Sunday, February 22, 2009

Le véritable sannyâsa

Des moines ont pris le maquis. Faisant fi des menaces (courroux du lama, mauvais karma, vengeance des dharmapalas…), ils ont rejeté les trois objets indispensables de tout pratiquant du bouddhisme tantrique (le vajra, la cloche et le mala) pour se consacrer à la vie érémitique.

Au plus bas du cycle de dégénérescence spirituelle, la vitalité du véritable monachisme d’Orient et d’Occident, longtemps contenue par les princes et les prélats, se réveille.

"Comme il est arrivé si souvent dans le passé, écrit le bénédictin Henri Le Saux, un renouveau monastique authentique va prendre sa source dans un renouveau de la vie érémitique, et il y a déjà de nombreux signes qui vont dans cette direction. Il est dès lors possible d’imaginer qu’en Occident une sorte d’osmose pourrait se produire entre la tradition venue des Pères du Désert (qui remonte à Jean-Baptiste et au grand Elie le moine prophète par excellence de l’Ancien Testament), et la Tradition du sannyâsa transmise depuis les plus anciens Rishis de l’Inde. Dans un tel contexte, les moines qui ont goûté en Inde l’ivresse des espaces illimités du cœur dans l’expérience upanishadique, se sentiront moins perdus lorsqu’ils retourneront dans leur pays d’origine où il ne leur sera plus possible de s’intégrer à une famille spirituelle exclusive et encore moins à un monastère qu’il soit de forme traditionnelle ou moderne. De plus, en Occident il n’y a actuellement aucune initiation pour une telle vie d'ermite comprise comme une vie "au-delà des signes". Ne peut-on, dès lors, entrevoir une fécondation de la vie érémitique occidentale par la grâce propre à la sannyâsa-dîkshâ qui viendrait infuser en elle quelque chose du "grand départ" (mahâprasthanâ) qui caractérise le renoncement de l’Inde ?" […]

"Pour le sage qui a découvert son vrai SOI* – qui sait "qui" il est – il n’y a plus finalement ni ville ni forêt, ni vêtement ni non-vêtement, ni faire ni non-faire. Il vit dans la liberté de l’Esprit, et à travers lui, à son gré, l’Esprit accomplit son œuvre dans le monde, par son silence comme par sa parole, par sa solitude comme par sa vie en compagnie des hommes. Quand l’homme a passé au-delà de son "propre soi", de sa "propre vie", son être, son agir, sa paix, sa joie, sont dans le Soi seul, le seul Soi réel, le parama-âtman. Tel est le véritable idéal du sannyâsî." [...]

"Tout essai de mettre ensemble des sannyâsîs, comme pour en faire une classe à part, est une négation de ce que le sannyâsa est réellement. Le sannyâsî est unique, chaque sannyâsî individuel est unique de l’unicité même de l’âtman, au-delà de toute altérité ; il est l’ekarishi, l’unique voyant. Voyant puisque "il n’y a rien d’autre différent de soi". Le sannyâsi n’a pas de lieu, son unique loka est celui de l’âtman, mais le loka de l’âtman est autant a-loka (sans lieu) que sarva-loka (en tous lieux). Il ne peut entrer en dvandva (en dualité) avec quoi que ce soit, aussi, s’il y a une classe de sannyâsîs, c’en est fini du sannyâsa !"


(*) Le SOI et la nature de Bouddha sont-ils différents ?

***


Très différent du sannyâsa, le bouddhisme de Sakya Tashi Ling en Catalogne, c’est le "yab youm" (union) du pragmatisme occidental et de la magie des mantras tibétains. Voir les vidéos :
http://bouddhanar-9.blogspot.com/2009/02/sakya-tashi-ling-my-spirit-flies-to-you.html





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