Wednesday, July 29, 2015

Pour l'Eveil


« Dans la vie, il n y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.»

Saint-Exupéry

L'Eveil est l'orientation première. Selon tous les témoignages passés et présents, il se traduit toujours par une transfiguration de la totalité de l'être : corps, âme et esprit.

Les témoins sont unanimes pour affirmer qu'aucune technique ne peut produire l'Eveil (avec une majuscule). Les techniques produisent parfois des éveils (avec une minuscule) fragmentaires et temporaires. La seule possibilité réside dans la préparation du terrain où la transfiguration pourra s'opérer. S'il est impossible de « faire silence », on peut toutefois supprimer les bruits. Ce travail préparatoire s'effectue simultanément sur le plan de l'Intelligence, de la compréhension subtile et sur le plan de l'âme, de la psychologie bien comprise. Pas d'Eveil sans Intelligence. Celle-ci (avec majuscule) n'a pas grand' chose à voir avec l'intelligence « intellectuelle ». L'intellectualisme est en effet un handicap sérieux sur le Chemin. Il disparaîtra lors de l'avance. L'Intelligence est inséparable de la subtilité. Tout ce qui favorise la subtilité est à accueillir. Tout ce qui élargit le champ de vision est bienvenu. Pas d'Eveil sans ouverture d'esprit, sans sens de l'humour.

Pour développer cette Intelligence subtile, on peut étudier les grandes spiritualités et traditions (le Paganisme antique, la théologie apophatique orthodoxe, le Védanta, le Tantra, le Bouddhisme, le Soufisme), les grands philosophes (Heidegger par exemple), de grandes œuvres littéraires (Pessoa ou le subtilissime Jünger), les Poètes (Char), l'ésotérisme (Gurdjieff, Crowley, etc.) et des inclassables comme Abellio, Carteret, Stephen Jourdain. « Il y a plus d'une sagesse et toutes sont nécessaires au monde » a écrit Yourcenar.

Nul besoin de tout lire, de tout étudier : il s'agit de bien lire. De la compréhension subtile naît le sens du discernement. La Spiritualité n'est pas le spiritualisme et la Tradition n'est pas le traditionalisme. Tous les systèmes religieux et philosophiques peuvent être étudiés en sachant qu'ils sont tous sans intérêt au regard de l'essentiel. Le chemin est jonché de paradoxes. Outre l'étude théorique, il est possible hic et nunc de rencontrer certains témoins de l'Eveil. Là on change de dimension : la motivation peut devenir très forte. Un authentique Eveillé attise le feu intérieur de celui qui vient le trouver... pour peu que cette flamme existe en lui. Pas d'Eveil sans

travail psychologique. L'Eveil ne peut survenir chez des individus psychologiquement délabrés ou névrosés tels que le monde moderne en engendre toujours davantage. La névrose se traduit par une structure caractérielle rigide qui sert à contenir un certain nombre d'émotions que l'on n'a guère envie de ressentir. Ses modalités sont multiples – le style écorché ou renfermé – , mais l'aspect figé est toujours là. Le névrosé joue toujours la même musique. On en trouve à gauche comme à droite et surtout aux extrêmes. « Même merde, parfums différents », disait Gurdjieff.

Avant tout, il faut retrouver une santé psychologique et corporelle certaine. Illusoire est à cet égard la croyance, forme subtile de superstition, que la pratique de techniques souvent issues de l'Orient (Yoga, Zen...) dispensera du travail psychologique bien compris. Ces techniques sont apparues dans un contexte traditionnel où l'homme moyen pouvait être considéré comme « normal ». Elles donnaient alors des résultats. Il en va autrement aujourd'hui : celles-ci sont généralement inopérantes et un grand nombre de centres spirituels conseillent de commencer par un travail sur soi avant de fantasmer sur des réalités « plus élevées ».

Il existe beaucoup de livres sur ce travail qui autorise une véritable connaissance de soi et qui permet de développer une vertu première sur le chemin : l'Attention. Le monde moderne a fourni le poison et le contrepoison. On peut faire feu de tout bois (Jung, Reich, Groddeck) mais il est impossible de se contenter de lire. Pour avancer, il faut s'exposer. Inévitablement, les peurs se réveillent. Le choix est là : tourner en rond ou poursuivre le chemin ?

L'efficacité du travail psychologique, liée à l'énergétique, fait que certains ne jurent plus que par ce travail. Ils tombent dans un réductionnisme qui finira par les lasser. Toujours garder à l'arrière-plan la perspective spirituelle. Les enseignements de Graf Dürckheim et d'Arnaud Desjardins sont très précieux à ce sujet. La capacité de passer de la mesure à la démesure et son contraire, la souplesse alliée à la fermeté sont des signes d' une bonne santé intérieure. Si ce Travail est accompli, tout deviendra possible et nous verrons que « le miracle est la substance dont la vie se nourrit », pour reprendre une belle parole de Jünger.

En 1994, le groupe de prospective Hélios envoya ce texte à la revue Antaios qui le fit paraître la même année.

Tuesday, July 28, 2015

Le chef du pouvoir occulte





E
n 1907, une brochure anonyme, intitulée LE DIABLE ET SES SUPPOTS AU CONGRÈS DE L'OCCULTISME, dénonçait le complot des initiés :

« Le chef actuel du pouvoir mystérieux, caché, secret, en un mot occulte, qui exerce sur les hommes un pouvoir funeste, si terrifiant, se nomme B..., rédacteur en chef du Voile d'Isis. Il est de plus homme du meilleur monde, socialiste, athée, graphologue, chiromancien, magnétiseur.

Il n'a point créé lui-même cette secte méchante, subtile, qui exploite adroitement et impunément les hommes de bien ; il a seulement reçu par succession élective la science et les secrets de ses prédécesseurs, sans lesquels secrets il ne pourrait point conserver ses pouvoirs.

Il organise actuellement un Congrès de l'Occultisme, où, profitant de ses nombreuses relations dans le monde, il espère créer un mouvement dont il deviendrait le chef le plus puissant et le plus écouté. Il est associé dans cette œuvre néfaste au Docteur P..., directeur de l'Initiation et auteur de la Magie pratique, monsieur dont la réputation surfaite et la moralité professionnelle font la joie de tous ceux qui le connaissent.

Ces deux messieurs sont aidés dans leur œuvre ténébreuse par un tout jeune homme, nommé M..., auteur d'un miroir magique, véritable œuvre de Belzébuth dénommé prétentieusement le Visionomos, il est également l'auteur d'un procédé de divination dit la Visionomonie.

Ces trois suppôts de Satan s'entendent à merveille pour faire le mal, mais si le dernier nommé est encore peu méchant, tout en étant le digne élève de ses maîtres, le second l'est terriblement, tandis que B... est le crime en personne.

Cette secte existe depuis les premiers âges du monde, se basant sur la tradition Hébraïque. Les dieux Païens, Saturniens et Jupitériens, furent les dieux mystérieux des criminels. Le Léviathan, précurseur de Job, fut également l'un de ses chefs. Satan, prince des ténèbres, contre lequel Jésus-Christ s'élève si souvent, dirigeait, de son temps, la société secrète des criminels. Enfin, lorsque le peuple parle du Diable, il fait allusion, sans s'en douter, à cet être mystérieux, à ce chef honteux des méchants.

Ainsi B... est le chef réel de la secte secrète des méchants. Il est le serviteur du Diable de notre époque. Il est aussi Adepte, c'est-à-dire grand Initié, ce dont il ne se vante guère.

Le diable est un homme qui boit et mange comme tous les humains. Il vit au milieu de nous, mais il cache avec soin son titre de chef du pouvoir honteux, Il exerce le pouvoir avec tant de mystère, que le peuple ignore que certains des maux dont il souffre et qui l'accablent sont préparés par lui. Mais ce diable rejette ses crimes tantôt sur les Jésuites, tantôt sur les politiciens selon les événements et les circonstances, afin que le peuple ne songe jamais à remonter jusqu'à lui. Le peuple sait cependant que l'influence des Jésuites et des politiciens disparaît tout à tour, et que les grands crimes se renouvellent sans cesse. [...]

Ces suppôts de Satan, [...] tels des magiciens, commandent à l'invisible, au moyen de certains pentacles et de formules chimiques ; ils arrivent à bouleverser le monde ; chevaliers de la mort, ils sèment la ruine et la tristesse partout où ils passent, tels des vampires, ils ne peuvent se passer de victimes ; point n'est besoin pour eux dans leurs évocations de cercles, de costumes, de lieux spéciaux, quelques parfums, baguettes, couteaux, employés sur un rite spécial, sont tout leur arsenal. Savoir, vouloir, oser et se taire, telle est leur maxime. »

A.-V., occultiste désabusé, LE DIABLE ET SES SUPPOTS AU CONGRÈS DE L'OCCULTISME, PARIS, 1907.




Monday, July 20, 2015

Isabelle Hercelin & l'alimentation du futur


Isabelle Hercelin vit-elle une expérience peu commune ? Depuis 2009, une énergie vitale lui permettrait de vivre sans s'alimenter, comme Marthe Robin. Marthe Robin était une mystique chrétienne qui ne s'était pas alimentée durant trente années. Ce jeûne extraordinaire est nommé « inédie ».

L'académicien Jean Guitton rencontra Marthe Robin et lui consacra un livre. Il écrit : « Je me demande si l'inédie, si longue et si totale, de Marthe peut, dans l'état actuel des sciences, être tenue pour « miraculeuse ».

La réponse dépend d'un acte de pensée, d'une décision philosophique. Il est piquant de rappeler l'attitude qu'eut devant un fait analogue le fondateur de la « médecine expérimentale ». Claude Bernard a parlé d'une femme vivant en bonne santé et qui n'avait rien mangé ni bu depuis plusieurs années. Et Claude Bernard, qui avait pour principe de ne jamais repousser aucun fait, ni même aucune observation populaire, ayant reçu la visite d'un médecin qui lui demandait son avis sur ce cas écrivait : « Ce médecin, persuadé que la force vitale était capable de tout, ne cherchait pas d'autre explication et croyait que son cas pouvait être vrai. »

Actuellement des personnes se nourrissent de la force vitale nommée prâna en Inde, « l'énergie de vie en soi », selon l'expression d'Isabelle Hercelin.


« Se nourrir de lumière, pour moi, c'est être conscient que nous nous nourrissons de tout. Tout nous nourrit. Absolument tout : nos émotions, nos sentiments, la forme de nos vêtements, la couleur de nos vêtements, notre environnement, la façon dont nous parlons, la façon dont nous pensons, le métier que nous avons... Absolument tout ce que nous vivons à chaque instant est une fréquence et lorsque nous sommes présents à cette fréquence, elle nous nourrit. Après, nous mangeons si nous avons envie de manger, mois nous ne mangeons plus par compensation, ni par croyances erronées, ni par peur, ni pour enfouir quelque chose, ni pour combler quelque chose. Cette lumière-là, cette fréquence de vie, cette fréquence d'amour, est notre nourriture première et nous nous en nourrissons tous.

Je ramène à nouveau l'histoire des singes que je raconte souvent et que j'ai mentionnée dans mon premier livre : une expérience a été menée avec des bébés et des mamans singes. Trois catégories de bébés et mamans singes sont formées. Dans un groupe, les mères allaitent leurs petits et les élèvent avec amour et tendresse ; dans un autre groupe, les mères allaitent leurs petits et ces derniers ne reçoivent aucune affection ; dans le dernier groupe, les bébés ne sont pas nourris et reçoivent beaucoup d'amour de la part de leur mère. Le groupe qui dépérit est celui qui boit le lait de sa mère et qui n'a pas d'amour.

Notre nourriture première est vraiment l'amour et nous sommes constamment dans cette quête, jusqu'au bout. C'est ce qui anime nos comportements. [...]

Pour moi, la fréquence d'amour, qui est la fréquence de vie, est lumineuse. C'est une fréquence extrêmement lumineuse, comme le soleil que nous ne pouvons pas regarder quand il est ou zénith en plein été. C'est pour ça que je peux appeler cela se nourrir de lumière. Les particules qui se baladent dans l'air, plus ou moins nombreuses en fonction de la qualité de l'air, sont d'une lumière intense entourées d'indigo. Nous respirons cela en permanence, il y en a partout puisque c'est de la Vie. Nous baignons dedans ! Après, on peut appeler cela se nourrir de prâna. Suivant les pays, les cultures, cette nourriture porte un nom différent. [...]

Si se nourrir de lumière provient d'une volonté ou d'une envie, la personne remangera ou bout de quelque temps si elle ne veut pas dépérir. Si cela découle d'une évidence, c'est quelque chose qui va se mettre en place naturellement le corps ne réclame plus de nourriture terrestre, tout simplement !

L'alimentation du futur ?

L'alimentation du futur serait celle de notre origine. Dans l'absolu, les humains seraient à nouveau en contact vibratoire avec tout ce qui pousse dans la nature. Ils regarderaient et humeraient les aliments qui poussent à l'état sauvage. Ils se « parleraient » mutuellement. Plus besoin de posséder, d'être un prédateur. Il n'y aurait plus d'abattage d'animaux ni de culture intensive, même plus du tout de culture créée par l'homme. Tout vivrait en harmonie et la nature pourrait se réguler d'elle-même sans avoir recours à la maltraitante de l'homme. Je pense que c'est ainsi que nous avons déjà vécu et que ce vécu est inscrit dans nos cellules. Aujourd'hui, c'est déjà ainsi que je vis avec évidence. Je suis heureuse que cette évidence habite de plus en plus de monde sur la planète Terre.

En attendant, la transition serait de se nourrir plus simplement et en étant à l'écoute de son corps. Pas de mélange, peu d'aliments différents lors du même repos, voire dons la même journée. Tenir compte des aliments de saison et de sa région. Un à deux repas par jour maximum, en fonction de l'activité et du rythme de chacun. Manger les aliments à l'état le plus naturel possible, entiers, non traités, avec un minimum de cuisson, de transformation. En fonction des besoins du corps et des saisons, faire des cures d'un seul aliment, et faire des « pauses alimentaires » régulièrement (voire un jour par semaine). Il y aurait, dans cette manière de se nourrir ainsi, moins de transport d'aliment, donc moins de pollution. Les produits locaux reprendraient vie. la complexité des préparations, les sauces et tous les produits chimiques ajoutés dons les aliments pour les conserver ou améliorer leur goût ont pris une ampleur démesurée !

Irons-nous jusqu'à la destruction de la terre ? Retrouverons-nous l'intelligence du cœur, l’évidence de la pureté de la vie dans sa simplicité pour éviter notre destruction massive ? Peu importe, la Vie reste la Vie, sans fin (faim ?)... »


Isabelle Hercelin, « La faim (fin ?) de la quête ? ».

Tuesday, July 14, 2015

Tourner le regard en soi et réaliser l'unité primordiale

Selon des commentaires de Thomas Cleary du manuel de méthodes de clarification de l'esprit intitulé Le secret de la Fleur d'or.

L'art du retournement de la lumière

Cet "art" était enseigné par le taoïsme de la branche nord, influencé par le bouddhisme chan. Il exclut les systèmes de manipulation physiologique de l'énergie tels que les enseigne le taoïsme de la branche sud, influencé par le bouddhisme tantrique.

Le « retournement de la lumière » consiste à mentalement « tourner le regard » en soi, vers la source de la conscience.

Quand la lumière, qui représente la fonction de la conscience inconditionnée, est « retournée » et dirigée vers sa propre source, l'esprit se dégage de l'influence de l'environnement et des facteurs psychologiques. Avec entre autres pour conséquence que l'énergie physique est conservée et purifiée, du fait même qu'elle n'intervient plus de manière conflictuelle dans les états intérieurs ou extérieurs.

Ce retournement permet d'accéder à un état mental libre de l'influence du conditionnement temporel. Le retournement correctement effectué permet d'être au-delà de tous les états méditatifs provoqués.

En dehors du retournement de la lumière, il n'y a pas d'exercice spécial qui permette de restaurer l'intégrité primordiale.

L'esprit originel et l'esprit conscient

La distinction entre l'esprit originel et l'esprit conscient est la suivante. Tandis que l'esprit conscient est historiquement conditionné, l'esprit originel est l'essence même de l'intelligence. (Intelligence au sens étymologique d'entendement, faculté cognitive)

L'esprit conscient correspond à un ensemble de modifications de l'intelligence primordiale, l'esprit originel représentant l'essence de cette intelligence première. Une essence qui transcende l'organisation primordiale, à savoir qu'elle est par nature encore plus fondamentale que les grands types de modifications pouvant affecter la conscience.

« Voir l'essence » et le « visage originel » sont deux termes du bouddhisme chan qui correspondent à l'expérience de l'esprit primordial. Cette expérience ne peut-être comprise que lorsqu'on la fait soi-même.

Donner la primauté à l'esprit originel fait que l'esprit conscient reprend sa place de subordonné. En effet, l'esprit conscient (celui qui pense) est en principe le serviteur de l'esprit originel, mais il a tendance à centrer toute son activité sur lui-même, au point qu'il finit par apparaître comme une entité indépendante.

Retourner la lumière de la conscience pour qu'elle devienne consciente de sa propre source permet à l'esprit de se libérer de l'intérêt obsessionnel qu'il porte à ses propres fabrications. Cela permet de maîtriser et d'ordonner l'esprit conscient sans forcer, simplement en maintenant la position centrale de l'esprit originel.

Il n'est nullement question d'oblitérer l'esprit conscient (l'esprit qui pense, qui imagine, qui rêve et qui éprouve des émotions).

Chez le « libéré vivant », la pensée, l'imagination, le rêve et l'émotion ne sont pas supprimés, mais ces facultés sont placées sous le contrôle de la source qui les nourrit et elles deviennent des moyens d'expression de cette énergie.

« L'énergie de la véritable unité primordiale » représente le flux vivant des cycles perpétuels de l'évolution naturelle dans laquelle tout être et toute chose participent de la vie du reste. Le Tao exprime l'idée de l'unité primordiale en ces termes : « Tous les êtres sont fondamentalement forme et énergie. La forme et l'énergie sont fondamentalement esprit. L'esprit est fondamentalement ouverture totale. Le Tao est fondamentalement le non-être ultime. Là se trouve le changement. »

Le corps

L'énergie s'affranchit de l'âme inférieure, c'est-à-dire qu'elle se détache du sentiment d'être un corps « solide » (doué d'une réalité matérielle), physiquement présent dans un monde « solide » (ayant une réalité matérielle). Lorsque l'énergie se libère de l'attachement obsessionnel au corps et aux émotions grossières, elle peut servir à restaurer l'intégrité de l'esprit originel.

La maturation

Grâce à l'exercice régulier du retournement de la lumière, une sensation d'ouverture et d'espace apparaît, ainsi que la présence de l'énergie dans l'infinitude de l'esprit qui a fusionné avec le ciel.

Le retournement de la lumière coupe court à l'imagination vagabonde et élimine les habitudes compulsives en les arrêtant à la source même.

Le processus de maturation qui suit l'éveil initial produira le corps spirituel naturel.

Durée

« La lumière est facile à mettre en mouvement mais difficile à stabiliser. Une fois retournée pendant un certain temps, elle se cristallise. C'est cela, le corps spirituel naturel, celui qui stabilise l'esprit au-dessus des neufs cieux. » (Le secret de la Fleur d'or). L'expression « au-dessus des neuf cieux » décrit un état mental libre de l'influence du conditionnement temporel.

Une période de cent jours est nécessaire pour ériger les fondations en stabilisant l'« ouverture » à l'esprit originel. Il se peut bien entendu que le temps réel soit différent, auquel cas le critère déterminant la durée sera la production de l'effet recherché.

L'accomplissement spirituel surgit de lui-même et on ne peut l'attendre, car il n'est pas le produit d'une imagination subjective. L'espoir et les attentes du disciple ne font que gêner l'action spontanée du potentiel qui se réalise pour devenir accomplissement.

Le fait de déterminer à l'avance la durée de la session de retournement de la lumière peut avoir des effets négatifs en transformant en rituel automatisé ce qui devrait être une technique libératrice. Les adeptes japonais du zen et leurs émules occidentaux donnent souvent l'impression d'avoir une conception quantitative de la méditation, alors que l'aspect qualitatif est la préoccupation essentielle de l'art du « retour » à la nature de l'esprit.

Les méditants ont tendance à mettre surtout l'accent sur la méditation assise, bien que les enseignants qualifiés aient souligné que l'attachement au calme peut avoir de graves inconvénients, tant au plan mental que physique. Si l'on ne s'adonne à la pratique du « retournement de la lumière » que dans certaines conditions ou au moyen de posture spécifique, on risque de ne pas savoir l'intégrer complètement au quotidien, ce qui peut entraîner une sorte de scission de la personnalité.

L'esprit & le souffle

« Les débutants souffrent généralement de deux sortes de maux : la torpeur (engourdissement de l'esprit qui fait oublier l'objet de l'attention) et la distraction. Il existe un moyen de s'en débarrasser qui consiste simplement à laisser l'esprit se poser sur le souffle. »

Quand l'esprit s'excite, la respiration s'accélère ; quand l'esprit est calme, il en va de même pour le souffle.

Les débutants apaisent l'esprit grâce à la respiration.

"Mais, les plus avancés, parviennent à rester dans la nature de l'esprit dans toutes les circonstances de la vie et laissent se dérouler en pleine liberté toutes sortes d'activités, qu'il s'agisse de mouvement de colère, de course effrénées en tout sens, d'actions parfaitement neutres, d'activités ordinaires consistant à se nourrir, marcher, s'asseoir, danser, fabriquer quelque chose, etc. (Les Instructions du Vainqueur Éternel, manuel de « méditation » des dzogchenpa bönpo.)" *

A ce stade, « Le secret de la fleur d'or » parle de maîtrise : « Trouvez la maîtrise de jour, et vous l'utiliserez de nuit. Trouvez la maîtrise de nuit, et vous l'utiliserez de jour. »

La « maîtrise » signifie une stabilisation de la conscience supérieure telle qu'on soit capable d'effectuer le retournement de la lumière à volonté et en toutes circonstances. Nous retrouvons ici l'un des préceptes du dzogchen bönpo exposé dans « Les Instructions du Vainqueur Éternel » (voir plus haut) **.

Erreurs dans le retournement de la lumière

S'égarer dans le quiétisme et le nihilisme.

Un état de tranquillité sans pensée peut conduire dans des impasses sans même s'en rendre compte.

Rester immergé dans le néant ou l'indifférence.

Le lâcher prise qui va jusqu'à la torpeur.

Se laisser distraire par les expériences qui surviennent durant la contemplation.

Croire que le but a atteindre est l'arrêt complet de la pensée.

Expériences qui authentifient le retournement de la lumière

L'esprit est lucide et calme.
Un sentiment de bien-être apparaît.
Les passions disparaissent.
L'altruisme supplante l'égoïsme...


Méthode vivante du retournement de la lumière

Une « méthode vivante » est une méthode bien adaptée aux besoins de chacun et bien intégrée au quotidien, à la différence d'une « méthode morte » qui consiste à se livrer mécaniquement à une routine.

Le texte souligne à plusieurs reprises que l'ouverture de la conscience élargie connue sous le nom de « fleur d'or » n'est pas le simple résultat de la pratique régulière d'exercices yogiques répétitifs.


Il est inutile d'abandonner ses occupations ordinaires.

* et **, notes de Félicie.

Friday, July 10, 2015

Le 17e karmapa accusé de blanchiment

Ogyen Trinley Dorje, 17e karmapa et dauphin du dalaï-lama, est accusé de blanchiment d'argent en Inde.


Un million de dollars en devises étrangères


Un juge de la Haute Cour de l'État de l'Himachal Pradesh (nord de l'Inde) a ordonné mercredi de rouvrir une enquête criminelle contre Ogyen Trinley Dorje, consécutive à la découverte d'environ un million de dollars en devises étrangères lors d'une descente de police dans un monastère bouddhiste il y a quatre ans. Des poursuites pour complot criminel avaient été ouvertes contre lui à la suite de cette perquisition, mais un tribunal avait ordonné l'abandon de ces poursuites en 2012, une décision qui a été renversée mercredi en appel. "La décision contestée du 21 mai 2012, prise par le magistrat d'Una, est annulée", a dit le juge Sureshwar Thakur dans un jugement consulté par l'AFP.

Le chef de la police locale Anupam Sharma a confirmé avoir entamé la réouverture de l'enquête. "Nous avons déjà déposé un procès-verbal d'accusation contre lui auprès du tribunal", a dit Sharma à l'AFP, ce qui signifie que la police a déposé un résumé des indices visant le suspect auprès du tribunal. La police avait perquisitionné en janvier 2011 le monastère, situé dans la ville de Dharamshala dans l'Himalaya, retrouvant des billets de 26 devises différentes, et en particulier des yuans chinois pour un montant de plus de 100 000 dollars.

Le 17e karmapa de l'école Karma Kagyu

Cette descente avait été décidée après l'interception de deux personnes transportant d'importantes sommes d'argent liquide dans une voiture. Les deux hommes avaient assuré que l'argent était destiné à une transaction foncière impliquant un trust dirigé par Trinley. Trinley a démenti toute malversation et a expliqué que l'argent liquide provenait de dons de fidèles accumulés sur plusieurs années et a dit n'avoir aucun rôle dans la transaction foncière.

Le moine, qui porte le titre de karmapa, est considéré comme le 17e karmapa de l'école Karma Kagyu, l'une des quatre principales écoles du bouddhisme tibétain. Il a fui le Tibet à 14 ans à la fin des années 1990, atteignant l'Inde après un parcours de huit jours à pied et à cheval dans l'Himalaya. Il a principalement vécu au monastère de Gyuto à Dharamshala, ville qui abrite le siège du gouvernement tibétain en exil. Trinley est reconnu à la fois par la Chine et le dalaï-lama comme la réincarnation du Karmapa Lama, le chef de la lignée Karma Kagyu. Il est considéré comme l'un des favoris parmi les jeunes lamas à pouvoir succéder au dalaï-lama, qui vient de fêter ses 80 ans. Son porte-parole, Kunzang Chungyalpa, a déclaré que Trinley faisait confiance au système judiciaire indien. "Il est persuadé que la vérité prévaudra in fine", a-t-il dit à l'AFP.



(Info relayée par Yak Breton.)

Tuesday, July 07, 2015

Le vice français



Le "diagnostique" du "Herr Doktor" Rudolf Steiner, fondateur de l'Anthroposophie, permet de comprendre pourquoi les Français élisent des menteurs et, dans le domaine spirituel, sont incapables de véritable intériorité.

« Le français, dit Steiner, est, parmi les peuples latins d’Europe, celui qui porte le moins de vie. La langue française est, parmi toutes les langues qui peuvent être apprises en Europe, celle qui, si je peux m’exprimer ainsi, pousse l’âme des hommes à la surface, à la surface la plus extrême de l’être humain. Elle serait celle qui peut conduire l’homme à mentir de la manière la plus honorable à la plus frivole. Elle se prête d’autant plus à cela qu’on peut y mentir de manière spontanée et loyale, parce qu’elle n’a plus aucun lien juste avec l’intériorité des hommes. Elle est parlée tout à fait à la surface de l’homme. Ainsi de la langue française, et donc de l’être français, découle l’attitude psychique telle que l’âme est commandée par la langue française. Alors qu’en allemand, l’âme, dans la puissance de l’élément volontaire, a la configuration interne de la langue, et la forme plastique de l’être de la langue, la langue française rencontre un engourdissement, et c’est elle qui commande. C’est une langue tyrannisant l’âme et par là elle crée ce qui la conduit au vide, de sorte que la culture française tout entière est, sous l’influence de sa langue, une culture qui vide l’âme. Celui qui a une sensibilité pour de telles choses peut toujours ressentir qu’aucune âme, réellement, ne parle à partir de l’Être français ; seule, une culture formelle et figée en émane. La différence est, à proprement parler, que l’on est conduit, en français, à se laisser commander par la langue. Cette liberté infinie que l’on a en allemand – et que l’on devrait revendiquer plus que cela n’est fait – de pouvoir placer le sujet à un endroit quelconque, en fonction de sa vie intérieure, cela, on ne l’a pas en français. [...]

Avec le latin, une logique instinctive est apportée aux hommes. Tel n’est pas le cas avec le français. Par le français, le langage déborde en pure phraséologie dénuée de tout fondement logique, de la phraséologie uniquement – les choses doivent être radicalement dites – de sorte que beaucoup de choses, certainement, seront aliénées dans l’âme des enfants par l’enseignement du français, et l’on souhaiterait déjà que l’enseignement du français disparaisse vraiment peu à peu des fondements intérieurs de l’être. [...]

Le français a acquis son rang et son estime dans l’enseignement des pays étrangers à la France, non par sa portée commerciale, mais par son usage comme langue de la diplomatie. On pourrait faire d’une pierre deux coups, si l’on en venait à bout par la force du combat et le nécessaire assaut : on atteindrait à la fois la diplomatie et le français dans leur décadence. On montrerait que la diplomatie est également décadente parce que dans la diplomatie, on doit mentir. […]

La diplomatie consiste en fait dans l’usage, à un autre niveau, des mêmes moyens qu’utilise la guerre dans la duperie de l’adversaire. Ce fut une grande erreur de Nietzsche quand il qualifia la langue allemande de langue de la tromperie. La langue française est cela ; non pas langue de tromperie, mais langue de l’étourdissement, ce qui, à vrai dire, conduit les hommes à sortir d’eux-mêmes. Il arrive à quelqu’un qui parle français avec enthousiasme, de ne pas être tout à fait en lui-même. Pas tout à fait en soi, celui qui parle le français avec enthousiasme ! Voilà qui est dit radicalement. »