Wednesday, December 09, 2015

Le fascisme, un spiritualisme politique toujours en vogue



Il y a de singulières ressemblances entre les emblèmes du fascisme et ceux d'une certaine Maçonnerie noire...
René Guénon (lettre à R. Schneider datée du 6 janvier 1937).


« Le fascisme associe la pensée à l'action. C'est une action animée par une doctrine. Cette doctrine est née d'un système donné de forces historiques, auquel elle reste intimement liée et qui reçoit d'elle son impulsion intérieure. Il a donc une forme correspondant aux contingences de lieu et de temps, mais il a en même temps un contenu idéal qui l'élève au rang de vérité supérieure dans l'histoire de la pensée.

On ne saurait agir spirituellement sur le monde, en tant que volonté humaine dominant d'autres volontés, sans une conception de la réalité passagère et particulière sur laquelle il faut agir, et de cette autre réalité permanente et universelle à laquelle la première emprunte son être et sa vie. Pour connaître les hommes il faut connaître l'homme, il faut connaître la réalité et ses lois. Il n'y a pas de conception de l'État qui ne soit dans le fond une conception de la vie. C'est une philosophie ou une intuition, un système d'idées qui se traduit dans une construction logique ou qui se résume dans une vision ou dans une foi, mais c'est toujours, au moins virtuellement, une conception organique du monde.



Conception spiritualiste

Aussi bien ne comprendrait-on pas le fascisme dans beaucoup de ses manifestations pratiques, soit comme organisation de parti, soit comme système d'éducation, soit comme discipline, si on ne le considérait en fonction de sa conception générale de la vie. Cette conception est spiritualiste. Pour le fascisme, le monde n'est pas ce monde matériel qui apparaît à la surface, où l'homme est un individu isolé de tous les autres, existant en soi et gouverné par une loi naturelle qui, instinctivement, le pousse à vivre une vie de plaisir égoïste et momentané. Dans ce qu'on appelle l'homme, le fascisme considère la nation et la patrie, les individus et les générations se trouvant unis, dans une même tradition et dans une même mission, par une loi morale qui supprime l'instinct de la vie maintenu dans le cercle étroit du plaisir, pour instaurer dans le devoir une vie supérieure, libérée des limites du temps et de l'espace : une vie où l'individu, par l'abnégation de lui-même, par la sacrifice de ses intérêts particuliers, par la mort même, réalise cette existence toute spirituelle qui fait sa valeur d'homme.




Conception positive de la vie comme lutte

Nous avons là une conception spiritualiste, née de la réaction générale du siècle présent contre le positivisme matérialiste et dégénéré du XIXe siècle. Une telle conception est antipositiviste, mais positive : ni sceptique, ni agnostique, ni pessimiste, ni passivement optimiste, comme le sont généralement les doctrines (toutes négatives) qui placent le centre de la vie, en dehors de l'homme qui, par sa libre volonté, peut et doit créer son monde. Le fascisme veut que l'homme soit actif et engagé dans l'action avec toutes ses énergies : virilement conscient des difficultés réelles et prêt à les braver. Il conçoit la vie comme une lutte, il estime qu'il appartient à l'homme de conquérir une vie vraiment digne de lui, en créant, avant tout, en lui-même, l'instrument (physique, moral, intellectuel) pour la construire. Et cela est vrai pour l'individu lui-même, pour la nation et pour l'humanité.

D'où la haute valeur de la culture sous toutes ses formes (art, religion, science) et la très grande importance de l'éducation. D'où, également, la valeur essentielle du travail, par quoi l'homme triomphe de la nature et crée le monde humain (économique, politique, moral, intellectuel).

Conception morale


Cette conception positive de la vie est évidemment une conception éthique. Elle englobe toute la réalité, aussi bien que l'activité humaine qui la domine. Aucune action n'échappe au jugement moral ; rien au monde ne peut être privé de la valeur qu'ont toutes choses en fonction des fins morales. La vie, par conséquent, telle que la conçoit le fasciste, est grave, austère, religieuse: elle est vécue tout entière dans un monde que soutiennent les forces morales et responsables de l'esprit. Le fasciste méprise la vie commode.

Conception religieuse


Le fascisme est une conception religieuse, qui considère l'homme dans son rapport sublime avec une loi supérieure, avec une Volonté objective qui dépasse l'individu comme tel et l'élève à la dignité de membre conscient d'une société spirituelle. Ceux qui, dans la politique religieuse du régime fasciste, n'ont vu qu'une question de pure opportunité, n'ont pas compris que le fascisme est non seulement un système de gouvernement, mais encore, et avant tout, un système de pensée.

Conception éthique et réaliste


Le fascisme est une conception historique, dans laquelle l'homme n'est ce qu'il est, qu'en fonction du processus spirituel auquel il concourt, dans le groupe familial et social, dans la nation et dans l'histoire à laquelle toutes les nations collaborent. D'où la haute valeur de la tradition dans les mémoires, dans la langue, dans les mœurs, dans les lois de la vie sociale. En dehors de l'histoire, l'homme n'est rien. C'est pourquoi, le fascisme est contraire à toutes les abstractions individualistes, à base matérialiste, genre XIXe siècle ; c'est pourquoi aussi il est contraire à toutes les utopies et à toutes les innovations jacobines. Il ne croit pas à la possibilité du « bonheur » sur la terre, comme le voulait la littérature des économistes du XVIIIe siècle ; aussi repousse-t-il toutes les conceptions téléologiques d'après lesquelles, à un certain moment de l'histoire, le genre humain parviendrait à un stade d'organisation définitive. Une telle doctrine est contraire à l'histoire et à la vie, qui est mouvement incessant et perpétuel devenir... »

Benito Mussolini



8 comments:

  1. Anonymous11:23 AM

    C'est la doctrine fasciste relookée à la mode du spiritualisme "nouvel âge" qui sera imposée au monde par les concepteurs du nouvel ordre mondial !

    ReplyDelete
  2. Anonymous12:10 PM

    Pierre Hillard disait : « l'Islam est le dernier rempart contre le nouvel ordre mondial ». Mais c'était avant les crimes de DAECH. Cette organisation terroriste fait le jeu du Nouvel Ordre Mondial dans son entreprise de destruction de l'islam authentique. Une nouvelle religion mondiale est en préparation.

    ReplyDelete
  3. Exact Anonymus L'islam aurait pu être le dernier rempart contre le nouvel ordre mondial contrairement au christianisme qui collabore avec celui ci . C'est bien pourquoi le nouvel ordre mondial a créé le daesh afin de couler l'islam et il semble bien y parvenir

    ReplyDelete
  4. Anonymous5:53 PM

    En voilà enfin un qui sait de quoi il parle
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/12/10/matthieu-ricard-l-inertie-constitue-un-des-problemes-de-l-environnement_4828258_3244.html

    ReplyDelete
  5. Anonymous7:39 PM

    Merci pour le lien.

    Matthieu Ricard dit dans cet article : "Les problèmes sont créés par des humains, à eux de les régler."
    C'est très étonnant de la part d'un bouddhiste de l'école tibétaine car pour le bouddhisme tibétain, l'humanité est parvenu à la fin d'un cycle. Cycle qui se terminera au plus tard au milieu du 25ème siècle. Selon le Kalachakra Tantra (Le Dalaï-lama est le grand hiérophante de cette tradition), l'humanité connaîtra de grands bouleversements climatiques, politiques et autres jusqu'au 25ème siècle. Il est même question d'une épouvantable guerre qui dévastera la planète. Devant cette fatalité cyclique que peuvent faire les politiciens de l'acabit d'un François Hollande ou d'un Sarkozy ?

    ReplyDelete
    Replies
    1. Anonymous9:15 AM

      Bonjour,
      Le but de la COP21 c'est, comme l'a dit lui-même Nicolas Hulot, la gouvernance mondiale. Faire accepter par l'opinion publique cette gouvernance, c'est aussi le job du "gentil" Matthieu Ricard et de son inquiétant ami, Jacques Attali, qui rêve de faire de Jérusalem la capitale de la dictature universelle.

      Delete
    2. Anonymous9:36 AM

      L'influence hindou sur le bouddhisme tibétain est indiscutable. Notons que d'antiques textes de l'Inde font clairement allusion au dérèglement climatique sans incriminer les activités humaines :

      "L'eau manquera et, dans beaucoup de régions, on regardera le ciel dans l'espoir d'une averse. Les pluies manqueront, les champs deviendront stériles, les fruits n'auront plus de saveur. Le riz manquera, on boira du lait de chèvre.

      Des gens souffrant de la sécheresse se nourriront de bulbes et de racines. [...]
      Dans le Kali Yugä les hommes sont sans vertus, sans pureté, sans pudeur, et connaîtront de grands malheurs. » (Vishnu Purânä, VI.1.)

      D'après le Lingä Purânä (chap. 40) : « Durant la période de crépuscule qui termine le Yugä, le justicier viendra et tuera les méchants. Il sera né de la dynastie de la lune. Son nom est Guerre (Samiti). Il errera sur toute la terre avec une vaste armée. Il détruira les Mlécchâ (les Barbares de l'Occident) par milliers. Il détruira les gens de basse caste qui se sont saisis du pouvoir royal et exterminera les faux philosophes, les criminels et les gens de sang mêlé. Il commencera sa campagne dans sa trente-deuxième année et continuera pendant vingt ans.

      Il tuera des millions d'hommes, la terre sera rasée. Les gens s’entre-tueront furieusement. A la fin il restera çà et la des groupes de gens qui s'entre-tueront pour se voler mutuellement. Agités et confus ils abandonneront leurs femmes et leurs maisons. Ils seront sans éducation, sans lois, sans honte, sans amour. Ils abandonneront leurs champs pour émigrer hors des frontières de leur pays.

      Ils vivront de vin, de viande, de racines et de fruits, seront vêtus d'écorce, de feuilles, de peaux de bêtes. Ils n'utiliseront plus de monnaie. Ils auront faim, seront malades et connaîtront le désespoir. C'est alors que quelques-uns commenceront à réfléchir. » (Lingä Purânä, chap. 40.)

      Ils seront sans joies et sans plaisirs. Beaucoup se suicideront. Souffrant de famine et de misère, tristes et désespérés, beaucoup émigreront vers les pays où poussent le blé et le seigle.

      Delete
  6. Anonymous9:57 PM

    Ben voilà, c'était pas plus dur que ça : la COP21.
    Super François vient de sauvez le Monde : vous voyez bien qu'il ne fallait pas s'en faire avec tous ces posts et vos comments pendant toutes ces années de militantisme.
    Malheureux hasard du calendrier : ce traité HISTOR-HIC tombe juste la veille du 2nd tour des élections régionales, alors que la campagne est officiellement terminée. Quel dommage, c'est vraiment pas de chance, mais comment aurait-on pu le prévoir? Les Socialistes ne vont pas pouvoir s'en enorgueillir pour redorer leur blason. En plus, l'état d'urgence a empêché, entre les deux tours, ces grandes mobilisations anti-FN auxquelles la Gauche nous avait habitués. A moins que, cette grande mobilisation, c'était la COP21 elle-même et que c'est moins le monde que la mondialisation qu'il s'agissait de sauver ? Parce que le "show" pour "going on" il a "going on" à fond les manettes depuis deux semaines. Et la pauvre électrice, le pauvre électeur, qui va se retrouver seul(e) dans l'isoloir, face à sa conscience, est-il/elle enfin prêt(e) à déclencher une guerre civile, que le peuple de France prenne enfin le pouvoir par les urnes, 226 ans après la révolution bourgeoise ?
    P.S. : Bruno Retailleau-tailleau-taïaut-tayaut,le cumulard vendéen candidat de la Droite en Pays de la Loire, a annoncé la couleur, en cas de victoire : "évacuation IMMEDIATE de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes" (c'est lui qui surligne) ; si ça, c'est pas un casus belli !

    ReplyDelete