mercredi, décembre 26, 2018

Le Graal

Le Graal selon Kaamelott, série télévisée humoristique.


Plus sérieuse, l'analyse synthétique du symbolisme du Graal par Pierre-Yves Lenoble.


BLOG de Pierre-Yves Lenoble : http://sophiaperennis.unblog.fr/



Lecture :


Joseph d'Arimathie - Merlin - 
Les Premiers Faits du roi Arthur



Les romans du Graal en prose française nous sont parvenus dans un grand nombre de copies manuscrites qui s'échelonnent du XIIIe au XVe siècle. Ils forment un entrelacs complexe de versions ou de réécritures qui ont été étudiées par les érudits depuis plus d'un siècle. Dès que l'on s'intéresse aux œuvres du Moyen Age, il ne faut en effet jamais perdre de vue que l'on se trouve devant une littérature en mouvement, en perpétuelle transformation de sa lettre et de son contenu. Le saint Graal du XVe siècle n'est plus le Graal de Chrétien de Troyes. Le vers est de plus en plus concurrencé par la prose qui tend à définir désormais la quintessence du genre romanesque.

Certains des récits ultérieurement inclus dans les versions cycliques de l'histoire du Graal étaient à l'origine des œuvres autonomes, écrites en vers. L'histoire de Lancelot, par exemple, apparaît en français avec un roman en octosyllabes, "Le Chevalier de la Charrette" de Chrétien de Troyes (vers 1181). La matière de ce roman - l'enlèvement de Guenièvre par Méléagant et sa libération par Lancelot - est incluse dans un premier Lancelot en prose (vers 1215-1225) au sein duquel elle est réduite au rang d'épisode.

Ce Lancelot en prose, qui s'ouvre sur le récit des enfances du héros, s'achevait probablement avec la mort de Galehaut. Il n'est pas encore relié à "La Quête du Saint Graal": le futur héros du Graal n'y est pas Galaad, mais Perceval. On parle à son propos de version « non cyclique ».


Cette première version en prose fut ensuite transformée et amplifiée, sans doute par étapes successives, jusqu'à une version cyclique (vers 1235-1240), véritable fresque du Graal, dans laquelle l'histoire de Lancelot occupe toujours une place centrale, mais dont l'enjeu narratif ne concerne plus uniquement ce héros : il se déplace vers la quête du Graal, forme ultime de la quête romanesque portée par cette tradition.


Philippe Walter


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.