jeudi, juin 07, 2018

Israël, le nouvel apartheid


 Le 5 mai, Macron, le golem rothschildien, a reçu Netanyahu, le bourreau de Gaza.



Israël, le nouvel apartheid 


Michel Bôle-Richard 



S’il est un terme que les Israéliens et la communauté juive mondiale réfutent avec violence pour caractériser la situation des Palestiniens en Cisjordanie, c’est bien celui d’apartheid. Bien sûr, il ne s’agit pas du modèle qui a eu cours en Afrique du Sud jusqu’à la libération de Nelson Mandela en février 1990. Nous ne sommes plus à la même époque et les situations politiques sont différentes. Pourtant, dans les principes et leur mise en application, les méthodes sont souvent similaires et la ségrégation des Palestiniens en Cisjordanie et en Israël est une réalité que personne ne peut nier. Apartheid réinventé, apartheid masqué, les faits et les réalités sur le terrain le démontrent facilement. [...] 


(…) Le comportement de l’État juif peut s’assimiler à une forme réinventée de l’apartheid que l’on appelle quelquefois l’« apartheid masqué ». Le terme fait bondir aussi bien nombre d’Israéliens que de Juifs français. Cependant il revient de plus en plus fréquemment dans la bouche des politiciens tant israéliens que palestiniens ainsi que dans les rapports d’organisations internationales pour qualifier l’attitude d’Israël tant à l’égard des Palestiniens d’Israël que ceux des territoires occupés. Cette forme de ségrégation a toutes les chances de s’amplifier en raison de la volonté d’Israël de maintenir le caractère juif de l’État hébreu et de son obstination à refuser de créer à ses côtés un État palestinien digne de ce nom. 


Avraham Burg n’hésite pas à comparer l’état de la société israélienne à une
forme de « nazisme » à l’encontre des Arabes en mettant en avant « le caractère central du militarisme dans notre identité. La place des officiers de réserve dans la société. Le nombre d’Israéliens armés dans les rues. Où va cet essaim de gens armés ? Ils disent publiquement « les Arabes dehors ! » Se définissant comme un citoyen du monde, un pacifiste, il qualifie l’occupation de la Cisjordanie d’« Anschluss » et prédit « une explosion sans fin ». « Nous sommes au pied du mur, avait-il conclu. Demandez à vos amis s’ils sont sûrs que leurs enfants vont vivre ici. Au maximum 50 % diront “oui”. Autrement dit, l’élite israélienne est déjà partie et sans élite, il n’y a pas de nation. » 


Menahem Klein constate : « nous gouvernons par la force. Nous sommes devenus un régime ethnosécuritaire, arrogant, égoïste, ethnocentriste. Nous sommes convaincus d’être les meilleurs et que les autres ne valent rien. Désormais, le conflit est devenu religieux, ethnique et la politique est inefficace » […] 


Gideon Levy, de Haaretz, est consterné : « Les formes de racisme envers
les Arabes et les étrangers, l’arrogance israélienne envers l’opinion internationale, tout cela peut s’expliquer par la croyance aveugle et primaire de la majorité des Israéliens selon laquelle nous pouvons nous permettre tout ce que l’on veut puisque Dieu nous a choisis. » Il note que, de plus en plus, « la religion est l’État et l’État est la religion » soulignant qu’aujourd’hui, le facteur religion gagne du terrain en Israël. Son emprise s’accroît dans la vie quotidienne, à la Knesset, dans l’armée où il y a de plus en plus de soldats orthodoxes. » [...] 


C’était la même chose en Afrique du Sud. Les Afrikaners pensaient qu’ils
étaient les envoyés de Dieu, les apôtres de la civilisation, confortablement retranchés derrière leurs préceptes religieux. Ils s’estimaient supérieurs aux Noirs auxquels ils étaient venus apporter la bonne parole et leur savoir-faire. Ils pensaient qu’ils étaient le fer de lance du progrès parmi « les sauvages ». 


Theodor Herzl n’a-t-il pas écrit dans « L’État des juifs » : « Si sa majesté le
Sultan consentait à nous donner la Palestine, nous pourrions nous charger de mettre en ordre les finances de la Turquie. Pour l’Europe, nous formerions là-bas un élément du mur contre l’Asie ainsi que l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie… Nous formerions une garde d’honneur autour des lieux saints et garantirions par notre existence même l’accomplissement de ce devoir. » Les Juifs israéliens se considèrent toujours comme le poste avancé de l’Occident entouré d’une nuée de barbares.


A lire : "Israël, le nouvel apartheid" de Michel Bôle-Richard.



L'Observatoire de la haine

Le CRIF, qui a lancé son "Observatoire de la haine sur Internet", devrait observer Israël où la haine n'est pas un vain mot :


Assassinats de Palestiniens, 
Discrimination envers les Arabes israéliens, 
Blocus de Gaza, 
Pillage des ressources et des terres palestiniennes et leur transformation en bantoustans, 
Colonisation galopante, 
Humiliations quotidiennes des Palestiniens, 
Racisme à l'encontre des juifs noirs comme les Falashas éthiopiens...


La Torah du crime

Beaucoup de juifs s'inspirent des préceptes du livre "interdit" « Torat ha-Melekh » (la Torah du Roi) dans lequel on justifie le meurtre préventif de non-Juifs (goyim), y compris les femmes et les enfants « si leur présence met en danger la vie d’un Juif ».


Razan Al-Najjar était infirmière. Agée de 21 ans, elle faisait partie des volontaires qui, au péril de leur vie, interviennent dans la bordure frontalière, soit quelques centaines de mètres près de la clôture séparant la bande de Gaza d’Israël. C’est là qu’elle a été tuée, le 1er juin, par un sniper israélien, à l’est de Khan Younès. Une centaine d’autres personnes ont été blessées, lors de ce nouveau rassemblement de la « marche du grand retour », entamée le 30 mars, dont le bilan, en termes de victimes, s’élève à ce jour à près de 120 morts et plus de 3 500 blessés par balle.


"Israël, le nouvel apartheid", interview de Michel Bôle-Richard, ancien journaliste au Monde.




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