort charnelle. Partout réside la même volonté de considérer l'invisible. comme la seule vraie patrie humaine, la seule dimension à l'échelle de l'homme.
Face à ces certitudes, notre Occident. en cette fin de siècle, est en proie à une grande peur, qui reflète notre peur de la mort, car l'aventure humaine nous est désormais étrangère.
Apprenons à écouter la voix des sages en haillons qui peuvent encore nous dévoiler leur immense richesse spirituelle. Apprenons à lire dans les humbles traces laissées parles pieds nus de nos frères le mot dé passe de toutes les initiations : ce mot est Univers, sa réponse Homme. C'est la Parole que nous avons perdue...


- Vico G., La Science Nouvelle, Fayard, 2001 -Weininger O., Sexe et caractère, L'Âge d'Homme, 1975

Cet ouvrage classique de la pensée italienne fait date dans l'histoire de la philosophie et de la culture européennes : il marque, à la fin des Lumières, le moment où la réflexion s'émancipe des prétendues «lois éternelles» pour reconnaître son enracinement dans l'esprit strictement humain comme sa dépendance à l'égard de l'histoire. Cette dernière est bien désormais l'objet de la science et il s'agit d'en découvrir les lois intimes. L'histoire n'est ni un destin aveugle ni un produit du hasard, mais un processus rationnel. C'est dans cette perspective que Vico passe en revue les différentes époques dont l'interprétation donne sens au présent : temps primitif et mythique, antiquité, etc. En même temps, Vico analyse les progrès corrélatifs du droit et de l'État.

Weininger Otto, Sexe et Caractère.