Sunday, March 21, 2010

Jésus au Tibet


Il y a quarante ans, le mythe de Jésus, chantre d’une ère « Peace and Love », se répandait parmi la jeunesse.
Jésus était un hippie parfumé au patchouli, fumeur de marijuana et disciple des grands sages orientaux. La fascination de l’Orient se retrouvait dans le mouvement hippie, le courant psychédélique, la mystique de la drogue.

« Lorsque, en 1895, l’historien russe Nicolas Notovitch publia sa « Vie inconnue de Jésus-Christ », il déclencha un beau tapage. De retour d’Orient, l’auteur prétendait avoir découvert des documents anciens sur Jésus, gardés dans un monastère tibétain. Ces textes faisaient allusion à un voyage en Inde que le Christ aurait fait dans sa jeunesse, c’est-à-dire avant qu’il commençât à prêcher la bonne nouvelle en Palestine.

« Un jour, expliquait Notovitch dans sa préface, au cours de la visite que je fis à un couvent bouddhiste situé sur ma route, j’appris du lama en chef qu’il existait dans les archives de Lhassa des mémoires fort anciens et ayant trait à la vie de Jésus-Christ et aux nations occidentales, et que certains grands monastères possédaient des copies et des traductions de ces chroniques. »

Malgré les conseils de prudence du cardinal Rotelli et du philosophe Ernest Renan (qui désirait personnellement faire d’abord un rapport à l’Académie), Notovitch fit éditer « sa fable ». Comme prévu, la réaction des historiens fut extrêmement vive. Notovitch se fit traîner dans la boue par tous les chroniqueurs de Rome et d’ailleurs. Seul en Italie, un oriental, le yogi Ramacharaka reprit cette thèse dans un ouvrage intitulé « Cristianesimo mistico ».

« C’est une falsification impudente, une escroquerie éhontée », dénonça violemment Albert Schweitzer, résumant d’ailleurs l’opinion de ses collègues. Puis, vint le matin du 20ème siècle. On oublia ce mystificateur de Notovitch et ses racontars hérétiques.

Coup de théâtre. En 1926, l’affaire allait rebondir avec une notoriété mondiale : le Pr. Roedrich, de New York. Celui-ci avait visité le même monastère que Notovitch, mais – plus prévoyant que son prédécesseur – avait fait l’acquisition de manuscrit contenant un récit identique à la « fable » de Notovitch.

Le monastère était celui de Himis, près de Leh, capitale du Ladak. Et le professeur confirmait : « Le grand couvent de Lhassa renferme des milliers de rouleaux, écrits en langue pali, sur cette histoire. »

Au Vatican, à Londres, à Paris, à Berlin et à Madrid, on s’affola un peu Roedrich n’était pas un obscur petit historien, avide de scandale et de publicité. Et, devant des preuves aussi tangibles, les historiens montrèrent cette fois, plus de modération dans leurs commentaires. L’un d’eux, le très chrétien Roderic Dunkerley, résuma l’opinion générale en reconnaissant que « l’histoire de Notovitch n’était donc pas dénuée de tout fondement… »

La plupart de ces écrits datent du 13ème siècle : ils sont donc contestables, parce que, peut-être inspirés du manuscrit original en hébreu de l’Evangile selon saint Matthieu, jamais retrouvé, et que saint Barthélemy aurait emporté et laissé aux Indes.

Mais il n’en demeure pas moins qu’ils peuvent recéler un fond de vérité. Si oui, alors, qu’était allé faire Jésus en Inde, de 14 à 26 ans ? Aucune réponse satisfaisante n’a jamais été donnée à cette interrogation. Prêcher la bonne parole ? C’est peu probable ; ou bien, il faudrait admettre que le Fils de Dieu ait complètement échoué dans cette première tentative de conversion universelle.

On sait seulement qu’au début de l’ère chrétienne, de nombreux moines bouddhistes vagabonds qui couraient le monde – comme le firent plus tard les premiers franciscains – « avaient tourné leurs pas du côté de la Judée comme ils l’avaient fait à Babylone, devenue depuis quelque temps un vrai foyer de bouddhisme ». On sait aussi que le commerce des Indes avec l’Egypte et l’Europe passait alors par Jérusalem. On connaît enfin, par les Evangiles, la curiosité précoce de Jésus, son faible attachement à la vie familiale, et son goût pour les fugues solitaires et autres escapades.

Dès lors, on peut supposer que l’un de ces moines mendiants, ou l’un de ces marchands de caravane a informé Jésus du haut degré spirituel des religions pratiquées dans cette contrée lointaine depuis des siècles.

Le Fils-Sauveur a donc fort bien pu, soucieux de remplir au mieux sa mission divine, aller étudier sur place les méthodes mystiques de ces païens, autrement plus évolués que les prêtres idolâtres juifs, grecs et romains qu’il allait devoir convertir autour du bassin méditerranéen. Un manuscrit bouddhique acheté par Roedrich paraît explicite à cet égard. Il dit textuellement : « Issa (Jésus) vint vers nous dans le dessein de se perfectionner dans la parole divine et d’étudier la loi des grands Bouddhas. » Hypothèses et faits paraissent donc se recouper à ce sujet.

Ce voyage au Tibet aurait été pour Jésus une sorte d’entraînement. Les rouleaux sacrés hindous ne disent-ils pas – et ceci est très important, car ils ont été, ne l’oublions pas, rédigés par des « adversaires » théologiques – que Jésus se tira admirablement des questions pièges que lui posaient les sages tibétains pour l’éprouver. Ainsi aguerri et revenu en Palestine, cela aurait été un jeu pour le Christ de répondre aux questions perfides des pharisiens ou des prêtres du sanhédrin, beaucoup moins habiles en dialectique et complètement déconcertés par les fameuses paraboles. [...]

Les Hippies américains croient par dizaine de milliers à ce voyage mystérieux ou, du moins, au symbole qu’il recèle. Et, depuis quelques années nombre d’entre eux ont refait – ou ont l’intention de refaire – cette démarche vers l’Orient. »

Ces lignes sont extraites du livre de Michel Lancelot, « Je veux regarder Dieu en face », paru en 1968.

Michel Lancelot s’efforce de faire de Jésus un sympathisant du bouddhisme. Dans ce cas, pour quelle raison Jésus était-il au Tibet ? En effet, les Tibétains seront convertis au bouddhisme sept siècle après ce supposé séjour au pays du Yéti du fils du Dieu des chrétiens . Il y a deux mille ans, les pratiques religieuses des Tibétains étaient probablement plus proches du chamanisme que du bouddhisme. Un homme intelligent, attiré par la transcendance, n’aurait pas méprisé les sagesses méditerranéennes, le pythagorisme ou la mystériosophie hellénistique pour s’intéresser aux croyances des chamans superstitieux et aux cultes des déités sanguinaires du panthéon Bönpo.

Jésus au Tibet serait-il un mensonge répandu pour enfermer un maximum de spiritualistes dans le goulag psychique oriental ? Un courant contre-initiatique particulièrement fort en Amérique contrôle-t-il les services secrets étasuniens ? Ces services ne seraient pas étrangers à la création du mouvement psychédélique, à la propagation du LSD, aux théories du New Age, à la mode du lamaïsme en Occident… Timothy Leary, un des pères de la révolution psychédélique, disait : « La CIA s'intéresse à tout ce qui permet de contrôler les esprits... »

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