Saturday, May 09, 2015

Les néo-turlupins de Saint-Paul-et-Valmalle



A Saint-Paul-et-Valmalle (34), au sud de l'Hérault, au milieu d'une vingtaine d'hectares de garrigue à quelques kilomètres de la grande bleue, P. P. est l'apôtre d'un dévergondage bigot bricolé avec un peu de fouriérisme, beaucoup de fantasmes tantriques et toutes sortes de techniques du nouvel âge.

Comme aux « fêtes de l'Amour » de la Devèze (34), le sabbat satanique de Roger Viret, le prêtre défroqué et pédophile du nord de l'Hérault (aujourd'hui décédé), le nudisme est pratiqué par de prétendus initiés tantriques seniors et leurs parèdres, des matrones aux chairs flasques, qui viennent régulièrement à Saint-Paul-et-Valmalle. (Les turlupins affirmaient qu'on ne doit avoir honte de rien de ce qui est naturel. Ils se répandirent dès le 12ème siècle en France, en Allemagne, dans les Pays-Bas... Ils furent persécutés par l’Église.)

Comme de nombreux autocrates, P. P. est capable de monologuer durant des heures. Sa logorrhée est incompréhensible aux non-initiés. Mais ceux qui ne sont pas assez évolués pour priser toutes les subtilités du syncrétisme spirituel du gourou pourront toujours apprécier sa nourriture.

En effet, tous les ans, au début du mois de Juin, P. P. ouvre les portes de son domaine au commun des mortels et offre une gigantesque et délicieuse paella accompagnée des meilleurs spiritueux, plus digestes que les bavardages spirituels du maître des lieux.


(A la fête de la Colline, les proches du gourou, les sympathisants et les visiteurs ne sont pas dévêtus.)



Livre conseillé :

Le mouvement des Turlupins s'inscrit dans la lignée des courants de pensée dits de "Libre-Esprit"



Raoul Vaneigem

La thèse de l'ouvrage est radicale et tellement forte de conséquences : « Le Moyen Âge a été chrétien comme les pays de l'Est sont communistes » (publié en 1986), de sorte qu'il faut en finir avec « la légende saint sulpicienne d'un Moyen Âge baignant dans la foi chrétienne comme la sardine dans l'huile ». Qui donc, aujourd'hui, commerce autre chose que des images d'Épinal habituelles sur le sujet médiéval ? Qui travaille sur les textes de Willem Cornelisz d'Anvers ou de Bentivenga da Gubbio ? De Marguerite de Porète ou de Heilwige Bloemardinne ? De sœur Katrei ou de Walter de Hollande ? Qui lit ou fait lire, commente et diffuse, les œuvres de ces moines et moniales hédonistes, de ces bégards et béguines, amauriciens et autres picards, adamites de Bohème, alumbrados et loïstes ? Six pages de bibliographie, plus de quatre cents noms brillant dans cette constellation inconnue, et toujours autant d'universitaires pour se croire singuliers en faisant travailler leurs étudiants sur leurs propres thèses et travaux en cours consacrés aux sujets les plus éculés. [...] Placée sous le signe de la vie, de la naissance, des forces et des énergies qui la manifestent, la pensée de Vaneigem, délibérément du côté de la résistance, se dévoue tout entière à la cause d'Éros, de Bacchus, de Dionysos et d'un Prométhée qui mettrait sa puissance au service des causes libertaires. (Michel Onfray)