Sunday, November 29, 2009

Le retour de Marx


La vision de Karl Marx du « communisme primitif » de l’humanité vivant à l’état de nature, correspondant à la période pré-néolithique, présente des similitudes avec la société originelle de l’âge d’or du taoïsme. Marxistes et taoïstes s’entendent pour reconnaître que la fin de cet âge est survenue lorsque l’homme, lors de la révolution néolithique, est devenu producteur. Sous la pression du besoin, il a inventé des moyens de production mettant fin à la simplicité naturelle. En inventant des moyens de production et la division du travail, l’homme s’est aliéné au travail, au salaire et à la propriété privée. L’exploitation rationnelle de la nature par l’homme a abouti à l’exploitation de l’homme par l’homme. Le travailleur s’est trouvé aliéné dans le produit de son travail et dans l’acte même de la production. Il est ainsi devenu étranger à lui-même, étranger à sa véritable nature, à l’essence de son être véritable.

« En quoi consistera la révolution communiste ? Marx répond : en l’appropriation par l’homme de son être propre. Dans la société sans classes, l’homme opérera un retour à son être antérieur – mais un retour qui conservera toute la richesse née du développement historique. Il redeviendra une « unité sociale », où l’être et sa pensée seront réconciliés. L’homme total s’appropriera la totalité de l’homme ; ses sens seront « humanisés », ses organes physiques et mentaux seront transformés. La science de l’homme et celle de la nature, ce sera tout un. La révolution mettra fin à l’« histoire naturelle de l’humanité », c’est-à-dire à la période durant laquelle l’homme aura lutté contre la nature, sans d’ailleurs se détacher d’elle. Elle permettra la reconquête de l'identité perdue du fait de l’aliénation, par-delà la négativité prolétarienne vécue comme contradiction. Ce qui signifie que le communisme, restituant à l’homme son essence, réalisera « la négation de la négation », la fin du divorce entre l’homme et sa propre nature. Le prolétariat, voyant de ce fait sa mission achevée, du même coup disparaîtra : il se « re-niera » en tant que négatif de la société bourgeoise, sa victoire impliquant, avec celle de son contraire, sa propre suppression.

Etant une société productrice d’historicité, la société sans classes verra la disparition de tout ce qui aura fondé l’homme au cours de son histoire : la philosophie, la religion, les idéologies, l’économie politique, l’Etat. En fait, l’avènement de la totalité entraînera la fin de tout. « Pour Marx, précise M Henri Lefebvre, le sens de l’histoire coïncide avec sa fin, dans la substitution d’un autre genre de société aux sociétés historiques (nées de l’histoire, au cours de l’histoire) […]. Que ceci soit clair : selon Marx, la fin de l’histoire, c’est bien la fin de tout (de l’existant tout entier) pour la réalisation du total. »

« Dans leur « Critique du programme de Gotha », Marx et Engels déclarent « inéluctables » le dépérissement de l’Etat et la fin des antagonismes de classes. Dans la société sans classes, dit Karl Marx, « Manuscrits de 1844 », le besoin d’argent sera remplacé par le « besoin d’amour ». Il n’y aura plus de « médiateur » entre l’homme et la nature : tout sera dans tout, et vice versa. Ce sera le règne magique de l’abondance : « Tous les produits seront abondants, toutes les plaies seront depuis longtemps fermées et chacun pourra prendre autant qu’il lui faudra. » (Boukharine « ABC du communisme ») Egaux parce que fondamentalement identiques, les individus deviendront interchangeables. Dans la production comme dans la conjugalité, rôles sociaux et rôle sexuels seront remplis pareillement par chacun. Alors, subsidiairement, se réaliseront les paroles de Paul : il n’y aura plus « ni hommes ni femmes, ni maîtres ni esclaves, ni Grecs ni Juifs ». (Alain de Benoist)

Les oligarchies politico-financières sont démentes et aveugles. Les crimes qu’elles commettent au nom d’une avidité insatiable vont s’accentuer. Mais la Sparte planétaire des adorateurs de Mamon s’effondrera. Un jour, les hommes s’affranchiront de la mentalité capitaliste, alors les rêves de Karl Marx ne seront plus incompris et déformés.

2 comments:

  1. C'est fou comme il a été mal compris. Si ça se trouve il avait réalisé la nature de l'esprit. On en a fait un penseur politique, mais c'est un mystique sans fatras religieux (d'après cet extrait du moins).
    Comme je le disais récemment à un ami, si ça se trouve il y a plein de mystiques inconnus, justement plus intéressants que les connus, car la postérité n'a gardé que ceux qui étaient plus ou moins récupérables par la société.

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  2. Anonymous3:10 AM

    Marx n'a rien compris.
    Il n'y a que l'évolution individuelle qui change la société.
    Son idée est celle de tous les totalitarismes, imposer le bien par la force.
    Une société doit s'efforcer d'offrir un cadre qui permet l'évolution individuel, donc des conditions de vie dignes pour chacun et l'éducation, c'est tout.
    La société changera ensuite d'elle-même vers le bien par l'effet de l'évolution de ses membres.
    Evoluer vers le bien pour une société cela veut dire offrir un cadre toujours plus favorable.
    La société n'est pas un but en soi.

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