Sunday, June 21, 2009

Seconde religiosité


En Occident, les centres lamaïstes proposent un grand choix d’enseignements, d’initiations et de transmissions de pouvoir (wang).

L’enseignement de techniques ésotériques a toujours assuré aux hiérarques du Vajrayana d’importants revenus. Mais ces maîtres ont dissimulé la simplicité de la véritable voie. "Lorsque, écrit Daniel Odier, le grand maître tibétain Marpa rencontra au Cachemire le Siddha Tilopa, celui-ci lui transmit, après quelques épreuves, les enseignements absolus de Mahâmudrâ. Marpa rentra au Tibet et se mit à enseigner cette simplicité immédiate qui renvoie à la trappe toutes les pratiques, tous les intermédiaires, toute la classe des prêtres. Les autres maîtres s’inquiétèrent de voir révélé directement un enseignement aussi anarchique. Ils demandèrent à Marpa de se calmer et de réserver ces enseignements à ceux qui avaient franchi toutes les étapes de la voie formelle. C’est ainsi que ce que les siddha révélaient d’emblée devint l’enseignement le plus secret." (1)

Après avoir dissuadé Marpa de rejeter aussi radicalement les techniques ésotériques du Vajrayana, les lamas tibétains ont continué à concevoir des programmes spirituels de plus en plus complexes qui rendent la présence d’un gourou indispensable. En outre, chaque lama prétend enseigner la meilleure méthode. Cette rivalité entre lamas est à l’origine d’un célèbre proverbe tibétain relevé par Sir Charles Bell : "Chaque région a son propre dialecte. Chaque lama a sa propre doctrine." (2)

Les ambitions politiques des prélats, l’attrait pour la magie, et l’enseignement de techniques ésotériques ambiguës avaient entériné la dégénérescence spirituelle du Tibet. En Occident, le lamaïsme fait maintenant partie de ce que Oswald Spengler, dans son principal ouvrage, désigne comme la "religiosité seconde" parodique et sectaire qui accompagne le déclin des sociétés. Ce phénomène, qui s’est considérablement répandu et touche toutes les traditions, augure-t-il la nouvelle religiosité mondiale ouverte aux influences du domaine subtil inférieur ?

Des chrétiens austères, qui naguère dénonçaient ces influences d’une manière quasiment paranoïaque, se comportent comme des possédés :

Toronto blessing




Le port de la burqa (ou du niqab) est significatif de cette deuxième religiosité qui produit aussi des courants fondamentalistes. Selon une traduction de Dominique Penot, les oulémas, les savants musulmans, ne posséderont plus la connaissance traditionnelle. Makhûl avait coutume de dire : "Viendra un temps pour les hommes où les savants seront plus puants que des charognes d’ânes." (3) Il est donc prudent de fuir les docteurs en religion malodorants des curés aux lamas en passant par les oulémas, rabbins, chamans...

(1) Daniel Odier, "Le grand sommeil des éveillés".
(2) Sir Charles Bell, "Grammar of Colloquial Tibetan".
(3) Dominique Penot, "Les signes de la fin des temps d'après des sources traditionnelles musulmanes".

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