Wednesday, May 06, 2009

Les végétaux sacrés et le Concombre masqué


Notre père l’Oignon

Il y a plusieurs décennies, les adorateurs de l’oignon avaient de bonnes raisons de pleurer. En plus des effluves de l’oignon qui piquent les yeux, leurs glandes lacrymales répondaient à un sentiment de profonde tristesse. Leur religion avait fait chou blanc.
En 1929, François Thomas a la révélation de la métaphysique de l’oignon. Il est persuadé que, comme le bulbe de la famille des liliacées, la castration permet à l’homme de rajeunir et de parvenir à la vie éternelle. Malgré ses efforts, l’infatigable apôtre ne parvient pas à donner à son église un véritable essor. François Thomas est un prophète peu enclin au doute et aux hésitations, il sait toujours trancher dans le vif . Mais son messianisme ne rencontre pas le succès escompté. Les candidats à l’émasculation volontaire ne se bousculent pas aux portes du temple de l’oignon.

La chair des dieux

L’amanite tue-mouches, le champignon des dieux, est discrètement présente lors de la fête la plus importante de la chrétienté. En effet, elle figure sur les bûches de Noël. Son rôle mystique immémorial resurgit ainsi de l’inconscient collectif.
Pierre Chavot a consacré une étude à l’amanite tue-mouches qui est associée aux plus anciens cultes de l’humanité. L’auteur la retrouve dans les rites chamaniques sibériens, dans les traditions indiennes (soma) et perses (haoma). Elle est au cœur du culte de Dionysos et des prophètes de la Bible. Jésus lui-même aurait été un adepte de la «chair des dieux ou de Dieu». Sa consommation permet d’entrer au Ciel. Jésus dit : «En vérité, en vérité je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous-mêmes.» (Jésus à la synagogue de Capharnaüm). L’amanite était aussi consommé en décoction dans de l’eau, du lait, du jus d’airelle. Comment expliquer la découverte d’une représentation de l’amanite tue-mouches dans la basilique patriarcale d'Aquilée, haut lieu du christianisme ? Le champignon est bien visible sur une fresque de l'abbaye de Plaincourault dans l'Indre ? John Allegro voit dans la représentation de Plaincourault l’arbre de la connaissance du paradis terrestre. Cet auteur considère que le judaïsme et le christianisme étaient fondés sur le culte secret de l’amanite tue-mouches. Il développe son hypothèse dans son livre «The Mushroom and the Cross», traduit en français.

http://www.botany.hawaii.edu/faculty/wong/BOT135/Lect20a.htm

Ce site en anglais contient une photo de la fresque de l’abbaye de Pliancourault.

Le cri de la mandragore

La mandragore fait partie de la famille des solanées comme la jusquiame et la belladone. Son nom signifie «main de gloire». La mandragore était un attribut de la magicienne Circé. Les sorciers apprécient cette plante, qui ne pousse que la nuit, pour ses effets hallucinatoires et aphrodisiaques.
«D’après la légende, la mandragore ne poussait qu’au pied des gibets, car elle était issue du sperme des pendus. On ne pouvait l’arracher du sol qu’avec beaucoup de précaution, et on rapporte qu’elle poussait à ce moment un cri particulièrement déchirant et meurtrier : pour cette raison on laissait aux chiens le soin de la déterrer, ce qui se soldait invariablement par leur mort.» («Encyclopédie des symboles», La Pochothèque.)

Rave au cannabis

Il ne s’agit pas du navet. Dans notre univers productiviste et utilitariste, une rave party répond au lointain appel de Dyonisos. Des jeunes tentent de reproduire des phénomènes archaïques de l’orgie et de l’extase.

La viande remplace les végétaux

En devenant plus dogmatique, la religion proscrit la communion extatique et les substances végétales sacrées. La «folie» mystique n’est plus orgiaque, elle devient sanguinaire et sadique. Le clergé immole des animaux et souvent des êtres humains lors de terribles persécutions. Des hiérarques chrétiens se délectaient de grillades d’hérétiques. Des fanatiques orientaux avaient une prédilection pour les brochettes crues d’ascètes Jaïns. «Le septième jour des fêtes dédiées à Shivä (Shivä Mahotsavä), on célèbre encore aujourd’hui à Madura l’empalement des Jaïna ordonné par le roi Tirujanar Sambandhar (7ème siècle). Cet événement est décrit dans le Kâranâgamä dans la partie concernant ce saint shivaïte.» (Gopinatha Rao, «Element of Hindu Iconography, vol. I, Introduction.)

A ses débuts, une religions racole, enjôle et ensuite elle soumet, torture, assassine… Cette règle était aussi appliquée par les bouddhistes. Les lamas tibétains qui détenaient le pouvoir n’étaient pas tous de sympathiques non-violents. Dans l’ancien Tibet, la liquidation des personnes qui représentaient un danger aux yeux des maîtres du pays n’était pas rare. De nos jours, le schisme religieux qui oppose les partisans du culte de Dordjé Shougdèn au Dalaï-lama se solde par plusieurs assassinats.

Le Concombre masqué

La religion est le moyen le plus efficace pour contrôler les esprits. Les puissants concoctent-ils une nouvelle religion mondiale ?

Qui est le maître du monde ? Sa vie quotidienne :
http://www.leconcombre.com/echoduweb/monde/maitre00.html


le site de la Connaissance Ultime et de la Sérénité Intérieure :
http://www.leconcombre.com/



"Le champignon des dieux - L’amanite tue-mouches", Pierre Chavot, éditions Dervy.
"Les plantes psychotropes et la conscience : L'enseignement de l'Ayahuasca", Romuald Leterrier, éditions Alphée.
"Le champignon sacré et la croix", John Marco Allegro, éditions Albin Michel.
"Encyclopédie des symboles", La Pochothèque.

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