Friday, December 13, 2013

La société du spectacle



« La première phase de la domination de l'économie sur la vie sociale avait entraîné dans la définition de toute réalisation humaine une évidente dégradation de l'être en avoir. La phase présente de l'occupation totale de la vie sociale par les résultats accumulés de l'économie conduit à un glissement généralisé de l'avoir au paraître, dont tout « avoir » effectif doit tirer son prestige immédiat et sa fonction dernière. En même temps toute réalité individuelle est devenue sociale, directement dépendante de la puissance sociale, façonnée par elle. En ceci seulement qu'elle n'est pas, il lui est permis d'apparaître. [...]

Le spectacle est une guerre de l'opium permanente pour faire accepter l'identification des biens aux marchandises ; et de la satisfaction à la survie augmentant selon ses propres lois. Mais si la survie consommable est quelque chose qui doit augmenter toujours, c'est parce qu'elle ne cesse de contenir la privation. S'il n'y a aucun au-delà de la survie augmentée, aucun point où elle pourrait cesser sa croissance, c'est parce qu'elle n'est pas elle-même au delà de la privation, mais qu'elle est la privation devenue plus riche.  […]

La satisfaction que la marchandise abondante ne peut plus donner dans l'usage en vient à être recherchée dans la reconnaissance de sa valeur en tant que marchandise : c'est l'usage de la marchandise se suffisant à lui-même; et pour le consommateur l'effusion religieuse envers la liberté souveraine de la marchandise. Des vagues d'enthousiasme pour un produit donné, soutenu et relancé par tous les moyens d'information, se propagent ainsi à grande allure. Un style de vêtements surgit d'un film ; une revue lance des clubs, qui lancent des panoplies diverses. Le gadget exprime ce fait que, dans le moment où la masse des marchandises glisse vers l'aberration, l'aberrant lui-même devient une marchandise spéciale. Dans les porte-clés publicitaires, par exemple, non plus achetés mais dons supplémentaires qui accompagnent des objets prestigieux vendus, ou qui découlent par échange de leur propre sphère, on peut reconnaître la manifestation d'un abandon mystique à la transcendance de la marchandise. Celui qui collectionne les porte-clés qui viennent d'être fabriqués pour être collectionnés accumule les indulgences de la marchandise, un signe glorieux de sa présence réelle parmi ses fidèles. L'homme réifié affiche la preuve de son intimité avec la marchandise. Comme dans les transports des convulsionnaires ou miraculés du vieux fétichisme religieux, le fétichisme de la marchandise parvient à des moments d'excitation fervente. Le seul usage qui s'exprime encore ici est l'usage fondamental de la soumission. »

La Société du Spectacle, Guy Debord

 


La Société du Spectacle
Guy Debord

Guy Debord (1931-1994) a suivi dans sa vie, jusqu'à la mort qu'il s'est choisie, une seule règle. Celle-là même qu'il résume dans l'Avertissement pour la troisième édition française de son livre La Société du Spectacle : «Il faut lire ce livre en considérant qu'il a été sciemment écrit dans l'intention de nuire à la société spectaculaire. Il n'a jamais rien dit d'outrancier.»


Bibliothèque virtuelle :



Sunday, December 08, 2013

René Guénon & déconditionnement


René Guénon est mort en 1951 au Caire. Son œuvre, qui traite aussi bien des spiritualités orientales, de l’initiation, du symbolisme que de critique sociale, resta discrète. Elle n'occupa jamais le devant de la scène médiatique, et pourtant elle passionna, intéressa ou intrigua de nombreux esprits parmi les plus brillants de son époque.

Si Guénon amène chez certains une adhésion totale, passionnée, elle provoque aussi le rejet. Pour certains intellectuels, la seule mention de son nom crée une réaction irrationnelle, violente, un refus qui témoigne souvent d'une méconnaissance de l'œuvre. René Guénon ne laisse jamais indifférent ceux qui l'approchent. Il intrigue, fascine. Il n'est pas un auteur comme les autres.

La plupart des ouvrages de spiritualité contemporains respectent les « valeurs de la société occidentale », les découvertes de la science, la technologie, ou du moins ne les mettent pas réellement en cause. Dans ces livres, la spiritualité est un objet plutôt inoffensif, un ensemble de connaissances, de règles de vie, de pratiques, qui visent à trouver un certain équilibre intérieur et s'intègrent parfaitement au discours ambiant. Par intérêt ou par indifférence, ces auteurs caressent la modernité « dans le sens du poil ».

René Guénon aurait pu se contenter de publier ses remarquables études sur le Védanta ou le symbolisme. Mais pour lui, le domaine du spirituel n'est pas dissociable d'une « vision du monde » sacrée. On ne peut parler de soufisme, de taoïsme, de yoga, sans remettre en cause le monde « profane » qui est le nôtre. Le spirituel doit s'inscrire dans une perspective plus vaste. Guénon montre que des disciplines comme la méditation, des doctrines comme le Védanta sont l'écho des anciennes civilisations hindoues ou tibétaines qui étaient complètement imprégnées par le sacré — et ces échos nous sont parvenus plus ou moins déformés par tous les préjugés de la mentalité actuelle, souvent détournés de leur véritable sens.

À notre époque où se pose la question d'une « spiritualité laïque », détachée des religions, Guénon répond très nettement qu'elle est impossible. Une pratique spirituelle n'est pas une « science », au sens où l'entendent les modernes, c'est-à-dire une discipline neutre, libre de toute référence à une tradition. Elle ne peut être déliée de son contexte religieux et surtout d'une filiation maître-disciple. Pratiquer la méditation en dehors d'un cadre bouddhiste ou hindou, c'est comme pratiquer la prière du cœur hésychaste sans se référer au christianisme. Même dans les formes les plus dépouillées du bouddhisme, le zen et le théravada, les moines s'inscrivent dans une forme traditionnelle particulière et récitent chaque jour des sutras ; de même, la Cabale n'est pas dissociable du judaïsme ni le soufisme de l'islam, c'est-à-dire des matrices au sein desquelles ils se sont développés. De ce fait, René Guénon a tenté de restaurer ces pratiques et ces doctrines dans leur vérité, sans faire de concession à l'idéologie dominante.

Les Orientaux ont toujours représenté, face aux divinités chargées de compassion, des dieux ou des déesses qui luttent contre les « démons » et veillent à garder l'intégrité de la tradition, comme Durga en Inde ou Manjusri dans le bouddhisme. Dans cette perspective, nous pouvons dire que René Guénon joue un peu le rôle du boddhisatva Manjusri, qui tranche les ténèbres de l'ignorance avec son épée.

Ce que René Guénon a à nous dire est contraire à tous nos conditionnements, nos préjugés, à tout ce que nous avons appris. Nous pensons que le monde sensible que nous percevons est la seule réalité, qu'il a toujours été le même pour tous les peuples depuis le commencement de l'humanité et que l'homme blanc contemporain a découvert pas à pas, petit à petit, la vérité à travers la démarche scientifique. Nous sommes persuadés que l'économie explique en grande partie les événements de l'histoire, que nous passons progressivement de la barbarie à la civilisation et que les idées philosophiques et religieuses sont affaires de « croyance ». Or Guénon nous dit précisément que ce que nous tenons pour vrai n'est qu'un ensemble de conditionnements, de préjugés, un « rêve particulier », et que nous prenons pour une vérité universelle une réalité très singulière. Une réalité contraire à la nature profonde de l'homme.

Nous nous croyons libres, ou du moins plus libres que la plupart des hommes des anciennes civilisations. René Guénon nous montre que nous sommes simplement victimes d'une idéologie dominante qui nous maintient dans certaines croyances que nous pensons universelles. Il met le doigt sur la profonde aliénation de l'homme contemporain. Par rapport à l'emprise subtile qu'exerce le monde actuel, l'œuvre de Guénon représente une échappée, une verticalité, une « liberté vraie ».

René Guénon s'est situé délibérément en dehors des « valeurs » de la société occidentale, rendant de ce fait toute récupération de son discours impossible. Même si les critiques adressées à cette société sont nombreuses, elles demeurent finalement toujours dans un cadre convenu, et n'échappent pas aux « valeurs de la modernité ». Toute révolte ne peut avoir lieu que sur la scène érigée par la collectivité à laquelle nous appartenons. Nous n'avons que la liberté dérisoire de nous positionner : nous sommes darwinistes ou bien créationnistes, théistes ou athées, progressistes ou réactionnaires, etc. Ainsi l'individu se retrouve-t-il enfermé dans une posture tout en se croyant libre de ses choix.

Pour aborder l’œuvre de René Guénon, il est donc nécessaire de déposer toutes nos croyances, toutes nos habitudes de pensée, pour nous ouvrir à quelque chose de neuf, de radicalement différent de ce que l'on nous a enseigné. Si nous n'adoptons pas cette attitude, nous ne ferons que juger de son œuvre en fonction de nos préjugés. Projetant sur elle nos particularités culturelles en pensant qu'elles sont universelles, alors qu'elles sont liées à une certaine époque et à un certain lieu, nous passerons à côté de ce que nous dit René Guénon.

Mais cette vision du monde différente à laquelle il nous enjoint de nous ouvrir, cette nature profonde de l'homme qu'il nous appelle à retrouver, n'est pas le fruit de sa propre spéculation, car la véritable particularité de Guénon, ce qui fait sa force et sa différence, réside dans le fait qu'il ne défend pas une pensée personnelle. Il n'est pas le créateur ou le continuateur d'un système philosophique, d'une idéologie, d'une croyance particulière. Il s'est toujours voulu le témoin de la Tradition — ce qui est l'essentiel, le cœur de sa démarche, le fondement de son œuvre. Comme il le dit dans un compte-rendu; « "Nos" doctrines n'existent pas, pour la bonne raison que nous n'avons jamais fait autre chose que d'exposer de notre mieux les doctrines tradition-nelles, qui ne sauraient être la propriété de personne . » Le mot « Tradition » ne se réfère évidemment pas au folklore, aux coutumes, à ce que Guénon appelle le « traditionalisme ». La Tradition métaphysique, au sens où il l'entend, n'a rien à voir avec un culte du passé et la volonté de le prolonger dans le présent ; elle est une « réalité métahistorique », intemporelle, vivante, qui se trouve au cœur des religions et qui est en même temps le principe ordonnateur de toute civilisation centrée sur le sacré — et en ce sens « traditionnelle ». L'existence de ce noyau de vérité, commun à toutes les grandes religions du monde, est familière à beaucoup de maîtres ou d'êtres spirituellement réalisés.

Erik Sablé, René Guénon, le visage de l'éternité.


René Guénon
Le visage de l'éternité

Violemment critiqué ou célébré comme un gourou, Guénon n'a pourtant jamais revendiqué une œuvre personnelle : il s'est présenté comme le "scribe" de la tradition universelle, ce noyau de vérité au cœur des diverses traditions spirituelles qu'on trouve évoqué par les mystiques, des kabbalistes aux soufis en passant par Maître Eckhart. Sa passion de l'éternité s'est ainsi déployée comme un travail de transmission de la tradition universelle, qu'il s'est attaché à définir et à présenter tout au long de son oeuvre. Les valeurs de la modernité, particulièrement la prépondérance de la raison, ont en effet dissous le lien avec cette tradition, encore vivante dans certaines sociétés (Tibet, Inde ou chez les soufis par exemple). L'essence de l'homme est spirituelle, et une société qui ne respecte pas cette essence s'égare, vidée de toute dimension sacrée, nous dit Guénon.


Wednesday, December 04, 2013

René Guénon et le Tibet


Dans la revue « La Gnose » de mars 1910, René Guénon écrit :

« Depuis quelque temps, des informations de source anglaise, donc évidemment intéressées, nous représentent le Tibet comme envahi par une armée chinoise, et le Dalaï-lama fuyant devant cette invasion et s’apprêtant à demander secours au gouvernement des Indes pour rétablir son autorité menacée. Il est très compréhensible que les Anglais prétendent rattacher le Tibet à l’Inde, dont il est pourtant séparé par des obstacles naturels difficilement franchissables, et qu’ils cherchent un prétexte pour pénétrer dans l’Asie centrale, où personne ne pense à réclamer leur intervention (au 21ème siècle, l'empire anglo-américain poursuit toujours cet objectif).

La vérité est que le Tibet est une province chinoise, que depuis des siècles il dépend administrativement de la Chine, et que par conséquent celle-ci n’a pas à le conquérir. Quant au Dalaï-lama, il n’est pas et n’a jamais été un souverain temporel, et sa puissance spirituelle est hors de l’atteinte des envahisseurs, quels qu’ils soient, qui pourraient s’introduire dans la région tibétaine. »


la politique du lama

«Depuis plus de 360 ans, il n’a jamais été vraiment certain qu’un des occupants du Potala, y compris l’actuel Dalaï-lama, ait été un vrai Dalaï-lama, c’est à dire une véritable incarnation de Gendun Droub.»
Western Shugden Society


Une Grande Imposture : persécution, corruption, dictature et traîtrise. Cette histoire vraie révèle la face cachée du lauréat du prix Nobel de la paix : le Dalaï-lama. Par une recherche approfondie, ce livre regarde derrière l'image de sainteté et montre au grand jour le vrai Dalaï-lama : un dictateur religieux et politique, responsable de persécution non seulement sur son propre peuple, mais aussi sur des millions de gens de par le monde. Le Dalaï-lama utilise à mauvais escient les enseignements de Bouddha pour des fins politiques, détruisant la paix et l'harmonie qui règnent dans les communautés bouddhistes partout dans le monde, et persécutant les pratiquants de la déité bouddhiste Dordjé Shougdèn. Nous trouvons dans ce livre des informations sur les liens entre le Tibet et le nazisme, la fuite du Dalaï-lama organisée par la CIA, la passion que le Dalaï-lama voue au communisme, le rôle joué par le Dalaï-lama au sujet des manifestations olympiques de 2008...


Sunday, December 01, 2013

La guerre contre l'islam


Le lama tibétain Garje Khamtrul Rinpoché est un collaborateur de Rigpa (fondé par le gourou tibétain Sogyal). Ses commentaires du kalachakra Tantra, texte sacré du lamaïsme, présentent les musulmans (les Lalos) comme les ennemis du bouddhisme.

« La plupart des partisans de la foi La-lo (l'islam), dit Garje Khamtrul Rinpoché, à l’instar d’autres non bouddhistes, ne s’appuient ni sur la méditation ni sur les idées philosophiques, mais paraissent suivre sans discernement des modes de penser mondains et préconisent de nuire à autrui comme pratique de la religion. Dans le futur, de nombreuses nationalités de La-los – qui incluront les peuples Hou-zi (Ho’u-zi) et T’en-dr’uu (Then-gru’u) de Chine, les tribus des régions frontalières du Tibet et de l’Inde et les gens Lo-k’a-tr’a (Klo-kha-phra) – uniront leurs forces. Ensuite, en un lieu dénommé Tri-li se déroulera une grande guerre La-lo. Les La-los, alors unifiés, deviendront très puissants et domineront la moitié du monde. (L’idée de la domination musulmane annoncée par des commentateurs des prophéties du Kalachakra tantra, comme le lama Garje Khamtrul, est à l’origine de l’islamophobie de beaucoup de bouddhistes.)

Selon Garje Khamtrul Rinpoché :

« Après l’année singe-feu du cycle Dong-ngäg le roi La-lo, qui est considéré comme une manifestation des anti-dieux, rassemblera ses forces à l’ouest de l’Inde dans un lieu nommé Tri-li. Il finira par gouverner la partie centrale de l’Inde au sud de la rivière Shri-ta, tout le Tibet et la moitié du monde. Tandis que, pareil à un éléphant fou, il régnera avec orgueil et sauvagerie, les ministres La-los auront le sentiment que personne au monde n’est plus puissant que ce roi, et feront à ce propos de nombreuses déclarations. Alors, par la force de prières antérieures et l’infaillible vérité de la loi de cause et effet, en conformité avec ses désirs propres, la déesse Re-ma-te deviendra l’épouse du roi La-lo. Elle dira à ses ministres : « O ministres fiers et puérils, j’ai été témoin d’un monde plus grand encore que celui-ci. Si nous ne le conquérons pas, votre habituel orgueil ne sera que fanfaronnade d’enfant. Par conséquent, puisque ce monde au-delà du nôtre existe, employez-vous dès maintenant à le vaincre. »

« Alors, pleins d’arrogance et d’impatience, poursuit Garje Khamtrul Rinpoché, les ministres déclareront : « S’il existe un deuxième monde par-delà le nôtre, nous devons absolument le conquérir. » Remplis de courage, ils s’écrieront tous d’une voix forte : « Allons le conquérir ! » Les ministres feront surveiller les airs et, voyant les multiples signes de fortune et de bonheur du pays de Shambala au nord, les vagues de jalousie éclateront. Ainsi commeceront-ils à diriger leurs forces militaires sur Shambala. »

« Ce moment correspondra à la 97ème année du règne du vingt-cinquième Détenteur royal des Castes (Le roi de Shambala), l’an mouton-eau du vingt-troisième cycle Nyi-ma (2425 après J.C.). Alors, en vue d’aider les La-los, grâce à la force du karma, le souverain religieux produira diverses sortes d’armes et des millions de forces militaires irrésistibles, comme dans un spectacle magique. De Shambala à Jambudvipa il conduira les forces réunies des douze grands dieux : 90 millions de chevaux volants, 400 000 éléphants, 500 000 voitures, une infanterie composée de toutes les personnes disponibles, des navires de l’espace se déplaçant plus vite que le son, des véhicules à moteur actionnés par le feu et la vapeur, des véhicules armés aux blindage de fer, des explosifs que l’on peut lancer à la main, et différents types d’armes atomiques. En Inde, sur les bords de la rivière Shrita, aura lieu alors une grande guerre contre les La-los. »

Garje Khamtrul Rinpoché prophétise la défaite des musulmans :

« A ce moment Dr’ang-tzii lo-dr’o, roi des La-los (des musulmans) sera poignardé par Drag-po K’or-lo-chän. Et Wang-poi gön-po (dBang-po’i ngon-po) et le fils du général La-lo Dawa chen-po (Zla-ba chen-po), seront respectivement poignardés par la main de Hanuman, général du Détenteur des Castes, et par celle de Dr’ag-po K’or-lo-chän. Ainsi seront-ils défaits. Les forces anti-divines des La-los seront pareillement vaincues par celles des douze grands dieux ; alors tous les dieux sans exception se rangeront aux côtés du Détenteur des Castes.

Alors, en partant de l’Inde et dans le sens des aiguilles d’une montre, le pays entier de Jambudvipa sera gouverné par le Détenteur des Castes Dr’ag-po k’or-lo-chän. Les enseignements du Bouddha en général et ceux du Mahayana tel que le Kalachakra , en particulier, fleuriront immensément. La durée de la vie humaine augmentera progressivement jusqu’à 1 800 ans et l’Age Parfait renaîtra plus glorieux que jamais auparavant. »

Garje Khamtrul Rinpoché
Source : « Le Tibet Journal », éditions Dharma.







Saturday, September 28, 2013

Racisme & guerre sainte




La guerre sainte

par J. Evola

Dans la tradition islamique on distingue deux guerres saintes : "la grande guerre sainte" (el jihâdul akbar) et "la petite guerre sainte" (el jihâdul-açghar) conformément à une parole du Prophète qui, de retour d'une expédition guerrière, déclara : « Nous voici revenus de la petite guerre à la grande guerre sainte. « La grande guerre sainte est d'ordre intérieur et spirituel ; l'autre est la guerre matérielle, celle qui se livre à l'extérieur contre un peuple ennemi, en vue notamment d'inclure les peuples "infidèles" dans l'espace régi par la "loi de Dieu" (dar al-islâm).

La "grande guerre sainte" est toutefois à la "petite guerre sainte" ce que l'âme est au corps, et il est fondamental, pour comprendre l'ascèse héroïque ou "voie de l'action", de comprendre la situation où les deux choses se confondent, la "petite guerre sainte" devenant le moyen par lequel se réalise une "grande guerre sainte" et, vice versa, la "petite guerre sainte" - la guerre extérieure - devenant presque une action rituelle qui exprime et atteste la réalité de la première. En effet, l'Islam orthodoxe ne conçut à l'origine qu'une seule forme d'ascèse : celle qui se relie précisément au jihad, à la "guerre sainte".


La "grande guerre sainte" est la lutte de l'homme contre les ennemis qu'il porte en soi. Plus exactement, c'est la lutte du principe le plus élevé chez l'homme contre tout ce qu'il y a de simplement humain en lui, contre sa nature inférieure, contre ce qui est impulsion désordonnée et attachement matériel. [...]. C'est sous la forme de convoitise et d'instinct animal, de multiplicité désordonnée, de limitation anxieuse du Moi fictif, de peur, de faiblesse et d'incertitude, que l'"ennemi" qui résiste, l'"infidèle" en nous, doit être abattu et réduit en esclavage : telle est la condition de la libération intérieure, de la renaissance en cette unité profonde avec soi-même qui, dans les traditions occidentales de l'Ars Regia, est également exprimée par le symbolisme des "deux ennemis qui deviennent une seule chose", ainsi que par la "paix", au sens ésotérique et triomphal.

Dans le monde de l'ascèse guerrière traditionnelle, la "petite guerre sainte", c’est-à-dire la guerre extérieure, s'ajoute ou se trouve même prescrite comme voie pour réaliser cette "grande guerre sainte", et c'est pourquoi, dans l'Islam, "guerre sainte" - jihad - et "voie d'Allah" sont souvent employées comme synonymes. Dans cet ordre d'idée, l'action a rigoureusement la fonction et la fin d'un rite sacrificiel et purificateur. Les aspects extérieurs de l'aventure guerrière provoquent l'apparition de l'"ennemi intérieur"  qui, sous forme d'instinct animal de conservation, de peur, d'inertie, de pitié ou de passion, se révolte et oppose une résistance que le guerrier doit vaincre, lorsqu'il descend sur le champ de bataille pour combattre et vaincre l'ennemi extérieur ou le "barbare".

Naturellement, tout cela présuppose l'orientation spirituelle la "juste direction" (niyyah) vers les états supra-individuels de l'être, symbolisés par le "ciel", le "paradis", les "jardins d'Allah", et ainsi de suite ; autrement, la guerre perd son caractère sacré et se dégrade en une aventure sauvage où l'exaltation se substitue à l'héroïsme vrai et où dominent les impulsions déchaînées de l'animal humain.

Ainsi, il est écrit dans le Coran : « Ils combattent sur le chemin de Dieu [c’est-à-dire dans la guerre sainte - jihad - ] ceux qui sacrifient la vie terrestre à la vie future : car à celui qui combattra sur le chemin de Dieu et sera tué ou bien victorieux, Nous donnerons une grande récompense ». Les règles prescrites : « Combattez sur le chemin de Dieu ceux qui vous feront la guerre » - « Tuez-les partout où vous les trouverez et chassez-les » - « Ne vous montrez pas faibles, [ne] proposez [pas] la paix » - « Quand vous rencontrerez ceux qui ne croient pas, abattez-les jusqu'à ce vous en fassiez un grand carnage, [en traînant] ensuite [les autres] dans des fers solides » - tout cela présuppose que « la vie terrestre n'est qu'un jeu et un divertissement » et que « celui qui se montre avare, ne se montre avare qu'envers lui-même », maxime qu'il faut interpréter de la même manière que la maxime évangélique : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui la donnera la rendra vraiment vivante. « Un autre passage du Coran le confirme : « O vous qui croyez, quand on vous a dit : partez en campagne pour la guerre sainte - qu'avez-vous à rester stupidement cloués sur place ? Préférez-vous la vie de ce monde à la vie future ? » - « Attendez-vous de Nous autre chose que les deux choses suprêmes [la victoire ou le sacrifice] ? ».

Cet autre passage est important aussi : « La guerre vous a été prescrite, bien qu'elle vous déplaise. Mais quelque chose peut vous déplaire, qui est un bien pour vous et ce qui est un mal pour vous peut vous plaire : Dieu sait, tandis que vous, vous ne savez pas. » Il faut le rapprocher de cet autre: « Ils préférèrent se trouver parmi ceux qui restèrent : une marque est gravée dans leurs cœurs si bien qu'ils ne comprennent pas... Mais le Prophète et ceux qui croient avec lui combattent avec ce qu'ils ont et avec leurs personnes mêmes : ce sont eux qui recevront - et ce sont eux qui prospéreront » - « Dieu a préparé pour eux les jardins sous lesquels coulent des fleuves et où ils resteront éternellement : telle est la grande félicité ». Ce lieu de « réconfort » - le paradis - sert de symbole à des états supra-individuels de l'être, dont la réalisation n'est pourtant pas nécessairement retardée jusqu'après la mort, comme dans le cas auquel se réfère au contraire particulièrement ce passage : « La réalisation de ceux qui sont tués sur la voie de Dieu ne sera pas perdue : [Dieu] les dirigera et préparera leur âme. Il les fera ensuite entrer dans le paradis qu'il leur a révélé ». Dans ce cas, où il s'agit d'une véritable mort sur le champ de bataille, on a donc l'équivalent de la "mors triumphalis" dont on parle dans les traditions classiques : celui qui, dans la "petite guerre", a vécu la "grande guerre sainte", a éveillé une force qui lui fera surmonter la crise de la mort et, après l'avoir libéré de "l'ennemi" et de l'"infidèle", le fera échapper au destin de l'Hadès. C'est pourquoi l'on verra, dans l'antiquité classique, l'espérance du défunt et la piété des parents placer souvent sur les urnes funéraires des images de héros et de vainqueurs. Mais, même pendant la vie, on peut avoir traversé la mort et avoir vaincu, on peut avoir atteint ce qui est au-delà de la vie et être monté au "royaume céleste". […]

Le Divin étant conçu d'une façon purement monothéiste, sans "Fils", sans "Père", sans "Mère de Dieu", tout musulman apparaît directement relié à Dieu et sanctifié par la loi, qui imprègne et organise en un ensemble absolument unitaire toutes les expressions juridiques, religieuses et sociales de la vie. Ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le signaler, l'unique forme d'ascèse conçue par l'Islam des origines fut celle de l'action, sous la forme de jihad, de "guerre sainte", guerre qui, en principe, ne doit jamais être interrompue, jusqu'à la complète consolidation de la loi divine. Et c'est précisément à travers la guerre sainte, et non par une action de prédication et d'apostolat, que l'Islam connut une expansion soudaine, prodigieuse, et forma non seulement l'Empire des Califes, mais surtout l'unité propre à une race de l'esprit (umma) - la "nation islamique".

Une race (spirituelle) demeurée intacte

Enfin, la tradition de l'Islam présente un caractère particulièrement traditionnel, complet et achevé, du fait que le monde de la Shâryah et de la Sunna, de la loi exotérique et de la tradition, trouve son complément, moins dans une mystique que dans de véritables organisations initiatiques (turuq) détentrices de l'enseignement ésotérique, le ta'wil et de la doctrine métaphysique de l'Identité suprême (tawhid). La notion de "masum", fréquente dans ces organisations et, en général, dans la Shya, notion relative à la double prérogative de l'isma, ou infaillibilité doctrinale, et de l'impossibilité, pour les chefs, les Imans visibles et invisibles, et les mujtahid, d'être entachés de faute, correspond à l'attitude d'une race demeurée intacte et formée par une tradition d'un niveau supérieur non seulement à l'hébraïsme, mais aussi aux croyances qui conquirent l'Occident.


J. Evola



Révolte contre le monde moderne
Julius Evola

Initialement paru en 1934, traduit en allemand un an après, "Révolte contre le monde moderne" est considéré comme l'ouvrage le plus important de Julius Evola (1898-1974). Ce livre prouve que déjà à cette époque, les bases d'une révolte globale contre la civilisation contemporaine avaient été posées, révolte en comparaison de laquelle la "contestation" qui s'est exprimée à la fin des années soixante du XXe siècle apparaît chaotique et invertébrée. Au-delà des derniers aspects du monde moderne - hypertrophie de la technique, société de consommation, conditionnement de masse, etc., ce livre remonte aux causes, analyse les processus qui, depuis des siècles, ont exercé une action destructrice sur toute valeur authentique et toute forme supérieure d'organisation de l'existence, ont soustrait le monde des hommes aux influences spirituelles pour le livrer à l'individualisme, au matérialisme, à l'irréalisme et à sa rhétorique spectrale. La première partie du livre, "Le monde de la Tradition", définit, à travers une étude comparée embrassant les civilisations les plus variées, une doctrine des catégories fondamentales du monde traditionnel : la royauté sacrée, la paix et la justice, l'État et l'Empire, le rite, la contemplation et l'action, l'initiation et le sacre, la guerre, les " jeux ", le statut de l'homme et de la femme, etc. Ainsi sont indiquées les voies qui conduisent parfois au-delà de la condition humaine, ou bien qui lui assuraient une stabilité inébranlable. A l'inverse, l'homme moderne apparaît comme un cas aberrant d'être non plus relié aux forces d'en haut et emporté par la "démonie" du collectif vers de nouvelles formes de la barbarie. 

La deuxième partie du livre, "Genèse et visage du monde moderne", développe une "métaphysique de l'histoire", à travers l'exposition de la doctrine traditionnelle des cycles, des considérations sur le symbolisme du pôle, l'habitat hyperboréen originel, la "Lumière du Nord" et la "Lumière du Sud", le matriarcat, etc. Elle se poursuit par l'analyse des cycles de la décadence, depuis les grandes cultures préchrétiennes jusqu'à la Russie et l'Amérique contemporaines, en passant par le monde gréco-romain et le Moyen Age. En 1935, le poète Gottfried Benn salua ce livre comme "une œuvre dont l'importance exceptionnelle apparaîtra clairement dans les prochaines années" et écrivit qu'en la lisant "on regardera l'Europe d'une autre manière". Cette nouvelle traduction française intégrale est précédée d'une introduction du traducteur consacrée aux sources d'Evola (notamment le mythologue J.J. Bachofen) et suivie d'une bibliographie française de Julius Evola, établie par Alain de Benoist.




Monday, September 23, 2013

Les tueurs du mouvement al-Shebab & la guerre sainte



« Les islamistes somaliens du mouvement al-Shebab ont revendiqué l'attaque du centre commercial de Nairobi, mais ils pourraient avoir été assistés par des djihadistes arabes ou kényans. Leur but était de frapper une cible occupée par des Occidentaux en représailles à l'occupation de l'armée kényane dans le sud de la Somalie. »

La barbarie et la lâcheté de ces prétendus djihadistes qui massacrent des personnes désarmées, des femmes et des enfants ne profitent pas, au contraire, à la véritable tradition islamique dont la métaphysique de la guerre est fondée sur l'héroïsme.



« Le principe général, auquel il serait possible d'en appeler pour justifier la guerre sur le plan de l'humain, c'est l'héroïsme. »

Julius Evola


« Historiquement, dit Evola, il faut souligner que la tradition islamique est en quelque sorte l’héritière de la tradition perse, l’une des plus hautes civilisations indo-européennes. La conception mazdéenne originelle de la religion comme militia sous le signe du « Dieu de Lumière », et de l’existence sur la terre comme une lutte incessante pour arracher êtres et choses au pouvoir d’un anti-dieu, est le centre de la vision perse de la vie. Il faut la considérer comme la contrepartie métaphysique et le fond spirituel des exploits guerriers dont l’apogée fut l’édification perse de l’empire du « Roi des rois ». Après la chute de la grandeur perse, certains échos de cette tradition subsistèrent dans le cycle de la civilisation arabe médiévale, sous des formes plus matérielles et parfois exaspérées, mais sans jamais annuler effectivement le motif originel de spiritualité.

Ici nous nous référerons à des traditions de ce genre surtout parce qu’elles mettent en relief un concept très utile pour éclairer ultérieurement l’ordre des idées que nous nous proposons d’exposer. Il s’agit du concept de la grande guerre sainte, distincte de la « petite guerre », mais en même temps liée à cette dernière selon une correspondance spéciale. La distinction se base sur un hadith du Prophète, qui, revenant d’une expédition guerrière aurait déclaré : « Nous sommes revenus de la petite guerre sainte à la grande guerre sainte ».

La petite guerre, ici, correspond à la guerre extérieure, à la guerre sanglante qui se fait avec des armes matérielles contre l’ennemi, contre le « barbare », contre une race inférieure devant laquelle on revendique un droit supérieur ou, enfin,quand l’entreprise est dirigée par une motivation religieuse, contre « l’infidèle ». Pour aussi terribles et tragiques qu’en puissent être les accidents, pour aussi monstrueuses qu’en puissent être les destructions, il n’en reste pas moins que cette guerre, métaphysiquement, est toujours la « petite guerre ». La « grande guerre sainte » est au contraire d’ordre intérieur et immatériel, c’est le combat qui se mène contre l’ennemi, ou le « barbare », ou « l’infidèle » que chacun abrite en soi et qu’il voit surgir en soi au moment où il veut assujettir tout son être à une loi spirituelle. En tant que désir, tendance, passion, instinct, faiblesse et lâcheté intérieure ennemi qui est dans l’homme doit être vaincu, brisé ans sa résistance, enchaîné, soumis à l’homme spirituel : telle est la condition pour atteindre la libération intérieure, la « paix triomphale » qui permet de participer à ce qui est au-delà de la vie comme de la mort.

C’est simplement l’ascétisme – dira-t-on. La grande guerre sainte est l’ascèse de tous les temps. Et quelqu’un sera tenté d’ajouter : c’est la voie de ceux qui fuient le monde et qui, avec l’excuse de la lutte intérieure, se transforment en un troupeau de poltrons pacifistes. Ce n’est rien de tout cela. Après la distinction entre les deux guerres, leur synthèse. C’est le propre des traditions héroïques que de prescrire la « petite guerre », c’est-à-dire la guerre vraie, sanglante, comme instrument pour la « grande guerre sainte » ; au point que, finalement, les deux ne deviennent qu’une seule et même chose.

C’est ainsi que dans l’Islam « guerre sainte » – jihâd et « voie de Dieu » – sont indifféremment utilisés l’un pour l’autre. Qui se bat est sur la « voie de Dieu ». Un célèbre hadith très caractéristique de cette tradition, dit :

« Le sang des Héros est plus près du Seigneur que l’encre des sages et les prières des dévots » Ici aussi, comme dans les traditions dont nous avons déjà parlé comme dans l’ascèse romaine de la puissance et dans la classique "mors triumphalis", l’action assume l’exacte valeur d’un dépassement intérieur et d’accès à une vie délivrée de l’obscurité, du contingent, de l’incertitude et de la mort.

En d’autres termes, les situations, les risques, les épreuves inhérentes aux exploits guerriers provoquent l’apparition de « l’ennemi » intérieur, qui, en tant qu’instinct de conservation, lâcheté ou cruauté, pitié ou fureur aveugle, surgit comme ce qu’il faut vaincre dans l’acte même de combattre l’ennemi extérieur. Ceci montre que le point décisif est constitué par l’orientation intérieure, la permanence inébranlable de ce qui est esprit dans la double lutte : sans précipitation aveugle, ni transformation en une brute déchaînée, mais, au contraire, domination des forces les plus profondes, contrôle pour n’être jamais entraîné intérieurement, mais rester toujours maître de soi, et cette maîtrise permet de s’affirmer au-delà de toutes limites. Nous aborderons plus avant une autre tradition où cette situation est représentée par un symbole très caractéristique : un guerrier et un être divin impassible, qui, sans combattre, soutient et conduit le soldat, à côté duquel il se trouve sur le même char de combat. C’est la personnification de la dualité des principes que le véritable héros, dont les émanations ont toujours quelque chose de ce sacré dont il est porteur.

Dans la tradition islamique, on lit dans un de ses textes les plus importants: « combat dans la voie de Dieu (c’est-à-dire dans la guerre sainte) celui qui sacrifie la vie terrestre pour celle de l’au-delà ; car à celui qui combat dans la voie de Dieu et sera tué, ou vainqueur, nous donnerons une immense récompense ». La prémisse métaphysique selon laquelle il est prescrit : « Combattez selon la guerre sainte ceux qui vous feront la guerre ». « Tuez-les partout où vous les trouverez et écrasez-les. Ne vous montrez pas faibles et n’invitez pas à la paix » car « la vie terrestre est seulement un jeu et un passe-temps » et « qui se montre avare, n’est avare qu’avec soi-même ». Ce dernier principe est évidemment à prendre comme un fac-similé de l’évangélique : « Qui veut sauver sa propre vie la perdra et qui la perdra la rendra réellement vivante », confirmé par cet autre passage : « Et que, vous qui croyez, quand il vous fut dit : « Descendez à la bataille pour la guerre sainte » vous êtes restés immobiles ? Vous avez préféré la vie de ce monde à la vie future », puisque : « vous attendez de nous une chose, et non les deux suprêmes, victoire ou sacrifice ? ».

Cet autre passage est digne d’attention : « La guerre vous a été ordonnée, bien qu’elle vous déplaise. Mais quelque chose qui est bon pour vous peut-il vous déplaire, et vous plaire ce qui est mauvais pour vous : Dieu sait, alors que vous vous ne savez pas », qui est très proche de : « Ils préférèrent être parmi ceux qui restèrent : une marque est incisée dans leur cœur, aussi ne comprennent-ils pas. Mais l’Apôtre et à eux qui croient avec lui combattent avec ce qu’ils ont et avec leur propre personne: à eux récompenses – et ce sont eux qui prospéreront – dans la grande félicité ».

Ici nous avons une sorte d’"amor fati", une intuition mystérieuse, évocation et accomplissement héroïque du destin, dans l’intime certitude que, quand il y a « intention juste », quand l’inertie et la 
lâcheté sont vaincues, l’élan va au-delà de la propre vie et de celle des autres, au-delà de la félicité et de l’affliction, guidé dans le sens d’un destin spirituel et d’une soif d’existence absolue, donnant alors naissance à une force qui ne pourra manquer le but absolu. La crise d’une mort tragique et héroïque devient contingence sans intérêt, ce qui, en termes religieux, est exprimé ainsi : « Ceux qui seront tués dans la voie de Dieu (ceux qui mourront en combattant la guerre sainte) leur réalisation ne sera pas perdue. Dieu les guidera et disposera de leur âme. Il les fera entrer dans le paradis qu’il leur a révélé ».

Ainsi le lecteur se trouve-t-il ramené aux idées […] qui sont basées sur les traditions classiques ou nordico-médiévales, concernant une immortalité privilégiée réservée aux héros, les seuls qui, selon Hésiode, habitent les îles symboliques où se déroule une existence lumineuse et intangible à l’image de celle des Olympiens. Dans la tradition islamique il y a de fréquentes allusions au fait que certains guerriers, morts dans la « guerre sainte », ne seraient en vérité jamais morts, assertion nullement symbolique, et encore moins à rapprocher de certains états surhumains séparés des énergies et des 
destinées des vivants. Il n’est pas possible d’entrer dans ce domaine, qui est plutôt mystérieux, et exige des références qui n’intéressent pas la nature de cette étude. Il est certain qu’aujourd’hui encore, et précisément en Italie, les rites par lesquels une communauté guerrière déclare « présents » les camarades morts au champ d’honneur, ont retrouvé une force singulière. Qui part de l’idée que tout ce qu’un processus d’involution a, de nos jours, doté d’un caractère allégorique et au maximum éthique, avait à l’origine une valeur de réalité (et tout rite était action et non simple cérémonie) doit penser que les rites guerriers actuels peuvent être matière à méditation et à rapprocher du mystère contenu dans l’enseignement dont nous avons parlé : l’idée de héros qui ne sont pas vraiment morts, comme celle de vainqueurs qui, à l’image du César romain, restent « vainqueurs perpétuels » au centre d’une lignée. 

Nous achèverons cette rapide étude, consacrée à la guerre comme valeur spirituelle, en nous référant à une dernière tradition du cycle héroïque indo-européen, celle de la Bhagavad-Gîtâ, le plus célèbre texte peut-être de l’antique sagesse hindoue, essentiellement écrit pour la caste guerrière.

Son choix n’est pas arbitraire et ne doit rien à l’exotisme. Comme la tradition islamique nous a permis de formuler, dans l’universel, l’idée de la « grande guerre » intérieure, contrepartie possible et âme d’une guerre extérieure, la tradition transmise par le texte hindou nous permettra d’encadrer définitivement notre sujet dans une vision métaphysique.

Sur un plan plus extérieur, cette référence à l’Orient hindou, le grand Orient héroïque et non celui des théosophes, des panthéistes humanitaires et des vieilles dames en extase devant les Gandhi et les Rabindranath Tagore, nous parait également utile pour rectifier les opinions et la compréhension supratraditionelle qui ne sont les moindres buts que nous recherchons. On est resté trop longtemps esclave des antithèses artificielles Orient / Occident : artificielles parce que basées sur le dernier Occident moderniste et matérialiste, qui finalement a bien peu de commun avec celui qui l’a précédé, avec la véritable et grande civilisation occidentale. L’Occident moderne est aussi opposé à l’Orient qu’il l’est à l’antique Occident. Dès qu’on en revient aux temps anciens, nous nous trouvons effectivement devant un patrimoine ethnique et culturel largement commun, qui correspondait déjà à une unique dénomination « indo-européen ». Les formes originelles de vie, de spiritualité, d’institutions des premiers colonisateurs de l’Inde et de l’Iran ont beaucoup de points de contact avec celles des peuples helléniques et nordiques, mais aussi des antiques Romains. »


Julius Evola, « Métaphysique de la guerre ».





Télécharger gratuitement « Métaphysique de la guerre » de Julius Evola :



Saturday, September 21, 2013

La France est également musulmane


« Il y aura probablement une grande civilisation islamique. »

Michel Onfray


Mardi 17 septembre. Claude Askolovitch était l'invité de RTL Soir. Le journaliste est l'auteur de « Nos mal-aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas », ardente défense des musulmans de France.

Jeudi 19 septembre. Pour les autorités françaises la lutte contre le djihad médiatique est maintenant une priorité. Romain Letellier, alias Abu Siyad An-Normandi, en sait quelque chose. Ce jeune administrateur du site francophone Ansar al Haqq, une "référence" pour la mouvance islamiste radicale a été arrêté par la police.

Question : Pourquoi incarcérer Romain Letellier pour apologie du djihad alors que François Hollande, quoi qu'il en dise, soutient les djihadistes salafistes de Syrie, des terroristes liés à Al Quaïda ? 

Nous avons l'habitude des fausses notes d'une gouvernance digne des Pieds nickelés. Mais l'arrestation d'un jeune converti à l'islam radical devrait apostropher les Français. Beaucoup de musulmans, plus de DIX millions peut-être QUINZE, sont Français ; « VINGT millions », affirme le sociologue et ancien ministre Azouz Begag. De plus, chaque jour plusieurs dizaines de personnes se convertissent à l'islam. Il faut l'admettre, la France est également musulmane, c'est le constat fait par le journaliste Claude Askolovitch. « Et c'est une chance pour notre pays », disent toutes les personnes en quête de l'Absolu (Allah) ; quête qui s'oppose à la prédation planétaires des insatiables adorateurs de Mammon.

Des penseurs admettent que nous ne traversons pas une simple crise. En réalité nous assistons à la fin d'une civilisation. Lui aussi, après avoir fait le diagnostic du déclin de l'Occident et annoncé la fin inéluctable de la civilisation judéo-chrétienne, Michel Onfray, l'incontournable philosophe athée, a déclaré : « Il y aura probablement une grande civilisation islamique » (C'était le vendredi 23 août 2013 dans l'émission « Contre histoire de la philosophie » sur France culture).



Nos mal-aimés
Ces musulmans dont la France ne veut pas


Au printemps 2012, l'auteur, journaliste et plume réputée, perd son travail en pleine polémique du Halal, et réalise ce qu'il savait déjà : ce qui touche à l'Islam fait basculer son pays hors de la raison. L'anecdote n'est rien en soi, sinon une preuve et un déclencheur. Ce livre en est la suite, un voyage engagé dans un malheur national, chez des musulmans. L'auteur ne masque rien, ni de sa colère, ni de ce qu'il est - un français agnostique, juif et de gauche, qui a longtemps travaillé sur l'antisémitisme, y compris des banlieues et de l'Islam, et ne renie rien -, mais constate la perversion des bons sentiments. 

Il raconte les dissimulations, les doubles identités, l'ossification française, les violences verbales, et un pays où chacun se masque pour survivre.Ce voyage se passe au temps de Marine Le Pen, devenue « normale » pour la paresse journalistique en abandonnant l'antisémitisme de papa pour une islamophobie convenable. Il se déroule au temps du bombardement médiatique de l'Islam et de l'incantation laïque. 

Il se situe entre une présidentielle « pourrie d'identité nationale », le drame Merah et la crise tunisienne, et nul n'en sort indemne. Il passe par un chauffeur de bus salafiste et fan de l'OM, des soupes populaires halal, des étudiants chastes par amour de Dieu, des volailles bourguignonnes égorgées au son de Basmillah, un blogueur adorant Dieu, des étudiantes cachant leur voile ou récoltant les crachats, des Français paisibles trouvant plus que des raisons au Hamas, un écologiste qui aurait pu être ministre en Tunisie islamiste. 

Il passe par la France et ce qu'elle est déjà, et ce qu'elle refuse de voir - un pays devenu aussi musulman, complexe, instable et riche, où chacun arbitre entre son quotidien et son fantasme.





Wednesday, September 18, 2013

Anton Parks, Barbara Marciniak et Wilhelm Reich


Trailer :The Strange Case of Wilhelm Reich
Un film d'Antonin Svoboda avec With Klaus Maria Brandauer, Julia Jentsch, Jeanette Hain, Jamie Sives...

A la fin de sa vie, Wilhelm Reich - psychiatre et scientifique - cherche les fondements de la vie. Il se retrouve en procès, accusé de tromperie. Son rêve de libération de l'homme fait de lui un adversaire dangereux du système américain qui cherche à imposer son hégémonie mondiale en utilisant tous les moyens possibles.

Interrogé sur Anton Parks, Barbara Marciniak et l'orgone de Wilhelm Reich, le rédacteur de la revue Undercover ne mâche pas ces mots.

Anton Parks

Le roman d'Anton Parks, genre science-fiction, « Le mystèredes étoiles sombres » me fut envoyé par Nenki, mais je n'y ai rien trouvé.

Il vrai que je suis prévenu contre les marchands de reptiliens et de terre creuse peuplée de dragons. En outre, les passages tantrico-érotiques sont lourds, et je déplore que malgré cela Parks n'ait pas accédé à la renommée. Il devrait savoir que le milieu nouille-ageux demeure puritain et qu'il veut de la lumière, encore de la lumière, et toujours de la lumière (luciférienne, ça va de soi).

Bref, ce livre serait acceptable en tant qu’œuvre de fiction historique, mais le problème c'est que l'auteur entend passer pour un connaisseur en mystères mineurs, recyclant la farce des reptiliens de David Icke, cette fois authentifiée par l'étymologie cunéiforme.

Le problème qui se pose ici, c'est qu'on veut présenter les dieux et les démons antiques comme des êtres matériels. J'en ai fait part à Nenki qui édite ce genre d'ouvrage, et notre relation en est restée là. Il affirme que « tout est matériel dans l'univers ». D'où sa croyance en des reptiloïdes venus de l'espace, et qui nous auraient créé dans leurs vaisseaux-laboratoires. Je rejette ces théories matérialistes. […]

Barbara Marciniak

Barbara Marciniak est une médium américaine qui entend des voix dans sa tête entre deux bouffées de cannabis. Elle reçoit des « messages » des Pléiades, et s'exprime donc avec aplomb au nom des Pléiadiens ! C'est une grosse farce.

Son propos alarmiste sur l'état du monde est politiquement correct, et au final, comme on s'en doute un peu, il n'y a qu'à s'aimer pour « sauver la terre ». Classique. Une voix d'outre-tombe qui résonne dans la tête en plus du haschish, que peut-on en attendre ? C'est pathétique. Ces « messages » sont ciblés pour embobiner des humains ayant déjà abdiqué leur pouvoir de réflexion. Nos contemporains sont-ils si creux, que dans ce vide, l'invisible peut déverser son venin à flot ? Que penser des messages des channels ? Répétons-le une fois de plus. Ils ne valent rien, et ils n'ont pas d'autre but que de nous détourner de la Vérité qui demeurera toujours obscure, secrète, indicible, et qui exige pour s'en approcher, un effort moral de l'ordre du sacrifice complet de soi-même.

Si l'on s'abandonne aux voix de l'invisible, on est perdu. Les médiums sont les êtres les plus déchus en ce monde et ils font le plus de mal. Ils illusionnent et mentent en toute bonne en foi, tandis que les entités qui les inspirent sont des requins qui cherchent des âmes à dévorer.

Donc, que penser des messagers des Pléiades ? Rien. Finalement, il faut rejeter totalement le spiritisme new age.

Wilhelm Reich

Quant à l'orgone de Wilhelm Reich, qu'en dire, sinon que c'est une énergie électrique atmosphérique sauvage, semblable par nature à celle qui circule à travers les fils et les prises de notre maison. Cette électricité est produite par accumulation mécanique et décharge explosive. C'est de cette énergie immorale qu'il faudra se débarrasser si nous voulons libérer l'énergie libre interne.

L'électromagnétisme, voilà l'ennemi qui nous enserre et veut nous réduire à l'état de simple récepteur électro-organique sur la toile planétaire.

Reich était marxiste. En bon matérialiste, il a simplement voulu libérer une énergie matérielle plus subtile. Cela a déplu à certains lobbies qui l'ont éliminé, car il n'était plus jugé assez bon communiste, ayant critiqué le stalinisme qui était couvert par les autorités américaines. Tout cela est compliqué, n'est-ce pas ?

Tout est politique

N'ayons aucune illusion sur les solutions énergétiques qu'on nous vante, car tout n'est que de la politique. Les Reptiliens, les Pléiadiens, l'Orgone ou la soit-disant « énergie libre »... tout est POLITIQUE. Rien de tout ceci n'a de l'importance. Cela ne sert qu'à nous occuper pendant que les affaires importantes avancent dans notre dos. Si les extraterrestres avaient réellement des messages à nous communiquer, soyons assurés qu'ils auraient de choses plus intelligentes à nous transmettre que les banalités affligeantes de ces médiums qui entendent des voix entre deux bouffées de cannabis.


Undercover 30  

Monday, September 16, 2013

René Vautier, le petit breton à la caméra rouge





« De Bamako à Abidjan, on le connaît sous le nom du « petit breton à la caméra rouge ». Résistant à 15 ans, décoré de la croix de guerre à 16, René Vautier est devenu cinéaste après la libération, et n’a cessé d’utiliser sa caméra comme une « arme de témoignage ». Afrique 50, l’un des 150 films dits « d’intervention sociale » qu’il a réalisé sort cette semaine en DVD. »

 Hortense Volle
Réécouter la chronique d'Hortense Volle :



Afrique 50 : de sable et de sang



« Premier film anticolonialiste de l'hexagone, interdit pendant plus de quarante ans, cet efficace pamphlet contre le colonialisme en Afrique noire valut à son auteur treize inculpations et une condamnation à un an de prison.

C'est l'après-guerre. L'Europe s'est reconstruite. Tout marche pour le mieux dans les « colonies-modèles » où la République française mène ses pupilles d'une main maternelle vers les lumières de la raison et du progrès. Tout le monde, pourtant, n'est pas de cet avis.

Sur une proposition de la Ligue française de l'Enseignement, René Vautier part filmer les conditions de vie dans les villages des colonies françaises d'Afrique occidentale (Côte-d'Ivoire, Haute Volta, Sénégal, Soudan français -- actuel Mali). Sur place, il décide de témoigner d'une réalité non commandée; sans la permission des autorités françaises, il tourne ainsi le premier film anticolonialiste français consacré à l'Afrique noire. »

(Disponible le 1er Octobre 2013)


Saturday, September 14, 2013

L'occultisme dans la politique


A la fin du règne de François Mitterrand, Gérard de Sède, probablement excédé par la passion pour l'occultisme du chef de l'Etat, dénonce les sociétés occultes « dont l'influence politique est parfois considérable ». Et Gérard de Sède précise :

« L'activité de ces sectes pourrait se résumer en une formule : « Changer l'individu afin que la société, elle, ne change pas. » C'est pourquoi le changement qu'elles opèrent sur la personnalité de leurs adeptes consiste à transformer ceux-ci en êtres dépendants, passifs et obnubilés, c'est-à-dire en non-citoyens.

C'est pourquoi, avec leur philosophie de supermarché, les gourous de notre époque n'ont rien de commun avec les grands occultistes de la Renaissance et du XVIIe siècle, tels que Pomponazzi, Jérôme Cardan, Guillaume Postel, Campanella et autres. Ceux-ci étaient tous des humanistes, souvent des savants et des créateurs désintéressés d'utopies qui voulaient parfois naïvement, changer le monde et instaurer une société idéale. De plus, loin de vendre du surnaturel de pacotille et du mystère d'escamoteurs, ils cherchaient dans ce qu'ils appelaient la magie naturelle, c'est-à-dire dans la nature elle-même, l'explication des énigmes que celle-ci nous pose. L'homme était pour eux le centre de tout ou, comme le disait Paracelse, le noyau du monde qui le nourrit, tout comme l'arbre nourrit le noyau de son fruit. Et, ajoutait Pomponazzi, puisqu'il a en lui toutes les puissances du monde, c'est en lui seul, dans la puissance de son imagination qu'il faut chercher l'explication des faits qu'on a coutume d'appeler miraculeux. Est-il besoin de souligner qu'il ne reste rien de cette conception grandiose chez les modernes industriels qui écoulent leurs stocks de mystique ?

Voir la main des sociétés secrètes derrière tous les grands événements historiques, une telle conception policière de l'histoire, sous son apparence machiavélique, est en réalité fort naïve ; ceux qui la professent avec des airs entendus de gens « bien informés » sont en réalité les dupes d'un schéma simplificateur et passe-partout.

Il ne faut pas pour autant négliger ce que certaines idéologies et certaines constructions politiques doivent à l'influence diffuse et parfois posthume de ces sociétés. Un seul exemple anecdotique mais amusant : le drapeau de l'Union européenne, bleu frappé d'un cercle d'étoiles d'or, est comme l'a confié naguère son créateur dans une revue catholique intégriste, la reproduction de la « médaille miraculeuse » de la voyante de la rue du Bac (Catherine Labouré, sœur de la Charité au couvent parisien de la rue du Bac, canonisée par Pie XII en 1947).

Il n'est pas rare non plus que des occultistes n'ayant, du moins que l'on sache, aucune société secrète derrière eux pour les y avoir introduits, entrent dans la carrière politique. En Argentine par exemple, dans les années soixante-dix, ce fut Lopez Rega, le mage de l'éphémère présidente Isabel Peron, promu non sans humour noir ministre du Bien-Être social, qui organisa les sinistres escadrons de la mort sous le triumvirat des généraux.

Plus récemment, en Roumanie, le metteur en scène du faux charnier de Timisoara, du « procès » et de l'exécution de Nicolae Ceausescu et de son épouse fut l'occultiste Geliu Voïcan, auteur de plusieurs ouvrages ésotériques, qui se définit un jour lui-même comme « moitié mage moitié gangster. »

En France, sur un registre heureusement beaucoup plus plaisant on vit, voici quelque trente ans, le conseiller du Premier ministre pour les affaires de renseignement, personnage d'origine russe apparenté au médecin du tsar, participer à des séances nocturnes d'alchimie au château d'Arginy, dans le gai Beaujolais, sous la protection de CRS. [...]

Que dire […] quand on voit , au début de l993, le ministre de la Culture, alors Jack Lang, faire entreprendre à Blois la construction d'un Centre national des arts de la magie ?

Répétons-le : dans des sociétés - les nôtres - qui sanctifient les pseudo-lois de l'économie aux dépens du bonheur et même des besoins vitaux du plus grand nombre, le plus grand nombre, constatant sans comprendre pourquoi, que la Terre tourne décidément à l'envers, tourne en rond, telles les mouches captives derrière une vitre, sans trouver une issue, un accès à l'air libre qui pourtant, même hors de portée, existe.

Comme l'écrit Ignacio Ramonet : « Devant tant de bouleversements incompréhensibles et tant de menaces, de nombreux citoyens croient assister à une éclipse de la raison et sont eux-mêmes tentés par la fuite dans une image du monde irrationnelle. On ne peut s'étonner dès lors que tant de gens se tournent vers les paradis artificiels, les parasciences et les pratiques occultistes. »

Fort bien dit. Mais quand des hommes d'État responsables flirtent eux-mêmes avec l'irrationnel, on peut craindre que revienne le temps où des peuples entiers se laissaient conduire à l'abîme par des gourous politiques, tels les aveugles peints par Jérôme Bosch. »


François Mitterrand et les sociétés secrètes


L'occultisme dans la politique
de Pythagore à nos jours

« Notre propos est de recenser les moments de l'Histoire et les épisodes politiques les plus marquants dans lesquels le rôle majeur a été joué par des groupes ou des individus se réclamant de telle ou telle finalité cachée qui présiderait aux destinées de l'espèce humaine, d'une nation, d'une communauté, ou même tout simplement d'une dynastie.

Ces moments et ces épisodes sont bien plus nombreux qu'on ne le croit communément. Comme le soulignait à juste titre René Guénon : « Les dessous politiques ou politico-religieux de l'occultisme et des organisations qui s'y rattachent de près ou de loin sont certainement plus dignes d'attention que tout l'appareil fantasmagorique dont il a jugé bon de s'entourer pour mieux les dissimuler aux profanes. »





Thursday, September 12, 2013

Quelle dissidence ?




« Pour le député belge indépendant Laurent LOUIS, face aux criminels organisés qui dirigent notre monde, le succès de la dissidence ne passe que par l'union de ses différentes branches et acteurs. ». D
e son côté, Joël Labruyère pense qu'une véritable dissidence doit s'affranchir du pacifisme mou « qu'on nous a implanté ». Il s'interroge : « Y-a t-il encore des guerriers ? » 

« Le guerrier classique, dit Labruyère, s'étant envolé vers le Paradis des Héros, on peut douter que les modernes « guerriers pacifiques » prendront la même voie lorsque le temps de la riposte sera venue.

On fait semblant de jouer à la résistance sur Internet, résistance si passive qu'elle en est devenue virtuelle. Mais, lorsqu'on viendra nous placer des implants dans la tête, nous verrons si nos pacifiques guerriers seront toujours aussi non-violents ? Peut-être, seront-ils déjà réduits à l'état de systèmes électro-organiques parce que leur conscience aura fusionné avec l'ordinateur ? Dans ce cas, ils continueront à bêler « paix, paix ». Il ne faudra donc pas escompter un soulèvement » car il n'y a plus de guerriers prêts à risquer leur vie. Il n'y a plus de résistants et encore moins de combattants, ou bien si peu, qu'il faut les chercher à la lanterne, un à un, parmi la multitude apathique.

Il ne s'agit pas de critiquer la passivité de ceux qui se prétendent être en chemin sur une voie d'éveil spirituel. Non, car la vocation de guerrier est inhérente à un certain type d'âme. Or, aujourd'hui, le constat est clair : il n'y a plus d'âmes combattantes dans le sens énergétique du terme. Certes, on trouve encore des êtres qui mènent une résistance morale, mais il ne faut pas leur parler d'action ! Pour eux, l'action se résume à assister à des conférences conspirationistes (ce qui est déjà téméraire), ou faire signer des pétitions (ce qui est de l'extrémisme !). Quant à ceux qui initialisent ces actions en vue de créer un « soulèvement de conscience », ce sont les héros de la plume, pas toujours sincères, mais impuissants à élaborer une stratégie. Ils sont isolés, déblatérant sur les places publiques virtuelles, dans la cour d'internement de la prison globale - internés dans l'Internet du Pentagone !

Les envolées idéalistes et les idées généreuses se perdent dans une cacophonie de millions de voix d'internés heureux, bien à l'abri dans leur chambre, assis sous la lumière irréelle de leur écran, castrés de tout dynamisme vivant, se répandant en paroles conformes, adressées à des ombres conformes, leurs frères de servitude, qu'ils appellent à s'unir.. .virtuellement. Nous ne nous occuperons donc plus de ce « guerrier pacifique », qui joue sa vie comme dans une play station.

Il faut rappeler qu'un authentique guerrier n'est jamais pacifique car il a identifié ses ennemis, et ceux-ci, s'ils sont réels, sont par nature dangereux. Le guerrier pacifique n'a tout bonnement pas d'ennemi identifiable. Il rêve l'action.

On peut toujours évoquer Gandhi et son appel à une résistance passive, comme dans les années 70. En attendant, une centaine de centrales nucléaires sont sorties de terre à la barbe d'une armée de guerriers pacifiques, arborant le badge de la Paix, sans savoir que c'est un symbole de défaite. Trente ans après, ils continuent à appeler à la résistance passive sur Internet. Un comble, puisque par essence, l'Internet incite à la passivité dans un confort intellectuel total. Dérision sur toute la ligne. Tragédie de ceux qui n'ont ni principes spirituels supérieurs, ni plan d'action.

Pour le guerrier pacifique, même la paix est virtuelle puisqu'il a rejeté toute idée de combat réel dans l'espace de la vie réelle. S'il n'y a plus d'âmes guerrières, et si nous rejetons l'activisme virtuel comme une imposture, que faut-il comprendre par « riposte » ou « guerre de l'avenir » ? La guerre actuelle se déroule dans un espace de nature électromagnétique. C'est une guerre des ondes.

Nous sommes attaqués par des rayonnements invisibles, émis de sources invisibles par un ennemi invisible. Il serait donc parfaitement irréaliste d'appeler à un soulèvement armé contre des satellites !

Une véritable résistance apparaîtra lorsque les guerriers potentiels se seront extraits du piège de la contestation virtuelle, et qu'ils auront réalisé qu'ils ont un adversaire REEL. Il faudra sans doute du temps pour se déconditionner du lavage de cerveau que nous a infligé l'ennemi : confusion, pacifisme mou, etc... Le principe initial qui fonde une stratégie c'est d'identifier l'adversaire. Il faut apprendre à le connaître. Nos guerriers pacifiques en sont encore loin, car la notion d'adversaire leur est inconnue. Hallucinés par la pantomime médiatique et ses marionnettes officielles, ils disent « il n'y a pas d'ennemi ! » pendant qu'on les extermine lentement.

Les méchants Bush et Saddam ne sont pas en cause. Idem pour les gentils - Abbé Pierre ou Mère Teresa. Ce sont tous des pantins, parmi les milliers d'étoiles factices qui clignotent devant les masses hypnotisées. Ne confondons pas les décideurs avec les exécutants, aussi hauts placés soient-ils, car les officiels serviles ignorent la source d'où leur parviennent les ordres.

Un président de la République est une marionnette en cage. Dès lors, imaginons ce que pèsent les pantins des médias ! Ce sont des fantômes doués de parole qui récitent leur leçon sur les registres autorisés par la censure globale. Il ne faut donc pas se tromper de cible. L'Adversaire est une puissante entité-groupe occulte, ce qui ne simplifie pas la tâche, mais nous évite de perdre de l'énergie contre les moulins à vent ou d'autres moulins à prières. Identifier un adversaire invisible n'est pas simple, et c'est pourquoi, les naïfs préfèrent s'attaquer aux leurres médiatiques - attaque virtuelle, bien sûr. Mais qui est cet adversaire qui nous arrose de poisons à partir du sol, et nous bombarde d'ondes depuis le ciel, en toute légalité ? A t-il un nom, un visage ?

Ici, notre chemin se sépare du guerrier pacifique. C'est également là que nos amis spiritualistes adeptes de la « résistance en conscience » vont nous quitter, car dès qu'on menace d'identifier l'ennemi du genre humain, une formidable confusion s'empare des esprits. On recule et on refuse d'entendre. On s'excuse et on rentre chez soi. Sécurité d'abord !

On se retrouve soudain bien seul, pendant que les braves guerriers pacifiques se sont installés devant leur ordinateur. Certains se sont évaporés dans une méditation plus ou moins transcendantale ; d'autres ont entamé un rituel chamanique supposé rendre l'adversaire plus conciliant, tandis que d'autres prient pour le salut de l'âme de l'ennemi. Bref, lorsqu'on parle d'ennemi, on risque de perdre ses amis. Car l'adversaire a mis un voile épais sur son existence. Ses sbires innombrables emplissent l'espace culturel de leurs clameurs, afin de détourner notre attention, ce qui nous ferait même douter de l'existence d'un ennemi.

Il faut donc appliquer la méthode de discrimination suivante : toute parole et information qui passe par un canal autorisé ne peut pas desservir l'adversaire, mais favorise au contraire sa stratégie de brouillage et de dissimulation. Autrement dit, tout ce qui n'est pas clandestin, a reçu l'aval de l'adversaire. Il en va ainsi pour toutes les sources de communication alternatives, qui, sous couvert de dénonciation, renforcent le système de brouillage en n'identifiant jamais clairement Le ou Les adversaires ultimes ainsi que leur stratégie.

Exemple, les ligues antivaccinalistes dénoncent l'empoisonnement de masse pour raisons mercantiles ou « erreur médicale », sans révéler à qui profite le crime et pourquoi. Il en va de même dans les autres domaines. Nul n'a le courage de remonter les filières jusqu'à la source ultime du contrôle. On nie même qu'il existe un centre de contrôle.

Par conséquent, l'adversaire est à l'abri de toute intrusion dans ses affaires, surtout depuis qu'il a mis en place le leurre d'un grand complot qu'il est interdit d'évoquer ! A ce point, il faut prévenir ceux qui finiront par demander : « mais qui est donc cet adversaire que personne n'a le courage de nommer ? » Il faut vous avertir que la vérité à ce sujet ne regarde que ceux qui sont impliqués dans le combat.

La guerre de résistance du futur ne concernera que les guerriers qui ont montré un signe d'engagement aux yeux de la Fraternité qui gère cette opération de reconquête sur le plan terrestre.

La réaction à cet article pourrait être un test pour sonder notre ardeur guerrière. Alors, désirons-nous en savoir plus sur la guerre du présent et de l'avenir ? Ce n'est pas certain, car il nous faudrait renoncer à notre chère sécurité individualiste. C'est pourquoi les guerriers se font rares. »

Joël Labruyère